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CHLORURES MÉTALLIQUES

128. État natnrel. Préparation. — Les chlorures de potassium, de sodium, de plomb et d'argent sont les principaux chlorures que l'on rencontre dans la nature.

1<» Le chlore agit encore avec plus d'énergie sur les métaux que l'oxygène et le soufre. Ainsi, une spirale de fer ou de cuivre à peine chauffée, introduite dans un flacon de chlore, devient incandescente et se change en chlorure. L'or lui-même ne fésiste pas à Faction du chlore naissant dam l'eau régale.

BIÉTALLIQUES. 295

i* On prépare le chlorure d'étain et beaucoup d'autres en dirigeant un courant de chlore sec sur le métal. Une légère chaleur est tout au plus nécessaire pour commencer et activer la réaction. Comme les chlorures sont, en général, volatils, on les recueille par distillation dans un récipient.

2* L'acide chlorhydrique dissous attaque beaucoup de métaux, et c'est en chauffant légèrement du fer, du zinc, de Tétain avec la solution d'acide chlorhydrique qu'on prépare les protochlomres de ces métaux. Il suffit ensuite d'évaporer la liqaenr pour faire cristalliser le chlorure hydraté.

3<» On traite aussi les oxydes ou les carbonates par Tacide chlorhydrique dissous. Les chlorures de calcium , de magnésiam, etc., se préparent de cette façon. La réaction a lieu à la température ordinaire; l'évaporation du liquide fournit le chlorure.

4« Certains eblorures, ceux d'aluminium et de chrome se préparent en dirigeant un courant de chlore sec sur un mélange intime d'oxyde et de charbon chauffé au rouge vif.

S** L'or, le platine se chlorurent par l'eau régale.

Propriétés. — Les chlorures sont généralement solides; quelques-uns sont liquides comme le bichlorure d'étain. La chaleur fond et volatilise presque tous les chlorures^ ce qui faisait dire autrefois que le chlore donne des ailes aux métaux. Si an métal forme deux chlorures, le plus chloruré sera le plus volatil.

Les chlorures d'or et de platine se détruisent par la chaleur.

Les chlorures de cobalt et de nickel^ qui sont le premier rose faible, le second vert clair, deviennent, lorsqu'on les dessèche ou même lorsqu'on chauffe une de leurs dissolutions concentrées, le premier, bleu intense, le second, jaune brun. Ces chlorures ne sont pas détruits, ils sont simplement modifiés isomériquement. Si l'on écrit avec ces solutions, les caractères, à peu près invisibles, apparaissent lorsqu'on chauffe légèrement le papier, et les lettres disparaissent parle refroidissement (encres sj^mpa^Atqm).

Les chlorures étant fusibles, sont décomposés par le courant électrique, et l'on prépare le barium, le strontium et le calcium par ce moyen.

La lumière détruit le chlorure, le bromure et l'iodure d'argent; ce caractère est la base de la photographie.

Le carbone n'agit pas sur les chlorures.

L'hydrogène les réduit, sauf ceux de la première et de la

deuxième section. L'expérience se faiteomme la réduction des oxydes et des sulfures. Soit le chlorure d'argent :

AgCl + H = HCl + Ag.

Un métal décompose généralement les chlorures des métaux des sections postérieures à la sienne. Cette propriété est mise à profit pour la préparation du magnésium et de l'aluminium.

L'eau dissout la plupart des chlorures^ et la liqueur éyaporée fournit des cristaux du chlorure hydraté. Cependant, il en est quelques-uns, les chlorures de magnésium et d'aluminium^ dont la solution ne reproduit pas le chlorure; elle se décompose en oxyde et en acide chlorhydrique. Quelques chlorures sont destructibles par l'eau. Enfin, il y en a trois insolubles : le chlorure d'argent Ag Cl, le calomel Hg*Cl, le chlorure de cuivre Cu'Cl; le chlorure de plomb est très peu soluble dans l'eau.

Classification. — Il existe des chlorures basiques dont la formule est généralement RCl, des chlorures acides plus chlorurés tels que le chlorure d'or Au'Cl' et le chlorure de platine Pt Cl', et des chlorures salins formés par l'union de deux chlorures précédents, tels sont les chlorosels :

KCIPICI», AzH*ClPtCl«.

Les bromures et les îodures ont la plus grande ressemblance avec les chlorures, et ces trois classes de corps sont de véritables sels (sels haloides), Berzélius avait nommé le chlore, le brome et l'iode les corps haîogènesy et de tout temps le chlorure de sodium s'est appelé le sel.

