‹ Manuel de chimie médicale et pharmaceutiqueChapitre 297 sur 527 · ARGENT MÉTALLIQUE · texte numérisé non relu

ARGENT MÉTALLIQUE

Ag = 108.

227. itat naturel. Extraction. — On rencontre dans la nature l'aident natif, le chlorure, le bromure, Tiodure de ce métal, et surtout son sulfure libre ou associé aux sulfures d'arsenic, d'antimoine, etc. Les principales exploitations sont en Saxe, et dans diverses parties de l'Amérique. L'extractiqn en Saxe. et dans l'Amérique du Sud est longue, elle repose sur les principes .suivants. On commence par transformer l'argent en chlorure au moyen du chlorure de sodium. On réduit ce chlorure par le fer {Saxe), par le mercure {Amérique). On dissout l'argent réduit, au moyen du mercure, et enfin on distille l'amalgame pour séparer l'argent du mercure qui sert à d'autres opérations.

Dans le Nevada oii est une exploitation produisanj; 200 millions par .an^ on a affaire à du sulfure presque pur que l'on traite par une amalgamation rapide et perfectionnée.

Une grande quantité d'argent est retirée aujourd'hui des plombs et des cuivres argentifères. Si le plomb renferme moins de 1/6000 d'argent, on le pattùisonne. Cette opération repose sur le principe suivant : quand on laisse refroidir lentement un plomb argentifère , les cristaux qui se déposent d'abord sont formés de plomb presque pur, de sorte qu'en les enlevant on enrichit le bain en argent.

Si le plomb renferme plus de 1/6000 d'argent, on le coupelle, c'est-à-dire on le chauffe fortement à l'air dans un four à réverbère sur une sole marneuse.

Le plomb s'oxyde et fournit de la litharge qui surnage le plomb fondu (fig. 08). On fait des entailles, dans la sole, au niveau de l'oxyde qui s'écoule par ces entailles hors du four. Quant à l'argent, il reste inoxydé sur la sole, appelée ampelle, après que tout le plomb s'en est écoulé sous forme de litharge.

Pour retirer l'argent des cuivres argentifères on fond ceuxci avec un poids de plomb tel que le cuivre et le plomb soient environ à équivalents égaux, et on coule c^ alliage en disques que l'on chauffe sur des plaques de fonte à une température

ARGENT HËTALLIQUË.

uD peu inférieure à celle de la fusion de l'alliage. Il s'écoule un plomb cuÏTreui qui entraine tout l'argent, et il reste sur les plaques de fonte du cuivre plombeui non argentifère.

228. ProppiAtès. — L'argent est un métal d'uu blanc pur, bon conducteur, le plus malléable et le plus ductile de tons après l'or. Sa densité est 10,3. L'argent fond vers lOOU". Ce métal, maintenu en fusion à l'air, absorbe de l' oxygène; la quantité dissoute peut atteindre jusqu'à 22 fois le volume de l'argent. 11 ne se produit qu'une dissolution de l'oxygène dans l'argent, car ce gaz se dégage au moment do la solidification du métal. Si cette solidification est brusque, le gaz s'échappe avec violence, et il peut y avoir une certaine quantité d'argent projeté; le bouton, au lieu d'être lisse est arrondi, est rugueux et recou- ^ vert de végétations : on exprime l'état de cet argent en disant qu'il a roche.

L'argent émet des vapeurs sensibles à une haute températare-

L'argent ne s'oxyde pas dans l'air ni dans l'oxygène ordinaire; l'ozone le noircit en l'oxydant. Le gaz sulfliydrique le noii'cit en préëence de l'air et de l'humidité : c'est donc un métal attaquable dans l'air atmosphérique.

Le chlore et le soufre réagissent sur lui à une température qui n'est pas extrêmement haute.

L'acide nitrique le change en nitrate à 50" ou 60". L'acide sulfurique ne l'attaque que s'il est concentré et bouillant. L'icide chlorhydrique est sensiblement sans action sur lui.

Page 1