DES ASSEMBLAGES
ÏV. — Lorsque les p^ces q^i forjgept un assemblage sp rençontfeqj carrément ou à angle 4f oit i l'assemblage est dit assemblage çqrrç* On l'appelle assemblage ff ongfçf, si les pièces sç ^contrent obliquement.
De tous les assemblages, \ç plqs simple e$t l'a$semftfage à mi ^is. Il sert à unir deux pièces de bois carrément ou obliquement. On enfèye sur ctyficune des pièces, a l'endroit ou elles se touchent, la
nfpitié de l'épaisseur bois, 4e Mte s° rl P If* pièces rapprochées ne forment qu'une ineme épaisseur lprsq^elle? qnt le ffl^e équarrisafge (fig. \). \\
faut toujours que l'entaille faite dans chacune des pièces de bois soit assez exacte pour que ces pièces ne se pénètrent qu'avec un certain frottement. On les engage l'une dans l'autre à coups de maillet. Cette
Fi* i.
observation est très-importante et s'applique à tous les assemblages. On ajoute ensuite des chevilles ou des boulons pour donner à l'assemblage toute la fixité possible.
V. — Lorsqu'on veut fixer y ne pièce de bois sur une autre par son extrémité, on se sert souvent de M assemblage à tenon et mortaise. Cet assemblage est carré pu oblique, selon que les pièces se rencontrent suivant un angle droit où oblique. La fig. 4 représente Vassemblage carré : il est copi-
Fig. 2.
Fig. 3. Fig. 4. Fig. 5.
posé d ! un tenon a b cde ^ de forme rectangulaire, taillé carrément, et d'une mortaise, ghi k, dont la forme, en creux, est exactement celle du tenon qui doit la remplir sans laisser aucun jeu.
L ! épaisseur du tenon doit être égale au tiers de celle de la pièce de bois dans laquelle il est pris, afin qu'il ait une force suffisante, et que la pièce où l'on doit creuser la mortaise, dans laquelle le tenon doit entrer, ne soit cependant pas trop affaiblie par une perte ele bois considérable.
La profondeur de la mortaise, qui doit être égale à
la longueur du tenon, est ordinairement des deux tiers de l'épaisseur de la pièce dans laquelle elle doit être creusée : dans tous les cas, elle pe doit pas dépasser les trois quarts de cette épaisseur, surtout lorsque la pièce qui porte le tenon doit être posée debout.
On appelle jouées ou joues les parties M et N qui sont de chaque côté d'une mortaise, et qui doivent avoir, comme la mortaise, le tiers de l'épaisseur de la pièce de bois.
Lorsque le tenon est enfoncé dans la mortaise, les épaulements P, Q, du tenon, doivent toucher les joues de la mortaise : alors on arrête l'assemblage par une ou deux chevilles de bois ou de fer. Ces chevilles doivent être placées de manière à traverser les joues et le tenon, en passant par le milieu de la longueur de celui-ci. Lorsqu'on veut mettre deux chevilles, il faut diviser la largeur du tenon en trois parties égales, pour qu'il reste des joues suffisantes autour des trous, et pour conserver la plus grande force au tenon.
Cet assemblage n'a toute la solidité nécessaire que lorsque le tenon entre de force dans la mortaise.
Lorsque le tenon joue dans la mortaise, l'assemblage se trouve promptement détruit par les efforts auxquels il est nécessairement soumis. Il est de règle que les chevilles qui contribuent à maintenir un assemblage n'ajoutent rien à sa solidité.