129. Définition dn sel, dn sel neutre, du sel acide, du sel basique. — Un sel, a dit Lavoisier, est le résultat de la combinaison d'un acide et d'une base. Cette définition comprend tous les sels formés par les oxydes comme le sulfate de potasse KO SOS l'acétate de zinc, ZnO SO*; mais elle ne renferme pas les chlorures; or nous avons dit (79) que Ton ne pouvait rationnellement les séparer des autres sels.

Berzélius a défini le sel : le résullat de la combinaison d'un élément électro-négatif avec un élément électro-positif.

Cette définition embrasse non seulement les chlorures et les

ls çrdin^ires, mais encore les oxydes, les sulfures et tous les

corps binaires, car ils font la double décomposition comme les chlorures; il n'y a pas de raison pour ne pas les ranger à côté d'eux. Versez en effet de l'acide chlorhydrique et de Tacide salfhydrique sur de la soude^ tous aurez la même réaction :

NaOHO + HCl ^ NaCl +H«0»i NaOHO + HS =» NaS + H«0*. ;

Ainsi, en résumé, le mot de sel pourrait arriver à s'appliquer à tous les composés binaires, ternaires ou quaternaires; mais dans la pratique on donne le nom de sel surtout aux combinaisons d'un acide et d'une base, et aux cblorures, bromures et iodures.

Nous avons vu que lorsqu'on vei-se un acide 'énergique sur nue base forte, on arrive à une dose de ces acides qui rend le sel formé tout à fait inactif sur le tournesol rouge ou bleu , et nous avons dit qu'alors le sel était neutre. Mais si, au lieu de traiter une base forte par un acide fort, on fait agir soit une base faible sur un acide fort, soit un acide faible sur une base forte, on n'arrive jamais à une neutralité parfaite. D'où il résulte que la neutralité, telle que nous l'avons définie, n'existe que dans un nombre de cas fort restreint. Berzélius ayant sounûs à l'analyse les sulfates neutres de potasse, de soude, etc., qai sont neutres au tournesol, constata qu'ils ont pour formule

KOSO', NaOSO',

et par suite que dans les sulfates, neutres au tournesol, le rapport de l'oxygène de l'acide à l'oxygène de la base est

de 3 : 1.

On dit alors qu'un sulfate est neutre, quelle que soit d'ailleurs son action sur le tournesol, lorsque le rapport de l'oxygène est <J« 3 H. Ainsi le sulfate de cuivre CuOSO', quoiqu'il soit fortement acide, constitue le sel neutre.

L'acide sulforique forme avec la potasse et avec les autres bases fortes, outre le sel KOSO', qui est neutre au tournesol, un deuxième sulfate, doué d'une réaction acide, qui renferme 2 équivalents d'acide sulfurique pour i équivalent de potasse; on l'a désigné dans l'origine sous le nom de bisulfate dépotasse, en raison de cette circonstance. Mais ce sel con-

PROPRIËTËS PHYSIQUES

tient, outre réquivalent de potasse, un équivalent d'eau de constitntion, de sorte qu'en réalité ce sel a pour formule :

et il ne diflère du sel neutre, dont la formule rationnelle est

iKO 2S0',

qu'en ce point : Iliydrogène de l'acide sulfurique,

n'y est remplacé qu'à moitié par le métal. Le rapport de l'oxygène de Tacide à Toxygène de la base, si on tient compte de l'oxygène, qui est dans l'eau, est le même dans ces deux sels. Ce fait est général; de sorte que Ton peut dire : un sel est neutre, chimiquement pariant, lorsque tout l'hydrogène de l'acide est remplacé par le métal; il est atide quand la substitution n'est qu'incomplète.

Appliquons cette définition aux carbonates. Aucun carbonate n'est neutre au tournesol. 11 existe trois classes de sels formés par l'acide carbonique et les bases fortes. Ge sont, en considérant la soude,

NaOCO".

NaOH02CO>.

2NaOH03GO>.

Nous dirons que le premier est le sel neutre, parce que c'est celui dans lequel tout l'hydrogène est remplacé par un métal.

130. Propriétés pliyalques des sels. — Les sels sont solides, inodores , sauf certains cyanures et sels ammoniacaux. Leur saveur tient à la base et en est souvent un bon caractère. Les sels de magnésie sont amers, ceux de fer astringents, ceux de soude salés.

La couleur des sels peut tenir à l'acide ; les chromâtes tirent sur le rouge comme l'acide chromique. Si l'acide est incolore, la base peut fournir des sels de couleur uniforme. Les sels de cuivre sont bleus , les sels de fer sont verts, etc. La couleur est liée à la présence de l'eau, car si l'on dessèche parfaitement le sulfate de cuivre ou de fer, ils deviennent blancs, et il suffit de les mouiller pour régénérer la couleur.

La lumière ne décompose que certains sels d'argent et de mercure. La photographie repose sur cette propriété.

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