ACTION DE L'OXYGÈNE SUR L'ÉCONOMIE
l'oij^ne, au cblore, par eiemple , que l'on rencontre souvent dans le gaz préparé avec le chlorate de potasse.
D'après UM. Oemarquay et Leconte,le9 inhalations d'oiygène produisent de merveilleux effeLi sur les personnes af- Taiblies et débilitées et sur les teoipéraments lymphatiques et scrofuleux; ceseralt un médicament utile pour combattre la chlorose, l'anémie, la chloroancmie , et en générai tous les états pathologiques produits par un défaut d'oxygène dans le sang. Dès 18^1 H. Bouchardat, ayant constaté un abaissement de 1° ou 2' dans la température des glucosuriques fortement atteints, a fait respirer de l'oxygène à des diabétiques, qui en ont éprouvé , paralt-il, de bons effets.
Aujourd'hui, la pratique médicale, s'appuy&nt sur ces recherches, accueille l'oxygène avec une certaine faveur, et H. LJmousin, pharmacien à Paris, a établi dans son officine une salled'inhalation, et imaginé un inhalateur spécial.
L'oxygène n'est pas encore employé dans la grande industrie. Cependant H. H. Deville a «nontré que la chaleur produit
dans la combustion de l'hydrogène par l'oiygène était susceptible de fondre le platine. En effet, au mojen du chalumeau oxyhjdrique on fond sana difficulté les corps les plus réfraclaires(argent,or, cuivre), on oxyde iezincje fer, etc., et le mélange de ces deux gaz, qui donne une flamme très faible, produit lorsqu'il est lancé sur un corps infusible, comme la chaux, la magnésie, la zircone un éclat éblouissant qui est désigné sous le nom de lumière de Orummond. M. Teyssié du Uotay a fait récemment des essais pour remplacer l'éclairage au gaz ordinaire parla lumière oxyhydrique.
OIÏOÈNE ALLOTROPIQUE OU OZONE.
3 1 . Les personnes à peu de distance desquelles a éclaté ja foudre disent avoir ressenti une odeur particulière qui se rapproche de celle du soufre ou de quelques métaux que l'on frotte. Cette même odeur se remarque encore lorsqu'on tourne vivement une machine électrique.
En 1840, Schonbein constata que l'oxygène recueilli au pôle positif de la pile possède cette odeur très développée lorsque l'électrode est en platine, en or, ou en un autre métal inoxydable. Ce savant resta indécis sur la nature de ce gaz ; néanmoins il le nomma ozone, de SÇii>, je sens.
1" Voici comment on peut opérer ifig. 29) :
A, B, Zéléments de pile.
C, vase conteDant 5 volumes d'eau mélangéi à I volume d'àcide sulfurique. On rerroidit ce vase en l'entouFant d'eau froide,
D, tube ouvert par le bas, fermé en haut par un bouchon à l'émeri dans lequel soDt fixés un fil de platine communiquant avec le pdle positif de ta pile, et un tube à gaz E. L'oiygènese dégs^parce tube; on le recueille sur de l'eau pure dans deg flacons bouchés & l'émeri.
L'hydrogène se dégage à l'électrode négative placée dans le vase C et se perd dans l'air.
Le gaz recueilli est loin d'être pur ,- c'est de l'oxygène contenant au plus ~ d'ozCne.
i' Du phosphore qui s'oxyde lentement dans l'air humide amène la transformation partielle de l'oxygène de cet air en ozone {fig. 30).
Fig. M.
Ai flacon aspirateur plein d'eau.
B, éprouvette contenant del'iodure de potassium et de l'amidon dissous dans l'eau.
C, éprouvette renfermant de l'eau destinée à retenir les vapeurs phosphoreuses.
b, grand bàllob dû sont des bàtonâ de phUstiHorë A tlemi plongés datii l'eau.
