OXYGÈNE RETIRE DE L*A1R
ganèse, de fer et de cuivre dans la préparation précédente^ et il pent servir indéfiniment.
Extraction de Toxygène de Pair. — Il existe plusieurs moyens d'extraire l'oxygène de l'air, mais jusqu'à ce jour on n'estpas arrivé à l'en retirer économiquement. M. Boussingault avait pensé réaliser ce desideratum au moyen de la baryte, BaO; cet oxyde absorbe Poxygène de l'air au rouge sombre pour donner le bioxyde, BaO', lequel chauffé un peu plus fort régénère la baryte, qui peut servir de nouveau à condenser l'oxygène de Tair. Mais la baryte, après avoir servi plusieurs fois y perd sa propriété absorbante. Une addition de chaux ou de magnésie maintient plus longtemps cette porosité ; néanmoins le procédé n'est pas économique.
MM. H. De ville et Debray ont proposé un autre moyen, qui consiste à décomposer Tacide sulfurique par la chaleur : il se forme de l'oxygène, et de l'acide sulfureux qui peut régénérer de l'acide sulfurique sous Tinfluence de l'air.
Le chlorure de cuivre, traité par un courant de vapeur d'eau, fournit de l'oxychlorure qui, chauffé à 400°, régénère le chlorure en dégageant l'oxygène absorbé.
MM. Teyssié du Motay et Maréchal ont employé avec succès le moyen suivant :
On place dans une cornue de terre des quantités équivalentes de bioxyde de manganèse et de soude caustique, et on les chauffe vers 450 degrés dans un courant d'air lancé par un moyen mécanique quelconque. La masse se transforme en un composé du manganèse plus oxygéné que le bioxyde, nommé Yadde manganique, qui se combine avec la soude. Au bout d'une heure ou deux, on arrête l'accès de l'air, et l'on dirige dans la cornue un courant de vapeur d'eau surchauffée, qui désoxyde le manganate de soude et entraine l'oxygène. Ce gaz et la vapeur d'eau passent dans un tube refroidi où l'eau se condense, et le gaz est recueilli dans un gazomètre.
Lorsque le dégagement d'oxygène s'arrête, il reste dans la cornue un mélange de soude et de sesquioxyde de manganèse qui, soumis à un courant d'air, fixe de nouveau l'oxygène de l'air.
29. Propriétés de l*oxygéne. -~ Ce gaz est dépourvu d'odeur, de saveur et de couleur. Il est un peu plus soluble dans l'eau que l'hydrogène; 1 litre d'eau à 0* dissout 41 centimètres cubes de ce gaz. Un litre d'alcool en dissout 280 centimètres cubes.
Propriétés chlmlqnes. — Ce gaï possède comme l'hydrogëDe des affinités puissantes, mais elles sont de nature tout à fait opposée : il est le type des corps comburants, comme l'hydrogène est le type des corps combustibles. Suspendons à an fil de fer un fragment de charbon de bois allumé par son eitrémilé, et inlroduisons-le dans l'oiygène : aussitflt il s'embrase dans toute sa masse. Avec l'hydrogène il donne de l'eau dès qu'on en approche un corps porté au rouge. Enflammez une bougie, une allumette, soufflez-les de façon qu'il reste quelques points incandescents', et plongez-les dans une éprouTCtte d'oiygène : vous les verrez se rallumer avec énergie; la bougie, l'allumette sont essentiellement des composés de carbone et d'hydrogène.
L'oiygène s'unit énergiquement aui autres combustibles : du soufre, du phosphore embrasés, placés dans une petite coupelle en terre et introduits dans un flacon d'oxygène, brûlent avec intensité, le premier avec une flamme bleue, le second avec un ' "*" *" éclat éblouissant (jtg. 27).
Si, après avoir opéré ces combustions, on introduit de la teinture de tournesol dans les flacons, celle-ci se colore faiblement en rouge dans le vase où le charbon a brûlé, plus vivement dans le produit de la combustion du soufre, et elle prend avec le composé du phosphore lateinte rouge pelure d'oignon, qui est l'indice d'un acide fort. En conséquence les métalloïdes donnent des acides dans leur combustion.
Les métaux brûlent aussi dans l'oxygène, tin fil de magnésium embrasé répand dans l'oiygène une lumière très éclatante. 11 en est de même du fer; mais, comme il est moins combustible, on suspend à son extrémité un petit fragment d'amadou qui, allumé avant l'introduction dans le gaz, s'y embrase et échauffe le fer à un point suffisant pour qu'il brûle lui-même. Le zinc, le cuivre, etc., s'oxydent également dans l'oxygène en jetant un vif éclat. Dans toutes ces combustions il ne se forme pas d'acide, mais des bases ou des corps neutres. C'est là le meilleur caractère chimique pour distinguer les métalloïdes et les métaux.
Nous ferons une autre remarque. La combustion qui, de
COMBUSTION. 4a
toutes^ a dégagé la plus vive chaleur a été la moins brillante^ c'est celle de l'hydrogène. L'éclat de Toxydation du fer, du magnésium^ et du phosphore est au contraire éblouissant.
