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ÉCHAFAUDAGES ET ÉTAIS

LIX. — Les échafaudages sont des assemblages de bois de charpente, élevés au-dessus du sol, et dont on se sert momentanément pour faciliter la construction des bâtiments. Ils sont «destinés à élever les ouvrier^Jes matériaux, les outils et les machines.

On en distingue de deux espèces : les échafaudages simples et ceux <X assemblages. Les premiers sont en usage pour les bâtiments ordinaires : ils sont quelquefois composés de chevalets sur lesquels on place des planches ; mais ordinairement ils sont formés au moyen de grandes perches verticales nommées tandières ou échasses, placées parallèlement à trois ou quatre pieds de distance des murs en construction, et dont le pied est enfoncé en terre et consolidé par des pierres que Ton fixe autour avec du plâtre ou du mortier. L'espacement donné aux perches est de 2 à 5 mètres. Elles sont reliées entre elles par des traverses horizontales et longitudinales qui sont attachées par des cordes. Ces traverses, placées à une hauteur où l'homme ne pourraitatteindresans moyen d'exhaussement, ont pour objet d'arrêter le mouvement du système, et de porter d'autres pièces transversales appelées boulins, plus courtes et plus fortes, que l'on relie aussi, par un bout, aux perches avec des cordes, et qui sont fixées par l'autre dans le mur que l'on construit. On établit ensuite, sur ces Ira-

verses, des madriers pour former le plancher qui doit porter les matériaux destinés à la construction.

Les échafaudages s'établissent par étages placés les uns après les autres à mesure que le bâtiment s'élève.

Lorsque les perches ne sont pas suffisamment grandes pour atteindre le haut de la construction, on les prolonge avec d'autres perches que Ton attache aux premières avec des liens, afin qu'elles puissent satisfaire à celte condition.

On rebouche les trous formés par les boulins, au fur et à mesure que l'on démonte l'échafaudage, ce qui se fait en commençant par la partie supérieure. Mais, lorsqu'on veut éviter de pratiquer des trous dans les murs, ce qui les dégrade toujours plus ou moins, et ce qui n'est quelquefois pas praticable lorsque, par exemple, ils sont formés en pierre de taille, on est obligé d'employer, pour soutenir les boulins, une double rangée de perches que l'on place alors le long du mur même ; ou bien encore, de faire reposer ceux-ci sur les appuis des croisées, en les retenant alors intérieurement, selon que le permettent les localités, afin d'empêcher que l'échafaudage ne se renverse. On peut aussi, pour le cas dont il s'agit, en faire reposer quelques-uns sur les parties en saillie du mur, lorsqu'il y en a.

LX. — Les échafaudages d'assemblages sont ceux qu'on emploie pour les grands édifices. Ils sont en charpente dont les pièces doivent avoir 21 à 27 centimètres déquarrissage , afin de pouvoir résister aux poids très-pesants qu'ils ont quelquefois à supporter, tels que blocs de pierre, machines servant à élever les matériaux, etc. Us se distribuent,

comme les précédents, par étages, et sont formés de montants ou pièces de bois placées verticalement, enfoncées et scellées dans la terre, à 4 ou 5 mètres de distance du mur. On les fait aussi porter par des sablières étendues horizontalement sur le terrain. Ces montants sont reliés entre eux par des longrines sur lesquelles portent des boulins ou solives qui doivent recevoir le plancher.

Pour donner plus de solidité à ces échafaudages, on peut relier les montants par des croix de Saint- André, disposées comme dans les pans de bois. On peut aussi' consolider l'ensemble au moyen de décharges, liens, contre-fiches, etc., mais, autant que possible, on doit éviter d'employer une trop grande multitude de pièces, toujours nuisibles à la libre exécution des travaux. En bonne construction, un échafaudage doit être simple, solide et proportionné en tout à l'usage auquel on le destine. Les diverses pièces qui le forment peuvent être moisées, ou assemblées à mi-bois, ou encore à tenons et mortaises ; toutefois, on évitera de trop découper les pièces, afin qu'elles puissent servir à d'autres usages, sans qu'il en résulte trop de déchet par les assemblages.

