GENRE II
Feuilles quadrangulaires , persistantes , soli*taires, entourant régulièrement les rameaux, raides, pointues et piquantes. Cônes terminaux sur les rameaux, pendants,, à écailles minces, persistantes. Ramification verticillée sur la tige.
Arbres à bois blanc, présentant quelques trèsfins canaux résinifèi:es.
Épicéa commun, connu aussi sous le nom de pesse.
Chatons mâles ovoïdes, roses ou pourpres avant la floraison, terminaux ou à Taisselle des feuilles sur les rameaux de Tannée précédente; fleurs femelles en chatons cylindriques d'un rouge violacé, dressés, terminaux sur les pousses d'un an des parties moyennes et élevées de la cime; les uns et les autres produits par des bourgeons reconnaissables dès Tannée précédente.
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Cônes pendants, longs de 10 à 15 centimèfres, à écailles de forme variable à leur sommet, minces, sèches et coriaces, d'un roux clair luisant. Graines petites, ovales, atténuées à la base, de la taille et Âe la forme de celles du pin sylvestre, mais d'un rouge brun, mat, uniforme , pourvues d'une aile deux ou trois fois aussi longue qu'elles, d'un roux clair. — Grand arbre, rare dans les Vosges à l'état spontané, commun dans le Jura, les Alpes, disséminé dans les Pyrénées.
Taille et port. — L'épicéa est un arbre de gi'ande longévité, il peut atteindre et même dépasser le sapin en hauteur, quoique le fait soit assez rare, mais il lui est inférieur en diamètre. On cite, en Silésie , un épicéa de 49 mètres de hauteur, sur 4™,30 de circonférence, à 1™,30 du sol.
La cime, serrée, longuement et étroitement pyramidale, aiguë, même à l'âge le plus avancé, est formée débranches verticillées portant des rameaux et ramules opposés, distiques, auxquels se mêlent des rameaux et ramules situés en des points quelconques du végétal. Les branches, rameaux et ramules sont toujours plus ou moins penchés vers le sol, ou même pendants, de là un port très-caractéristique pour l'espèce.
Les feuilles peuvent persister 10 et 12 ans ; ce
qui, joint à la ramification serrée de l'essence, lui donne un couvert épais.
Enraeinement. — L'enracinement est faible et consiste presque exclusivement en racines traçantes assez grêles, la croissance du pivot s'arrêtant de très-bonne heure ; aussi cet arbre, lorsqu'il a crû à Tétat de massif, est-il très-sujet à tomber sous r effort du vent si on vient à Tisoler. Le bois de souche et de racine s'élève à 16,5 p. 7o ^^ volume total.
Écoree. — L'écorce devient rapidement rougeâtre, s'exfoliant légèrement, mais elle reste peu épaisse jusque vers 30 ans. A cet âge, elle s'épaissit, se gerçure et s'exfolie à la surface en petites plaques plus ou moins arrondies.
Floraison et frnetifieation. — L'épicéa commence à être fécond vers l'âge de 50 ans; il porte fruit plus irrégulièrement que le sapin. La floraison a lieu à la fin de mai ou au commencement de juin; la maturité au mois d'octobre de la même année; la dissémination immédiatement après ou, plus fréquemment, au printemps suivant.
Le kilogramme contient 124,000 graines fraî* ches et désailées. Elles peuvent conserver 3-4 ans leur faculté germinative.
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Germioation et jeune plant. — Semées au printemps, elles germent au bout de 4 ou 5 semaines. Le jeune plant paraît d'abord coiiSFé des enveloppes de la graine, comme chez toutes les abiétinées. II présente ordinairement 9 feuilles cotylédonaires, semblables aux feuilles normales. Dès la première année, il s'allonge notablement et porte 1 à 3 petits rameaux. Il commence à former des verticilles réguliers à 2 ou 3 ans au plus. La croissance est immédiatement rapide. Le pivot s'arrête dès la première année en produisant de nombreuses radicelles très-déliées, ce qui explique en partie la facilité avec laquelle cette essence se transplante.
Sol et station. — L'épicéa s'accommode de tous les sols, il croît également bien sur les terrains granitiques des Vosges, de certaines parties des Alpes et sur les calcaires du Jura.
