DIFFÉRENCES ENTRE LE SANG ARTÉRIEL ET LE SANG VEINEUX
368. Nous avons fait ressortir ces différences en étudiant les divers principes du sang. M. Longet^ dans son excellent TnàU de physiologie, les résume ainsi :
Sang artériel. Sang veinettx.
1° rouge vermeil. 1® rouge brun.
2** plus riche en fibrine. 2** plus riche en albumine.
3** » globules. 3** » eau.
4** u sels. 4** » matières eitrac-
tives.
5** contient environ 38 parties 5* renferme à peu près 22 ptrd'oxygène pour 100 d'acide ties d'oxygène pour 100 dV
carbonique. cide carbonique.
*• plus coagulable. 6°
7** 7* globules plus abondants ta
matières grasses.
\ même composition dans 8** a une composition différeate Il le système artériel. en divers points du systteB
veineux.
369. MM. Dumas et Prévost ont les premiers fait connaître une éthode rationnelle d'analyse du sang. Cette méthode^ modifiée ir M. Scherer et d'autres physiologistes, est encore suivie auurd'hui. Elle n'est pas d'une rigueur absolue; mais comme les reurs sont toujours du même ordre dans les analyses compaitives que l'oii exécute, les relations que l'on cherche à décou- •ir n'en sont pas troublées et les résultats sont comparables. Le sang s'appauvrit en matières solides à la fin des fortes lignées, il faut donc faire une saignée qui ne soit pas trop condérable, ne pas dépasser 375 grammes. Les principes solides Bs globules diminuent beaucoup plus que ceux du sérum; les ifférences sur la fibrine ne sont pas sensibles. MM. Becquerel L Rodier se sont assurés que l'appauvrissement est insignifiant ans le premier décilitre; le mieux serait donc d'opérer sur les OO centimètres cubes qui ont coulé les premiers, mais si l'on e peut pas faire les différents dosages avec cette quantité de latière on recevra dans un vase le premier et le dernier quart, ans un second vase le deuxième et le troisième quart. On abanonne le liquide du premier vase à la coagulation , et on bat ussitôt l'autre liquide avec quelques verges d'osier. MM. Beciierel et Rodier conseillent de battre lés 125 premiers centittètres cubes d'une saignée, et d'abandonner à la coagulation le este de la lignée.
La manière d'opérer la plus simple est de recevoir ces deux iquides dans des vases à précipité ou dans des éprouvettes tarées. 4* Caillot, sérum. — On abandonne à elle-même la partie soumise à la coagulation, jusqu'à ce que le caillot cesse de se conwicter, puis on décante avec soin le sérum : son poids, comparé celui du sang, donne une idée du rapport de poids du sérum t du caillot.
2« Principes fixes du sérum, — On en place une partie dans le capsule tarée, et on en prend le poids. On dessèche ce lipide à ilO® et on pèse de nouveau. La différence des deux >ids représente l'eau contenue dans la quantité de sérum souise à l'essai, et l'excès du second poids sur la tare fait conttre la proportion des principes solides de ce sérum. On ^uffe alors la capsule au rouge en présence de l'air; le relu représente les matières minérales de ce même sérum. n est clair qu'il est resté du sérum interposé dans le caillot. ur le déterminer, on pèse ce caillot ou un poids connu de ce
caillot; on le dessèche et on prend le poids du résidu. On admet (ce qui n'est pas exact) que toute l'eau du caillot est due au sérum y et comme on sait combien le sérum contient d'eau on déduit de la perte que la dessiccation a fait éprouver au caillot la quantité de sérum qu'il renfermait.
3® Albumine. — Le reste du sérum est porté à TébuUition avec une petite quantité d'alcool. Le précipité d'albumine est jeté sur un filtre^ lavé par de l'eau alcoolisée^ séparé du filtre avec soin et pesé après dessiccation à 1 10^. On ajoute par le calcul au poids d'albumine ainsi trouvé celui qui existe dans le sérum interposé au milieu du caillot.
