‹ Manuel de chimie médicale et pharmaceutiqueChapitre 471 sur 527 · THÉORIE DE LA RESPIRATION. 7S · texte numérisé non relu

THÉORIE DE LA RESPIRATION. 7S

Azote. — L'azote forme tout aa plus un dixième des gaz du sang. Ce liquide en contient 2 à 3 pour 100, et cependant le sérum n'en dissout que 1 pour iOO : par conséquent il y a pour ce gaz une action particulière, non expliquée encore.

En résumé , les vésicules du poumon se comportent comme une membrane poreuse, et cet organe doit être envisagé comme un organe d'échange pour les corps gazeux.

Le sang qui a pris au poumon la teinte vermeille la conserve jusqu'à son entrée dans les capillaires généraux. Quand il s'en échappe il est devenu brun, et au lieu de contenir de l'oxygène il renferme de l'acide carbonique. Par conséquent, c'est dans cette traversée que la combustion a eu lieu. Cette combustion a-t-elle lieu dans les capillaires eux-mêmes, ou bien l'oxygène traverse-t-il leurs parois si dialysables, et pénètre-t-il dans la profondeur des tissus d'où s'échapperait le gaz carbonique. On incline vers cette dernière hypothèse ; il y aurait dans le centre des organes un échange de gaz comme dans les poumons , et l'oxygène venu de l'air s'infiltrerait dans les parties les plus profondes du corps des animaux pour y produire l'oxydation dans les tissus eux-mêmes (378).

376. Variations dans les gaz expirés suivant les états pathologiques. — On n'a que peu de renseignements sur ce point. Suivant MM. Hervier et Saint-Lager, la proportion d'acide carbonique décroît dans toutes les maladies où la respiration est entravée, comme dans la phtisie pulmonaire, la pneumonie, la pleurésie, la péricardie, les fièvres éruptives et les affections typhoïdes.

Dans le diabète , la chlorose , l'anémie et dans les maladies où il n'existe pas d'état fébrile, les variations dans la proportion de gaz carbonique sont peu sensibles. Dans les pblegmasies, l'acide carbonique augmente d'une façon notable.

Rayer, puis Doyère ont constaté que l'air expiré par les cholériques contient plus d'oxygène et moins de gaz carbonique que l'air expiré normalement.

Le malade a succombé toutes les fois que la proportion d'oxygène absorbé a été moindre que 1,75 et que l'acide carbonique exhalé n'a pas atteint 1,45 pour 100. La quantité d'oxygène absorbé est toujours plus forte que celle d'acide carboni (|ue exhalét

736 OPINIONS NOUVELLES SUR LA RESP1R\T10N. OPINIONS NOUVELLES SUR lA RESPIRATION.

Cl. Bernard a dit dans ses leçons :

« La théorie de la combustion directe, qui a déterminé un si grand progrès quand son illustre fondateur l'a introduite dans la science, n'a cependant pas été confirmée par les études physiologiques. La combustion n'est pas directe dans les organismes et la production d'acide carbonique est le résultat d'une véritable destruction organique , d'un dédoublement analogue à ceux que produisent les fermentations. Ces fermentations sont d'ailleurs l'équivalent dynamique des combustions; elles remplissent le même but, en ce sens qu'elles engendrent de la chaleur et sont par conséquent une source de l'énergie qui est nécessaire à la vie. n

M. Pasteur dit de son côté :

« Je suis très porté à croire que l'oxygène n'agît pas seulement comme source d'oxygène qui s'absorbe et qui opère des combustions, mais qu'il donne aux cellules une activité, une jeunesse, si l'on peut se servir de cette expression, d'où elles tirent la faculté d'agir ensuite et aussitôt après, en dehors de l'influence de l'oxygène libre à la manière des cellules-ferments.

« L'oxygène porté par les globules du sang n'irait donc pas opérer par tout le corps des combustions, mais donner seulement aux cellules des organes une excitation, un état de vigueur et de santé propres à les faire fonctionner comme des cellules anaérobies, c'est-à-dire vivant en dehors de toute participation du gaz oxygène libre et provoquant des phénomènes de fermentation. Sans cesse dans le temps d'une inspiration et d'une expiration, l'oxygène communiquerait aux cellules l'activité dontil s'agit, suivie du fonctionnement de ces cellules, comme cellules-ferments. Les combustions directes seraient de peu d'importance, excepté peut-être dans l'état de croissance des individus, c'est-à-dire quand il y aurait multiplication des cellules.

«En résumé tous les êtres seraient le siège de fermentations d'une durée variable avec les conditions et la durée de la vie sans air, succédant à Texcitation donnée par l'oxygène. »

Cette théorie rend compte des faits les plus obscurs pour la théorie de la combustion directe.

a. Un muscle en activité produit un volume d'acide carbonique supérieur au volume d'oxygène absorbé dans le même temps. La consommation d'oxygène n'est donc pas en rapport exact avec la production d'acide carbonique. Pour la théorie

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