Ces exemples et une foule d'autres mènent à cette conclusion que l'éclat et la chaleur d'une flamme ne sont pas des phénomènes intimement liés l'un à l'autre : une flamme^ même peu chaude , est éclairante lorsqu'elle contient un corps solide incandescent. L'eau produite dans la combustion de l'hydrogène est une vapeur^ tandis que l'oxyde de fer, Toxyde de magnésium , et l'acide phosphorique sont des substances solides.
Gomlmstion vive et combastion lente. — Nous avons dans les lignes précédentes employé indistinctement les deux mots, combustion et oxydation. Le premier doit être compris dans une acception plus large ; il y a combustion non seulement lorsqu'un corps se combine avec éclat avec l'oxygène^ mais encore toutes les fois que deux substances s'unissent avec cha* leur et lumière. Ainsi^ quand de l'antimoine jeté dans le chlore prend feu^ on dit que l'antimoine brûle dans le chlore,
il est des oxydations qui ont lieu sans dégagement de chaleur lumineuse^ telles sont l'oxydation du fer qui produit la rouille, le changement de l'alcool en vinaigre , la respîratioÀ : on dit que ce sont des combustions lentes.
30. Respiration. Applications de Tozygène* — L'oxy* gèneest un deséléments de l'air. C'est lui qui est le principe des combustions lentes et vives qui se réalisent dans ce milieu ; or il est clair que cette découverte ne pouvait être faite avant que l'oxygène eût été connu. C'est à Lavoisîer qu'on doit la théorie de la combustion et de la respiration, et la démonstration de ce point capital que l'une et l'autre sont deux manifestations différentes du même phénomène. Il montra par l'introduction de la balance dans toutes ces recherches que l'oxygène se fixe sur le combustible , et que le produit brûlé pèse exactement ce que pèsent le combustible et l'oxygêue.
Avant lui, on supposait qu'un corps en brûlant perd une partie de sa matière, que l'on appelait le phlogistique , et l'on admettait qu'au moment où le corps brûlé régénère ses éléments, 0 reprend le phlogistique perdu. Il est clair que cette théorie tomba le jour où Lavoisîer montra que le produit d'une combustion, un oxyde par exemple, pèse plus que le métal ou l'élément duquel il provient.
La respiration est une combustion lente. L'oxygène ne peut être remplacé par aucun autre corps dans la respiration. La
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dose de ce gaz, dans Tair, est d'un cinquième environ; sa proportion ne peut pas diminuer beaucoup sans qu'il y ait danger, car M. Leblanc a établi que la respiration est fort gênée dans une atmospbère contenant encore 15 à 16 pour 100 d'oxygène (1).
Dès. que Priestley eût découvert Toxygène, il songea aux applications thérapeutiques de ce gaz, car il dit :
« Cet air serait particulièrement salutaire aux poumons dans « certains cas ^de maladie, lorsque l'air commun ne suffirait « psLS pour en évacuer assez promptement Teffluve putride. »
II; en inhala, et il lui sembla que sa poitrine se trouvait singulièrement dégagée et à Taise. Ces essais ne conduisirent pas ^ i^ne application sérieuse, non plus qu'un grand nombre d'autres, dus à une foule d'expérimentateurs. Morozzo annonça que l'oxygène ramenait à la vie les animaux asphyxiés, et par suite qu'on pourrait l'employer dans les cas d'asphyxie. Ingenhousz, attribuant les fièvres à l'existence d'un air putride , proposa des inhalations d'oxygène dans le traitement de ces maladies; Ghaussier imagina des appareils pour ramener à la vie, au moyen de l'oxygène , les enfants nouveau-nés asphyxiés et les noyéii , et il préconisa l'emploi de ce gaz dans la phthisie , surtout au début de cette maladie. Ces essais appelèrent l'attention des médecins, et vers 1781 beaucoup d'entre eux considérèrent l'oxygène comme un spécifique contre la phtisie pulmonaire. Les expériences de Ghaptal et surtout celles de Fourcroy démontrèrent qu'il n'en était malheureusement rien. Onze phtisiques furent traités sous les yeux de ce dernier. D'abord un mieux se produisit, la respiration était plus large, la toux diminuait; mais bientôt le mal s'accéléra d'une façon anormale, et une fièvre menaçant de devenir inflammatoire obligea de renoncer au traitement.
Ces expériences conduisirent à une exagération inverse; on en conclut que l'oxygène était un corps irritant, délétère , malgré des expériences de Lavoisier et de Séguin , qui leur avaient permis de conclure que l'oxygène pur est sans action nuisible sur l'économie. MM. Regnault et Reiset reprirent cette étude, et leur travail confirma pleinement les recherches de Lavoisier et.de S-^guin. L'irritation remarquée par certains expérimentateurs tient nr^bablement à quelques impuretés de
(1) On traitera de la respiration avec grands détails dans la Chimie biologique (375).