Pour exécuter cet assemblage, il faut commencer par tracer, avec beaucoup de soin, sur les deux pièces qui doivent se joindre, les lignes qui déterminent la figure du tenon et de la mortaise, afin de n'en-
lever que le bois inutile, et de parvenir, sans tâtonnement, à faire le tenon et la mortaise d'égales dimensions, et parfaitement conformes l'un à l'autre, celle-ci en creux, l'autre en relief. Nous allons indiquer la manière de faire ce tracé en commençant par le tenon : soit ABCD, etc. (fig. 6), la pièce qui doit
porter le tenon : on trace, à une distance du bout de la pièce égale à la longueur du tenon, des lignes ab> bc, cd, et da, carrément et de chaque côté de la pièce ; on divise ensuite deux des faces opposées en trois parties égales g, h, i, prises sur la largeur de la pièce, celle du milieu h devant être réservée pour le tenon ; puis, avec une scie, et suivant le trait bc, on coupe alors le bois jusqu'en k. On fait de même sur la face a B, en coupant jusqu'en n; on enlève les morceaux i et g, et on équarrit le tenon pour l'achever. Quand on veut exécuter un double tenon, il faut diviser la largeur de la pièce de bois en cinq parties égales au lieu de trois, et donner une de ces cinq parties à chacun des tenons : on enlève alors les deux parties semblables à celles du tenon simple; puis, pour détacher la partie comprise entre les deux tenons, on perce très-près de leur épaulement, et avec une tarière, un trou qui traverse toute la pièce ; on donnera ensuite deux traits de scie, en suivant les deux lignes qui séparent les tenons : cet intervalle
Fig. 6.
Digitiz
ne tenant [presque plus * nen, on le fçça partis façiliment en frappant spr le bout; il ne i[este plus ajpj$ qu'à équarrir les (Jeux tenons,.
Lorsqi^on yeut faije uçie mortaise, t?t qi^e t^nç^ se trouve déj$ exécuté, il faut cpuuneacçr p^r iwettre ep çhantier la pièce de bois dans laquelle on veut creuser la mortaise, et si le tenon doit être au milieu de la pièce, on trace une ligne a b (fig. 7), à égale
distance des deux arêtes À C et B D : on prend ensuite la moitié de l'épaisseur du tenon qu'on porte de chaque côté de la ligne a b, et on trace parallèlement à a b deux lignes cdete f ; puis, prenant la largeur du tenon, on la porte entre ces deux lignes, et on a exactement la mesure du tenon. Si, au lieu de se trouver au milieu de la pièce de bots, la mortaise devait ét^e portée plus d'un côté que de l'autre, il faudrait commencer par tirer une ligne qui fixât la position du tenon, prendre son épaisseur, et la tracer à côté de cette ligne ; car, en portant cette largeur entrei ces deux lignes, on aurait l'emplacement du tenon.
La mortaise étant tracée comme ci-dessus , pour opérer le creusement, il faut pçrcer des trous l, l, I, l 7 très-près les uns des autres, d'abord verticalement, puis obliquement, de part et d'autre et dans tous les
Fig. 7.
séris, én leur donnant une pïo'fondetir égaie à ià longueur tlu tenon ; on emploie à cet effet nne tarièrte ou la^sèretj dont la grofcsetir nè dôît pas eitfcéder W- 'paisseur de ta mortaise , ifue Ton éqbarrit "ebstoitie fùîtérteufrement.
Si le tenoto mit dtftible, il faudràit âtrësi trae* deùx ttortaWès l'une ptës de ràtitre, en portant toafetement la largeur et l'épaisseut 'de chaque tehon-. Ces deux mortaises s'exécuteraient séparément et de la même manière que les mortaises ordinaires.
VI. — L'assemblage que nous venons de décrire est aussi appelé à tenon sans renfort, parce qu'en effet, il a partout la même épaisseur ; mais les pièces qui portent les tenons ne sont pas toujours posées verticalement ou d'aplomb : souvent, comme dans les planchers, elles doivent être mises horizontalement. Dans cette position, les tenons ne pouvant être posés que sur le plat , tout l'effort est supporté par leur épaisseur : attiré, pour donner au tenon une plus çttitiàe solidité , tfn le renforce par un petit pdn cdupé 4]ui rtriit l'épaulement au tenon. Les fig. 2, 3 et 5, font voir la forme de dès tenons appelés à renfort incliné.
Pour tracer un tenon renforcé incliné (fig. 3), on divise l'épaisseur du bois en quatre parties égales. On en donne une pour l'épaulement supérieur, une pour l'épaisseur du tenon, et une pour le renfort : la quatrième forme l'épaulement inférieur à la moitié de la longueur du tenon.
Ce renfort ajoute une force considérable au tenon et à la mortaise : il convient principalement aux chevêtres et aux linçoirs des planchers.
