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FIj.iB. —Quand oaeiamîne

les diverses formes cristallines d'un'corps, on trouve que généralement elles dérivent toutes les unes des autres d'après la loi de Haùy ( page 7), ■ et même on avait cru que cette règle était absolue. H n'en est rien, et c'est cette propriété qui constitue le dimorphisme.

Le oarbonate de chaux cristallise sous une foule de formes qui dérivent de deux types , ou qui appartiennent à deui systèmes cristallins difTérenla. L'une est le spath d'Islande , qui forme des rhomboèdres dont l'angle est de 105', S. L'autre est l'arragonlte, cristallisée dans le système rhombique. On dit que ces deux formes sont incompatibles.

Le soufre obtenu en cristaux par la fusion est en prismes obliques du système klinoédrique, tandis que le soufre qui a cristallisé à froid dans le sulfure de carbone est en octaèdres droits du système rhombique.

Il est même des corps , l'oiyde de titane , par exemple , qui cristallisent sous trois formes incompatibles,

10. IsomopphiBine. — L'isomorphisme est une propriété qu'ont certains corps de cristalliser, soit sous la même forme, soit sous des formes très voisines, et de se remplacer mutuellement dans leurs cristaux sans changer sensiblement la forme de ceux-ci.

Il faut, pour que les corps soient considérés comme isomorphes, que ce remplacement soit possible. Ainsi l'alun de potasse, l'alun d'ammoniaque et le sel marin cristallisent tous trois sous les mêmes formes du système cubique. Mais si l'on met dans le même vase une solution d'alun de potasse et une

ALLOTROPIE. ISOMÉRIE. 13

solution d'alun d'ammoniaque , on n'obtient qu*une seule sorte de cristaux renfermant tous de l'alun de potasse et de l'alun d'ammoniaque; tandis que si Ton ajoute une solution de sel marin ^ celui-ci donnera des cristaux spéciaux^ quoiqu'ils aient la même forme que les cristaux mixtes des deux aluns.

A cette similitude de formes correspond l'analogie de composition. Ainsi les carbonates de chaux^ de magnésie , de zinc , de fer, de manganèse, sels en tout semblables, sauf en ce point que le calcium est remplacé par le magnésium, le zinc^ le fer ou le manganèse, cristallisent en rhomboèdres dont les angles sont très voisins , et ils forment des cristaux mixtes.

Cette loi rend de grands services pour la fixation des formules de certains corps , car^ lorsqu'on rencontre une substance isomorphe à une autre dont on connaît la constitution, on en déduit la constitution de la première.

iO bis. Dissociation. — M. H. Sainte-Glaire Derille a donné ce nom à un phénomène général découvert par lui, qui est d'une importance capitale.

1<> Si l'on chauffe un composé susceptible de donner un gaz ou des gaz dans sa décomposition et qu'on atteigne la température où elle a lieu , dans un vase clos muni d'un manomètre, on observe que la décomposition s'arrêter lorsque le manomètre indique une certaine tension qu'on appelle la tension de dissociaHon pour cette température.

Si l'on chauffe plus fort la tension s'accroît, et reste constante paiement. Si l'on revient à la température première, la tension baisse et reprend sa valeur primitive.

La tension croît donc avec la température.

2<* Soit un corps en dissociation à une température donnée, et supposons le moment où la décomposition est arrêtée, la tension de dissociation étant atteinte. Si on fait le vide à ce moment le composé se détruira de nouveau à cette température jusqu'à ce que la tension normale ^it atteinte, et si on fait sans cesse le vide le composé se détruira totalement.

Si , au contraire , on introduisait du gaz sous pression plus forte que la tension de dissociation à la température donnée , la portion de gaz excédante se fixerait sur le corps.

Donc, on peut à une même température , former ou détruire un composé.

iO ter. Allotropie. Isomérie. — Les corps simples se présentent sous divers états qu'on nomme des états allotropiques: ainsi l'oxygène et l'ozone ; le diamant, le graphite et le noir de

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fumée. Ces corps formés de la même matière sont très différents d'aspect et de propriétés^ et ils se transforment l'un dans Fautre sans rien gagner ni rien perdre en poids. On sait , aujourd'hui, que cette transformation n'a lieu qu'en perdant ou en gagnant de la chaleur^ et^ par conséquent, ils ne diffèrent pas par quelque chose de pondérable, mais par une certaine quantité de chaleur qu'on a mesurée dans divers cas (M. Berthelot, M. Lemoine); de telle sorte qu'ils présentent entre eux la différence qu'il y a entre un même corps qui de solide devient liquide ou gazeux.

Les lois de cette transformation sont de même ordre que celles de la dissociation : ainsi, le phosphore rouge ne se change en phosphore ordinaire que jusqu'à ce qu'il se soit produit une certaine tension de vapeur maximum (M. Lemoine).

Ce sont des phénomènes d'équilibre : la décomposition du carbonate de chaux (10 bis) est limitée par ce double fait que si le carbonate se décompose , l'acide carbonique tend à se recombiner avec la chaux ; il en est de même du passage d*un corps simple à ses diverses modifications allotropiques.

Dans plusieurs cas ces transformations ont été soumises au calcul.

LHsomérie est la propriété qu'ont les corps composés de se présenter avec des propriétés physiques et chimiques différentes qu'ils conservent dans tout ou partie de leurs combinaisons.

Les essences de térébenthine, de citron, etc., qui ont la même composition, C*^ H*', la môme densité de vapeur, les mêmes réactions générales, diffèrent par plusieurs caractères physiques et chimiques.

10 quater. Thermochimie.— Cette branche de la science, très cultivée aujourd'hui, tire son importance de la théorie mécanique de la chaleur. De même que, dans les machines, une dose de chaleur correspond à une certaine quantité de mouvement, la chaleur produite dans une réaction correspond à l'intensité de la réaction et peut servir à la mesurer.

Une combinaison chimique n'est possible que s'il y a dégagement de chaleur. Il existe, il est vrai, des. corps, appelés endothermiques , qui absorbent de la chaleur dans leur union, puisqu'ils en dégagent en se détruisant : tels sont les composés oxygénés du chlore, de l'azote, et les corps explosifs, en général. Ces exceptions confirment la règle , car ces composés ne se for-

nt pas directement; ils prennent naissance dans des dou-

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