COMBINAISONS DE L'HYDROGÈNE AVEC LE SOUFRE
On en connaît deux :
Le protosulfure d'hydrogène ou l'acide sulfliydriquc HS, U bisulfure d'hydrogène HS*.
Découvert par Scheelc.
Synonymes : hydrogène sulfuré, gaz hépathique.
fis = 17; cet équivalent représente 2 vol.
'^siléde vapeur rapportée à l'air 1,19. Poids du litre, lK%5ft.
J^uble densité de vapeur rapportée à riiydrogèue,ou poids de la molécule, 34.
Formule atomique, II' S.
Liquéfiable sous 16 atmosphères, solidifiablc à — 80".
^priété caractérîstiqne. Ck)rps très-réducteur.
65. État naturel et préparation. — L'hydrogène sulfuré sedégage souvent du sein de la terre dans les localités volcaniques.
L'acide sulfhydrique est le produit dans lequel se résolvent les ^fflposés sulfurés si complexes de Torganisation animale et végétale. La moelle, le cerveau de l'homme, certaines plantes, les ^ciferes, renferment du soufre. Lorsque ces subslauces» ç>^ ^«;i-
composent^ leur soufre se change en acide sulfhydrique^ <fi dans le sol se change en sulfure^ puis en sulfate de chaux« Q sel^ diss4jus par Teau, revient par cette voie aux végétaux^ aux animaux^ de sorte que là encore il y a un échange mervofl Icux qui maintient l'ordre dans la nature. ■
Lorsque ce sulfate de chaux se rencontre dans un porti sous le pavé de nos rues etc, avec des corps réducteurs coi des eaux ménagères, des produits de vidange, ce sel se change sulfure, duquel Tacide carhijnique de Teau ou de l'air déj de l'acide sulfhydrique.
Ce gaz se prépare en traitant les sulfures par les acides.
Pfotosiilfiire de fei\ Pour préparer ce sulfure on jette dam une cuiller de fer, portée au rouge, un mélange de 1 p. de soufre ♦,'t de 2 |i. de fer en limaille, et on renverse la masse quandlc s^jufre en excès a cessé de brûler.
On place ce sulfure concassé dans un flacon tubulé (fig, 63),
lî
Fig. 63.
on remplit ce vase aux "2/3 avec de Teau, et on y verse par le tub€ à entonnoir de l'acide chlorhydrique ou de l'acide sulfurique '
FeS + IICl = FeCl + HS,
FeS + S0=» HO = FoO^SO» + HS.
Mais comme ce sulfure contient toujours une certaine quantité dt» fer, qui a échappé à l'action du soufre, le gaz est toujours ?ouillè d'h\drui:èno :
Fe 4- S03 HO =-• FeO,SO^ + H.
ACIDE SrLFHÏDRlQl'E. 129
il ne doit-on jamais employer ce procédé quand on veut
vdeniydro^ne sulfaré pur; il est au contraire trèa-eon-
e pour préparer les dissolutions d'acide sulfhydrique.
■M/We d'aftlimoifte. On place le sulfure pulvérisé dans un
"Wj on l'imbibe d'acide chlorh>(irique du commerce, et
hdiaufre légèrement après avoir adapté au ballon un flacon
r suivi d'un tube à gaz plongeant sous le mercure, sous
iu s^lée, ou même soua l'oau si Tiiti ne craint pas de perdre
vgsilfig. 64).
Sb S' + 3 HCl = Sb CI' H- 3HS.
Us pharmaciens devront prérérer ce moyen, parce que le réwo de l'opération, le beurre d'antimoine, est un pruduit utilisé ïwteiueiit, ou pour la préparation de l'émétique.
Propriétés. — L'acide sulfhydrique est un gaz incolore, réfnilanl l'udeur des œufs pourris. Il se liquéfie sous une pres- ''Mde IGatmosphfcrcs en un liquide trcs-mobile, qui ae aoUilifie 1 8D>. Qarèalix facilement cette Jiiyué/flction en meltanl 4«ftï>
130 ACIDE SULFHYDRIQIIE.
une des branches du iuIhmIc Faraday IPg. 05) du bisulfure d'hf>J
drogcnc , qui se (lécom[H>se sponlanémcnt en soufre ,' qui kitim
L'eau dissout 2 fois 1/2 à 3 fois son volume de c« gaz. On op*ll ': cette dissolution dans l'appareil île Wouif, mais il faut avoirsoil'-^ d'employer de l'eau bouillie et d'en remplir les flacons preM[K4 entièrement, parce que l'oxygime décompose ce corps. ^
T.a chaleur rouge et l'étlticellc électrique détruisent ce gai.
L'aride sulfhydriquc liriîle quand on en approche un coifr^ cnllamiaé en présence de l'air.
