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THÉORIE MOLÉCULAIRE

sont comparables à Tacide cfalorhydrique^ et il a fait de cet acide un type dans lequel rentrent tous les chlorures, bromures, iodures miuéraux ou organiques. Nous avons montré à plusieurs reprises que les diverses réactions des corps peuvent être expliquées par des substitutions/ et que l'action de deux corps simples Tun sur l'autre est explicable par une substitution. C'est pourquoi nous admettrons avec Gerhardt que l'action de l'hydrogène sur les autres corps, sur le chlore par exemple, constitue une double décomposition,

1 H ^ 1 Cl I Cl ^ I Cl k vol. k vol. ft yol. h vol.

et par suite qu'il conviendrait de doubler l'équivalent de l'hydrogène parce que c'est H* = 4 vol. qui entre dans les réactions. L'hydrogène, KP = 2 en poids ou= 4 vol., appartiendrait donc au type chlorhydrique. C'est M. Wurtz qui a proposé le premier de réunir en un même groupe l'hydrogène, l'acide chlorhydrique et leurs dérivés mutuels, dont Gerhardt avait fait deux types distincts.

80 bis. Équivalent des corps. — Nous avons établi (36) qu'il serait rationnel de doubler la formule de Teau. Lorsque l'on a un moyen chimique direct pour déterminer la formule d'un corps (l'acidité, la basicité par exemple) on observe que la formule à laquelle on est ainsi conduit représente un poids de cette substance qui, envisagé à l'état gazeux, occupe un volume double de celui qui est occupé par l'équivalent de l'hydrogène H = 1. Comme d'ailleurs H = 2 vol. on dit que ces formules correspondent à 4 vol. ou que les équivalents donnés par ces formules représentent 4 vol.

C'est pourquoi, lorsqu'on n'a pas de moyen chimique de déterminer la formule d'un composé volatil, on le représente par la formule qui correspond à 4 volumes.

Cet équivalent, représentant 4 volumes, est le poids de la molécule dans la théorie atomique et cette molécule représente dans cette théorie 2 volumes, puisqu'elle occupe le même volume que H*, qui occupe 2 volumes (36).

La représentation de tous ces faits dans la théorie atomique est très simple (36),

L'ex'périence montre qUe Teau est formée

de 1 volume d'oxygène et de 2 yolumes d'hydrogène,

ACTION DE VkCÏ&R CHLORHYDRfQUE SUR L'ÉCONOMIE. 183 et que ces trois yoluroes forment

2 Tolumes de Tapeur d'eau.

La théorie exprime ce résultat avec clarté par la formule

qui peint aux yeux la composition de Teau.

Elle agit de même pour l'ammoniaque ; elle lui attribue pour formule

^ AiH»,

parce que 2 volumes de ce corps sont formés de

1 volume d'azote et de

3 volumes d'hydrogène.

La même simplicité se retrouve dans la notation de Tacide chiorhydrique. Puisque 2 volumes de ce corps sont formés de

1 volume de chlore et de 1 volume d'hydrogène,

on donne à cet acide la formule

HCl,

qui représente 2 volumes^ comme celle de Tammoniaque, et celle de la vapeur d'eau.

Les atomes du chloro, du brome et de Tiode représentent I volume comme ceux de l'oxygène, de l'hydrogène et de l'azote.

Le poids moléculaire de Facide chiorhydrique se confond avec son équivalent.

Acide du commerce. — - L'acide du commerce est impur. Il est jauni par du fer, et il contient souvent de l'acide sulfureux, de l'acide sulfurique et du chlorure d'arsenic. Pour le purifier on ajoute à la liqueur un peu de bîoxyde de manganèse, qui change l'acide sulfureux en acide sulfurique, puis on le met en macération avec du protochlorure d'étain ou mieux avec un peu d'étain. L'arsenic se précipite. On décante la liqueur avec soin on on la filtre sur de l'amiante, et on la distille après avoir eu soin d'ajouter dans la cornue un fragment d'étain, qui ramène le bichlorure d'étain à l'état de protochlorure d'étain, qui n'est pas volatil.

81. Son action snr l'économie. — L'acide chiorhydrique est m poison corrosif; à la dose de 1 5 grammes, il a produit la mort.

