SYSTÈME UNITAIRE
18. La nomenclature consacre donc le dualisme des composés; cependant ce dualisme n'existe pas. On produit, il est vrai, les sels le plus ordinairement d'une manière directe en ajoutant l'acide à la base, mais l'expérience a démontré que, si l'on mélange un acide anhydre à une base anhydre, leur réaction n'a pas lieu, et que la présence de l'eau est indispensable. Ainsi, l'acide sulfurique et la baryte anhydres ne se combinent pas directement. Puisque l'eau est nécessaire, que se passe-t-ii donc? ^^stAstitution du barium à Thydrogène :
BaO + S04H == HO + SO^Ba.
L'expérience dit cela et ne dit que cela; par suite les formules unitaires SO*H, SO*Ba sont beaucoup plus rationnelles que les formules SOS HO, SO», BaO.
La suite de ce cours montrera que les réactions peuvent s'expliquer d'une façon plus simple en admettant des substitutions que des juxtapositions.
La décomposition des sels ne peut pas être invoquée en faveur de la théorie dualistiquc. Soumettons à l'action d'une pile aussi faible que possible une dissolution saline, de l'acétate 'le plomb, du sulfate de cuivre, etc., ces sels se décomposeront en métal qui se porte au pôle négatif, et en acide qui se féunit au pôle positif avec l'oxygène de la base. C'est même le principe de la galvanoplastie^ et de la dorure et de l'argenture
22 LQUIVALI^NTS.
Ce que nous venons de dire semble infirmé par ia décomposition citée plus haut du sulfate de soude sous l'influence du courant électrique. Nous avons vu en effet la soude colorer en vert lesiropde -violettes au pôle négatif, mais ce n'est là qu'une apparence. Il s'est poric du sodium à ce pôle, et, si en réalité oi y trouve de la soude, c'est parce que le sodium décompose l'eau. En voulez- vous la preuve?
Plongez dans un vase contenant une solution de sulfate de soude un tube comme celui qui est figuré ci-contre {fig. 18), contenant du mcz^ cure ; faites rendre le fil positif dans la solution et le fil négatif dans le mercure de la grande branche du tube. L'acide formé au pôle positif rougi rai a liqueur.
Le mercure constituant le pôle négatif se gon- ^'^- '*■ fiera, et si, au bout d'un
certain temps, vous prenez ce mercure épaissi et que vous le distilliez dans un gaz inerte comme l'azote, il restera dans la cornue, après la distillation du mercure, un globule du métal so- i dium. Mais, comme cette opération est longue, contentez- vous de mouiller ce mercure avecde l'eau, et vous verrez un litdéga.- I gementd'hydrogène provenant de la décomposition de l'eau par le sodium qui s'est emparé de l'oxjgëne de l'eau.
Ainsi, non-seulement rien ne démontre que dans les sels la base soit juxtaposée à l'acide, mais tout semble attester le contraire.
19. Les symboles précédents no représentent pas seulement le nom abrégé des corps, ils spécifient aussi un poids spécial et invariable de chacun d'eus que l'on appelle leur équivalent.
Quelques expériences vont faire comprendre ce qu'il faut cne/i//re par ce mot.
Jetez UQ fragment de zinc pesé dans de Teau aiguisée par de l'acide sulfurique; aussitôt de l'hydrogène sç dégagera et le zinc prendra sa place dans la liqueur.
Si Ton recueille Thydrogène et qu'on le pèse, ainsi que le zinc restant^ on trouvera que 32^5 grammes de zinc se s^nt dissous quand 1 gramme d'hydrogène s'est dégagé > et qu'il s'est fumé du sulfate^ ZnSOS comparable à HSOS renfermant la même quantité de soufre et d'oxygène.
L'égalité suivante peint la réaction :
Zn + HS04 = H + ZnSOV 32,75 1 1 32,76
32,D de zinc se sont simplement substitués à 1 d'hydrogènd ; rien autre n'a changé.
Pesez 32,75 gr. de zinc, placez-les dans une solution de sulfate de cuivre, le cuivre se précipitera et le zinc s'y substituera purement et simplement vis-à-vis des mêmes quantités de soufre et d'oxygène. Comme, pour 32,75 de zinc dissous, 31,75 de cuivre deviennent libres, il faut en conclure que
1,00 d'hydrogène, 32,75 de zinc, 31,75 de cuivre,
s'équivalent dans ces circonstances. On a en effet :
Zn + CuSO^ = Cu + Zn SO^.
Placez à leur tour 31,75 gr. de cuivre dans du sulfate d'argent ; ils déplaceront 108 d'argent et se dissoudront à leur place,
Cu + Ag SO* = Ag + Cu SO*.
Donc,
1,00 d'hydrogène, 32,75 de zinc, 31,75 de cuivre, 108,00 d'argent,
^'équivalent dans ces circonstances.
On montrerait par des expériences semblables que ces mêmes poids des divers métaux se substituent vis-à-vis de
16,0 de soufre, 35,5 de chlore, 80,0 de brome, î27,0 anode.
Par conséquent, ces poids sont nommés^ à juste titre, les équivalents de ces corps.
L'équivalence des acides et des bases a été établie par Wenzel dans un livre publié à Dresde en 1777.
Si Ton prend le poids 47 d'oxyde de potassium qui contient 8 d'oxygène et qu'on y verse de l'acide sulfurique, on observe que la dissolution cesse de bleuir le tournesol et ne le rougit pas encore au moment précis où l'on a versé 40 d'acide sulfurique.
Si on remplace l'acide sulfurique par l'acide azotique, par l'acide chlorique, ce n'est plus 40, mais 54 d'acide azotique, mais 75,5 d'acide chlorique. Dans ces deux cas il se produit un sel neutre comme avec l'acide sulfurique ; on est donc en droit de conclure que
40,0 d'acide sulfurique, 54,0 — azotique, 75,5 — chlorique,
s'équivalent vis-à-vis de 47 de potasse. Ce poids, 40 d'acide sulfurique, exige pour former un sel neutre
31,00 de soude, 28,00 de chaux, 40,75 d'oxyde de zinc, 39,75 d'oxyde de cuivre, 108,00 d'oxyde de mercure.
Or, si Ton cherche les poids de ces bases qui sont neutralisés par
54,0 AzO^
75,5 ClO^ etc.,
on trouve que ce sont précisément les quantités précédentes. En conséquence, ces divers poids d'acides s'équivalent, ainsi que ces divers poids de bases.
Nous avons rapporté les équivalents au poids i d'hydrogène ; autrefois on avait l'habitude de les rapporter à 100 d'oxygène.. Comme dans ce dernier système l'équivalent de l'hydrogène est 12,50, on passera de ce système à l'autre en divisant par 12,50 l'équivalent du corps considéré, rapporté à l'oxygène. Inversement, on obtiendra l'équivalent d'un corps par rapport à 100 d'oxygène en multipliant par 12,50 l'équivalent rapporté à 1 d'hydrogène.
Nous avons donné, au commencement de ce traité, la liste des corps simples et leurs équivalents par rapport à 1 d'hydro-