ALUMINIUM
L'aluminium^ entrevu par M. Wohler en 1827, a été préparé ^ l'état de pureté et étudié par M. H. Devillc , enr 185i.
On l'extrait aujonrtrhui de la bauxite, alumine ferrugineuse, que Ton rencontre auprès d'Alais. On la chauffe au rouge avec du carbonate de soude; il en résulte du peroxyde de fer insoluble et dé ralurainate de soude qui se dissout. On filtre, puis Ton traite Taluminate par Tacide chlorhydrique :
Al20=^3 NaO + S HCl = 3 NaCl + APO^ + 3 HO.
On évapore à sec Talumine avec le tiers de Teau salée qui la baigne , on mêle le résidu avec du charbon en poudre , et on soumet ce mélange calciné à l'action d'un courant de chlore sec. Il distille un chlorure double d'aluminium et de sodium , que Ton décompose au rouge par du sodium :
APCl'NaCl + 3Na =r 4 NaCl + Al^.
Ce métal ^ d'un blanc légèrement bleu^ est très malléable, très ductile et très tenace; sa sonorité est remarquable; sa légèreté est très grande, car sa densité, 2,56, est celle du verre.
Il fond vers 700°. L'air au rouge, l'eau bouillante, l'acide nitrique, l'hydrogène sulfuré ne l'attaquent pas, mais l'acide chlorhydrique et les solutions alcalines le dissolvent facilement.
On fabrique aujourd'hui des alliages d'aluminium et de cuivre nommés In'onzes d'aluminium. Ils contiennent 5 à 40 d'aluminium pour Oo à 90 de cuivre. Ce bronze, qui se forge très bien, possède la couleur de l'or, il jouit d'une dureté considérable et il est peu oxydable.
L'alumine anhydre se rencontre dans la nature en rhomboèdres; c'est après le diamant le plus dur des minéraux. A l'état de pureté elle est incolore, et porte le nom de corindon. Le rubis, le saphyr, l'améthyste, la topaze orientale sont du corindon coloré par des traces d'oxydes étrangers. La densité de ces pierres est de 4.
Ebelmen, puis MM. H. Deville et Caron ont reproduit le corindon. L'émeri est de l'alumine impure , qui, mêlée à de la gomme et appliquée sur du papier, sert à user et à polir.
L'alumine anhydre s'obtient en calcinant au rouge l'alun d'ammoniaque. C'est une poudre blanche , légère , tout à fait
ALUNS. 391
insoluble dans Teau^ qui happe à la langue. Elle ne fond que dans le chalumeau oxyhydrique.
L'alumine hydratée se prépare en versant de l'ammoniaque ou un carbonate alcalin dans la solution d'un sel d'alumine. Elle se précipite sous forme d'une gelée qu'on lave tant que l'eau bleuit le tournesol. L'alumine hydratée sèche forme des flocons gélatineux, qui retiennent Teau et les matières colorantes avec énergie. Si l'on précipite Talumine d'un de ses sels en présence d'une matière colorante, l'alumine entraine celleci à l'état insoluble^ et la liqueur devient incolore : on donne le nom de laques h ces précipités colorés.
L'alumine forme avec les protoxydes de fer, de zinc, de magnésium, de véritables oxydes salins, MOAl*0', qu'on appelle des spinelles, du nom de l'aluminate de magnésie qui a la transparence et la couleur du rubis, et qu'on appelle le rubis spinelle. Les spinelles cristallisent en octaèdres réguliers , et l'on peut considérer la pierre d'aimant Fe'O*, l'oxyde rouge de manganèse Mn'O* comme des spinelles renfermant le même métal dans les deux oxydes : Fe'O* = FeOFe'O'.
SULFATE D'Af.UMINE.
A1203 5 S03 -f 18 HO.
Ce sel est déliquescent. Il s'obtient en chauffant vers 70° pendant quelques jours des argiles pures avec de l'acide suU furique à 52». On étend d'eau , on précipite le fer de la solution par un sulfure alcalin , on filtre et on évapore à sec.
ALUNS.
19i. Nous savons qu'un alun est un sulfate neutre double, formé par un protoxyde et un sesquioxyde et contenant 24 équivalents d'eau.
L'alun d'ammoniaque (AzH^)0S03 + AlSQ^S SO^ + 24 HO, — de pelasse KOSO^ + Al^O'S SO^ + 24 HO,
sonl les seuls employés. 11 suffit, pour les obtenir, de mélan<?er des solutions concentrées de sulfate d'alumine et de sel alcalin. La liqueur laisse déposer de beaux cristaux cubiques ou octaédriques.
L'alun de potasse est employé en pharmacie. Il avait à peu près disparu de l'industrie par suile de la rareté de la potasse.
392 ALUNS.
mais il tend à y reparaître depuis l'exploitation des sels de Stassfurt.
On le fabrique en Picardie au moyen de schistes pyriteux et alumineux. Ces matières sont grillées ; la pyrite fournit du sulfate de fer et de l'acide sulfurique :
FeS^ + 07 = FeOSO^ + SO^.
L'alumine s'empare de Tacide sulfurique libre, de sorte qu'en reprenant la masse grillée par l'eau les deux sulfates se dissolvent. Si l'on évapore la solution, le sulfate de fer, peu soluble, cristallise, et Teau mère très concentrée fournit le sulfate d'alumine, que l'on mêle au sulfate de potasse.
On prépare depuis longtemps l'alun près de Rome en calcinant légèrement un minéral, appelé alunite, dont la formule est
3(A1203S03) + KOSO» + 9 HO.
La matière reprise par Teau donne de l'alumine insoluble, et de l'alun qui se dissout.
L'alun de potasse est cristallisé en cubes lorsqu'il a été préparé en présence d'une liqueur alcaline. Pour l'obtenir ainsi on ajoute à sa solution un peu de carbonate de soude , et on sépare le peroxyde de fer, qui se précipite s'il était ferrugineux.
Ce fait a de l'importance, parce que l'alun sert dans la teinture, et qu'il altère les couleurs lorsqu'il renferme du fer en dissolution.
L'alun cristallise en octaèdres réguliers dans les liqueurs non alcalines.
100 p. d'eau à 0° dissolvent 3,3 d'alun, — 100" — 357,0 —
L'alun, chauffé modérément dans un creuset ou dans un têt en terre, fond et se boursoufle assez pour former un champignon volumineux, qui sort du vase. Cet alun, appelé en pharmacie l'alun calciné, se dissout en vingt à vingt-quatre heures dans 28 à 30 fois son poids d'eau froide.
La poudre d'alun est employée en médecine comme astringent et caustique.
On s'en sert pour mordancer les étoffes dans la teinture. A cet effet on plonge l'étoffe dans la solution alumineuse , puis dans le bain de teinture. La matière colorante se fixe sur la
re, par suite de la tendance qu'elle possède à se déposer sur