SON ACTION SUR L'ÉCONOMIE
Le borax^ le bioxyde de manganèse absorbent aussi l'acide sulfureux.
Lorsqu'on fait passer un courant d'bydrogène et d'acide sulfureux dans un tube de porcelaine chauffé au rouge^ il y a réduction de l'acide sulfureux :
S02 + h2 = S + 2HO.
Si l'on introduit quelques gouttes d'acide sulfureux dans un appareil producteui^ d'hydrogène, l'acide sulfureux est réduit, et le soufre est transformé en acide sulfhydrique :
SO» + H« = 2H0 + HS.
On en acquiert la preuve en plaçant un papier imprégné d'acétate de plomb dans le jet d'hydrogène : ce papier noircit aussitôt. Cette propriété ne doit pas être oubliée dans la recherche de Tarsenic, et il faut avoir le plus grand soin de ne pas mettre dans l'appareil de Marsh soit de l'acide sulfureux, soit un corps susceptible d'en produire.
L'acide sulfureux décolore les substances organiques, et on tire un grand parti de cette propriété pour blanchir la laine, la soie, et les tissus animaux qu'on ne peut pas décolorer par le chlore parce que ce corps attaque ces matières.
Introduisez des violettes, des roses mouillées dans du gaz sulfureux, elles se décolorent bientôt. !La couleur n'est pas détruite, car si yous chassez l'acide sulfqreux en immergeant ces fleurs dans de l'eau acidulée par l'acide sulfurique, la rose reprend sa teinte, et la violette apparaît avec la couleur rouge que lui communique les acides.
Applications. — La soie est blanchie par ce moyen dans l'industrie ; on la mouille et on la suspend dans des chambres en briques sur le sol desquelles on brûle du soufre dans des terrines. Pour empêcher les yins d'aigrir on brûle une mèche soufrée dans les tonneaux.
Enfin on l'emploie pour le traitement de certaines maladies cutanées, de la gale, pour l'assainissement des lazarets et la désinfection des habits des malades.
Action sur l'économie. — L'acide sulfureux n'a pas une action très énergique sur l'économie s'il ne pénètre pas directement dans les poumons, témoin les fumigations sulfureuses. Mais s'il pénètre dans les voies respiratoires il provoque la toux, une vive oppression et même l'asphyxie : Pline le naturaliste mourut le 24 août de l'an 79, victime d'une asphyxie '^e ce genre lors de la grande éruption du Vésuve.
ACIDES BIBASIQUES.
Ce gaz produit, outre l'as-
ph^ie, uae action irritante et
corrosÎTe, parce qu'il se chan^
dans le corps en acide sulfu-
676t;.ConipoBlttoii.— Pour détenniDerlacomposition de l'acide sulfiireui on brûle du soufre dans l'oijgène sec (/Sg. 69).
U se Torme un volume de gaz
sulfureux égal à celui de l'oiy- g
gène. Dès lors, pour avoir la ^^-- -1^ " -^^' - ^=^^M
quantité du soufre contenu dans p jg, ^g,
ce gaz, il faut retrancher le
poids d'un volume d'oxygène du poids d'un volume de gaz sul-
fureui.
1 vol. d« gaz sulfureux pèse 2,22
1 vol. d'oijrgëae pèse 1,10
Donc il y a soufre |,12
Or ce poids est celui d'un demi-volume de vapeur du soufre, par conséquent,
1. volume d'acide sulfureux est formé de 1 — d'oiygâDe el de i/i — de vapeur de sourre.
Si nous rapportons la composition de ce corps à I volume de soufre, qui représente son équivalent, on a pour formule de l'acide sulfureux :
SO" = 32 = 2 volumes.
Nous allons montrer qu'il serait plus rationnel de doubler cette formule.
L'acide azotique ne forme avec les bases qu'un seul sel. Avec la potasse c'est l'azotate
K0Az05 = **^' lo'.
L'acide solfureux en produit deux :
KOSO^, sulfite neutre.
KOUOlSO', bisulfite.
On exprime cette différence en disant que l'acide azotique est monobasique, etqite l'acide sulfureux est bibasique.
148 ACIDES BIBASIQUES.
Les deux sulûtes diffèrent l*un de l'autre en ce que dans le premier tout Thydrogène de l'acide sulfureux est remplacé par du potassium, tandis que dans le second la moitié seulement a été remplacée. S'il en est ainsi^ ne serait-il pas plus logique de représenter ces sels par les formules correspondantes qui suivent^
ÎKOSW, KOHOS^O*,
lesquelles conduiraient à donner à Tacide sulfureux la formule S«0*.
