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CHAPITRE IX

COMBLES COURBKS.

XLlX. — La variété des combles courbes est considérable ; ils sont courbes, soit à l'intérieur, soit à l'extérieur, souvent des deux côtés à la fois. Les plus simples sont les combles cylindriques v qui sont nécessairement appliqués à des bâtiments dont les plans sont terminés par des périmètres composés de lignes droites.

Les voûtes d'arête et les voûtes en arc de cloitre s'emploient dans des cas déterminés, soit pour être revêtues en menuiserie, soit pour être couvertes d'un lattis avec un enduit.

Les voûtes gothiques se construisent quelquefois en charpente ; elles ne forment du reste qu'une modification des voûtes d'arête.

Les combles peuvent être sphériques extérieurement ou intérieurement. Dans le premier cas, ils sont de la catégorie des dômes ; dans le second , la forme sphérique n'est le plus souvent qu'une disposition destinée à recevoir un revêtement qui donne aux parois l'apparence de l'intrados d'une voûte ; enfin , la forme sphérique peut être à la fois apparente à l'intérieur et à l'extérieur.

Les combles ellipsoïdaux sont employés dans les mêmes circonstances que les combles sphériques, soit pour présenter à l'extérieur leurs formes surbaissées ou surhaussées , soit pour donner à Tinté-

rieur l'apparence d'une voûte ellipsoïdale. Dans le premier cas, on les construit comme les dômes ; dans le second, on les construit comme des combles sphériques.

Les constructions en charpente, qui ont pour objet de présenter l'apparence intérieure d'une voûte sphé^ rique ou sphéroïdale , sont fréquemment couvertes par des toits coniques, forme qui s'accorde avec celle de la voûte et qui permet d'employer des fermes rayonnantes autour de Taxe vertical commun aux deux surfaces; mais, lorsque la charpente, qui donne intérieurement l'apparence d'une voûte ellipsoïdale, doit êlre couverte par un comble conique, il y a souvent quelque difficulté à combiner les bois de manière que les fermes satisfassent aux deux surfaces.

On comprend que le cadre de cet ouvrage ne nous permet pas de donner les détails de ces diverses constructions; notre but est ici de faire connaître les parties de l'art du charpentier auxquelles les ouvriers doivent tous les jours avoir recours , mais nous ne pouvons pas entrer dans les descriptions d'ouvrages toujours difficiles, rarement employés, et pour lesquels il leur sera fourni des dessins détaillés.

Nous terminerons ce que nous avons à dire sur les combles, par l'examen de deux procédés fort ingénieux , employés pour la construction des combles courbes, en substituant des planches aux poutres que Ton emploie plus généralement.

L. — Philibert Delorme imagina, en 1561, les charpentes auxquelles il a donné son nom. Philibert Delorme avait en vue de construire à plus petits frais qu'au moyen des lourdes charpentes de son

temps ; et sa méthode est encore aujourd'hui trèsutile , lorsque Ton n'a que des planches ou des bois courts que Ton peut débiter. Mais lorsqu'il est aisé de se procurer de longues pièces, les charpentes dans lesquelles ces grandes pièces pourront être employées dans toute leur longueur seront toujours

Fig. 49,

préférables. Philibert Delorme n'a du reste jamais prétendu qu'on dût donner une préférence exclusive à son système, il ne Ta proposé que pour le cas où l'on a à sa disposition des planches de peu de valeur, et même des bois de chauffage, de quelque espèce que ce soit, refendus à la scie. Ce système a d'ailleurs l'avantage de supprimer les entraits, qui sont toujours d'un effet désagréable et qui nuisent à la décoration intérieure des espaces couverts.

On peut indifféremment donner aux combles, construits d'après ce système la forme demi-circulaire , elliptique ou ogivale; seulement, il faut alors changer la coupe des planches , suivant la courbure que Ton veut avoir. Nous nous contenterons d'indiquer les détails de construction pour une voûte demi-circulaire; il sera du reste facile d'en déduire les modifications nécessaires dans les cas particuliers qui pourront se présenter.

Les fermes ou hémicycles a, fig. 49, qui forment l'espèce de comble dont il s'agit , sont composées de planches courbes, boulonnées jointivement deux à deux, ou trois à trois, de manière que l'extrémité de l'une corresponde au milieu de l'autre (fig. ÎJO). Elles se placent à la distance de 60 centimètres à un mètre les unes des autres, et sont reliées par des liernes 6 (fig. 51), passant à travers et chevillées en c contre les planches pour les serrer fortement. Ces liernes comprennent ou relient trois fermes et se placent par échelons, ainsi qu'on le voit dans le plan de la fig. 49. Gomme les joints formés par la jonction des planches deux à deux doivent toujours correspondre au milieu de la planche qui se trouve leur être adjacente,

il en résulte que les planches des extrémités sont , ou égales à la moitié des autres ou égales à une foi* et demie leur longueur. Philibert Delorme fixe cette longueur à 1 mètre environ, et l'épaisseur des planches varie de 3 à 4 centimètres, selon la plus ou moins grande portée. Mais dans tous les cas, on doit

chercher à faire contenir la longueur un nombre exact de fois dans la courbe à exécuter, si elle est uniforme, et il faut aussi disposer les pièces de manière que les fibres se croisent également, afin de donner aux joints de la courbe toute la force dont elle peut être susceptible.

Pour obtenir la courbure des planches, on tracera d'abord sur une surface unie deux courbes concentriques mnoetpqr (fig. 50) en grandeur d'exécution ; ces courbes seront à une distance égale à la largeur

Fig. 80.

des planches, et suivant la forme demandée. On marquera ensuite les divisions d d... par lesquelles on mènera les lignes ponctuées de, passant par le centre de la ooUrbe et représentant les joints normaux des planches ; cela fait, après avoir coupé celles-ci toutes en parallélogrammes rectangles, on les appliquera

Flg. M.

sur Tépure, de manière que les angles intérieurs fde chacune d'elles touchent aux points qui marquent les divisions sur la courbe pqr, et que le côté extérieur soit tangent à la plus grande courbe. On abattra ensuite les parties qui , de part et d'autre, dépasseront les deux courbes, et qui sont : 1° Les petits triangles extérieurs gei, ein; 2° la partie intérieure dfr, et 5° les deux autres petits triangles mpl des

extrémités, et résultant de l'obliquité des joints normaux avec les grands côtés extérieur et intérieur des parallélogrammes.

Pour établir les fermes exécutées avec les planches dont nous venons d'indiquer le tracé, on les assemble par le pied au moyen d'entailles pratiquées dans une plate-forme t (fig. 49), posée en retraite sur la moitié des murs. Ensuite, pour compléter la surface extérieure du comble, on se sert de bouts de planches u (fig. 49) , en forme de coyaux , que l'on fixe par une petite sablière reposant sur la corniche. Quant au sommet V, auquel on donne ordinairement la même forme qu'à ceux des combles à deux versants simples, on le construit suivant le même principe que la partie courbe, c'est-à-dire que l'on place dans chaque travée une espèce de chevron également en planches jointives, mais droites, pour porter, ainsi que les autres , le lattis ou plancher destiné à recevoir la couverture; ces chevrons ajoutent beaucoup à la solidité de l'ouvrage.

Lorsque l'on veut plafonner à l'intérieur du comble, on le fait comme à l'ordinaire au moyen de lattes que l'on cloue sur les fermes.

Nous donnons dans le tableau ci-dessous les dimensions des planches pour les courbes composées de deux épaisseurs, d'après les indications de Philibert Delorme lui-même :

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