S8 RECHERCHE DES ALCALOÏDES
« Quand on découyre ainsi un alcaloïde solide, la première chose à faire ^ c'est de tâcher de l'obtenir à l'état cristallisé, afin de pouvoir déterminer sa forme. On verse donc quelques gouttes d'alcool dans la capsule qui renferme l'alcaloïde, et on abandonne la solution à l'évaporation spontanée. Mais il est bien rare que Talcaloïde retiré par le procédé indiqué soit assez pur pour pouvoir cristalliser. Presque toujours 0 est souillé par des matières étrangères. Pour l'isoler de ces substances, on verse dans la capsule quelques gouttes d'eau très faiblement acidulée par de l'acide sulfurique, et on les promène dans la capsule pour mettre le liquide acide en contact avec la matière : généralement, on observe que l'eau acide ne mouille pas la paroi du vase; la matière qui y est contenue se sépare en deux parties, Tune, formée de matière grasse, reste adhérente à la paroi; l'autre, alcaline, se dissout et se transforme en sulfate acide.
« On décante avec précaution le liquide acide, qui doit être limpide et incolore si l'opération est bien exécutée : on lave la capsule par quelques gouttes d'eau acidulée qu'on ajoute au premier liquide et on évapore le tout jusqu'aux trois quarts dans le vide, ou bien sous une simple cloche au-dessus de l'acide sulfurique. On verse ensuite dans le résidu une solution très concentrée de carbonate de potasse pur, et on reprend enfin le tout par de l'alcool anhydre. Celui-ci dissout l'alcaloïde, tandis qu'il laisse intact le sulfate de potasse et l'excès de carbonate de potasse : l'évaporatiou de la solution alcoolique fournit l'alcaloïde cristallisé.
« 11 s'agit maintenant d'en constater les propriétés, pour pouvoir en déduire l'individualité.
« J'ai appliqué les principes que je viens d'exposer à la recherche de la morphine (1), de la codéine, de la strychnine, de la brucine, de la vératrine, de i'émétine, de la colchicine, de l'aconitine, de l'atropine, de l'hyoscyamine, et je suis pa^ venu à isoler sans la moindre difficulté ces différents alcaloïdes mêlés préalablement à des matières étrangères. »
Nous employons d'ordinaire le chloroforme de préférence à l'éther.
Dans ces années dernières MM. Graham et Hofmann ont em-
(1) La morphine étant à peu près insoluble dans Téther, M. Valser a proposé de substituer l'éther acétique à Péther ordinaire pour la recherche pardcnlièn de cet alcaloïde.