ÉPAISSEUR
des planches.
Observations.
Mètres.
Mètres.
Mètres.
Les liemet auront au moins l'épaisseur des planches, et leur largeur sera égale li quatre fois leur épaisseur.
Les clefs auront l'épaisseur des planches avec une largeur double de l'épais-
seur.
Les combles à la Philibert Delorme ont été modifiés de différentes manières; mais les modifications introduites s'écartent peu du système que nous venons d'exposer, et leur supériorité est au moins contestable.
LI. — Dans ces derniers temps, M. Émy, directeur du génie militaire en France, a proposé un nouveau système de charpente, qui a été employé avec beaucoup de succès .
Les hémicycles de Philibert Delorme sont formés de planches posées bout à bout et de champ ; les arcs de M. Émy, au contraire, résultent de madriers longs et étroits, appliqués les uns sur les autres, comme le sont les feuilles ou lames d'un ressort de voiture, et courbés en demi-cercle sur leur plat par leur seule flexibilité.
L'exécution de ce système d'arcs ne présente rien de difficile qui soit au-dessus de la capacité d'un charpentier ordinaire; le travail en est beaucoup plus facile nue celui des hémicvcles en olanches. Il ne s'y trouve que des pièces droites. Tous les assemblage! de charpente dans lesquels entrent ces arcs sont faits par entailles , sans aucun tenon ni mortaise, si ce n'est au faitage comme dans toutes les autres char* pentes.
Le premier travail de ce genre fut le hangar de Marac près de Bayonne en France, construit sous la direction de M, Émy,
Chaque ferme est composée d'un arc en demi-cer* cle, de deux jambes de force verticales, de deux arbalétriers, de deux aisseliers et d'une petite moise horizontale tangente à Tare et formant entrait. Le tout est lié par des moises normales à Tare* l'espace entre le sol et l'arc est libre- L'arc dont il s'agit est la pièce principale de chaque ferme, et c'est dans sa construction que résident la force et les autres avan* tages de ce système de charpente.
Les moises normales sont entaillées, ainsi que les faces pleines des arcs, de 1 centimètre de profondeur, de façon qu'elles forment des assemblages de 2 centimètres, qui ont le double objet de tenir les arcs serrés et de former des arrêts qui empêchent le glis-
Fig. 53.
sèment des madriers les uns sur les autres. Deux recouvrements de 1 centimètre sur les deux faces de Farc sont entaillés dans les joues des moises, pour empêcher des éclats aux entailles des madriers.
Les jambes de force (fig. 55) sont éloignées des murs de 10 centimètres, mais les trois premières moises de chaque côté sont prolongées au delà des jambes de force, et pénètrent de 20 centimètres dans des cases de 30 centimètres de profondeur, réservées dans la maçonnerie. Cette disposition n'a pas pour but de profiter de la résistance des murs, car la charpente n'exerce aucune poussée sur eux; il s'agit seulement de maintenir les fermes dans des plans verticaux et d'empêcher le balancement dans le sens de la longueur du bâtiment.
Entre les moises, qui ne pouvaient être multipliées davantage sans augmenter inutilement le poids de la charpente, on place des liens en fer et des boulons qui pressent les feuilles de Tare et qui s'opposent au glissement de ces feuilles; les premiers, en forçant les surfaces à s'appliquer dans toute leur largeur, et les autres en formant, outre la pression, des points d'arrêt intérieurs parce qu'étant cylindriques et chassés à coups de masse dans des trous percés trèsjuste, ils ne laissent aucun jeu aux feuilles qu'ils traversent perpendiculairement. Ces boulons ont environ 18 centimètres de diamètre, ils sont espacés de 80 centimètres, et l'expérience prouve qu'ils ne coupent point le fil du bois d'une manière nuisible.
On voit que les moises, les liens et les boulons, rendent les feuilles d'un arc pour ainsi dire solidaires les unes des autres, et qu'ils s'opposent avec une
grande force à leur redressement. Dans un arc de cinq feuilles et de 20 mètres d'ouverture, le développement de l'extrados a 60 centimètres de plus que celui de l'intrados ; le redressement est par conséquent impossible. Plusieurs expériences ont prouvé que la tendance des arcs à se relever est très-faible ; des arcs assemblés seulement avec leurs liens, sans moises ni boulons, abandonnés subitement à euxmêmes sur le chantier ne se sont ouverts que de 16 centimètres, c'est-à-dire d'environ 8 centimètres à chaque extrémité; un seul homme empêchait sans effort ce faible écartement ; ainsi la poussée propre d'un arc résultant de sa force de ressort est à peu près nulle.
Dans chaque ferme, trois grands triangles sont formés extérieurement à l'arc, par les jambes de force, les arbalétriers, les esséliers et la moise-entrait. Leur combinaison avec l'arc et les moises normales compose un réseau autant invariable que le permettent la flexibilité des bois et le jeu des assemblages; mais dans ce système, c'est principalement la roideur des arcs qui produit l'invariabilité de forme et qui détruit entièrement la poussée des reins sur le haut des murs.
Les feuilles ou madriers qui entrent dans la composition d'un arc ont 55 millimètres d'épaisseur, 13 centimètres de largeur et 12 à 13 mètres de longueur. Deux madriers et demi bout à bout, à joints carrés, suffisent au développement de l'arc. Les joints sont distribués de façon qu'aucun de ceux d'un rang ne répond à un autre joint d'un autre rang, et que tous sont couverts par les moises normales.