C'est, pour la France, un arbre des régions montagneuses. Il supporte et exige un climat plus froid et plus humide que le sapin ; aussi ses limites d'altitude inférieure et supérieure sontelles plus élevées que celles de cette dernière essence. On le rencontre toutefois abondamment dans les basses montagnes, sur les coteaux et même en plaine. Mais il n'est pas spontané ; il a été introduit artificiellement, ce qui est fâcheux,
car, sous ces climats trop chauds pour lui, il perd beaucoup de sa longévité; son bois, d'une croissance rapide pendant les premières années, est mo.u, spongieux, de la plus médiocre qualité.
Bois. — Le bois de Tépicéa est fort analogue à celui du sapin, mais il présente des canaux résinifères relativement plus nombreux et plus apparents; il est plus blanc, plus lustré, d'un grain plus fin, d'une fente plus facile, moins nerveux, d'une pesanteur plus faible : 0,340 à 0,540; aussi lui est-il inférieur pour les grand emplois dans les constructions, mais il est plus recherché que lui comme bois de travail. Tout ce que nous venons de dire s'applique au bois d'épicéas ayant végété dans leur station normale ; celui des stations inférieures est, à juste titre, peu estimé pour tous les emplois , quels qu'ils soient.
C'est un médiocre combustible.
Résine. — On résine l'épicéa en entamant l'écorce jusqu'au corps ligneux exclusivement. C'est une opération assez productive, mais qui, en France, se pratique seulement en délit; elle cause le plus grand dommage à l'arbre par la diminution de croissance qui en résulte, la pourriture qu'elle engendre dans les portions dénudées du tissu ligneux, et qui s'étend de proche eu proche; enfin par la déformation de la base
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des tiges, résultant du peu de soin avec lequel elle est pratiquée.
GENRE III. — Mélèze.
Feuilles molles et caduques, solitaires sur les pousses qui s'allongent, fasciculées sur celles qui ne se développent pas. Chatons mâles et femelles terminant de très-courts rameaux latéraux de 2 à 6 ans et provenant de bourgeons qui ne se distinguent pas à Tavance de ceux à feuilles ; les chatons mâles globuleux ; les chatons femelles dressés, entourés à la base de feuilles. Cônes dressés, petits; écailles peu nombreuses, minces et ligneuses, peu serrées, persistantes ; maturation annuelle. Arbres à ramification épaisse.
Bois à aubier et bois parfait bien distincts, pourvu de nombreux canaux résinifères bien apparents.
Mélèze d'Europe. — Feuilles molles, d'un vert gai, longues de 2 à 3 centimètres. Chatons mâles d'un jaune verdâtre ; chatons femelles dressés, d'un rouge violacé. Cônes ovales, oblongs, longs de 3 à 4 centimètres, solitaires, dressés ou horizontaux, d'un gris brunâtre, presque mat, formés d'un petit nombre d'écaillés minces, tronquées
OU échancrées au sommet, peu serrées. Graines petites^ d'un gris jaunâtre très-clair, luisant sur une face, mat sur l'autre, à ailes deux fois aussi longues qu'elles, d'un roussâtre très-clair. Grand arbre, spontané dans les Alpes du Briançonnais et de la Savoie.
Taille, port et eouTert. — Le mélèze est un arbre à tige droite, élancée, pouvant atteindre 30 à 35 mètres d'élévation et 70 centimètres de diamètre. Il dépasse très -rarement ces dimensions et reste fréquemment en dessous, surtout pour la hauteur, à raison des altitudes élevées qu'il habite. Sa cime, étroitement et longuement pyramidale, aiguë, est formée de branches non verticillées, minces, étalées, pourvues de
nombreux rameaux grêles et pendants. Le feuillage du mélèze se renouvelant et tombant chaque
année, le couvert de cet arbre est assez léger.
Enracinement. — Le pivot du mélèze s'arrête dès les premières années ; l'enracinement consiste en plusieurs racines principales obliques, pourvues de petites racines plus ou moins traçantes. Le volume du bois de souche et de racine est de 10 p. 7o environ du volume total.
Écorce. — L'écorce du mélèze est rouge, pré-
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sente beaucoup d^analogie avec celle des pins, mais elle est beaucoup plus épaisse.