Nous avons établi que Tacide azotique, tous les acides et tous les sels pouvaient être considérés comme les dérivés de Teau
Dans cette manière de voir, l'acide sulfureux et les sulfites ont les formules suivantes,
acide sulfureux. sulQte neutre. bisulfite.
Ils dérivent donc, non plus de
mais de
Ce fait n*est pas particulier à l'acide sulfureux, mais à tous les acides bibasiques.
Dans la notation atomique la formule de Tacide sulfureux est
se» = 64,
parce que c'est ce poids de gaz sulfureux qui occupe le même volume que H*. On a en e£Pet (36)
L*acide sulfureux et le chlore sec exposés au soleil se combinent mutuellement, et donnent un liquide à odeur suffocante, bouillant à77<>. Ce corps, étant formé de volumes égaux de chlore et d'acide sulfureux, a pour formule SO' Cl. Il serait logique de doubler cette formule, d'après ce que nous venons de dire.
AUDE SULPimiQUE. 149
ACISB SDLFDBIQim ANHYDRE.
Stnomm : inhydrlde suiruriqiw.
Découvert par H. Bussy.
SO» = M. Cet èquiTftlent reprtKOW ! toI.
Oaaiii de Tapeur nppartie h l'air, Î,T}.
Double deoiilé de Tapeur rappariée k l'bj'drogtne ou poids de la inol«cu1e=80.
FMHiDle moléculaire, ses.
PupiHlti caraeUriMliiKS. — Extrêmement acide el ailde d'eau.
68. Préparation. — L'aRinitê de l'acide sulfureux pour l'oiygène permet d'obtenir cet anhydride en dirigeant un mélange d'air et d'acide sulfureux bien desséchés sur de la mousse de platine légèrement chauITée ; on recueille les vapeurs dans un ballon sec entouré d'un mélange de glace et de sel, oii elles se condensent en belles aiguilles satinées.
Od l'obtient bien plus facilement en chauffaat vers 60° à 80° une variété d'acide sulfurique, nommée l'acide de Saie ou de ?iordhauseQ, que l'on peut considérer comme une dissolution d'acide sulfurique anhydre dans l'acide monohydraté. L'acide sulfurique anhydre, qui bout à une basse température, distille seuli on le condense dans un tube entouré de glace. L'acide moDobydralé reste dans la cornue, parce qu'il ne bout qu'à une température supérieure à SOO»,
Fig. It.
L'acide anhydre se présente en aiguilles ou en houppes satinées fondant à 18°, bouillant vers 30° à Sa".
Il est extrêmement avide d'eau, et il produit un sifflement aigu au contact de ce liquide. Il répand à l'air d'épaisses fumées blanches, dues k ce qu'il s'unit k l'humidité de l'air pour
ISO ACIDE SU.LFURIQUE.
former un hydrate, doué d*une tension de vapeur très faible^ qui se précipite en brouillard dans l'atmosphère.
On dit souvent que ce corps et que les acides anhydres, en général, ne jouissent pas des propriétés acides. M. Bussy a montré que le sulfate de baryte peut se former en mettant en présence Tacide sulfurique et la baryte anhydre, et la combinaison avec la soude se réalise avec une violence extrême, vers 100*». 11 en est de même pour un grand nombre d'autres anhydrides.
L'acide de Norhausen se fabrique en Bohême, et en Saxe aux environs de Nordhausen, en calcinant les eaux mères de la fabrication du vitriol vert, FeOSO', obteim avec la pyrite de fer. Ces eaux mères desséchées laissent comme résidu des sulfates de protoxyde et sesquioxyde, qui, calcinés, donnent un mélange d'acide sulfureux, d'acide sulfurique anhydre, et d'acide sulfurique monohydraté, parce que la dessiccation n'est pas complète :
2(FeOS03) = S03 + S02 + Fe^O^ Fe2032S03 = 2S0» + Fe^O».
On opère cette calcination dans des tubes en terre, où reste l'oxyde de fer (colcothar), et Ton recueille l'acide dans d'autres tubes en terre.
Sa composition se rapproche de celle d'un semi-hydrate, ce qui revient à dire qu'il est environ deux fois plus concentré que l'acide des arts, dont nous allons parler.
Il est employé en teinture pour la dissolution de l'indigo, parce que cette opération exige un acide très fort et exempt de produits nitreux, et pour la production de diverses couleurs dérivées de la houille.