ACTION DK L'OXYGÈNE SUR L'ÉCONOMIE
heureusement rien. Onze phthisiques furent traités sous les y«ux de ce dernier. D'abord un mieux se produisit, la respiration <*tait plus large, la toux diminuait ; mais bientôt le mal s'accéléra d'une façon anormale, et une fièvre menaçant de devenir* inflammatoire obligea de renoncer au traitement.
Ces expériences conduisirent à une exagération inverse ; on en conclut que l'oxygène était un corps irritant, délétère, malgré des expériences de Lavoisier et de Seguin qui leur avaient permis de conclure que l'oxygène pur est sans action nuisible sur l'économie, et que les animaux n'absorbent pas plus d'oxygène lorsqu'ils sont placés dans ce gaz que dans l'air. MM. Regnault et Reisct reprirent cette étude en s'entourant de toutes les précautions imaginables, et leur travail confirma pleinement les recherches de Lavoisier et de Seguin. L'irritation remarquée par certains expérimentateurs tient probablement à quelques impuretés de l'oxygène, au chlore, par exemple, que l'on rencontre souvent dans le gaz préparé avec le chlorate do potasse.
Dans ces temps derniers, MM. Demarquay et Leconte ont entrepris des recherches sur l'action thérapeutique de l'oxygène , et ils en ont conclu que ce gaz appliqué sur des plaies provoque peu de douleurs, et amène ultérieurement une réaction plus ou moins vive ; qu'il peut être injecté dans des cavités muqueuses ou séreuses sans amener d'accidents; qu'il peut être respire longtemps à la dose de 20 à 40 litres par jour, et qu'il jouit de la propriété de remonter les forces , d'exciter l'assimilation et de développer l'appétit. D'après ces auteurs, les inhalations d'oiygène produisent de merveilleux effets sur les personnes aflaiblies et débilitées et sur les tempéraments lymphatiques et scrofuleux; ce serait un médicament utile, pour combattre la chlorose, l'anémie, la chloroanéraie, et en. général tous les «tats pathologiques produits par un défaiit .d'oxygène dans le sang. Dès 1851, M. Bouchardat, ayant constaté. un abaissement (le i» ou 2° dans la température des glucosuriques fortement atteints, a fait respirer de l'oxygène à des diabétiques qui en ont éprouvé, paraît-il, de bons effets. Le D^'Paul a cmi3loyé au palais •le l'Exposition l'inhalateur de M. Limousin avec un plein succès pour ramener à la vie un homme asphyxié dans le sous-sol d'un restaurant.
Aujourd'hui, la pratique médicale, s'appuyant sur cesrecher- •^hes, accueille l'oxygène avec une certaine faveur, elU. \Àvioum, pharmacien à Paris, a établi dans son officme uive saWfe
II ACnu> DE L'OXVGe.XE SLH L'ÉCOAOHIE.
tl'iuhatation, et imaginé ud intulaleur dont dous allons donner la description. Il n'va que trois ans que ses appareils fonctionnent : U première année le dt'hit n'altei^it fos 100 litres par jour, aajnard'hui il dépasse TiM litres [Jtg. 98 .
L'appareil iiili.ilateui' :ie compose d'un sac en caoutchonc, et d'un Haeon laveur ronctioimant à la manière d'un nargbilâ.
On ialroduit dans un sac en caoutcbouo la quantité de gai oxygène, pur uu mélangé d'air, qu'on veut faire respirer.
