Transformations des aliments fécalents. — Les
matières féculentes se trouvent en petite quantité dans les tissus de l'organisme; fait assez naturel chez les carnivores, mais très surprenant chez les herbivores, et qui prouve que les féculents sont surtout les aliments respiratoires et qu'ils se brûlent très facilement. La majeure partie des féculents est transformée en acide carbonique et en eau. Une autre portioil est changée en graisses , et le reste, fraction minime d'ailleurs, est fixé dans certains tissus.
382. Glucose dans le foie. — L'existence des matières amyloldes dans les tissus animaux se rattache à une découverte célèbre faite, en 1849, par un illustre physiologiste j Claude Ber-
MATIÈRE GLYGOGÈNE. 743
nard, découverte que nous allons résumer^ ainsi que les trayauz dont elle a été Torigine.
Si l'on soumet un animal Carnivore à une diète prolongée on trouve du sucre dans le tissu hépatique. La proportion de sucre trouvée dans le foie des carnivores^ ou des animaux nourris exclusivement à la viande^ est sensiblement aussi forte que dans le foie des herbivores ou des animaux nourris de matières féculentes ou sucrées. Donc la production du sucre ne dépend pas de Texistence des substances amidonnées et sucrées dans les aliments.
On pouvait objecter à ces expériences que le sang arrivant au foie peut y laisser du sucre et que le foie ne fait que le retenir et l'accumuler. Cl. Bernard répondit à ces suppositions par une expérience aussi surprenante que concluante. Si Ton tue un chien , qu'on lui enlève le foie , puis, qu'ayant lavé cet organe de façon à dissoudre tout le sucre ^ on l'abandonne à l'air pendant une journée , on y trouve une proportion très forte de sucre.
Si^ enfin , on analyse le sang dans la veine porte , avant son arrivée dans le foie , et qu'on analyse le sang sortant de cet organe dans les veines sushépatiques^ on observe une augmentation considérable dans la dose du sucre. Pour retirer le sucre du foie, on le coupe en menus fragments qu'on épuise par de l'eau bouillante, ou même par de l'eau froide. On décolore le liquide au noir animal, on l'évaporé au bain^marie presque à sec, et on traite le résidu par de l'alcool. La solution alcoolique fournit le glucose par évaporation.
Cl. Bernard a trouvé 22^' fil de sucre dans le foie d'un supplicié de 43 ans pesant 1300«f, et 25«',70 dans celui d'un autre supplicié, âgé de 22 ans, dont le foie pesait 1200S^
383. Matière glycogène. — Le sucre est produit dans les tissus hépatiques par une matière ternaire, sorte d'amidon animal, désignée sous le nom de glycogène, qu'on a trouvée aussi sur la face interne de la membrane amniotique des ruminants, entre le placenta maternel et le placenta fœtal des rongeurs^ dans les muscles et dans les poumons du fœtus et plus tard dans le foie, dans diverses parties du coi'ps des crustacés, dans les articulés y dans les entozoaires.
Pour préparer le glycogène on coupe le foie d'un animal {lapin, chien) récemment sacrifié, en menus fragments et on les jette dans l'eau bouillante pour précipiter et détruire le ferment qui changerait l'amidon eu glucose. On retire les firag-