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DES PAVILLONS

XLVIL— Les pavillons sont les combles que Ton élève sur les édifices dont le plan est carré ou formé par quelque polygone régulier ou irrégulier; ils sont composés d'autant de versants triangulaires que le polygone a de côtés ou d'angles , de manière qu'ils forment ensemble une pyramide; on les distingue les uns des autres en ajoutant à chacun d'eux une qualification dérivée du polygone qui lui sert de base. Ainsi, on dit d'un pavillon, qu'il est carré pentagonal, hexagonal, etc., selon qu'il a quatre, cinq ou six versants. La hauteur des pavillons est très-variable; mais lorsqu'on s'écarte des proportions que nous avons indiquées pour les combles ordinaires, c'est que l'on a en vue quelque motif d'ornementation.

Si l'on a bien compris ce que nous avons dit des combles formant croupe, la construction des pavillons ne présentera aucune difficulté. Au lieu d'avoir deux croupes et deux longs-pans on aura quatre, cinq, six ou huit croupes. Les arêtiers seront formés par des demi-fermes dont l'arbalétrier s'assemble dans un poinçon commun à chacune d'elles ; ces demi-fermes prises deux à deux forment de véritables fermes dans le cas où la base est un polygone régulier composé d'un nombre pair de côtés. Si le polygone est irrégulier ou si le nombre de côtés est impair, la construction ne présentera pas plus de difficulté, quoique les demi-fermes se trouvent dans des plans différents.

Lorsque les dimensions du polygone sont faibles, on simplifie beaucoup la construction, et au lieu de demi-fermes, on place tout simplement des arêtiers assemblés dans le poinçon et dans la plate-forme. Ces arêtiers sont reliés entre eux par des pannes, et les chevrons se placent exactement comme dans les croupes des combles simples. On nomme chevron de ferme celui qui s'assemble dans le poinçon.

Il est évident que le poinçon devra toujours avoir un nombre de faces double du nombre de côtés dont est formé le polygone qui sert de base au comble, excepté, cependant, lorsqu'il n'y aura pas de chevrons de ferme, seul cas où il prend absolument la forme du polygone.

Ces courtes observations suffiront pour faire comprendre la manière d'établir les pavillons, et l'on pourra trouver dans le chapitre précédent les détails relatifs aux croupes des combles simples qui s'appliquent parfaitement aux combles dont nous nous occupons en ce moment.

XLVIII. — Lorsque la base du pavillon, au lieu d'être un polygone, devient une courbe quelconque, le comble affecte la forme d'un cône. Nous examinerons le cas où la base est une circonférence ; ce que nous dirons ici pourra s'appliquer très-facilement au cas assez rare où l'on adopterait une autre courbe.

Ces combles se composent d'abord des principaux chevrons a, appelés chevrons de demi-ferme, qui s'assemblent par le haut dans un poinçon b placé au centre de la figure, et par le bas dans une plate-forme ou sablière circulaire c.

La plate-forme est quelquefois double, ainsi que

l'indique la ligure en c et d; dans ce cas ces deux plates-formes sont réunies par des entretoises ou blochets e.

Fig. 48.

Des jambettes f posées sur la plate-forme d servent à fortifier le pied des chevrons.

On fortifie les chevrons de demi-ferme au moyen de faux entraits qui viennent s'assembler dans le poinçon.

Le nombre des chevrons de demi-ferme n'est jamais supérieur à 8 ni inférieur à 4. On comprend que ces chevrons s'écartent de plus en plus à mesure qu'ils s'éloignent du sommet, il est nécessaire de remplir le vide qu'ils laissent; à cet effet et à la hauteur où la distance entre les chevrons de demi- ferme devient égale à 40 ou 50 centimètres, on les réunit par des entretoises ou liernes h qui servent à fixer l'extrémité supérieure d'autres chevrons t\ Si les

combles ont beaucoup de hauteur, on pourra être obligé de placer plusieurs rangées de liernes à des hauteurs successives. En général, on le fera toutes les fois que l'écartement entre les chevrons deviendra supérieur à 40 ou 50 centimètres.

Les plates-formes et les liernes doivent toujours prendre la courbure de la partie du comble sur laquelle elles s'appuient ; dans l'exemple actuel, elles ont la forme d'un arc de cercle.

Les différentes pièces de la plate-forme s'assemblent à tenon et mortaise. La confection des liernes demande un soin particulier, parce que leur surface extérieure doit être cônique et correspondre exactement avec la forme du toit.

Quand la base du cône a une autre courbure que celle d'un cercle, le moyen le plus simple de construire les plates-formes et les liernes est d'en relever la courbure sur le plan tracé en grand, avec un calibre que Ton applique ensuite sûr les faces supérieures et inférieures des pièces ; on obtient par là le plus exactement possible la courbure qu'elles doivent avoir. 1

Les assemblages des chevrons, des faux entrails, des jambettes, etc., s'exécutent de la même manière que dans les combles ordinaires.

Il arrive dans certains édifices que le comble ne forme qu'une partie de cône; il est évident que cela ne modifie pas les règles que nous venons d'établir; on fera pour une partie de cône ce que nous avons dit pour un cône entier.

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