ACIDE PHOSPHOREUX
Cet acide se forme, mêlé à l'acide phospborique, lorsque du pbospbore est abandonné à l'air humide, et même on a cru longtemps que ce mélange était un acide défini PhO^ On l'obtient pur en versant du chlorure de phosphore PhCl^ dans de l'eau ; ces deux liquides réagissent l'un sur l'autre par l'agitation et ils donnent naissance à de l'acide chlcrhydrique et à de l'acide phosphoreux :
PhCl^ + 6H0 = PhO^SHO + 3HC1.
On évapore la liqueur vers 50° ou 60° pour chasser l'acide chlorbydrique, et l'on continue l'évaporation dans le vide jusqu'à ce qu'il se forme une masse cristalline. Cette substance a pour formule PhO^ 3H0; lorsqu'on la concentre davantage, elle se décompose en acide phospborique, en phosphure d'hydrogène gazeux, et en hydrogène.
Ce corps est remarquable, comme le précédent, par sa grande avidité pour l'oxygène : il réduit diverses solutions métalliques, mais il ne réagit pas sur le sulfate de cuivre vers 50<* pour donner l'hydrure de cuivre (89).
Cet hydrate, sous l'influence d'une base, perd un où deux équivalents d'hydrogène, qui sont remplacés par un ou par deux équivalents de métal; il est donc bibasique. Le troisième
306 AaDES PHOSPHORIQDES.
équivalent d'hydrogène n'est pas remplaçable par un métal; par conséquent la formule de cet acide est :
PfaHH)* = PhH0*2H0, et ceUe des phosphites est,
PhHK^O* = PhH0*2M0, ooiPhHHKO* = PhHO^MOHO.
AQDB PHOSPHOBIQOE ANHYDRE.
STHOsmn : Anhydride phosphorique.
90. Ce corps se prépare à l'état anhydre en enflammant du phosphore dans de Tair sec. On peut faire l'expérience^ soit d*une manière intermittente, en mettant ]e feu à des fragments de phosphore placés dans une petite coupelle de terre reposant sur une assiette recouverte d'une cloche^ soit d'une façon continue^ en faisant arriver dans un ballon tubulé un courant d'air sec sur du phosphore que l'on renouvelle au fur et à me« sure du besoin.
Ce corps se présente sous forme de flocons neigeux que la moindre trace d'humidité pelotonne^ puis liquéfie. Cette avidité pour l'eau est tellement considérable que le contact de ces corps détermine le bruissement du fer rouge plongé dans l'eau; il se forme dans cette action trois hydrates définis. La chaleur ne le détruit pas.
HYDRATES D*AaDE PHOSPHORIQUE.
Lorsque Ton abandonne à l'air humide l'anhydride phosphorique, il se liquéfie en fournissant une liqueur adde qui coagule le blanc d'œuf : cet effet est dû au composé,
PhO^HO = PhO^H, appelé l'acide métaphosphorique.
Cet acide fixe peu à peu lui-même de l'eau et donne les hydrates,
Ph052HO = PhO'H^, nommé Tacide pyrophosphorlqne, puis Ph0^3H0 = PhO^H^, appelé l'acide phosphorique ordinaire.
Ni l'un ni l'autre de ces deux hydrates ne coagule le blanc d'œuf; le dernier même redissout le blanc d'œuf coagulé. Ces hydrates sont aussi distincts les uns des autres que posle, car ils. ne saturent pas la même quantité de base« et par
conséquent ils forment des sels difTérentsayec une base donnée. Le premier,
PhO^HO ou PhO«H,
fooroît avec la soude, et les autres bases, un seul sel :
PhO^NaO ou PhO^Na (1).
Ce sel et les autres sels solubles de Tacide métaphosphorique ont pour caractère essentiel de précipiter en blanc par les sels d'argent. Ce sel a pour formule ÂgOPhO'^ ou PhO*Ag. Cet acide libre précipite en blanc le chlorure de barium.
Le second hydrate^
PhO^îHO on Phom*, donne avec la soude et les autres bases, deux sels :
2(NaO)PhO* ou Ph07Na^ et NaOHOPhO* ou PhO'HNa.
Ces sels et les autres sels solubles de Tacide pyrophosphorique ont pour caractère essentiel de précipiter en blanc les sels d'argent comme les sels de la classe précédente, mais le précipité a pour formule 2(AgO}PhO» ou PhO'Ag*. De plus, l'acide pyrophosphorique libre ne coagule pas le blanc d'œuf comme l'acide métaphosphorique, et il ne précipite pas le chlorure de barium.
Le troisième hydrate,
PhO*3HO ou Ph08H^
fournit avec la soude, et les autres bases, trois sels :
S(NaO)Pli05 ou PhO^Na»,
2(NaO)HOPhO'^ ou PhO^HNa», Na02(HO)Ph05 ou PhO'H^Na.
Ces sels et les autres sels solubles de l'acide phosphorique ordinaire ont pour caractère essentiel de précipiter en jaune les sels d'argent. Ce composé a pour formule :
SAgOPhO* ou PhO^Ag'.
Pour préparerVacide métaphosphorique, on calcine au rouge dans un creuset de platine un des deux autres hydrates, ou un
(1) On n'a pas tenu compte de Teau de cristaUisation contenue dans le< ptetphates.
phosphate d'ammoniaque. Quelle que soit la température, ou n*obtient pas le composé PhO^ mais un verre parfaitement transparent^ très avide d'eau, qui est le corps PhO^'HO.
Pour obtenir Tacide pyrophosphorique, on chauffe pendant plusieurs heures de 210 à 215 degrés Tacide phosphorique ordinaire.
Ce troisième^ le seul stable en présence de Teau, pourrait s'obtenir à la rigueur en abandonnant les hydrates précédents en présence de Feau. Mais on le prépare en faisant bouillir dans une cornue du phosphore avec de l'acide nitrique étendu de deux fois son volume d'eau. Il se dégage des vapeurs rutilantes^ de l'eau et de l'acide azotique qui se condensent dans le récipient. Si tout le phosphore n'a pas disparu quand la presque totalité de la liqueur a distillé, on rajoute dans la cornue {on cohobe) Teau acida qui a passé après l'avoir additionnée d'un peu d'acide nitrique. On ne met pas de bouchon entre la cornue et le récipient. L'acide phosphorique reste dans la cornue. On décante la liqueur dans une capsule en platine et on Tévapore pour chasser l'excès d'acide et d'eau. On obtient un résidu sirupeux ; ce sirop étendu d'eau de façon que la dissolution marq[ue 1 ,45^ constitue l'acide médicinal. Ce liquide, abandonné sous une cloche avec de l'acide sulfurique concentré, se prend en cristaux prismatiques qui constituent le composé PhO** 3 HO. Ils renferment toujours de l'ammoniaque^ ils attirent l'humidité et donnent une solution très acide.
On reconnaîtra la présence de petites quantités d'acide phosphorique en ajoutant à la liqueur une solution de molybdate d'ammoniaque dans l'eau acidulée par l'acide nitrique : il se forme un précipité jaune de phospho-molybdate d'ammoniaque.
On dose l'acide phosphorique soit à l'état de phosphate ammoniaco-magnésien (171), soit à l'état de phosphate d'urane (466).
Emplois médicaux. — Nous avons donné la préparation et la composition de l'acide phosphorique médicinal. Cet acide est quelquefois employé, à l'intérieur et à l'extérieur, pour la guérison des tumeurs des os chez les rachitiques, et en général, dans les maladies des os. On l'emploie à l'état de sirop, de limonade et de pommade.