RECH. DU PHOSPHORE DANS LES CAS D'EMPOISONNEM
C, tube droit ou contourné, entouré d'eau froide placée dans un réfrigérant en verre garni de' papier noir.
D, flacon où se condense le produit de la distillation.
On divise les organes en petits fragments, et après en avoir fait une bouillie claire, on y ajoute un peu d'acide sulfurique de façon à rendre la liqueur acide, car si la liqueur était ammoniacale, la phosphorescence ne se déclarerait pas. Cette absence de lueurs a lieu pareillement lorsque les vapeurs renferment deTalcool, de la créosote, de la térébenthine, etc.
Il est préférable, dans ce dernier cas, de faire la distillation dans un courant d'acide carbonique. On prépare ce gaz par la méthode ordinaire, on le lave dans de l'eau, et on lé fait arriver par un tube dans le ballon de l'appareil précédent. Il est rare qu'on soit obligé de recourir à cette modification ; d'ailleurs, en supposant que les lueurs ne se soient pas produites, on doit toujours rechercher les composés oxygénés du phosphore dans le liquide du flacon.
La vapeur d'eau entraîne de la vapeur de phosphore qui répand une lueur dans le tube à partir du point où l'eau se condense : il faut donc renouveler l'eau sans cesse. Avec le produit d'une allumette introduit dans 200 grammes d'aliments on observe pendant 20 minutes au moins un anneau phosphorescent dans le tube C.
Le liquide recueilli dans le flacon, agité dans l'obscurité, parait un corps en feu et il répand une odeur alliacée. Il contient un mélange d'acide phosphoreux et d'acide phosphorique. Si on y verse du nitrate d'argent on aura un précipité noir de phosphnre d'argent et d'argent métallique. Le mieux est d'ajouter quelques gouttes d'acide azotique, puis on évapore doucement à sec et l'on reprend par Teau ; cette liqueur ne renfermant plus alors que de l'acide phosphorique, on recherche ce corps par ses réactifs ordinaires (90).
M. Dusart a eu l'idée d'appliquer à la recherche du phosphore la propriété que possède ce corps de colorer en vert la flamme de l'hydrogène.
On prend le liquide qui s'est condensé dans le flacon, et on y ajoute du nitrate d'argent ; il se forme un précipité de phos* phure d'argent et d'argent. On l'introduit dans un appareil de Marsh dont le tube recourbé est terminé par un ajutage de platine. Si cette matière contient du phosphore, la flamme présente une belle teinte vert-émeraude.
On peut, si on A'a pas d'ajutage en platine, terminer le tube
par un coude en forme d'U, de façon que la pointe plonge dans un verre où on a mis du mercure. On s'arrange pour que le métal afQeure au niveau de la pointe du tube, et on enflamme le gaz.
Si les matières sont restées un certain temps avant d'être enfermées, il peut arriver que le phosphore libre ait disparu. On pourra encore conclure à un empoisonnement par le phosphore si on trouve de l'acide phosphoreux reconnaissable au précipité noirâtre qu'il donne avec le nitrate d'argent, si on n'ajoute pas d'acide nitrique à la liqueur. Par l'adjonction de Tacide nitrique, l'acide phosphoreux disparait pour faire place à l'acide phosphorique, dont les caractères sont très tranchés.
88. Lorsqu'on fait passer de la vapeur de phosphore sur de la chaux vive portée au rouge il se forme un phosphure de calcium PhCa* qui reste mélangé à de la chaux et à du phosphate de chaux. Si Ton jette ce mélange dans un verre contenant de l'eau tiède, il se dégage un gaz qui prend feu spontanément au sortir de l'eau.
M. Paul Thenard a montré que ce gaz est complexe. En le forçant à passer dans un tube fortement refroidi, il a recueilli dans celui-ci un liquide jaunâtre, PhH*, qui possède trois propriétés saillantes. La lumière le décompose; aussi doit-on le préparer dans un endroit tout à fait obscur. Beaucoup de corps, l'acide chlorhydrique notamment, le détruisent à froid en deux autres phosphures, l'un solide, l'autre gazeux, qui ne sont ni l'un ni l'autre spontanément inflammables :
5PhH2 = SPhH' + Ph^H.
gazeux. soUde.
11 prend feu spontanément à l'air, et il s'écoule comme un ruisseau de feu. Ce sont des traces de ce corps qui communiquent l'inflammabilité au gaz dégagé par le phosphure de calcium, et il sufQt d'en ajouter une goutte dans de l'hydrogène ou de Toxyde de carbone pour que ces gaz prennent feu dans l'air.