Lorsqû'oii buWe le roblMèt de l'aspiraleut t'tti* «lét^SUt entre dans le ballon par le tube ouvert, lèche là BUl'hËe Hti
phosphore et s'ozôaise parliellement : une partie de cet ozone s'unit au phosphore pour former de Tacide phosphoreux ; le reste de ce gaz échappe à la combinaison^ et est entraîné par l'aspiration dans les éprouvettes placées à la suite.
3° On obtient de l'oxygène ozôné en traitant à froid du bioxyde de barium et d'autres suroxydes par de l'acide sulfurique concentré.
4° La méthode qui donne la plus forte proportion d'ozone est l'emploi des décharges obscures d'électricité, qui n'ont pas, comme l'étincelle, l'inconvénient de le détruire en partie au fur et à mesure de sa formation. Les appareils proposés sont nombreux. On peut faire passer l'oxygène à travers un tube à gaz très étroit, dans lequel est , suivant toute sa longueur, un fil de platine ou même de cuivre, tandis qu'un autre fil est enroulé en spirale autour de ce tube. Avant de faire arriver l'oxygène on met chacun des fils en communication avec les deux pôles d'un appareil d'induction ; l'oxygène recueilli sur l'eau ou sur le mercure est fortement odorant. (M. Houzeau.) On peut avoir 60 à 70milligr. d'ozone par litre. On obtient de meilleurs résultats en remplaçant les fils par des liquides conducteurs, comme l'acide sulfurique, le mercure. Le gaz passe dans un espace annulaire, et les liquides conducteurs sont l'un à l'extérieur, l'autre à l'intérieur de cet espace. La disposition imaginée par M. Berthelot est très pratique parce que l'appareil est une éprouvette.
Nature de l'ozôire. — C'est de l'oxygène modifié. En effet, MM. Marignac et de la Rive d'une part, et MM. Becquerel et Fremy de l'autre, ont montré que l'oxygène pur, préparé par une méthode quelconque, soumis à l'influence d'un grand nombre d'étincelles électriques dans un vase en verre hermétiquement clos, fournit de l'ozone, et que, si l'on absorbe cet ozone, l'oxygène restant en fournit une nouvelle quantité. Comment donc absorber l'ozone sans enlever l'oxygène ? 11 suffit d'introduire dans le gaz une solution d'iodure de potassium. L'oxygène n'agit pas sur ce composé tandis que l'ozone met l'iode en liberté. Comme l'iode libre donne avec l'amidon un composé bleu et que cette réaction est d'une extrême sensibilité, on peut déceler ainsi des traces d'ozone dans de l'oxygène.
Si l'on fait passer une série d'étincelles électriques dans de l'oxygène pur enfermé sur une solution mixte d'iodure de potassium et d'amidon {fig. 31), on voit ce liquide bleuir et le gaz disparaître à la longue.
I^ constitutioD de l'ozone a été établie par des traïaui nombreux qui étaient d'autant plus délicats que l'ox^igène ne contient que de fort petites quantités d'ozone; nous ne pouvons que citer les résultats.
I" L'ozdne est de l'oxygène condensé, car si l'on ozAnise de l'oiygène, le volume se contracte. ,
S" Si on chauffe un volnme déterminé d'ozdne, ce volume augmente. Hais si l'on traite cet ozone par de l'iodure de potassium ou par tout autre corps qui s'oxyde, le volume ne change pas, et il reste de l'oxygène ordinaire : donc l'ozone contient un volume d' oxygène ordinaire égal au sien.
D'autre part l'oxygène actif qui a produit les oxydations occupe la moitié du volume de l'ozone.
3° L'oxygène actif représente le tiers dupoids de l'ozdne qui l'a produit.
(Kiur donner 2 vol. ozAae pesant 24 = 0'
4° La densité de l'ozone est une fois et demie celle de l'oxygène ordinaire ^1,658.