4*> Fibrine. — Nous venons de dire qu'on l'obtient en battant un volume connu de sang; on peut se servir de verges ou plus simplement des doigts : la fibrine forme une sorte de gant que l'on enlève sans perte. On lave la fibrine tant qu'elle est colorée^ on la dessèche au bain-marie^ puis à 110<> dans une capsule tarée jusqu'à ce que son poid? ne varie plus, et on la pèse.
On peut aussi doser la fibrine dans le sang coagulé. A cet effet on place le caillot sur un linge à mailles serrées, on tait un nouet, on exprime et on malaxe sous un mince filet d'eau tant que le liquide coule coloré. La fibrine est alors détachée avec un couteau, puis séchée et pesée.
0° Globules. — Le sang défibriné est divisé en deux parties que l'on pèse. On prend l'une d'elles, on y ajoute une petite quantité d'acide acétique, et l'on porte à l'ébuUitionj: l'albumine et les globules se coagulent. On recueille ce dépôt sur un filtre, on le lave, on le détache avec soin, et on le pèse après une dessiccation à 110<>. La différence entre ce poids et celui qu'a donné le troisième essai fournit la proportion des globules.
6° Principes solides du caillot. — La liqueur qui coule, dans l'essai précédent, du filtre sur lequel on a recueilli les globules et l'albumine, évaporée à sec et desséchée à 400*> dans une capsule, fournirait le poids des principes solides du sang défibriné. L'incinération de ces principes donnerait un résidu qui représenterait les matières minérales du sang. Or, puisqu'on a dosé ces substances dans le sérum , on aurait par différence le poids de ces corps renfermé dans les globules.
1^ Principes solubles dans Veau. — La deuxième partie du sang défibriné est évaporée à sec, et le résidu est épuisé par l'eau à plusieurs reprises. Les liqueurs réunies abandonnent par Tétaporation les principes solubles dans l'eau (matières extractives, coiorantes, salines, ete,^, «^xx^ Vou veut ensuite analyser,
8® Principes solubles dans Vétker. — Le résidu précédent est alors épuisé par l'éther. Les liqueurs éthérées évaporées dans une capsule tarée fournissent un résidu que Ton pèse et qui représente sensiblement les corps gras.
Emplois du sang. — Le sang cuit sert d'aliment dans certains pays^ en Suède ^ en Italie. La quantité notable d'albumine que le sang contient et la propriété dont jouit Talbumine de se coaguler par la chaleur font employer le sang dans les sucreries et dans les raffineries de sucre pour clarifier les jus.
370. Puisque le sang parcourt tout le corps et qu'il en enlève les principes nuisibles^ il est clair que les troubles qui se manifestent dans un point quelconque de l'organisme doivent amener des modifications dans le sang^ et l'on comprend que l'examen du sang puisse être une base solide de diagnostic. Cependant , comme oh ne peut expérimenter d'ordinaire que sur le sang puisé dans une veine superficielle , et que le sang se mêle dans le corps, la petite quantité de principe anormal ou nuisible se trouve trop diluée pour qu'on puisse la doser ou même la discerner dans beaucoup de cas.
Les notions que l'on possède sur les variations du sang dans les diverses maladies sont peu nombreuses; ou sait seulement que dans tel ou tel état il y a diminution ou augmentation de tel ou tel principe, mais on n'est pas assez instruit sur la manière dont se forment ces matériaux dans le sang pour qu'on puisse en conclure souvent que l'état morbide appartient à un organp plutôt qu'à un autre, et que la maladie a telle cause plutôt que telle autre.
D'ailleurs les principes du sang peuvent paraître augmenter sans que cet accroissement soit réel ou tout aussi grand qu'il parait; cela peut tenir à une diminution dans la masse totale du sang.
Pléthore. — La pléthore peut tenir, soit à un accroissement dans la proportion des globules, soit à une augmentation dans le volume du sang; il y a donc une pléthore globulaire , une pléthore sanguine.
Dans la première, les globules augmentent; d'après MM. Andral et Gavarret, la proportion des globules, qui est en moyenne de 127 pour 1,000, peut s'éleverà 141.