Le malade introduit dans sa bouche l'es [jcce de bout de pipe qui termine l'appareil. On ouvre le rubinet, le gaz iiéchapp* h travers l'eau du flacon, et se rend dans la bouche à chaque mouvement d'inspiralioD,
Ce mouvement arrivé à son terme, un comprime entre le pouce et l'indei le tube en caoutchouc au-dessous de l'embouchure, pour empêcher le gaz de s'échapper et de se perdre. Le mulade retient alors nn instant dans l'intérieur des poumons le 1,-ïx inspiré et Lu rejette doucement quand le mouvement d'ei pirution vient à se produire. On continue ainsi jusqu'à ce que le
OZOHE.
ne 9oit complètement vide. Il Taut avoir soin, au moment do Inpiration, de retirer le tube de la bouche. îit opérant de cette manierez on laisse toujours entrer dans lspounions,enm6me temps que l'oxygène, une petite quantité d'air atmosphérique qui pénËtrc par les Toases nasales. Si l'on nnlait, dans certains cas particuliers, respirer le gaz complète* ment pur, il suffirait de se pincer le nez do manifere à empêcher llnlroduction de l'iûr.
OXYGENE ALLOTROPIOUE OU OZONE.
31. Ln personnes, à peu de distance desquelles a éclaté la fondre, disent avoir ressenti uiio odeur particulière qui se TApjiroche de celle du soufre ou de quelques métaux que l'on frotte. Cette mfime odeur se remarque encore lorsqu'on tourne vivemaUmtemadimG électrique.
Bb 11140, H. SchSnbein constata que l'oxygène, recueilli au pile positif de la pile, possède cette odeur trcs-développée lorsque l'ékctcode est en platine, en or, ou en un aUtro métal inoxidable. Ce savant resta indécis sur la nature de ce gaz ; ce poutûl être, soit un corps nouveau, soit un suroxyde d'hydrogène. 0 MQiiia ce corps ozone, de Sïu, je sens.
1° Le procédé de la pile est le plus commode des moyens de préparer l'ozone. Voici comment on peut opérer {fg. 29) : A, B, 2 éléments de pile.
, OZOKE.
C, f ase eunleiunt 3 volâmes d'eau mtlang^ à 1 volume d'acide il&irv|ue. Ou refroidi! ce lase en l'entoorant d'eau lipide. D,ltibe ouTeit par le bas, terme ùb hant par un bouchon ii rémcri dans lequel sont fixés un fit de platine communiquant le pAle po«tif de la pile, et un tube â gaz E. L'oxygène ie ce tube, on le recueille sur de l'eau pure dans dea à rémcri.
Ajdrog^ie se d^age à I électrode nt^aiive placée dans le jaat C et se perd dans l'air.
l£ gaz recueilli est loin d'être pur, c'est de l'oxygène ne con< tenant guère que 7^; d'ozûne.
î* Dn frfiosphore qu i s'oxyde lentement dansVairhumide, am cne la tra&âfonnalton partielle de l'oxygène de cet airen ozone (/Ig. 30).
A, flacon aspirateur plein d'eau.
B, éprouvette contenant de l'iodure de [Wlassium et de l'ami- ' don dissous dans l'eau. 1
C, éprouvette renfermant de l'eau destinée à retenir les va- J peurs phosphoreuses. A
D, grand ballon où sont des bâtons de phosphore à demi 1 plongés dans l'eau.
Lorsqu'on ouvre le robinet de l'aspirateur l'air extérieur 1 entre dans le ballon par le tube ouvert, lèche la surface I du phosphore et s'oionise partiellement : une partie de cet 1 ozônc s'unit au phosphore pour former de l'acide phospho- ' reaj,- Je ivste de ce gaz échappe îi ta combinaison , et est en- ;
lînê par l'aspiratitiii dans les êprouvetles placées à la suite. On conEitate également la production d'ozone lorsque l'essence I térébenthine et d'autres corps abandonnés à l'air humide f oijdent. Aussi est-il probable que l' oxygène, pour se comoer aux autres corps, doit avoir été préalablement ozi)né. Qn'est-ce que l'ozone? c'est de l'oxygène modifié. En effet, H, Mari^ac et de la Rive d'une part, et MM. Becquerel et ftemy de l'autre, ont montré que l'oxygène [inr, préparé par une le quelconque, soumis à l'influence d'un grand nombre 'Étincelles électriques dans un vase en verre hermétiquement di», fournit de l'ozone, et que, si Ton absorbe cet ozûne, l'oiygtne restant en fournit une nouvelle quantité. Comment donc ibwrber l'ozone sans enlever l'oxygène? Il sulHt d'agiter le gaz n« du mercure ou de l'argent métallique qui, sans action sur l'oiygëne, s'unissent rapidement à l'ozone pour donner les Oijdes AgO', HgO, ou mieux d'introduire dans le gaz une solutioD d'iodure de potassium. L'oxygène n'agit pas sur ce com- NMe tandis que l'ozone met l'iode en liberté. Comme l'iode Ibn donne avec l'amidon un composé bleu et que cette rcacfion est d'une extrême sensibilité, ce moyen permet de décélaf ■ te traces d'ozone dans de l'oxygène.
