‹ Manuel de chimie médicale et pharmaceutique (volume 2)Chapitre 330 sur 508 · RECHERCHE DES ALCALOÏDES · texte numérisé non relu

RECHERCHE DES ALCALOÏDES

sulfate de couicine^ quand ^ par exemple, cet alcaloïde eiiste dans la matière suspecte soumise à l'analyse.

« Pour extraire F alcaloïde de la solution de sul&te acide, on additionne celle-ci d'une solution, aqueuse et concentrée de potasse ou de soude caustique ; on agite et on épuise le mélange par l'éther pur. L'éther dissout l'ammoniaque et l'alcaloïde devenus libres. On abandonne la solution éthérée à la plus basse température possible à l'évaporation spontanée. La presque totalité de l'ammoniaque se Tolatilise avec Téther^ tandis que l'alcaloïde reste pour résidu. Pour éliminer les dernières traces d'ammoniaque , on expose un instant le vase qui renferme l'alcaloïde dans le vide au-dessus de l'acide sulfurique, et on obtient l'alcali organique avec les caractères physiques et chimiques qui lui appartiennent et qu'il s'agit alors de déterminer rigoureusement. »

Recherche d^un alcaloïde solide et fixe. — « Je suppose maintenant que l'alcaloïde soit solide et fixe : dans ce cas, suivant la nature de l'alcali , il peut arriver que l'évaporation de l'éther^ provenant du traitement de la matière acide à laquelle on a ajouté du bicarbonate de soude, laisse ou ne laisse pas un résidu renfermant un alcaloïde. Dans cette dernière alternative, on ajoute une solution de potasse ou de soude caustique au liquide et on agite vivement avec l'éther.

« Celui-ci dissout l'alcali végétal devenu libre et resté dans la solution de potasse ou de soude. Dans l'un et l'autre cas, on épuise la matière à l'éther. Quel que soit l'agent qui ait mis l'alcaloïde en liberté, que ce soit le bicarbonate de soude ou de potasse, ou la soude ou la potasse caustique , il reste, par Tétaporation de l'éther, autour de la capsule, un corps solide, mais le plus souvent une liqueur incolore, laiteuse, tenant des corps solides en suspension. L'odeur de l£( matière est animale, désagréable , mais nullement piquante. Elle bleuit d'une manière permanente le papier de tournesol.

« Quand ou découvre ainsi un alcaloïde solide, la première chose à faire, c'est de tâcher de l'obtenir à l'état cristaUisé, afinde pouvoir déterminer sa forme. On verse donc quelques gouttes d'aU'Ool dans la capsule qui renferme l'alcaloïde, et on abandonne la solution à Icvaporation spontanée. Mais il est bien rare que l'alcaloïde retiré par le procédé indiqué soit assez pur pour po»* voir cristalliser. Presque toujours il est souillé par des matières (Hrangcres. Pour l'isoler de ces substances , on verse dans la c'a/)suie quelques gouUe* ^'e^ecv^ \xii%-Çîi.\hlement acidulée par de

DANS LES CAS D'EMPOISONNEMENTS âUâ

acide sulfurique^ et un les promène dans une capsule pour lettre le liquide acide en contact avec la matière : généralelent^ on observe que Teau acide ne mouille pas la paroi du ase : la matière qui y est contenue se sépare en deux parties^ une formée de matière grasse^ reste adhérente à la paroi ; autre ^ alcaline , se dissout et se transforme en sulfate acide. « On décante avec précaution le liquide acide y qui doit être impide et incolore si l'opération est bien exécutée : on lave la «psule par quelques gouttes d'eau acidulée qu'on ajoute au iremier liquide et on évapore le tout jusqu'aux trois quarts dans je vide^ ou bien sous une simple cloche au-dessus de l'acide sulbrique. On vei'se ensuite dans le résidu une solution très- concentrée de cai'bonate de potasse pur^ et on reprend enfin le tout par de l'alcool anhydre. Celui-ci dissout l'alcaloïde, tandis qu'il laisse intacts le sulfate de potasse et l'excès de carbonate de potasse : l'évaporation de la solution alcoolique fournit l'alcaloïde cristallisé.

« Il s'agit maintenant d'en constater les propriétés, pour pouvoir en déduire l'individualité.

« J'ai appliqué les principes que je viens d'exposer à la recherche de la morphine (i), de la codéine, de la strychnine, de la brucine, de lavératrine, de l'cmétine, de la colchicine, de l'aconitine, de l'atropine, de l'hyoscyamine, et je suis parvenu à isoler sans la moindre difficulté ces différents alcaloïdes mêlés préalablement à des matières étrangères. »

On peut employer aussi le chloroforme. Les matières sont traitées par un acide étendu ; on filtre , on évapore la liqueur et on reprend le résidu par l'alcool. La solution alcoolique est évaporée, le résidu est traité par de l'eau ammoniacale, et le produit est agité avec du chloroforme qui dissout l'alcaloïde.

Dans ces années dernières MM. Grahani et Hofmann ont employé pour rechercher de la strychnine dans des bières une méthode conseillée anciennement par M. Rabourdin. On agite I litre de liquide avec 25 ou 30 gr. de noir animal lavé, on Hltre H on lave le noir avec de l'eau. On fait alors bouillir le noir ivec de l'alcool à 90* pendant une demi-heure en ayant soin de aire retomber les vapeurs dans le ballon , puis on filtre et on ivapore la liqueur. Le résidu est alors mêlé à un léger excès l'une solution faible de potasse ou de soude et agité avec de

(1) La morphine étant à peu près insoluble dansTéthcr, M. Valser a pro- Httède tubttUuer Téther acétique & l'éther ordinaire pour larccYiv^TO^iiV^'^^'^' ïiilière de cet alcaloïde.

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