U. Berthelot a constaté que l'ozone se forme avec absorption de chaleur ; ce fait, qui est extraordinaire, car la condensation s'accompagne ordinairement d'un dégagement de chaleur.
explique l'actiTité plus grande de Tozône par ce que cette chaleur se dégage pendant les oxydations qu'il produit.
Propriétés. — L'ozone commence à se transformer en oxygène dès la température de 100<>. Il se détruit entièrement à 237^ L'ozone esj^ un oxydant d'une extrême énergie : il oxyde le chlore, le brome, l'iode; nous avons vu en effet qu'il chasse l'iode de sa combinaison avec un métal ; mais si Ton continue son action il s'unit à l'iode et on obtient de l'iodate de potasse. Il oxyde le phosphore, l'arsenic ; il produit avec l'ammoniaque des fumées blanches dues à la formation d'azotite et d'azotate d'ammoniaque. Une lame d'argent noircit en donnant le bioxyde AgO*. Il est absorbé par le mercure.
Le liège, le caoutchouc, l'alcool, les matières organiques en général sont oxydées par l'ozone. Aussi convient-il, quand on veut préparer l'ozone, d'employer des appareils entièrement en verre.
Il décolore les matières organiques, le rouge d'aniline, le sulfate d'indigo par exemple, et il n'est pas douteux qu'il ne joue un rôle dans le blanchiment du chanvre, du lin qu'on expose sur le pré.
Ozone atmosphérique. Son action sar Péconomie. — Puisque les étincelles électriques ozonisent l'oxygène, il s'en forme évidemment dans l'air et il doit y jouer un rôle important; c'est pourquoi de nombreux expérimentateurs ont cherché à établir sa présence dans l'air. On avait fondé de grandes espérances sur le bleuissement du papier à l'iodure de potassium et l'amidon (papier ozônométrique); mais les vapeurs nitreuses, une lumière intense même (M. Gloez), suffisent pour bleuir ce papier.
M. Houzeau a conseillé d'employer, outre le papier ioduroamidonné, du papier de tournesol rouge, peu coloré, plongé à moitié dans une solution d'iodure de potassium. On conçoit en effet que l'ozone chassant l'iode, et formant de la potasse, ce papier se teinte en bleu dans la partie où est l'iodure ; l'autre moitié ne change pas de couleur. On a objecté que les vapeurs nitreuses de l'air pouvaient aussi décomposer l'iodure de potassium et former un corps alcalin, le nitrite de potasse.
Pour lever tous les doutes sur l'existence réelle de l'ozone dans l'air, M. Andrews a montré que de l'air atmosphérique non calciné, qui bleuit le papier ioduro-amidonné, cesse de le colorer lorsqu'on le force à passer dans un tube chaufiTé à 260<^. Or, de l'air contenant du chlore ou des composés nitreux
reste actif sur le papier ioduro-amîdonné, même après la calcination de cet air.
Si Tozône faitrégulièrement partie de notre atmosphère^ il doit agir sur les matières oxydables^ et détruire notamment les substances d'odeur désagréable inconnues encore dans leur nature^ qui résultent de la putréfaction des matières organiques azotées, car Texpérience directe a montré que Tozône artificiel les décompose.
n n'est pas douteux que ces miasmes soient malsains ; par conséquent l'ozone est un agent de purification de Tatmosphère.
Son action sur l'organisme esténergique. De Tair à 70 milligr. d'ozone par litre produit un coryza très fort qui peut être suivi de crachements de sang. Une souris succombe quand on lui fait respirer une faible quantité de ce corps. Gomme certaines maladies paraissent tenir à l'introduction d'animalcules dans les voies respiratoires, on comprend que Tabsence de l'ozone dans l'air puisse déterminer ou faciliter le développement de ces maladies, car les infusoires sont tués par l'ozone.
Inversement, il est possible que ce corps prenne naissance dans l'air en plus forte proportion dans certaines circonstances, lorsque par exemple l'atmosphère est chargée d'électricité^ et que cette substance soit la cause de certaines épidémies.