Digitiz
VII. — Pour rendre les assemblages encore plus forts, lorsque la dimension de la pièce de bois dans laquelle la mortaise doit être pratiquée le permet, au lieu d'un seul tenon et d'une seule mortaise , on en fait deux : l'assemblage alors est appelé à double tenon assemblé. Il a l'avantage d'empêcher les pièces de bois de se déverser. La fig. 8 offre un exemple de cette espèce d'assemblage.
Lorsqu'on a des assemblages à faire sur les angles des pièces de bois, tels que l'assemblage d'un poteau et d'une, lisse de barrière, on les fait comme l'indique la figure 9. La partie A représente , vu sur l'un de ses angles, le poteau qui porte un tenon suivant l'une
Fig. 8.
des diagonales : la partie B est la lisse supérieure, avec une mortaise creusée suivant Tune de ses arêtes.
VIII. — Il y a encore, pour assembler deux pièces de bois, une autre manière qu'on nomme à embrèvement. Cet assemblage est à tenon ordinaire : il ne diffère du précédent que par une entaille faite à la mortaise : c'est cette entaille qu'on appelle embrèvement y et dans laquelle les épaulements du tenon doivent entrer. On en fait usage pour réunir des linteaux, des lisses, ou des sablières à un poteau, ou bien une contre-fiche à un poinçon, etc. On en voit un exemple dans la fig. 10.
L'embrèvement s'emploie surtout dans les assemblages obliques où l'assemblage a plus à souffrir. On l'emploie cependant dans les assemblages carrés, lorsque l'on veut un travail plus soigné.
IX. — Dans l'assemblage à tenon passant, le tenon est plus long que l'épaisseur de la pièce de bois dans laquelle on a pratiqué la mortaise, qui est percée tout au travers. Au delà de cette épaisseur, le tenon est percé d'un trou carré dans lequel on fait entrer un morceau de bois que l'on nomme clef, et qui est plus épais d'un bout que de l'autre.
X. — Les assemblages obliques se tracent et s'exécutent comme les assemblages carrés, dont ils ne diffèrent que par la coupe des tenons et des mortaises qui doivent être taillés en onglet.
La fig. 10 donne un exemple d'un assemblage oblique à tenon et mortaise avec embrèvement.
On y voit a b c d qui est le plan de l'embrèvement ou pas de l'arbalétrier : m est celui de la mortaise :
h est l'élévation du tenon dont l'about o p est coupé en onglet, à peu près d équerre sur rentrait A,
Cet assemblage s'exécute à tenon sans renfort, à tenon avec renfort ainsi qu'on le voit dans la fig. 10, à double tenon mec ou sans renfort; toutes ces modifications s'indiquent d'elles-mêmes, et on les emploiera suivant l'importance de l'ouvrage et la précision que l'on veut obtenir.
Lorsque Ton exécute le tenon sans renfort, la face inférieure de l'embrèvement est parallèle à la face supérieure de l'entrait, comme l'indique la ligne i k. Lorsque le tenon est avec renfort, les épaulements du tenon sont taillés en dents de scie, comme l'indique la ligne brisée /, l, n, etc. ; ces saillies s'emboitent exactement dans les entailles d'embrèvement qui ont la même figure.
XI. — L'assemblage à queue d'aronde s'exécute aussi au moyen de tenon et de mortaise , mais avec cette différence que le tenon n'est pas entièrement enveloppé par la mortaise comme dans les cas pré- • cédents. C'est une espèce d'assemblage à mi-bois que
Fig. 10.
Ton emploie soit pour réunir des pièces bout à bout, soit lorsque l'extrémité d'une pièce vient se fixer au milieu d'une autre.
Le nom de cet assemblage lui vient de sa ressemblance avec la queue d'une hirondelle que l'on appelait autrefois aronde; ce nom est encore aujourd'hui employé dans nos provinces wallonnes. L'assemblage à queue d'aronde se fait à queue d'aronde simple ou à double queue d'aronde. Celui que représente la fig. 1 1 est à double queue d'aronde.