Floraison et fructificatioD. — Le mélèze fructifie à un âge peu avancé, même dans sa région. En plaine, il est plus précoce encore. La floraison, qui est abondante et régulière, a lieu en juin dans sa station, en avril dans la plaine; la maturité des fruits à Tautomne; la dissémination quelquefois immédiatement, plus habituellement au printemps suivant. Les cônes vides persistent plusieurs années sur Tarbre. Il faut éviter, lorsqu'on extrait la graine par la chaleur artificielle, d'élever la température au-dessus de 15 à 17 degrés; dans le cas où on dépasse cette limite, la résine agglutine les écailles et s'oppose à la sortie de la graine. Celle-ci est vaine pendant les premières années de fructification, et même lorsque l'arbre est arrivé à l'état de pleine fécondité, il y en a toujours une assez forte quantité qui n'est pas susceptible de lever. Le kilogramme en contient 193,000 à 205,000 lorsqu'elle est fraîche.
Germination et jeune plant. — Elle est susceptible de conserver la faculté de germer pendant 3 ou 4 ans. Néanmoins, il est infiniment préférable de la semer, au plus tard, au printemps qui suit
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la maturité; dans ce cas, elle lève au bout de 3 ou 4 semaines. Lorsqu'on veut établir un semis complet en pépinière, il est bon de la faire digérer quinze jours environ dans Teau. Elle lève ainsi plus vite et plus régulièrement.
Le jeune plant présente 5 à 7 feuilles cotylédonaires; il donne immédiatement une pousse couverte de feuilles solitaires, qui peut atteindre
10 à 12 centimètres de hauteur. Sa végétation continue à être rapide pendant les premières années.
Sol et Station. — Le mélèze est indififérent quant à la nature du sol; mais il exige, pour atteindre ses dimensions et sa longévité normales , les hautes régions montagneuses dont l'atmosphère est sèche et froide. C'est aussi là seulement que son bois acquiert les qualités que nous énumérerons plus bas. En France, il n'est indigène que dans les hautes Alpes du Dauphiné et de la Savoie, où on le rencontre à 2,000 mètres et plus, pénétrant dans la région des pâturages alpestres.
11 y forme, avec le pin cembro, la limite supérieure des forêts de conifères.
On rencontre très-fréquemment le mélèze planté en plaine ou dans les basses montagnes ; sa végétation est très-rapide, sa fécondité des plus précoces, mais cela aux dépens de la longévité de
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Tarbre, qui dépérit vers 50 ou 60 ans au plus tard, et de la qualité du bois, qui est mou, léger, sans résistance, ni durée.
Bois. — Le bois du mélèze a un aubier blanc peu abondant; son bois parfait est brun rougeâtre; il présente d'assez nombreux canaux résinifères; ses accroissements sont minces et réguliers ; il est fort élastique, d'une grande durée, même à l'air, assez dur. Sa pesanteur est assez élevée : 0,560 à 0,670 ; aussi est-ce un bois fort recherché pour les grandes constructions civiles et navales. Malheureusement il est souvent fort difficile de l'extraire en grandes pièces des régions élevées et abruptes qu'il habite. C'est un excellent bois de fente pour bardeaux, merrains, etc. On en fabrique des échalas, des tuyaux de conduite d'eaux.
Comme combustible, il dégage beaucoup de chaleur; mais il est d'un emploi désagréable, car il pétille et éclate plus encore que les autres conifères.
Résine. — Le résinage du mélèze se pratique dans le Tyrol et la Carinthie, où il donne ce qu'on appelle la térébenthine de Venise. C'est une opération nuisible à l'arbre, peu productive, que l'on commence à abandonner même dans ces
contrées, et qu'il n*y a pas lieii d'introduire en France (1).
GENRE IV. — Pin.
Chatons mâles agglomérés à la base des pousses de Tannée; chatons femelles très-petits ou verticillés au sommet des mêmes pousses, immédiatement au-dessous du bourgeon terminal. Cône à écailles persistantes, ligneuses, épaissies à leur extrémité. Graines ovoïdes, aplaties, à ailes caduques ; maturation bisannuelle. Feuilles allongées, réunies à leur base par deux, trois ou cinq dans une gaîne écailleuse, persistantes. Bois contenant de nombreux canaux résinifères, à aubier bien distinct.
