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ACTION DE L'EAU SUR LES SELS

valent d'eau^ il faudi*a porter le sel à une température voisine du rouge. Mais si on rajoute alors de Teau, on n'obtiendra plus le sel primitif : c'était de Y eau de constitution.

L'avidité de certains sels pour l'eau est si forte qu'ils deviennent liquides en absorbant l'humidité de l'air ; on dit qu'ils sont déliquescents : tel est le chlorure de calcium anhydre. D'autres, an contraire , qui contiennent de l'eau de cristallisation, perdent à l'air une certaine quantité de leur eau de cristallisation et tombent en poudre ; on les nomme sels ef/lorescents,

132. Action de Teau sur les sels. — Certains sels soiri insolubles dans l'eau, comme le sulfate de baryte et le chlorure d'argent; ils sont rares. D'autres, plus rares encore, sont décomposés par l'eau. La majeure partie est plus ou moins soluble. Généralement, la solubilité croît avec la température; cependant le sulfate de chaux {gypse) est plus soluble à firoid qu'à chaud, et le chlorure de sodium {sel) n'est pas sensiblemenl plus soluble à chaud qu'à froid ; nous verrons bientôt le parti que l'on tire de cette dernière circonstance dans l'industrie.

Toutes les fois qu'un sel se dissout dans l'eau, on remarque une modification dans la température : tantôt c'est une élévation, tantôt un abaissement.

Jetez de l'eau sur du chlorure de calcium anhydre, vous aurez un vif dégagement de chaleur. Un refroidissement considérable se produit, au contraire, si le chlorure de calcium est hydraté.

L'explication de ces faits est aisée. Toutes les fois qu'uu corps se dissout, il passe de l'état solide à l'état liquide, or ce passage absorbe de la chaleur. D'autre part, l'eau, en s' unissant au sel, dégage de la chaleur. Il y a donc production de dcui phénomènes calorifiques de sens inverse. Quand le chlorure anhydre se dissout, l'effet chimique prédomine ; lorsqu'au contraire on dissout le chlorure cristallisé, c'est-à-dire un sel contenant toute l'eau de cristallisation qu'il est susceptible de fixeii l'effet physique remporte.

Il suit de là qu'on peut obtenir des mélanges réfrigérants par l'action simple de l'eau sur un sel; mais la réfrigération sert beaucoup plus intense si l'on substitue la glace à l'eau liquidei parce que la fusion de la glace déterminera aussi un abaissement de température.

Mêlez :

/ partie de glace pilée et ) la température a^abais-

/ — sel de cuisine , N ?«««. de O*» à — 17*.

\ parties chlorure de calciam hydraté j la température descén- I . — glace en poudre fine, i dra de 6** à — 45**.

B parties sulfate de soude cristallisé | la température baissera 5 — acide chlorhydrique, | de 10** à — 16^.

! oxygène oxyde T acide ou la base de certains sels : les sulfites changent en sulfates^ les sels de protoxyde de fer en sels de roxyde.

Un métal précipite d'ordinaire de leurs solutions salines les îtaux des sections postérieures à la sienne. Richter de Berlin e premier constaté ces faits.

Comme exemple, nous citerons la précipitation du plomb par âne. Dissolvez 40 gr. d'acétate de plomb dans un litre d'eau, dulez la solution par quelques gouttes d'acide acétique, induisez-la dans un flacon à large goulot, et suspendez aubou- ►n de ce vase un petit lingot de zinc auquel sont attachés fils de laiton. Peu à peu, vous verrez se déposer sur le zinc, s sur le laiton de beaux cristaux de plomb ; cette expérience connue sous le nom di arbre de Saturne. • 33. Lois de Berthollet. — Nous avons insisté plusieurs ; sur ce point que les réactions des corps étaient des substituts, des échanges ; l'action des acides, des bases, et des sels ' les sels va mettre encore ce fait en évidence. Lvant Berthollet, on croyait que tel corps, en vertu de son inité propre, déplaçait tel autre, ou était déplacé par lui , et Q avait même créé des tables d'affinité. Ce savant montra 'un même corps pouvait en déplacer un autre ou bien être placé par lui suivant les circonstances physiques où ils lient mis en présence.

La conséquence de ces recherches fut capitale , car elles périrent aux chimistes de prévoir dans la majeure partie des cas nature de la réaction que doivent produire les corps mis en fésence.

Ces lois de Berthollet se résument en quelques mots : 1» Toutes les fois que l'on fait agir sur un sel dissous un âde, une base ou un autre sel, il y a réaction si les deux >rps peuvent fournir un composé qui ne soit pas soluble. Exemples :

Si vous versez de l'acide sulfurique dans une solution d'azotate î baryte, il se produira du sulfate de baryte, corps insoluble :

BaO,Az05 -f-SO^HO = BaO,S03+ AzO^HO.

