DANS LES CAS D'EMPOISONNEMENTS
pJoyé pour rechercher de la strychnine dans des bières une méthode conseillée anciennement par M. Rabourdin. On agite 1 litre de liquide avec 25 ou 30 gr. de noir animal lavé, on filtre et on lave le noir avec de Teau . On fait alors bouillir le noip avec de l'alcool à 90® pendant une demi-heure en ayant soin de faire retomber les vapeurs dans le ballon , puis on filtre et on évapore la liqueur. Le résidu est alors mêlé à un léger excès d'une solution faible de potasse ou dej soude et agité avec dé Téther, dû chloroforme ou un autre dissolvant des alcaloïdes.
On peut enfin essayer d'employer la dialyse à la recherche des alcaloïdes dans les empoisonnements.
M. Selmi vient de publier un fait d*une extrême gravité. Dans le cours de recherches faites sur un cadavre enseveli depuis vingt jours, où il avait trouvé de Tarsenic, il a rencontré une petite quantité d'un alcaloïde amer, cristallisable dans l'extrait rendu alcalin par la baryte.
Ce corps avait les caractères généraux des alcaloïdes, et il Tédniaait l'aâde iodique comme la morphine.
IL Selmi^ opérant de mêo^ avec la baryte, Tétber et l'acide acétique, a extrait d'un autre cadavre une proportion plus forte d'un alcaloïde, très toxique.
Se produiraitril dans la décomposition des corps un alcaloïde ou des alcaloïdes? Le fait exigerait une constatation certaine. Nous terminerons en donnant un tableau, dû à M. Valser, qui permet de déceler rapidement les alcaloïdes à l'aide de quelques réactifs généraux. Mais nous ferons remarquer que les caractères des alcaloïdes ne sont pas d'une netteté absolue, et qu'il est toujours nécessaire de faire des expériences comparatives sur des animaux avec les mêmes alcaloïdes à l'état de pureté, à l'état où le commerce les fbumit, et avec un extrait alcoolique obtenu au moyen des organes ou des liquides du corps. D'autre part, le médecin pourra tirer un très grand parti de certains caractères physiologiques qui sont parCaitement constatés. Ainsi, l'atropine produit une dilatation très marquée de] la pupille (297), la digitaline diminue très sensiblement les battements du cœur, les alcaloïdes des strychnos déterminent la mort dans des accès tétaniques.
.... i colorés en Tiolet par AuSO^, pas de réacUon par HQ,
^*5~;* ) +BâOi conieine.
▼oiatus < ^^^ caloraUongroseUleavcc etodoranti^ HCl + BaO» mcotine.
560 PIPÉRIDINE. GONIGINE.
l' colorés en violet par SOS étendu et chaud \ morphine.
— bleu par Fe^QS — bleu par S03 étendu et chaud brucine.
rien par Fe*a3
coloration rou- / se colorant en violet par SO^HO à i vératrine,
jge-brique à froid J froid.. ; j delphine.
Alcalis y ou carmin à i ne se colorant en violet qu*ài.^ ^.
fixes, \ chaud; ( chaud \narmM.
Icoloration vert foncé. codéine.
I colorés en violet par SO» étendu à | *^"^- *""""** laconitiM.
/ pas de colora- ] non colorés par | tion bleue ou ( atropine. S09H0 à chaud, j verdâtre par KO ( aeonitine. ( à chaud. )
PIPÉRIDINE, ClOflllAz.
279. On a retiré des poivres, piper îongum, piper nigrum, piper caudatum, un corps cristallisé en prismes incolores, nommé le pipérin, et dont la formule est G** H** AzO*. Ce corps est neutre. Lorsqu'on le distille avec trois fois son poids de chaux sodée, il fournit un liquide limpide, doué d'une saveur et d'une odeur poivrée, soluble dans Teau et dans l'alcool, bouillant à 106<>.
Ge corps est alcalin, il sature les acides. Il renferme un seul équivalent d'hydrogène, remplacable par l'éthyle, le méthylc (274).
GONICmS, aCUTINB, ou OONINE.
G16H1BAZ.
280. Ce corps se retire de la grande ciguë, contum maculatum. On distille, dans une grande cornue en verre, les semences écrasées, avec une solution de potasse ou de soude, tant qu'il passe un liquide alcalin. On sature le produit distillé par de l'acide sulfurique, on enlève une huile neutre qui se sépare, on évapore au bain-marie, et on reprend le résidu par un mélange de 2 p. d'alcool et de 1 p. d'éther, qui dissout le sulfate de conicine et laisse le sulfate d'ammoniaque insoluble. On sépare l'alcool éthéré par distillation, on ajoute de la potasse au résidu et on le distille. Il passe de l'eau et de la conicine; on déshydrate celle-ci avec de la potasse et on la rectifie dans le vide ou dans un courant de gaz hydrogène.
