ESSAI D£S PHOSPHATES DE CHAUX
On atrouvé en Espagne et dans plusieurs parties de l'Angleterre et de la France des coquilles fossÛes^ mêlées d'ossements fossiles et de masses arrondies eu rognons, nommées coprolUhes, qui paraissent être les excréments de grands sauriens dont les ossements sont dans les mêmes couches; on en a rencontré aussi près du Havre, dans l'Allier, dans le Pas-de-Calais, en Normandie, dans le Boulonnais, près de Lille, à Auteuil auprès de Paris. Ces ossements, coprolithes, nodules, renferment de 35 à75* pour 400 de phosphate de chaux mêlé à de l'argile, de la craie, du charbon, des silicates.
Ces matières soYit poreuses, perméables aux liquides, assimilables aux os, au noir de raffinerie, car après quelques jours d'exposition à Tair, elles s'attaquent par l'eau chargée d'acide carbonique : aussi peut-on les employer directement sur les terres, tandis qu'il est nécessaire de désagréger les phosphates minéraux naturels.
On atteint cette désagrégation en les attaquant par l'acide sulfurique, et le produit est connu sous le nom de superphosphate de chaux. La matière est broyée avec l'acide sulfurique tel qu*il sort des chambres , et abandonnée à elle-même ; d'abord liquide, elle se solidifie par la prise du sulfate de chaux formé.
Ce superphosphate de chaux est formé surtout par le phosphate CaO 2HOPhO*; ce corps très acide attaquerait les racines des végétaux, mais il agit sur les bases du sol, sur la chaux notamment, pour donner un phosphate 2 CaOHOPhO* qui n'est pas acide et qui se dissout dans l'eau, surtout en présence de l'acide carbonique.
Analyse d'un superphosphate de cfiaux. On doit attacher le plus grand soin à ce que l'échantillon ait été pris convenablement. Cet échantillon doit être dans un flacon bien bouché et cacheté. On vide la matière dans un mortier, on la tamise si c'est possible, on la mélange avec grand soin, et on l'enferme de nouveau. On en pèse 5 gr. qu'on fait tomber dans un mortier en porcelaine. On broie avec un peu d'eau puis on ajoute 20^^ environ et on laisse reposer. Le liquide trouble ayant été versé dans une fiole de 100^*^, on rajoute 10«® d'eau dans le mortier; on broie, on laisse déposer, on décante de nouveau, et on recommence 6 à 8 fois de façon à remplir la fiole. La dernière liqueur ne doit pas rougir le tournesol. On emploiera toujours de l'eau froide. Cette liqueur sera filtrée et recueillie dans un flacon que l'on bouchera.