SÉLÉNIUM. TELLURE
Pour terminer l'étude des corps de cette famille, nous dirons qu'il existe deux corps très semblables au soufre et l'accompagnant souvent dans ses minerais. Ce sont :
Le sélénium, découvert en 1817 parBerzélîus dans les pyrites de Fablun;
Le tellure, trouvé en 1782 par Muller dans des minerais d'or de Transylvanie.
Le sélénium se retire ordinairement des dépôts qui se forment, dans les premières chambres en plomb des fabriques d'acide sulfurique. On les fond avec du nitre : il en résulte du séléniate de potasse qui, chauffé avec de l'acide chlorhydpique, donne de l'acide sélénieux. Celui-ci est réduit par l'acide sulfureux sous forme d'une poudre rouge. Celle-ci, fondue et refroidie lentement, donne une masse rouge foncée, insoluble dans le sulfure de carbone. Quand on la chauffe vers 90°, sa température s'élève subitement au-dessus de 200», et on obtient une seconde variété de sélénium, d'un gris métallique, solubie dans le sulfure de carbone et cristallisable.
Ils fournissent, avec l'hydrogène :
l'acide sélénhydrique SeH et l'acide tellurhydrique TeH. Ces corps sont odorants, vénéneux, et doués des mêmes propriétés et de la même composition que l'acide sulfhydrique.
Us donnent avec l'oxygène :
un acide sélénieux SeO^, et un acide sélénique SeO^, un acide tellureux TeO^, et un acide tellurique TeO',
analogues par leur composition et par leurs caractères avec l'acide sulfureux et l'acide sulfurique Les séléniates et les tellurates sont isomorphes avec les sulfates.
;, BROME, IODE, FI.UOB ET lEUBS COMBINAISONS.
De X^i^PÔîi JauDe-rart.
Découvert par Scheele en IT^i.
□ = U.S. Cet (quinlenl égale 2 valuniet. DMsité nHHinée 1 l'air, l.iiA. Poids du litre, JiMS. [Maiilé rapportée 1 lliydrogéne ou poîdi stomique, S3, tnai beilemeat liquéGabli-, noiablement [olubledani — Corpi irti et
T2.£tatnatiiPel. Ppéparatlon. —Le chlore se rencontre, surtout à l'état de chlorure de sodium, dans l'eau de la mer et dans le sol. On trouve %ussi dans la nature des chlorures de potassium, de calcium, de magnésiam et d'argent.
Pour le préparer on place dans un ballon en verre {fig. 73)
164 PRÉPARATlOIf DU CHLORE.
muni d'on flacon UTeor et d'im tabe de dégagement 4 partie de biozyde de manganèse et 4 parties d'acide chlorhydrique du commerce. On chauffe à peine aTec quelques charbons. La liqueur noircit, puis dégage bientôt du chlore en abondance et avec une grande régularité. Il est probable que la liqueur noire contient du bichlomrede manganèse formé en vertu de la réaction:
MiiO^ + 2 HCl = MnCl^ + H^O».
Si ce corps se forme il se détruit aussitôt, et en réalité la réaction est la suivante :
MnO* + 2HC1 = Mn Cl + Cl + IPO»,
car il se dégage du chlore et le ballon renferme une solution de protochlorure de manganèse.
Jusqu'à ce jour les résidus de chlorure de manganèse étaient perdus. On a proposé plusieurs procédés pour régénérer le bio3cyde. Le suivant, dû à M. Weldon, fournit de bons résultats. Les résidus, saturés par du carbonate de chaux, sont traités par un excès de lait de chaux. Ou obtient un précipité renfermant du protoxyde de manganèse et de la chaux que l'on soumet à Faction d'un courant d'air forcé jusqu'à ce que le protoxyde se soit suroxygéné. Il en résulte du bioxyde^ combiné à une petite quantité de chaux, qu'on lave par décantation, et que l'on attaque à l'état humide par l'acide chlorhydrique.
Ce procédé qui' réussit bien est très généralement suivi dans l'industrie.
Autrefois, lorsque l'acide chlorhydrique était rare et cher, on préparait le chlore par le chlorure de sodium et l'acide sulfurique, mais aujourd'hui ce procédé est à peu près abandonné. Il s'exécute dans le même appareil que le précédent, et voici la réaction :
Mq02 + NaCl + 2S0*H0 == MnOSO^ + NaOSO' + U^O^ + Cl.
En résumé, ce procédé revient au précédent, car le chlorure de sodium attaqué par l'acide sulfurique donne de Tacide chlorhydrique, et s'il ne reste pas du chlorure de manganèse, c'est que le second équivalent d'acide sulfurique le détruit à son tour. Le chlorure de magnésium qui est un résidu très abondant du traitement de la kaïnite et de la carnallite àStassfurt (154) peut donner du chlore par son action sur le bioxyde de manganèse. M. Deacon a fait connaître un procédé très curieux de facation du chlore.
PRPPRIÉTÉS DU CHLORE. 165
Oo imprègne des boulettes d'argile avec du sulfate de cuivre en solution saturée^ et on les empile par milliers dans de grandes chambres en briques, chauffées vers 450<*, où Ton îaii arriver un mélange d'otr et d'acide chlorhydrique déjà chauffé lui-même. Il se forme probablement du chlorure de cuivre, CuGl , qui se décompose ensuite , car on obtient du chlore, et le sulfate de cuivre est régénéré. La fabrication est continue. Ce procédé, d'une exécution difficile, tend plutôt à disparaître qu'à se répandre.
Le chlore peut être recueilli sur Teau pure si Ton ne craint pas d'en perdre, car il estsoluble dans Teau ; mais alors il faut que le vase soit bien rempli et bouché aussitôt. Lorsqu'on se propose d'obtenir du chlore sec, on ne peut pas le recueillir sur le mercure, parce qu'il attaque ce métal. On profite alors de sa grande densité : le gaz lavé et séché est amené dans le fond d'un flacon sec. Au bout de 8 à 10 minutes l'air en a été à peu près totalement expulsé.
Action sur réconomie. — Ce gaz est jaune verdâtre, d'une odeur très suffocante. Il provoque la toux et amène rapidement an violent coryza et une forte oppression que suivraient des crachements de sang si la dose inhalée était un peu forte. Un animal placé dans du chlore très dilué périt en quelques moments. Appliqué sur la peau, il produit une vive démangeaison et une forte rougeur.
On a conseillé d'administrer quelques gouttes d'ammoniaque aux personnes qui en ont respiré. Le mieux est de leur faire inhaler avec de grandes précautions du gaz sulfhydrique, et d'administrer de l'eau sulfureuse et de l'eau albumineuse.
73. Propriétés.— Le chlore se dissout facilement dans l'eau, et sa solubilité, contrairement à la règle , croît de 0^ à 8<*, car
l'eau en dissont 1 vol., 44 à 0«, — — 3 vol., 07 à S».
Ce fait tient à ce que dans ces limites de température il se forme un hydrate, qu'on obtient facilement en dirigeant un courant de chlore dans de l'eau refroidie vers 0° : il se dépose des flocons jaunâtres dont la formule est Cl + iO HO.
Lorsque l'on comprime rapidement ces cristaux dans du papier et qu'on les introduit dans un tube de Faraday (48)^ puis qu'on chauffe vers 40° la branche où ils sont enfermés, ils se àétmisent et dégagent du gaz chlore^ qui, se comprimant luimême, vient se liquéfier dans l'autre branche sous forme d'un
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