Le genre pin renferme de fort nombreuses espèces. En France, on en rencontre sept. Nous négligerons le pin pinier, qui est confiné en Provence, où il est plutôt un arbre fruitier qu'une essence forestière; le pin de montagne et le pin cembro, qu'on ne trouve que dans les régions montagneuses élevées, où le pin cembro est même rare, et nous nous borneix)ns à l'étude des quatre espèces
(1) Voir le Rapport sur une mission forestière en Autriche, par M. Marchand, garde général des forêts. Arbois, 1869.
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les plus importantes dont les caractères dîstînctifs sont énumérés au tableau suivant.
Feuilles courtes de 5 à 6 centimètres de longueur, d'un vert terne ; cône gris mat, de 2 à 6 centimètres de longueur pin sylvestre.
w . / Feuilles épaisses, de 10 à 15 centi- M £ I mètres, d'un vert foncé; cônes luisants, S § 1 de 5 à 8 centimètres pin laricio.
g ^ 1 Feuilles grêles, de 6 à 7 centimètres, .^ P I d'un vert clair ; cônes roux, luisants, de ^ ^ \ 10 à 12 centimètres pin d'alep.
Agi Feuilles trapues, longues de 10 à 25 H S I centimètres; cônes roux, luisants, de 14 â >^ I à 18 centimètres, fortement carénées g o \ en travers pin maritime.
I. Pin sylvestre. — Feuilles longues de 5 à 6 centimètres, étalées, dressées, d'un vert terne, rai des, aiguës, piquantes, un peu rudes sur les bords. Chatons mâles jaunâtres, oblongs. Cônes au nombre de un, deux ou trois à Textrémité de la pousse sur laquelle ils se produisent, brièvement pédoncules, réfléchis dès la première année, longs de 3 à 6 centimètres, d'un gris mat. Graines petites, de 4 millimètres de long, ovoïdes, aplaties, un peu aiguës, légèrement luisantes, les unes noires, les autres d'un gris clair. Ailes trois fois plus longues qu'elles, roussâtres et rayées de brunâtre. Grand arbre, commun dans les plaines sablonneuses du nord- est, dians les régions mon-
tagneuses de toute la France; introduit presque partout par la culture et souvent sur une large échelle, comme arbre forestier.
Le pin sylvestre présente de nombreuses et remarquables variétés dues aux stations très-diverses où on le rencontre. C'est ainsi qu'en France on peut citer le pin sylvestre de Haguenau, à bois bien lignifié, à tiges atteignant de fortes dimensions, mais rarement droites; le pin sylvestre qui croît sur les grès vosgiens, dans les environs de Wasselonne et Dabo, en Alsace, à bois médiocrement lignifié, à tiges de grandes dimensions et parfaitement droites ; le pin sylvestre des hautes régions alpestres, à tige très-irrégulière, à feuilles et cônes de dimensions très-réduites. Tout ce que nous avons dit à ce sujet du chêne rouvre trouve entièrement son application pour le pin sylvestre.
Taille et port. — Le pin sylvestre est un arbre de grande taille, atteignant 35 à 40 mètres d'élévation, mais dépassant rarement quatre mètres de circonférence. Lorsqu'il est élevé en massif, sa tige élancée se dénude complètement sans garder trace des verticilles de branches les plus anciens. La cime, d'abord pyramidale et formée de branches régulièrement verticillées, devient, lorsque l'accroissement en hauteur s'arrête, courte,
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plane, irrégulièrement ramifiée, par suite du développement anormal de quelques branches.
Enracinement. — Dans les sols [légers et profonds, le pivot forme la partie essentielle de la racine jusqu'à 30 ou 40 ans, puis les racines latérales prennent le dessus'; tout en s'enfonçant dans les autres sols, le pivot s'arrête de très-bonne heure et l'enracinement reste superficiel. Le volume du bois de souche est de 12 p. % de celui de la tige et des rameaux.
Feuillage et couyert. — La feuille du pin sylvestre persiste 3 ou 4 ans pendant la jeunesse; 2 ou 3 ans au plus ensuite. Aussi le couvert, d'abord complet, devient-il très-léger. Les détritus de cette essence étant peu abondants, le sol est très-sujet à se dégrader sous les massifs qui en sont exclusivement formés.
