ACTION DU PROTOXYDE D'AZOTE SUR L'ÉCONOMIE
Propriétés. — Ce gaz est incolore, dépourvu d'odeur, et doué d'une sayeur sucrée. Sir H. Davy, ayant respiré du protozyde d'azote^ s'endormit et éprouva des rêves agréables. Ces expériences se répétèrent avec frénésie en Angleterre, et même en France : de là les noms de gaz hilarant, de gaz du paradis, sous lesquels on le désigna. Des accidents firent renoncer à ces expériences.
Ces accidents peuvent tenir à des impuretés : — du chlore provenant d'azotate d'ammoniaque contenant du chlorhydrate; — de l'acide hypoazotique dû à une décomposition brusque de l'azotate; — à Tabsence de l'air si l'action du gaz est prolongée. En effet, on emploie le protoxyde d'azote comme anesthésique dans des opérations dentaires, et on a observé des accidents avec du gaz pur si Topération était un peu prolongée.
Cela tient, a montré M. Bert, à ce qu'on ne peut arriver à i'anesthésie qu'à la condition de faire respirer au patient du protoxyde non mélangé d'air, et il en résulte alors que l'asphyxie marche de pair avec I'anesthésie. M. Bert, opérant sur des animaux, est arrivé à obtenir I'anesthésie, sans crainte d'asphyxie, en administrant des mélanges d'air et de protoxyde d'azote sous des pressions supérieures à un atmosphère, de façon que le protoxyde exerce dans le mélange la pression d'un atmosphère, soit, par exemple, un mélange de cinq sixièmes de protoxyde d'azote et de un sixième d'oxygène sous une augmentation de pression d'un cinquième d'atmosphère.
Dès le retour à l'air libre, l'animal recouvre la sensibilité, la volonté, l'intelligence. Ce retour à l'état normal, si différent de ce qu'on observe avec le chloroforme, tient à ce que ce gaz, au lieu de contracter des combinaisons dans l'organisme, est simplement dissous dans le sang, et s'échappe aussitôt. L'opérateur est toujours maître de la situation.
Il est assez soluble dans l'alcool, et l'eau en dissout son propre volume à 5<». Faraday a montré qu'il se liquéfie à la température de 0* sous une pression de 30 atm. C'est un liquide très mobile et limpide. Projeté dans une capsule rouge, il entre en caléfaction, et comme il s'évapore avec une certaine rapidité, si on place la boule d'un tube thermométrique dans ce liquide, le mercure s'y gèle, de sorte que l'on a le curieux phénomène du mercure solidifié dans un vase incandescent. Lorsque l'on verse dû protoxyde d'azote dans un tube bouché^ puis qu'on y ajoute du mercure, ce métal tombe au fond, mais il i»'y congèle, SuppQ#0P9 ensuite qu'on jettç m charbon incandes^