L'osrygêiie sec n'agit sur l'acide sulfhydrique qu'au rouge, M se produit, si le premier gaz est en excès, de l'eau et de l'addi', suUuroux :
HS+O' =HO + SO*. :
On le montre en enflammant dans l'air un jet fin d'hydn^èH. sulfuré ou mieux en mettant le feu à un Hacon renfermant
) volume d'acide sulthydrique et un volume et demi d'oxygène. Si l'acide sulfhydriquc est en excès, ce gaz attaque l'acide sulfureux, et fournit un dépôt de soufre :
S0'+ 2HS = 3S + ïIIO.
L'ocyiiéiie humide attaque à froid rhy<lrogène sulfuré, et donne un dépôt de soufre. C'est pour cette raison que l'on doit employei' l'eau non aérée pour préparer la dissolution d'hydrogèsc sulfuré, et qu'il est nécessaire de cons«^rv,er f^ solutions dan dus ilacons cnlièremcnt pleins, sans quoi elles di^viennent laiteuses par suite d'un dépôt de soufre. Voici la réaction : HS + O = HO + S.
M. Dumas a constaté un troisième mode d'action de l'oxygène nrf acide sulfhydrique ; il se produit lorsque ces deux corps se ■encontrent au contact de l'air humide, en présence des corps wreux; le soufre se change acide sulfurique.
Ce savant plaça dans une étuve, chauffée vers 45°, du linge lumecté, et il y fit arriver avec lenteur du gaz sulfhydrique. Au )out de peu de temps, le linge contenait de l'acide sulfurique, ^, en l'agitant dans de l'eau acidulée par l'acide nitrique, cellen précipitait abondamment par les sels de baryte.
Cette expérience est fort intéressante, parce qu'elle rend compte l'un fait resté inexpliqué jusqu'à ce moment; c'est la corrosion les vases en zinc, des piscines en carbonate de chaux, du linge même dans certains établissements d'eaux thermales sulfureuses.
Le chlore , le brome , l'iode chassent le soufre de ses combinaisons :
HS + Cl = HCl + I.
Cette action du chlore et de l'iode est utilisée», la première [>our combattre les empoisonnements par l'acide sulfhydrique , la seconde pour déterminer la richesse d'une eau en acidé ailfhydrique (page 77).
La plupart des métaux, l'argent lui-même, sont attaqués par IXvdrogène sulfuré, à sec, ou du moins, en présence de l'eau. L'action des métaux alcalins est très-énergique, et donne lieu à an sulfhydrate de sulfure,
Na + 2 HS = NaS,HS + H.
Les autres donnent des sulfures ; on tire parti de cette action pour analyser l'acide sulfhydrique.
On chauffe, dans une cloche courbe (flg. 66), un petit fragment d'étain avec un volume connu de gaz sulfhydrique recueilli sur le mercure; au bout d'un quart d'heure environ, il n'y a plus que de l'hydrogène à l'état gazeux. Comme le volume n'a pas diminué, on doit en conclure que l'hydrogène sulfuré renferme un volume d'hydrogène égal au sien.
Il est clair alors que nous aurous le Fig. 06. poids de soufre combiné àWi^àio^eu^
dans ce jçaz en retranchant de la densité du gaz sulfhydriqaeli densité de Thydrogène.
La densité du gaz sulfhydrique est 1,100
Celle de l'hydrogène 0,069
Le poids de soufre, uni à Thydrogène, est donc 4,121, deod densité de vapeur du soufre.
Donc un volume de gaz sulfhydrique est formé, avec conden sation d'un tiers, par l'union de
1 volume d'hydrogène avec 1/2 — de vapeur de soufre.
Puisque le soufre est analogue à l'oxygène, que l'acide sulAf drique est dans la série du soufre le correspondant de l'ea» dfll la série de l'oxygène, rapportons la composition du gaz sulfl|^ •drique à 1 d'hydrogène comme nous l'avons fait pour l'eau: "
Puisque 1 0 de soufre remplacent 8 d'oxygène, 1 6 est Téquivaleil du soufre, et HS = 17 est l'équivalent du gaz sulfliydrique. Cetfi formule représente deux volumes, puisque H = 2 volumes, etqoi le gaz sulfhydrique contient un volume d'hydrogène égal il sien. Ces deux volumes sont formés avec condensation d'un tiens
de 2 volumes d'hydrogène et de 1 — de soufre en vapeur.
Le i)oids de la molécule d'acide sulfhydrique est, avons-nou! vu, le poids de deux volumes de ce gaz. Or deux volumes d'acide sulfhydrique étant formés de
2 volumes d'hydrogène pesant 2
1 volume de vapeur de soufre pesant 32
Le poids de la molécule d'hydrogène sulfuré est. . . 34
On aurait d'ailleurs ce poids moléculaire en multipliant
1,19 par 28,88.
La molécule d'acide sulfliydrique est donc représentée parlî formule
Le soufre est, par conséquent, diatomique comme Voxy g-ène.