Ceci devait arriver; en effet nous avons deux adde?» ^xv \»\^-

sencé et une base unique. ïls doivent se partager la hase, mais comme le sulfate de baryte se précipite, il est sans cesse enlevé du milieu où la réaction a lieu, et par suite une nouvelle dose d'acide sulfurique intervient pour décomposer une partie de l'azotate restant. Il en résulte encore du sulfate de baryte qui se dérobe à la solution, et par suite l'action décomposante se poursuit tant qu'il reste de la baryte dans la liqueur.

La décomposition aurait lieu tout aussi bien si c'était l'acide ou la base, et non plus le sel , qui fussent insolubles. Nous avons vu, par exemple, l'acide chlorhydrique chasser de ses so* lutions l'acide silicique qui est insoluble :

K OSiO^ + HCl = KCl + HO + SiO^».

Ajoutez de la potasse à une solution d'azotate d'argent;]] comme l'oxyde d'argent est insoluble, la réaction aura lieu,

AgO,Az05 + KO= AgO + KO,Az05.

Mêlez une solution de chromate de potasse à une solutic d'acétate de plomb ; elles réagiront par suite de l'insolubilité chromate de plomb :

PbO,C^H'03+ KO,Cr03=PbO,CrO' +KO,C*H»0».

2° Toutes les fois que l'on met avec un sel solide ou dissoil; un acide, une base ou un autre sel, il y a réaction s'il peuti former un corps volatil.

Versez de l'acide sulfurique sur de l'azotate de potasse, 4J maintenez le mélange bien froid. Que se passera-t-il? Nous ave on présence deux acides et une base ; ils se partageront l'addli] et la base dans un certain rapport, et nous aurons dans la nuuNi

de Tacide azotiqae, de Tacide sulfurique, de Tazotate de potasse, i ;

et du sulfate de potasse.

Chauffez ce mélange à 100°; l'acide azotique, qui bout àW se vaporisera et par suite se dérobera au système qui était e< équilibre. L'équilibre tendra à se rétablir par la décompositioi d'une nouvelle dose d'azotate ; mais comme la chaleur enlèvert incessamment l'acide azotique, la réaction se continuera tant qu'il restera dans le mélange de l'azotate à décomposer.

Imbibez de potasse un sel ammoniacal, la base ammoniaque, qui est gazeuse, sera mise en liberté par l'alcali fixe :

AzH*0,SO'^ + KO = .ViW^ -v•^^o-VVw^^^o^

ChaufTez du chlorure de sodium et du sulfate d'ammoniaque, [j inrdL double déœmposition par suite de la volatilité du chlord'ammoniaque^

ÀiH*0,S03+NaCl=AzH*Cl + NaO,S03.

^échange entre les éléments des sels, très-facile à constater il peut se produire un corps insoluble et volatil, peut «r lieu également lorsque Ton fait réagir deux composés qui donnent ni un précipité ni une vapeur.

6ay-Lussac a constaté que deux sels solubles échangent mûrement leurs acides et leurs bases lors même que rien ne se âpite ou se volatilise, et que la liqueur contient quatre sels. Halaguti a constaté que l'acide le plus énergique tend à s'uà la base la plus forte.

Ainsi, quand on met en présence de U azotate de potasse et e l'acétate de plomb, la décomposition est très-faible ; or il est kamfeste que l'acide azotique et la potasse sont, le premier i acide plus énergique que Tacide acétique, et le second une ase plus forte que Toxyde de plomb. Au contraire, si l'on met a contact de Tacétate de potasse et de l'azotate de plomb, la iwble décomposition est considérable, et les quatre sels forlés se trouvent dans le même rapport où ils étaient dans le IB précédent.

Prenez de r oxyde de cuivre (base insoluble et faible), mettez-le iiec une solution de nitrate d'argent : ce sel restera sans s'athqoer. Au contraire, placez de l'oxyde d'argent ( base insoluble H forte) avec du nitrate de cuivre : ce sel sera décomposé et dui^é en nitrate d'argent.

. Enfin , il est un dernier cas à considérer : la masse du corps iéagissant. Si, à l'exemple de Dulong, on fait bouillir une quantté considérable de carbonate de soude dissous, avec une petite iffoportion de sulfate de baryte, ce sel insoluble sera décomï«éet il se formera un autre sel insoluble, le carbonate de hpyte :

BaO,SO^+ NaO,C02 =BaO,C02 + NaO,SO».

Dirigez sur un sulfure une très-grande masse d'acide carbonise : l'acide sulfhydrique sera chassé. Inversement faites passer ^^ grand excès d'acide sulfhydrique sur un carbonate ; l'acide '^bonique sera éliminé.

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