ALCALIS DU GRENADIER
M. Tanret a isolé de Fécorce du grenadier quatre alcaloïdes. Deux sont déplacés de leurs sels par le bicarbonate de soude et deux ne le sont pas. Des deux premiers l'un est liquide et dextrogyre : c'est la pellétiérine ; l'autre cristallisé est inactif.
La pellétiérine est un alcali puissant qui est volatil. Elle répand des fumées en présence de l'acide chlorhydrique; sa formule est C"H"AzO«.
L'alcaloïde cristallisé a pour formule Cm^^AzO\ 4H0.
Ils donnent des sels cristallisés.
Les deux autres ne sont pas déplacés par le bicarbonate : l'un est inactif 9 l'autre lévogyre.
L'indication du mode d'extraction de ces quatre corps est instructive (280. !<>).
L'écorce, traitée par un lait de chaux, est agitée avec du chloroforme^ et celui-ci avec un acide étendu jusqu'à neutralisation exacte. La solution saline a une action variable sur la lumière polarisée. Elle est agitée avec un excès de bicarbonate de soude et saturée d'acide carbonique. On agite avec du chloroforme puis de l'acide sulfurique étendu; cette liqueur contient les deux premiers . alcaloïdes qui se séparent sans trop de difficultés, l'un étant solide et l'autre liquide.
Pour avoir les seconds on traite par la soude la liqueur soumise au bicarbonate de soude, et on soumet la solution au même traitement que ci-dessus. La solution sulfurique qui est lévogyre contient deux sulfates qu'on sépare par leur inégale solubilité dans l'eau.
588 EMÊTINE. GANTHÂRIDES. CHAMPIGNONS.
La pellétiérine parait être le principe tœnicide du grenadier.
EMfiTINE.
299. Ce corps s'extrait de la racine d'ipécacuanba, cephœlis tpeooGuanAa, il existe aussi dans le richar<Uoiàa brasUiensis , dans le phsychtiHa emetioa et dans la racine de cainca (rubiacées). Ces matières, réduites en poudre fine, sont traitées par de l'alcool concentre, puis falcool est distillé. L*extrait est délayé dans cinq fois son poids d'eau, et la liqueur est filtrée. On ajoute à la liqueur 2 pour iOO de potasse caustique^ et on l'agite avec du chloroforme. On décante le chloroforme et on le dis^tille : l'emctlue cristallise. On la fait dissoudre dans Tacide sulfurique dilué, et on en précipite l'emétine par l'ammoniaque. Ce corps est amorphe et jaunâtre^ fusible vers 50®. 11 est suluble dans Teau froide, et surtout dans l'eau bouillante, et dans l'alcool; ses solutions sont un peu amères. C'est une base très faible, ses sels sont incristallisables.
Quelques centigrammes suffisent pour provoquer le vomisse* ment.
GANTHARIDES.
300. L'empoisonnement par les cantharides est assez fréquent. M. Tardieu range cette matière parmi les poisons névrosthéniques (295). Elle agit sur le système nerveux avec violence. Elle produit aussi une inflammation très forte de Testomac^ des intestins, des reins et de la vessie; on trouve dans ces divers organes la membrane muqueuse dénudée en divers points et recouverte d'ecchymoses.
Cet empoisonnement est caractérisé surtout par la surexcitation des organes sexuels. On ne connaît pas de bon procédé chimique pour la recherche de la matière toiique des cantharides. Quelque soin que l'on ait mis à les pulvériser , il reste toujours des débris d'écaillés d'un vert mordoré que M. Poumet a pu découvrir dans l'intestin de cadavres inhumés depuis plusieurs mois.