Ces nombres sont contestés à juste raison, car la moyenne des globules du sang est supérieure au chiffre précédent , elle est de 113 à 137 chez la femme, et de 131 à \^1 e\ve7,\Vvo\xv\xvvi.,Vfc
caillot est chargé de globules , dès lors il est mou , il n'est pas accompagné de couenne. *
Dans la pléthore sanguine c'est-à-dire dans l'augmentation de la masse du sang, l'inverse peut avoir lieu, car la quantité du sang peut augmenter dans une plus forte proportion que les globules. État anémique. — Les remarques sur la pléthore s'appliquent à l'anémie. Il peut y avoir diminution de la masse des globules ou diminution du poids du sang.
Dans le premier cas on remarque une augmentation de l'eau et de la fibrine du sang, souvent aussi le nombre des globules incolores s'accroît. Le caillot est ferme et produit souvent une couenne. L'état anémique se déclare toutes les fois que l'organisme ne répare pas les pertes qu'il éprouve. Il se développe pendant la croissance, au moment de la puberté, ou à la suite des maladies qui entravent les phénomènes de digestion. Le fer et ses préparations ont la plus favorable influence sur le développement des globules.
Nous venons de voir que certains états anémiques correspondaient à une augmentation des globules incolores. On observe alors que la rate se gonfle. On sait d'ailleurs que lesangqnia séjourné dans la rate est très-riche en globules incolores, il en contient quelquefois 1 sur 49 globules colorés. Le sang de la veine splénique est très-chargé de ces globules. Le caillot da sang de cette veine est très-peu compacte, le sérum qui s'en sépare se coagule au bout d'un certain temps.
Il semble résulter de ces faits que la rate est un organe destructeur des globules colorés et qu'elle a la faculté de les changer en globules blancs, lesquels, entraînés dans la circulation, se transforment en globules rouges.
Leucocythémie. — On donne ce nom à un état morbide caractérise par l'abondance des globules blancs, il peut atteindre le quart du nombre total des globules. Le sang est alors laiteux , et devient souvent acide par la formation d'acide acétique ou d'acide lactique.
Choléra, typhus. — Les globules prennent des formes irrégulièrcs et se soudent pendant le choléra et le typhus..Dans cette dernière maladie, et dans les affections tuberculeuses du poumon à leur dernière limite, le sang a perdu la propriété de rougir au contact de l'oxygène parce que ce gaz ne se fixe plus sur les globules. Le sang des personnes atteintes du typhus contient du carbonate d'ammoniaque produit par la transformation de Turéc, et c'est probablemeT\le.e cota^o?» ^\«m^xi<e l'altération desglo-
bules, car on observe le même phénomène en introduisant de l'ammoniaque dans le sang.
L'ammoniaque 9 divers acides, et plusieurs agents toxiques attaquent l'enveloppe des globules ; on comprend dès lors que toutes les fois qu'un de ces corps se produira les globules se déchireront et la mort en sera la conséquence rapide.
Maladies Inflammatoires. — La fibrine croit dans ces maladies, dans les pleurésies, dans les pneumonies, dans les rhumatismes articulaires aigus. La proportion de ce corps, qui est de 2 à 2^3 dans le sang normal, s'élève à 7, 8 et même à 9 pour 1000. Les matières grasses augmentent dans ces états, et l'albumine et les globules diminuent un peu.
Dans les phlegmasies, la coagulation est retardée, et le caillot se recouvre de couenne. Le sang est chargé d'acide carbonique; ce fait expliquerait le retard dans la coagulation, car la présence d'une forte proportion de ce gaz entrave la coagulation.
Antres maladies où la fibrine croit. — La fibrine croît également dans la maladie de Bright, dans la période inflammatoire de la phthisie, dans les affections cancéreuses.
Maladies où la fibrine diminue. — Lorsque l'alimentation est insuffisante, et dans divers états morbides, la syphilis, un état de suppuration longtemps prolongé, le typhus, le scorbut, la fibrine diminue ou perd la faculté de se coaguler.
La coagulation du sang est lente dans les maladies des voies i%spiratoires, lorsque l'hématose se fait mal, et à la suite de nioil par syncope.
Elle n'a pas lieu dans le sang des personnes asi>hyxiées, foudroyées, de celles qui sont empoisonnées par l'acide prussique, les narcotiques, l'hydrogène sulfuré, l'ammoniaque. Le plus sou- Tent cet effet est produit par la destruction des globules. Dans ce cas, l'oxygène cesse de se fixer dans le sang et le sérum se colore. Le sang des personnes mortes de la peste ou à la suite de la piqûre d*un serpent se coagule très-rapidement.