On utilise sa décomposition pour préparer les deux autres phosphures. On fait tomber par un tube large des bâtons de phosphure de calcium dans de l'eau renfermant un tiers de son ^olume environ d'acide chlorhydrique (/Kg. 79). Use dépose dans
le Tjtse une matière jaune, qui eat le phosphure solide, et il se dégage le composé Phn*.
Ce dernier s'obtient en chauffant de l'acide phosphoreux PhO' 3B0.
On le prépare pur en taisant tomber goutte à goutte une so-
FiB- 10.
lution de potasse dans un petit ballon renfermant l'iodure, PhH* HI mélangé d'un corps inerte comme le verre.
Ce gaz est incolore et doué d'une odeur alliacée. L'eau n'en dissout que le huitième de son volume; l'alcool, l'étber, les essences en disBohent davantage. Il ne brûle qu'à la température de 100°.
U prend feu à froid au contact du chlère; on doit faire arri Ter ce gaz bulle à bulle dans le phosphure.
H est absorbé par les sels de cuivre et d'argent et changé en phosphure noir, mélangé d'argent dans le dernier cas. On profite de cette absorption pour le séparer de l'hydrogène auquel il est souvent mélangé.
M. Riban a montre qu'il est absorbé par une splution de chlorure, Cu' CI ; il en résulte des cristaux dont la composition paraît être Cu'CI 2PhH'. Ce dernier corps chauffé dégage de l'acide chlorhydrique qu'on peut condenser dans de l'eau et du gaz, PhH°, qui est pur.
11 partage avec le gaz ammoniac la propriÉté de se combiner directementavecles acides bromhïdriqueetiodhydrique gazeux. 11 en résulte des sels cubiques comme les composés ammoniacaux correspondants, et formés comme eux par des volumes ég«ix de l'acide et du phosphure d'hydrogène unis sans conden-
sation; mais les combinaisons da phosphore sont décomposablés par l'ean. Ce gaz se combine également, comme l'ammoniaque^ aox chlomres anhydres d'étain et d'antimoine. Ces raisons ont conduit à donner à ce gaz la formule PhH' correspondante de celle de l'ammoniaque.
On obtient très facilement un mélange gazeux spontanément inflammable de ce phosphure ayecle phosphure liquide en chauffant 3 ou 4 petits fragments de phosphore dans un très petit ballon avec une solution concentrée de potasse en quantité telle qu'elle remplisse ce rase aux 3/4. Comme le gaz détone à Tair, on n'adapte le tube abducteur que lorsque le gaz brûle au goulot du vase.
On remplace quelquefois ce mélange par des boulettes faites avec une pâte épaisse de chaux éteinte et d'eau au milieu desquelles on place un petit fragment de phosphore.
L'eau est décomposée. Une partie du phosphore s'unit à l'hydrogène^ et l'autre se combine à l'oxygène pour former avec la chaux de l'hypophosphite de cette base.
li se produit en même temps de l'hydrogène en raison de la tendance que les hypophosphites possèdent à former des phosphates :
PhO + 4H0 = Ph05 + H*
On en connaît trois :
l'acide hypophosphorenx PhOSHO
— phosphoreux PhO'SHO
— phosphorique PhO^
Les deux premiers acides sont fort peu stables et se transforment dans le troisième.
ACIDB HYPOPHOSPHOBEDX.
89. Nous venons de voir que l'action des bases hydratées sur le phosphore fournit^ outre les phosphures d'hydrogène, des hypophosphites. Le meilleur procédé pour préparer l'acide hypophosphoreux consiste à faire bouillir le phosphore avec une solution de baryte. L'hydrogène phosphore se dégage et l'hypophosphite de baryte reste en dissolution. On traite la solution
COMPOSES OXYGÉNÉS DU PHOSPHORE. iOb
par de l'acide sulfurique pour enlever la baryte à Tétat de sulfate insoluble^ et Ton obtient une solution d'acide hypophosphoreux que l'on évapore dans le vide à consistance de sirop.
Ce liquide a pour composition PhO 3H0 ; on ne parvient pas à lui enlever de l'eau sans le détruire. Il est très oxydable : ainsi il réduit les sels d'argent^ d'or et de mercure^ il ramène Tacide sulfurique et l'acide sulfureux à l'état de soufre. M. Wurtz a montré que lorsqu'on le traite vers 50° par le sulfate de cuivre, il se forme de l'hydrure de ce métal > substance extrêmement instable.
En présence des bases, un seul des trois équivalents d'hyd^rogène qu'il renferme est remplacé par .ce métal, de sorte que les bypophosphites ont pour formule
PhH^OSKG, ou PhH^KO* et l'acide hypophosphoreux
PhH203HO ou PhH^G».