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ALCALOÏDES DES SOLANÉES VIREUSES

207. La belladone , atropa beHadona, et la pomme épineuse, !a(ura stramonium, fournissent un même alcaloïde, nommé atropine ou la daturiney dont la formule est

C3»H23AzO«.

Cette substance forme des aiguilles fmes, fusibles vers 90®, te sublimant en partie vers 135<^.

Elle est très-peu solublc dans l'eau, très-soluble dans l'alcool ît dans l'éther.

Chauffée avec un réactif oxydant, tel que le bichromate de 'OUuse et l'acide sulfurique, elle dégage de l'essence d'amandes reconnaissabJe à son odeur, et \\ se suYAm^ Àe.'s^ ^"cv^

532 ATROPINE. HYOSCIAMINE. SOLaNINE.

taux d'acide benzoïque. Avec Vacide sulfùrique on obtient une coloration violette dégageant une odeur suave analogue à cette de la rose.

Il est rare qu'on ait à constater des empoisonnements par fatropine^ mais les baies de belladone en produisent firéquemment.

La jusquiame noire^ kyosyamus niger, fournit des aiguilles soyeuses qui ont beaucoup de ressemblance avec l'atropine, mais qui paraissent agir moins énergiquement que l'atropine (hyosciamine). Son action se porte sur les nerfs^ et non sur les muscles. Elle dilate moins les pupilles^ elle produit un délire sombre.

La belladone et l'atropine, le datura, la jusquiame et l'hyosciamine, et, en général, les solanées vireuses doivent être rangées parmi les poisons stupéfiants.

L'empoisonnement par la belladone et par la plupart des solanées vireuses est caractérisé par une dilatation énorme de U pupille, et par un trouble tel dans les phénomènes de la vision que la vue s'obscurcit et se perd. Le malade est pris de vertiges, d'hallucinations suivies d'un délire bruyant et de convulsions. La face est congestionnée , la respiration pénible, la pean se recouvre souvent d'une éruption pareille à celle de la rougeole.

On ne connaît pas de contre-poison à ces matières ; l'infusion de café non torréfié, de thé ou d'une autre substance astringente, est recommandée. Le plus certain est l'emploi rapide et énergique de vomitifs et de purgatifs.

Les caractères de ces alcaloïdes sont à peine connus; aussi ne peut-on pas indiquer dans l'état de la science des réactifs qui permettent de déceler ces matières.

Le meilleur moyen que l'expert puisse employer pour s'éclairer sur la nature des poisons des solanées et des autres végétaux dont le principe actif est encore caractérisé consiste à faire sur des animaux des recherches physiologiques avec ces végétaux ou avec les principes retirés de ces végétaux qu'on trouve dans le commerce.

M. Desfosse a retiré de la douce-amère, soUmum dulcœmra, des baies de morelle, solanum nignmi, et des tiges de pommes de terre étiolées, solanum tuberosum, une matière nommée li solanine, C** H"'* Az 0". Ce corps est en aiguilles soyeuses, solubles dans l'alcool, fusibles vers 230<>. Sa solution est un pen amère. Elle se combine aux acides et forme des sels. Sous Tmfluence de l'ébuUition avec les acides elle fournit une base pin* énergique (solanidim) el de Va. ^\xvtvi^.

AGONITINE. DIGITALINE. ÉMÉTINE. 533

AconiHne. On a retiré de Taconit napel^ aconitum napellus, une poudre incolore^ amorphe^ amère^ soluble dans l'alcool^ peu soluble dans l'éther et pour ainsi dire insoluble dans Teau.

Ce corps fond vers 120». Il est alcalin. C'est un agent toxique d'une grande énergie.

DIGITALINE.

298. Cette substance a été retirée par MM. Homolle et Qucvenne de la digitale pourprée. Elle n'est pas encore connue à l'état de pureté. On distingue une variété soluble et une variété insoluble; la première est plus abondante dans les semences de digitale^ tandis que la seconde se trouve surtout dans les feuilles.

La digitaline a une saveur très-amère. Cet alcaloïde a l'odeur de la feuille de digitale que l'on pulvérise. Des traces de ce corps communiquent à l'eau la propriété de mousser abondamment. Lorsqu'on mouille la digitaline avec de l'acide sulfurique concentré et qu'on expose ce mélange aux vapeurs de brome^ il se colore de teintes violacées diverses suivant les proportions.

L'acide cblorhydrique concentré la colore en vert. Ce corps paraît être un glucoside; car^ suivant M. Kossmann^ il se dédouble sous l'influence des acides en une résine et en glucose.

Cest un agent toxique très-énergique. M. Tardieu le place parmi les poisons hypostbénisants (95). La digitale a produit souvent des empoisonnements par imprudence.

La digitaline est remarquable surtout par la propriété dont elle jouit de ralentir les mouvements du cœur, et on l'administre aujourd'hui en globules contenant 1 milligramme de di- ^taline.

Vupas cmtiar, poison sagittaire des Indiens, provenant de 'anHaris toaskaria ( artocarpées) , agit sur le cœur comme la ligitaline.

ÉMÉTINE.

299. Ce corps s'extrait de la racine d'ipécacuanha, cephœlis ipeaeuanha,i\ existe aussi dans le richardsonia brasiliensis, et dans e phsychtria emetica et dans la racine de cainca (rubiacées). les matières, réduites en poudre fine, sont traitées par de Tal- »oi concentré, puis l'alcool est distillé. L'extrait est délayé lans cinq fois son poids d'eau, et la liqueur est filtrée. On ajoute i la liqueur 2 pour 100 de potasse caustique, et on l'agite axç-c. lu chloroforme. On décante le chloroforme el oxv \e ^vsJè^^

534 GANTHARIDINE. CHAMPIGNONS.

1 cmetiue cristallise. On la fait dissoudre dans l'acide sulfurûpie dilué, et on en précipite Témétine par rammoniaque. Ce corps est amorphe et jaunâtre, fusible vers 50<». Il est soluble dans l'eau froide, et surtout dans l'eau bouillante, et dans l'alcool; ses solutions sont un peu amcres. C'est une base trcs-faible, ses sels sont incristallisables.

Quelques centigrammes suffisent pour provoquer le vomissement.

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