rig 31 b On agite le gaz avec une <tnlution d lodurc de potassium mélue e solution d amidon, ou bien on mtioduU dans le gaz uni, e de papier qu'on a pri'alableraent imprégnée d'une solud'iodure, puis ^'une solution d'amidon (pg. a\V
<S OZOKE. SON ACTION
LoraquG, à l'imitation de MM. Becquerel et Premy , on fait; passer une série d'étincelles électriques dans de l'oxygène pnrj enfermé sur une solution mixte d'iodure de potassium et d'amM don , on voit ce liquide bleuir et le gaz disparaître i» la longua parce que l'ozone, absorbé au fur et à mesure par i'iodure, esH soustrait h l'action décomposante de la chaleur. Il est donc in-^ contestable que l'ozone est de l'oxygène modifie.
Proppiétâs. — L'ozûne commence à se transformer en oxy^! gène dès la température de 100°. Il se détruit entièrement à 23T'|I L'ozone est un oxydant d'une extrême énergie : il oxyde le chlor^' lebrorae, l'iode et l'azote, ce dernier est changé en acide azotiqi» AzO". Une lame d'argent noircit en donnant le bioxyde AgO'. ■ I
Le liège, le caoutchouc, les matières organiques en généra sont oxydées et désorganisées par l'ozone.
Ozone atmosphérique. Son action snr l'économie. — Puisque les étincelles électriques, l'oxydation des essence$j ozonisent l'oxygène, il s'en forme évidemment dans l'aii^ et] comme l'ozode s'unit à l'azot« directement, nous trouvons àaM\ ce fait une explication de la présence des vapeurs nitriques tnl petite quantité dans l'atmosphère. •]
Comme l'ozone est un agent d'une activité considérable, iC est vraisemblable qu'il doit jouer dans l'air un rôle important;.! c'est pourquoi de nombreux expérimentateurs ont cherché h'. établir sa présence dans l'air. On avait fondé de grandes espc-l rancES sur le bleuissement du papier à I'iodure de potassium et ■ I l'amidon [papier ozonoméirique) ; mais les vapeurs nitrenses, | une lumière intense même (H- Cloez], suffisent pour bleuir ce papier.
M. Houzeau a conseillé d'emiiloycr, outre le papier ioduro- ■ amidonné, du papier de tournesol rouge, peu coloré, plongé ensuite dans une solution d'iodure de potassium. On conçoit en eiTet que l'ozone chassant l'iode, et formant de la potasse, eu |>apier se teinte en bleu. On a objecté que les vapeur» nitreusus de l'air pouvaient aussi décomposer I'iodure de potassium et ' former un corps alcalin, le nitrite de potasse. '
Pour lever tous les doutes sur l'existence réelle de l'ozone dana. l'air, M. Andrews a montré que de l'air atmosphérique non cal- , ciné, qui bleuit le papier ioduro-amidonné, cesse de le colorer lorsqu'on le force à passer dans un tube chaufl'é à SW. Or, de l'air contenant du chlore ou des composés nitreux reste actif sur le papier ioduro-amidonné, même après la calcination de cet air. S/. Scbôiibein a fait connaître técemmea^ un nouveau réactit