SUR L'ÉCONOMIE
de l'ozone ; c'est le protoxyde de thallium. Un papier imbibé d'une solution de ce corps reste sans se colorer lorsqu'on le sou* met à l'action de l'oxygène ordinaire, et des vapeurs nitreuses, et se brunit dans un mélange artificiel d'oxygène et d'ozone en se changeant en peroxyde TIC. Exposé à l'air atmosphérique à côté du papier ioduro-amidonné, il brunit dans les circonstances où ce dernier bleuit. La sensibilité du papier à l'oxyde de thallium est moindre que celle du papier ioduré. On la rend plus grande en l'humectant avec de la teinture de gaïac.
Si l'ozone fait régulièrement partie de notre atmosphère if doit, en Yertu de son pouvoir éminemment oxydant, agir sur les matières oxydables , et détruire notamment les substances d'odeur désagréable, inconnues encore dans leur nature , qui résuKent de la putréfaction des matières organiques azotées, car Texpérience directe a montré que l'ozone artificiel les décomposait.
n n'est pas douteux que ces miasmes soient malsains; par conséquent l'ozone est un agent de purification de l'atmosphère.
Son action sur l'organisme est énergique, car une souris succombe quand on lui fait respirer une faible quantité de ce corps. Comme certaines maladies paraissent tenir à l'introduction d'animalcules dans, les voies respiratoires, on comprend que l'absence de l'ozone dans l'air puisse déterminer ou faciliter le développement de ces maladies, car les infusoires sont tués par l'ozone.
Inversement, il est possible que ce corps prenne naissance dans l'ahr en plus forte proportion dans certaines circonstances, lorsque par exemple l'atmosphère est chargée d'électricité , et que cette substance soit la cause de certaines épidémies. Suivant M. Schônbein, l'atmosphère serait très-riche en ozone après de fortes chutes de neige.
D'après M. Bœlckel, l'ozone produirait, àforte dose, une action mortelle sur le poumon. Si la dose est plus faible il amène des bronchites et des pneumonies; le sang des animaux morts à la suite de ces inhalations est noirâtre, et très-riche en fibrine.
Lorsque l'oxygène s'ozonise il se contracte (MM. Andrews et Tait,M.Soret). Si, à l'exemple de M. Andrews, on ozonise l'oxygène non plus au moyen des étincelles, mais par des décharges obscures, la contraction peut atteindre jusqu'à -^ tlu volume de l'oxygène. L'ozone est donc de l'oxygène condensé. Les dernières expériences de M. Soret portent à conclure que la densité de l'ozone est une fois et demie celle de l'oxygène , soit 1,658.