Variations de Talbumine. — Le sang s appauvrit en albumine dans un grand nombre de circonstances, à la suite d(; pertes de sang, de suppurations prolongées, dans l'albuminurie, dans l'hydropisic , dans les fièvres de marais, dans le typhus, chez les scorbutiques.
On ne connaît pas de circonstances certaines où la dose d'albumine augmente dans le sang.
Variations dans ralcalinité. — Le sang normal est alcalin. Cette alcalinité s'accroît dans les maladies V^\)V\^^^^'s» ^\. \>^.-*
-s PATHOLOGIE DL" SANG.
-. •; . : - > . -. : ■ ; - :î - :;: vraiâif mb lable ment au ne lormatiun d'am- -■ ■•.:?.:•'.- :.ir.? ". -anjau\ dépens de l'urée.
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-..ir < -r •:r:>' '"' -'■'^ ^*-^ *^*^ rapide.
\.\\ -.x.y.v.Zr, i*rmb'.-? diminuer dans les maladies inflaramatoin^.
Variations dans les corps ipras. — L'ingestion d'um* -rriiii-r rMii::: •:■: ::[i:i«le auirmentela proportion des corps paî^. r" :\ IkVji^ 'i-rt.iin ly.w les pei^aines qui boivent beaucuup mai- -Ti--*:::: si e'.-r^ liLu.tui'fnt la duse dt* liquide qu'elles inj;«.'Tent. I.r?s '' ■r-.< jrx- .1- :::■. l'entent pentlant les alTections du foie, daa< !-> : il". •-:!'/..».-■.•?>. uns Li maladie de Bright, et dans la premii'it I , ri. -Ir- irTS nuladies .iii:u»?s et de la tuberculisation pulmonairr.
Antres variations. — Les matières extra<"tives deviennent j; aÎM n-l.i!:tes ians l.i tl- vre puerpérale et dans le seurbut. :'
\.i\ l'se de suon: auirmente pendant le diabôte.
«Ml v...it queliiivt-is l'acide urique augmenter dans le san^r. U \ <i\n,: d.."i i«t. Tiqii< s ••■.-ntient la matière colorante et les aiilPfS '■[•■mrnts lie la bile.
L'une -aiM'u nulle dans le Siing lors4îue les reins fonctionnent mal: -«n ••■•nnaît «-et »tat •i«Hi< le nom d'urémie. L'urée qui s'af- • uuiule 'Idiis [f-} -aiiiT. se 'l«M'".tn:"»s«? en partit* et donne du<vh'.inate d"anun-'nia"[ue.
Variations dans la quantité des sels. — La proïKirtioD «les sels augmente dans les ti.'vres intermittentes. le scorbut, la maladie -le Britrlit , la dvssenterie . les états typhoïdes. Elle diminue dans \f< lièvres intr^rmittentes et dans le choléra.
Scorbut. — L'altérati«»n ilu sinir est prufnnde dans cet état nioi'bid»^ Il si-vtravas»? par suite ilc la dissulutinu des dobuies. et de la diminution tle Talbumin»» »^t«les sols.
Maladie de Briglit. — L'albumine diminue , sans que les globules paraissent amoindris en quantité s*Misiblt» . au dcbut de la malailie du muins. Ui tibrine tircr«.dt, les cnrps irra^ et les sels augmentent.
Hydropisies. — Les irlidmles, l'albumine ilimiiuiont. le sang est iliûluent et s'extravase.
Choléra. — Le sanjr est épais, il ressemble à -le la ir'.'l»*' 'i^'
'Ues; les glubules al»nnibMit ain-^i ijue lalbuminr* .1 lei-
\e sérum est rare, [dus dense, pauvre en s«:"U: i-ep»Mi'lânt
e et les phosphates anurméntent. C.omuie la s«inti"ii
îst affaiblie «ni supprimée, l'uréi* auirmenti" 'Un* !•■
juroduit du catXsoiwX^i d'^wxmomai^ue.