Écorce. — L'écorce du pin sylvestre est, à la partie inférieure de la tige, formée de liber et de plaques concaves, d'un brun rougeâtre; elle devient très-épaisse avec l'âge. A la partie supérieure au contraire, ces plaques sont remplacées par des membranes continues, d'un roux clair, et de l'épaisseur et de la consistance du papier; elles s'exfolient et l'écorce reste mince.
FlonisoB et fnictifiettioB. — Dès 15 ans, lorsqu'il est isolé, le pin sylvestre peut commencer à donner des graines fertiles; dans les massifs, la fécondité est beaucoup plus tardive. Les cônes sont abondants tous les 3 à 5 ans, mais on en trouve presque chaque année. La floraison a lieu au mois de mai ou de juin ; la maturité des fruits en septembre ou octobre de Tannée suivante, et la dissémination au printemps de la troisième année.
Les graines que Ton extrait des cônes, soit par Faction du soleil, soit par la chaleur artificielle, sont toujours les unes d'un brun noir légèrement luisant, les autres blanchâtres, sans que cette dernière couleur soit un signe de mauvaise qualité. De la graine de couleur uniforme serait celle, de moindre valeur commerciale, de Fépicéa teinte en noir par fraude.
Le kilogramme en renferme 160,000 fraîches et désailées; on peut, à la rigueur, les conserver 3 ou 4 ans, mais il est très-préférable de les semer immédiatement.
Germination et jenne plant. — Semée au printemps, la graine lève au bout de 3 ou 4 semaines avec 5 à 6 feuilles cotylédonaires. La pousse de la première année est simple, pourvue de feuilles solitaires aiguës. Le jeune plant, au bout de Tannée, a une tige de 5 à 6 centimètres, et un
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pivot de 18 à 22 centimètres. Dès la seconde année, à Faisselle des feuilles solitaires, qui se raccourcissent et deviennent sèches graduellement, commencent à se produire des feuilles plus allongées et groupées par deux. Vers 3 ans, il commence à former des verticilles réguliers de rameaux et sa croissance est très-active.
SUtion et sol. — On rencontre le pin sylvestre en France, dans les plaines du nord-est, pur ou en mélange avec le chêne, le bouleau, et dans toutes les régions montagneuses, où il n'atteint pas cependant les plus grandes altitudes. Il a été en outre introduit presque partout par la culture. Il préfère, si même il n'exige, les sols siliceux, au repeuplement desquels il convient parfaitement, sauf à introduire plus tard une autre essence, pour conserver le sol qu'il ne protège qu'imparfaitement à mesure qu'il vieillit. Sur les sols calcaires au contraire, il réussit médiocrement et on lui préfère le pin laricio d'Autriche ou pin noir.
Bois. — Le bois du pin sylvestre renferme de nombreux canaux résinifères contenant une térébenthine riche en résine; il présente deux régions bien distinctes : un bois parfait, rougeâtre, très-durable, résistant, et un aubier de la plus mauvaise qualité, très-sujet à se décomposer. Sa
pesanteur est très- variable : 0,400 à 0,800, suivant les conditions de végétation et surtout suivant la quantité de résine qui Tincruste.
Le bois de pin sylvestre n'atteint toutes les qualités qui le font rechercher pour la mâture, l'élasticité surtout, qu'en Russie, d'où le nom de pin du Nord qui lui est donné danslç commerce; dans les plaines du nord-est et les basses montagnes de la France, il est moins élastique, mais encore de fort bonne qualité et très-recherché comme bois de construction, de travail, pour poteaux de télégraphe, etc. Dans les hautes montagnes, il devient plus tendre, moins résineux, de médiocre qualité, par conséquent. C'est un bon combustible fort recherché aujourd'hui, concurremment à celui du pin maritime, par la boulangerie parisienne.
Résine et goudron. — On ne résine pas le pin sylvestre, mais les délinquants extraient quelquefois, de la tige d'arbres encore sur pied, du bois exceptionnellement imprégné de résine, connu sous le nom de bois gras et servant à allumer le feu. On carbonise aussi souvent les souches en vase clos, et l'on obtient, comme produit de la distillation, un liquide visqueux et brun, le goudron.