On peut encore donner aux échafaudages des formes différentes de celles que nous venons de décrire; ainsi ils peuvent être suspendus, soit qu'on ne veuille pas encombrer la voie publique, soit que l'on ait à exécuter des constructions au bord de l'eau. Ils peuvent être aussi adaptés aux travaux intérieurs des grands édifices ; mais il nous est impossible d'en donner ici la description, attendu que leurs combinaisons peuvent varier à l'infini, selon la nature des

réparations à faire, le poids des matériaux, le nombre des ouvriers, et la disposition des localités. C'est donc d'après ces diverses considérations, que l'architecte ou le maître charpentier devra juger par luimême des moyens à employer pour monter solidement et convenablement ces espèces d'appareils.

LXI. — On appelle étais les pièces de bois qui servent momentanément d'appui aux parties supérieures d'un bâtiment, lorsqu'on en reprend les murs ou quelque partie de murs en sous-œuvre ; ou bien encore lorsqu'on pratique dans une façade une ouverture de boutique ou une porte cochère, en supprimant, par conséquent, un ou deux trumeaux du rez-de-chaussée, pour les remplacer par un poitrail ou par une poutre armée.

Par le mot étayement,on entend l'action d'étayer : on donne aussi ce nom à l'ensemble des pièces de bois qui soutiennent les parties étayées.

Les étais ont quelquefois des charges très-considérables à supporter ; celle de toute une façade, de planchers, etc. Il faut donc qu'ils soient combinés entre eux de manière à remplacer l'appui que donnait le mur, ou la partie du mur que l'on est obligé de démolir; il faut aussi que les pièces soient d'un équarrissage assez fort; qu'aucune d'elles ne tende à contrarier l'effet des autres, et qu'elles concourent «toutes au même but, qui est de soutenir et de maintenir également les parties qui ont besoin d'être étayées.

Il serait assez difficile de donner des règles certaines sur la manière de combiner les pièces qui doivent former un étayement; l'expérience seule peut apprendre comment il convient de les placer, car

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leur disposition doit varier selon les circonstances. Mais, en principe, on doit avo<r généralement égard à ce qui a été dit plus haut, toat en évitant d'y employer une trop grande quantité de bois, car on augmenterait la dépense sans nécessité, et Ton nuirait aussi, en les prodiguant trop, à la libre exécution de l'ouvrage.

Lorsqu'il s'agit de pratiquer une ouverture pour faire un devant de boutique ou une porte cochére,en supprimant le mur du rez-de-chaussée, on commence, afin de prévenir les ébranlements dans les parties supérieures de la façade, par poser le long des jambages des croisées qui correspondent à l'ouverture à pratiquer, des pièces a, fig. 65, debout, appelées couchis que l'on maintient par d'autres pièces ou étrésillons b inclinés alternativement en sens contraire.

Fig. 63. ; Fig. 64.

On perce ensuite plusieurs trous dans le mur pour recevoir de fortes pièces de bois c en élévation, fig. 65, et c' en profil, fig. 64, soutenues à chaque extrémité par deux étais d, inclinés en sens contraire et à l'ensemble desquels on donne, dans ce cas particulier, le nom de chevalement. On enlève ensuite la partie du mur destinée à l'ouverture, et Ton place la pièce e ou le poitrail, qui doit être porté à ses extrémités par les jambages de la porte.

Les étais sont posés sur des sablières f; leur pied est coupé en biseau des deux côtés, et afin qu'il porte en entier sur la sablière , on fait usage de coins qu'on fixe avec des clous. Le haut est arrêté par une entaille à mi-bois.

Pour reprendre les murs en sous-œuvre, on se conduira de la même manière, quant à ce qui concerne le chevalement. Mais dans tous les cas, lorsqu'ils porteront les planchers, ceux-ci devront être en outre soutenus par des étais, avec des sablières par le bas et des chapeaux par le haut ; et de manière que chaque étai corresponde au dessus de celui qui soutient l'étage inférieur.

Il faut avoir soin, lorsque l'on établit des étais, de ne pas les frapper pour les roidir; on se servira de pièces qui produisent le même résultat sans causer d'ébranlement.

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