‹ Manuel de chimie appliquéeChapitre 15 sur 32 · DES POUTRES ARMÉES · texte numérisé non relu

DES POUTRES ARMÉES

XVII. — Lorsque Ton veut augmenter la solidité d'une poutre qui,, outre son propre poids, doit supporter une charge trop forte pour ses dimensions, on a recours à différents procédés que nous allons indiquer.

On pourrait d'abord se contenter de placer une seconde poutre à côté d'une poutre trop faible et partager ainsi la charge entre les deux; mais, dansée cas, la résistance des deux poutres serait simplement égale à la somme des résistances de chacune d'elles; si, au contraire, les pièces sont réunies par des assemblages bien disposés et assujettis, ou si elles sont liées entre elles par des boulons, de manière qu'il résulte de leur réunion un solide dont toutes les parties soient solidaires, de manière à rester juxtaposées lors de la flexion sans pouvoir glisser les unes contre les autres, on obtiendra une grande augmentation de force. '

XVIII. — Pour obtenir le résultat que nous venons d'indiquer, on assemble les pièces deboisàcrei/mi/ière, ainsi que l'indique la fig. 26; mais il faut remarquer que la disposition des entailles est trèsimportante relativement à l'effet qu'elles doivent produire. Remarquons d abord que si l'on a deux pièces de bois superposées (fig. 22), non assujetties entre elles et surmontées d'un poids placé au milieu, cette charge leur fera prendre, par la flexion, la

forme C D (fig. 23) ; ainsi les points de la pièce su- # périeure auront glissé sur la partie inférieure. C'est

Flg. 22.

Fig. 23.

à ce glissement qu'il faut s'opposer, au moyen d'un assemblage, en établissant des points de résistance, et Ton y parvient en pratiquant des entailles comme celles qui sont représentées de F en G (fig. 24), et en serrant les deux pièces au moyen de boulons. Dans cette disposition, les boulons n'auront que peu de résistance à supporter. On comprend facilement que si les entailles étaient faites en sens contraire, comme dans la fig. 25, elles ne produiraient aucun effet ; il

Fig. 24.

Fig. 25.

faut donc , avant de déterminer leur position , se rendre bien compte de la résistance qu'elles auront à supporter.

En pratique, il serait assez difficile d'exécuter les entailles, telles que nous venons de les indiquer, avec assez de précision pour qu'il n'y ait aucun jeu entre les pièces de l'assemblage ; il est cependant évident que si les entailles ne sont pas fortement serrées les

unes contre les autres, on n'obtiendra pas l'effet cherché. On a recours, pour remédiera cet inconvénient, à des clefs en bois dur que Ton chasse fortement entre les entailles, comme nous l'avons vu pour le trait de Jupiter et comme l'indique la fig. 26.

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Fig. 26.

XIX. — Comme la résistance du bois est beaucoup plus considérable dans le sens de sa longueur, on a recours à un autre genre d'armature qui consiste à fortifier la poutre au moyen de deux arbalétriers, comme a et b (fig. 27.) Ces deux pièces tendent à

s'écarter par suite de la charge qu'elles supportent et reportent par conséquent la pression dans le sens de la longueur de la poutre. La figure indique deux manières d'assembler les arbalétriers dans la poutre au moyen d'une ou de plusieurs entailles ; ces deux arbalétriers se réunissent au poinçon p qui serre fortement l'assemblage, et qui est lui-même maintenu par un étrier en fer.

La fig. 28 se compose également de deux arbalé-

triera a et b; mais il y a deux poinçons pp } et uné pièce horizontale h, pour éviter un trop grand exhaussement au milieu de la poutre.

Fig. 28.

La fig. 29 est une armature dont nous allons indi quer la disposition. La partie supérieure de la pou-

Fig. 29.

tre a b a été taillée en courbe, de manière à ne conserver aux extrémités que les deux tiers de la hauteur du milieu; puis, sur cette première pièce on en a appliqué une seconde que Ton fait plierau moyen de liens en fer / /, de manière à les faire joindre exactement dans toutes leurs parties. Cette armature double à peu près la force de la pièce.

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