On peut l'exécuter à mi-bois, comme dans la figure 1 1, ou en queue perdue avec filet de renfort et embrèvement, comme dans la fig. 12 : celui-ci est
Fig. il.
Fi g . 12.
très-usité dans lesplanchers. Enfin, la queue d'arondé est à qm» percée, lorsque le tenon et la morta.se prennent toute l'épaisseur du bois.
XII. - La manière la plus simple de reher deux pièces de bois placées horizonta lement e bout a bout est de les entaiUer carrément a moitié bois, comme l'indique la fig. 13; mais cet assemblage
Fig. 13.
n'est pas d'une grande solidité, et on ne doit en faire usage que quand il ne supporte aucune fatigue, comme lorsque les pièces sont maintenues par d autres ou appuyées comme le sont les sablières, qui reposent sur les murs : encore faut-il, dans ce cas, les chevillersolidement et les armer de bandes de fer Cet assemblage se nomme à mi-bois bout a bout. On modifie cet assemblage en inclinant plus ou moins
Fig. 14.
ses différentes faces, et en diminuant ou augmentant leur longueur. Quelquefois on y ajoute un petit tenon comme dans la fig. 14. L'assemblage est dit
alors à chaperon.
XiH. —Lorsque l'on veut donner une grande solidité à la réunion de deux pièces homontales placées
bout à bout, on a recours au trait de Jupiter.
Cet assemblage, composé d'entailles à redans, formant des angles aigus, s'emploie pour composer un tirant ou un entrait de plusieurs pièces, à défaut de bois assez long pour les faire d'une seule. Outre les redans qui contribuent à tenir les deux pièces jointes ensemble, on fait encore usage de boulons à écrous et de liens en fer. Deux pièces de bois, entées de cette manière, sont aussi solides qu'une pièce de mêmes dimensions qui serait d'un seul
morceau , pourvu toutefois que l'effort se fasse sentir dans la direction de la longueur de la pièce, parce que tout l'assemblage est disposé de manière à résister plutôt à une force de traction qu'à un effort de pression. Les faces de l'assemblage sont taillées obliquement, et l'ensemble est maintenu par une forte cheville carrée, en chêne, qui doit serrer fortement les joints.
Dans la fig. 15, les pièces de l'assemblage sont réunies au moyen de fretles en fer; on aurait pu, ainsi
que nous Tâtons dit plus haut, employer des boulons à écrous.
On ajoute quelquefois au trait de Jupiter des tenons et mortaises comme dans la fig. 16 ; mais on ne le fait que dans des cas tout à fait spéciaux ; la première condition dans un assemblage est une grande
Fig. 16.
précision, et il est très-difficile de tailler bien exactement des pièces aussi compliquées. Le plus souvent on emploie tout simplement le trait de Jupiter, tel que l'indique la fig. 15, en ayant soin, toutefois, d'y ajouter des liens ou des boulons en fer.
XIV. — Lorsque les pièces de bois sont destinées à être placées verticalement, on les réunit par tenons et mortaises comme l'indique la fig. 17. Cette disposition est de nature à ne pas diminuer la résistance des pièces de bois à la pression verticale qu'elles ont à supporter «
L'assemblage représenté fig. 17 est dit : en fam* ses tenailles. La partie supérieure porte un tenon, et l'inférieure est évidée par une mortaise, sur une
des faces. Cet assemblage est employé, lorsqu'un obstacle empêche que Ton introduise le tenon dans la mortaise par un mouvement dans le sens de la direction verticale.
La fig. 18 fait voir un autre assemblage dit chevronné, dans lequel le tenon s'introduit verticalement. Cet assemblage s'emploie très-bien dans les charpentes des maisons en bois. Il a l'avantage de présenter une assez grande rigidité et d'être assez simple pour pouvoir être exécuté facilement.
La fig. 19 représente l'assemblage appelé à double enfourchement ; il est formé de quatre mortaises, une sur chacune des faces du poteau, et de quatre tenons épaulés. Il est d'une exécution assez
Fig. 18.
difficile, aussi ne l'emploie-t-on que dans des circon-
Fig. 19.
stances exceptionnelles et lorsqu'il s'agit d'un travail extrêmement soigné.