SULFATE DE CHAUX
164. Nous avons vu, à propos des chlorures alcalins naturels (154), que le sulfate de chaux existe dans la nature à rétat anhydre {cuihydrite). On rencontre aussi le sulfate de cliaux hydraté, c'est le gypse, ou pierre à plâtre, CaOSO^ 2 HO. Ce corps se trouve abondamment sur la rive droite de la Seine à Paris. Les buttes Chaumont, Montreuil, Montmartre ont été ou sont le siège d'exploitations importantes de cette matière.
Elle cristallise dans le système klinorhombique; ce sont d'ordinaire de petits cristaux enchevêtrés, ou des masses lenticulaires aplaties. On la rencontre aussi en masses feuilletées, transparentes sur une petite épaisseur, qui ont la forme du fer d'une lance. Ces cristaux se séparent facilement en feuillets ti*ès minces. Leur dureté est si faible qu'ils sont rayés par l'ongle.
L'eau en dissout plus de 2 millièmes; cette solubilité présente un maximum vers 36^, comme le sulfate de soude (1 45). Les eaux gypseuses sont impropres au savonnage, à la cuisson des légumes; elles donnent dans les chaudières des incrustations beaucoup plus adhérentes que le carbonate de chaux. On les désigne, avons-nous dit (39), sous le nom d'eaux séléniteuses.
Le gypse faiblement calciné, gâché avec de l'eau, s'échauffe, emprisonne de l'eau, et la masse devient dure. La théorie est simple : la pierre à plâtre, devenue anhydre par la chaleur, reprend l'eau qu'elle a perdue ; aussi le plâtre doit-il être conservé à l'abri de l'humidité « Cette matière sert à relier entre
PLAtAË. CHLOkDRE t)Ë GHAUX. Ul
eux les matériaux de construction légers^ à faire les moulures dans les appartements et pour le moulage des objets d'art.
Quand on veut faire une reproduction en plâtre, on entoure le moule d'un rebord en papier fort^ on imbibe ce moule d'eau de savon^ et on coule le plâtre gâché avec de l'eau et amené à l'état de bouillie claire. Au bout de quelque temps le plâtre a fait prise , et se détache sans difficulté du moule.
On donne au plâtre une certaine dureté en le gâchant avec une solution de colle forte ; la matière solide obtenue s'appelle le stuc : elle est susceptible de prendre un beau poli, et en l'ajoutant à des oxydes métalliques diversement colorés on obtient du plâtre qui possède Taspect du marbre^ et qu'on emploie aujourd'hui dans les appartements en colonnes, etc. Le plâtre imbibé d'une solution de silicate alcalin prend à la cuisson une grande dureté. L'alun cuit avec le plâtre donne du brillant à la pâte.
Le plâtre est un excellent amendement pour les terres^ surtout dans la création des prairies artificielles.
Pour £sibriquer le plâtre on établit sous des hangars des arches avec de grosses pierres à plâtre, on charge ces voûtes de morceaux plus petits, puis on allume au-dessous un feu de fagots ou de combustible à longue flamme. Au bout de dixhuit à vingt-quatre heures, suivant l'épaisseur du tas, on éteint le feu, on brise les voûtes, on écarte les morceaux trop cuits ou imparfaitement calcinés, on broie les autres et on les passe au moulin.
Le gypse perd son eau à 130». Si la calcination a été produite à une température inférieure à 160<^, ce sel reprend facilement Teau qu'il a perdue ; lorsque la chaleur a dépassé ce point Tanhydrite formée a perdu la propriété de s'hydrater au contact de l'eau.
Aux environs de Paris, à Vaujours, il existe des fours continus analogues aux fours à chaux.
CIILORUAfi DE GUAIS.
CAdCaOClO.
165. Ce mélange salin se fabrique en dirigeant un courant de chlore sur de la chaux éteinte. Il faut avoir soin de maintenir constamment un excès de Chaiix, et d'éviter l'élévation de la température^ afin que l'hypochlorite ne se transforme pas en
348 ESSAI CHLOROMÉTRIQUE.
chlorate. La chaux éteinte est placée sur des tablettes en bois^ ou sur des étagères en maçonnerie enduites de bitume.
Le chlorure de chaux ne dégage du chlore qu'au contact des acides^ et proportionnellement à la quantité d'acide ; il dégage tout le chlore qui est entré dans sa fabrication, comme nous Tavons expliqué en détail (83).
Ce sel est très soluble dans l'eau froide. L'eau bouillante le transforme en chlorate,
3(CaOC10) « 2CaCl + CaOClO^.
Essai chlorométriqae . — 1® Le chlore libre et les chlorures décolorants mis au contact d'un acide changent l'acide arsénieux en acide arsénique.
2 Cl + 2 HO + AsO' = 2 HCl + AsO^
Il faut 1 litre de chlore sec, mesuré à 0° et sous la pression de 76^-"*, pour oxyder 4»'',440 d*acide arsénieux.
2® Le chlore libre, les chlorates décolorants mis au contact des acides décolorent l'indigo ; mais s'il y a en présence de l'indigo et de l'acide arsénieux, le chlore n'agira sur l'indigo qu'après que tout l'acide arsénieux sera transformé en acide arsénique.
Il faut d'abord préparer la liqueur chlorométrique. A cet effet, on pèse 4^'",440 d'acide arsénieux pulvérisé, et on le dissout à chaud dans un demi-litre d'eau environ, acidulée par l'acide chlorhydrique. On verse le liquide dans un ballon jaugé d'un litre, on lave le premier vase plusieurs fois avec de l'eau qu'on verse dans le ballon, et on en forme un litre. On refroidit le ballon dans un seau d'eau de puits fraîche, et on complète exactement le litre avec de l'eau.
Il est clair que 1 centimètre cube de cette solution arsénieuse exige \ centimètre cube de gaz chlore pour se changer en acide arsénique.
Pour faire l'essai d'un chlorure de chaux on en pèse 10 grammes, on les délaye dans de l'eau placée dans un mortier, on lave plusieurs fois le mortier, et on fait un litre de liqueur.
On remplit une burette graduée avec ce liquide, et d'autre part on introduit dans un petit vase plat, au moyen d'une pipette graduée, 10^*^ de liqueur normale chlorométrique, que l'on colore par une goutte ou deux de solution sulfurique d'indigo ;
PHOSPHATE De CHAUX. 340
puis on verde goutte à goutte la ligueur chlorée dans le vase plat, que Ton agite sans cesse. On s'arrête au moment où Tindigo se décolore, et on lit le volume de solution de chlore qui a été consommé. Supposons qu'il en ait fallu 8% cela signifie
que ces 8*" contiennent 10«'« de gaz chlore,
ou que 1«« contient — de ce gaz, soit r%25,
10000 ou que les lOOOec contiennent , soit l'"*,25d.
Mais ce litre de liquide ne contient que iO^^' de chlorure de chaux, par conséquent 1 kilogramme de ce chlorure dégagera 125 litres de chlore.
On dit que le titre du chlorure de chaux essayé est de 125. De telle sorte qu'en résumé l'on obtiendra le titre en divisant 10 par le nombre de centimètres cubes consommés et en multipliant le résultat par iOO. On vérifie cet essai par un ou deux autres^ en ayant soin de n'ajouter l'indigo qu'à la fin de Topération, lorsqu'on sait par les premiers essais qu'on approche du point où Tacide arsénieux est presque totalement oxydé.