‹ Manuel de chimie médicale et pharmaceutiqueChapitre 211 sur 527 · ACTION TOXIQUE DES ALCALIS · texte numérisé non relu

ACTION TOXIQUE DES ALCALIS

On yerse dans cette solution :

de Tacide perchlorique ; précipité blanc cristallin ;

— tartrique — ^

da sulfate d'alomlDe -^ —

Ces précipités ne se produisent souvent que par l'agitation TÎTe de la liqueur.

Le meilleur moyen consiste à verser dans la liqueur une solution de bichlorure de platine. U se forme par l'agitation un précipité jaune qui est un chlorure double, KCl PtCl", un peu soluble dans l'eau ^ insoluble dans l'alcool (160 bis).

L'embarras est tout à fait grand lorsqu'il s'agit de reconnaître la soude. On ne connaît qu'un réactif, fort difficile à préparer, rapidement altérable, qui précipite cet alcali et ne précipite pas la potasse : c'est le bindéta-antimoniate de potasse (M. Frémy) (101).

159. Empoisonnements par la potasse et ses composés. — L'action des alcalis caustiques sur l'organisme a la plus grande analogie avec celle des acides ; ce sont, comme eux, des substances corrosives. Nous renvoyons pour les symptômes et les lésions à ce que nous avons dit (71). Les lésions sont plus étendues que dans le cas des acides; les parois entières de l estomac sont corrodées, ramollies, dissoutes.

Il est difficile de constater la présence des alcalis à l'état de liberté dans les matières vomies ou dans les viscères, à moins que Ton n'opère immédiatement après l'empoisonnement et qu'on ne les ait enfermées aussitôt dans des vases bouchés, parce que ces corps se carbonatent dans l'air.

Pour rechercher les alcalis on coupe l'estomac, les intestins en menus morceaux, et. on les met en macération dans un flacon bouché, avec de l'eau distillée bouillie. Au bout de douze heures la masse est exprimée dans un linge, puis lavée, et le liquide est Bltré. Ce liquide bleuit énergiquement le papier rouge de tournesol. On le divise en deux parties égales. Dans la première moitié on verse un excès de chlorure de barium , qui précipite tout le carbonate alcalin :

KOCO» + BaCl = BaOCO^ + KCL

On filtre le mélange; s'il y a de l'alcali caustique la liqueur nitrée est fortement alcaline, par suite de la baryte formée; on en prend le titre alcalimétrique. On fait un essai alcaliroé-

S3ft SELS AMMONIACAUX.

trique avec l'autre moitié du liquide; ce qui donne la quantité d'alcali libre et carbonate.

L*eau de Javel, qui est entre les mains de tous les blanchisseurs^ est la cause d'une foule d'empoisonnements et de suicides; 450 à 200 grammes suffisent pour causer la mort.

A Fautopsie des personnes empoisonnées par les chlorures décolorants on observe les caractères des empoisonnements par les alcalis et même par Tacide chlorhydrique. L'estomac exhale l'odeur du chlore si l'empoisonnement est récent. On peut alors traiter les matières suspectes par l'eau, et faire Tassai chloremétrique de ce liquide.

Si l'empoisonnement est ancien les hypochlorites sont détruits, et il ne reste plus que des chlorures alcalins. S'il s'agit, et c'est le cas ordinaire, du composé sodique, on ne peut pas se contenter d'y chercher le chlorure de sodium, car ce sel se rencontre dans l'économie animale ; il faut doser le chlore, et faire un essai comparatif sur des organes d'animaux, ou comparer la quantité trouvée à celle qui existe dans l'homme à l'état

normal.

Le nitrate de potasse, administré par erreur au lieu du sulfate de soude ou du sulfate de magnésie, a causé plusieurs fois des empoisonnements accidentels; 8 à 42 grammes, suivant Orfila, 25 à 30 grammes d'après d'autres expéiimentateurs, sont nécessaires pour amener la mort.

Pour reconnaître la présence de ce sel on traite par l'eau distillée les matières vomies, les liquides de l'estomac ou les organes coupés en morceaux. Si la liqueur est trop fortement chargée de substances animales, on peut les séparer en partie par le dialyseur, puis on évapore la solution, qui donne des cristaux de nitre. On essaye sur la solution ou sur les cristaux les caractères des nitrates (61).

SELS AMMONIACAUX.

160. Ces sels se retirent aujourd'hui des eaux d'épuration du gaz et des eaux vannes qui proviennent de la vidange des fosses dans les grandes villes.

Ces liquides sont chauffés dans des vases en fer avec de la chaux, et les vapeurs, condensées dans des serpentins, sont recueillies dans des bacs renfermant des solutions d'acide sulfurique ou d'acide chlorhydrique. Si l'on a saturé par l'acide sulfurique, on évapore les solutions saturées jusqu'à cristallisa-

SELS AMMONIACAUX. 337

lion ; et on les fait cristalliser une seconde fois pour débarrasser les cristaux de diverses matières noires. Si Ton a fait la saturation par l'acide chlorhydrique, on évapore à sec et on sublime le sel dans des fioles en verre ou mieux dans des chaudières hémisphériques en fonte^ formées de deux parties réunies par des clavettes. Le sel est placé dans l'hémisphère inférieur, la chaleur le sublime dans l'autre. Après le refroidissement on sépare les hémisphères et on enlève le pain condensé dans la partie supérieure.

Page 1