GONICINE, CIGUTINE, OU CONINE. &61
La coniciae est uo liquide incolore, huileux, répandant l'odeur de la ciguë. L'eau en dissout peu, et davantage à froid qu'à chaud. Elle est très sotuble dans l'alcool et dans l'élher. Elle bout vers 21 0®, et néanmoins elle répand des vapeurs à froid, car si on en approche une tige de verre imbibée d'acide chlorhydrique, il se produit des fumées blanches : ce qui montre que c'est une base forte. De plus, elle est très alcaline et elle donne des sels cristallisables.
M. H. Schiff a reproduit la conine en dhauffant en vases clos ▼ers ITO"" la dibutyraidîne :
C»»H*^Az02 = C*«H*5Az + H20«.
Cette conine artificielle , qui a la plupart des caractères de la conine naturelle^ n'est pas, comme cette dernière, douée du pouvoir rotatoire.
Suivant Christison, iO centigrammes suffiraient pour donner la mort. Elle est classée parmi les narcotiques; son action est caractérisée surtout par l'arrêt des phénomènes de la respiration et la paralysie des cavités gauches du cœur.
D'après de récentes observations de M. Mourrut la conine serait beaucoup moins active qu'on ne l'avait admis : 10 centigr. de bromhydrate de conine ont une action faible sur un chat. 60
centÎRr. ont été donnés en plusieurs fois à un chien sans le tuer.
iO centigr. du même sel injectés à une femme de 64 ans, arthritique, ont pu être répétés plusieurs jours sans symptômes bien marqués.
Resterait à savoir si la conine elle-même produirait d'aussi faibles effets.
alcaloïdes fixes.
On les obtient par un des trois modes de traitement suivants.
1® Addition de chaux éteinte, de soude ou encore de carbonate alcalin à la substance lorsqu'elle contient du tannin des pectatcs etc. (quinquinas, noix vomique).
Le mélange est traité par déplacement dans une allonge (après avoir été desséché à l'étuve au besoin) par de l'alcool à 90% de Talcool amylique, ou du pétrole (295). On en emploie environ six fois le volume de la matière à traiter. On commence par imbiber la matière avec le dissolvant et on laisse macérer 12 ou 24 heures. On débouche l'allonge, et lorsque le liquide cesse de couler, on rajoute le reste peu à peu. La matière doit être grossièrement concassée de façon que le
&62 ALCALOÏDES DES PAPAVÉRACÉES.
liquide paisse passer et qa'il coule goutte à goutte ou eu très mince fÛeU
Si on m pris l'alcool on le distille alors à consistance d'extrait; l'extrait est versé dans une capsule^ étendu de 3 à 4 Yol. d*eaa, et saturé par Tacide sulfurique de façon que la liqueur soit faiblement acide.
2* Dans d autres cas la matière concassée est traitée directement dans l'appareil de déplacement par l'alcool à 90° additionné de 2 */• d'acide sulfurique, quelquefois par un acide organique comme J'acide tartrique (atropine, ésérine). La liqueur alcoolique est évaporée à consistance d'extrait, et additionnée comme ci-dessus de 3 à 4 yoI. d'eau.
3* D'autres fois (pour la vératrine par ex.) la matière est simplement épuisée par l'alcool; l'alcool est;distillé et l'extrait étendu de 3 à 4 toI. traité par l'acide sulfurique comme au 1*.
Dans ces trois cas on a une liqueur légèrement sulfurique, on la fait bouillir avec du noir animal en grains, on filtre et on fait cristalliser le sulfate. Si la liqueur est encore colorée après le traitement du noir, on la précipite par une base (ammoniaque, soude, carbonate on bicarbonate alcalin), on lave l'alcaloïde, on le redissout à chaud dans l'eau faiblement acidulée par ^l'acide sulfurique, on redécolore au noir, on filtre et on fait cristalliser.
ALCALOIDES DES PAPAYÊRACÉES.
281. Les capsules du pavot {papaver somniferum) laissent suinter, lorsqu'on les Incise, un suc laiteux qui se dessèche au bout d'un jour ou deux : ce suc épaissi constitue Yoptum.
On distingue trois sortes principales d'opiums : i'opiom de Smyme, c'est l'opium officinal. 11 se trouve en pains de 400 à 150 grammes, le plus souvent déformés et soudés les uns aux autres par suite de leur mollesse. Leur surface est parsemée de semences de rumex. Il est formé de larmes agglutinées, il est encore assez mou, et il renferme 7 à iO pour 100 d'eau. Sa surface est brune, mais l'intérieur a une couleur fauve. Sa saveur est amère et son odeur vireuse.
On en trouve qui renferme 14 à 15 pour iOO de morphine, mais on en rencontre qui n'en fournit que 5 à 6. Le bon opiom doit en contenir au minimum 10 pour 100.