Les symptômes et les lésions sont celles qui ont été décrites

184 £AU liÉGALE.

(71); seulement, dans le cas de cet acide, on observe toujours sur les lèvres etMans la bouche des taches grisâtres, et la formation de fausses membranes épaisses sur les muqueuses qui ont été touchées par l'acide.

Pour rechercher ce corps, çn suit la marche que nous avons indiquée pour l'acide sulfurique, et quand on a isolé Tacide^ on essaye son action sur le nitrate d'argent (77).

H convient de peser le chlorure d'argent et d'opérer comparativement avec des liquides ou des organes d'animaux, car les chlorures alcalins, et l'acide chlorhydrique lui-même, existent dans réconomie : nous verrons que Tacidité du suc gastrique parait être due à cet acide.

M. Bouis a donné le moyen suivant. On passe les matières à travers un linge et du papier lavé à l'acide acétique étendu d'eau, puis on met dans le liquide une lame mince d'or, et on y ajoute quelques fragments de chlorate de potasse. En maintenant le mélange au bain-marie pendant une heure ou deux, l'or est attaqué s'il y a la moindre trace d'acide chlorhydrique libre, et la liqueur brunit en présence du protochlorure d'étain.

L'acide chlorhydrique est rarement employé en médecine. On s'en est servi quelquefois comme caustique, en gargarismes, en bains, en limonades (4 gr. par litre).

L'acide chlorhydrique sert à fabriquer le chlore, Teau de Javel, le chlorure de chaux, le sel ammoniac, le sel d'étain, etc. On l'emploie pour l'extraction de la gélatine des os^.

Eau régale. — L'acide chlorhydrique réagit sur l'acide azotique pour fournir l'eau régale. Ce composé n'est pas un mélange d'acide nitrique et d'acide chlorhydrique, parce que ces deux corps s'attaquent mutuellement :

AïO«H + HCl = AzO» + Cl + H^O^

Le principe actif en est le chlore naissant : aussi sert-il à chlorurer les corps rebelles à l'action de l'acide chlorhydrique, tels que l'or et le platine. Comme le chlore est l'agent oxydant par excellence, l'eau régale oxyde énergiquement les corps; l'action de l'acide hypoazotique vient dans certains cas se joindre à celle du chlore.

L'eau régale se fait ordinairement par le mélange

de trois parlies d'acide chlorhydriqae et d'une partie d'acide nitrique.

82. Acides bromhydriqne et iodhydriqae. — Ces deux acides présentent la, composition et les propriétés de l'acide

ACIDE BROMHYORiQUE ET lODHYDRIQUE. 185

chlorhydrique^ et l'acide bromhydrique se montre intermédiaire entre les deux autres. Leur solubilité est extrême et croissante du composé chloré au composé iodé; il en est de même de leur aptitude à la liquéfaction. L'acide bromhydrique se liquéfie vers — 65, l'acide iodhydrique vers — 40.

La stabilité va décroissant du corps chloré au corps iodé. L'acide chlorhydrique n'attaque p^ le mercure et l'argent, . l'acide bromhydrique est décomposé lentement par ces métaux, l'acide iodhydrique est détruit rapidement par ces corps.

Le chlore décompose les deux hydracides du brome et de l'iode; le brome décompose l'acide iodhydrique.

La solution d'acide chlorhydrique est inaltérable à l'air, la solution d'acide bromhydrique se colore un peu par du brome, celle d'acide iodhydrique prend une teinte brune en dissolvant beaucoup d'iode :

On décolore cette solution, et on régénère l'Acide iodhydrique en y dirigeant un courant d'acide sulfhydrique,

HS + 1 = HI + S,

puis on filtre pour séparer le soufre précipité.

On se sert de cette réaction pour préparer des solutions étendues d'acide bromhydrique et d'acide iodhydrique en faisant passer un courant d'acide sulfhydrique dans de Teau tenant eo suspension du brome et de l'iode. Le soufre formé est séparé par décantation et par filtration.

On ne peut pas préparer ces acides et surtout l'acide de Tidde par un procédé analogue à celui de l'acide chlorhydrique, en traitant l'acide sulfurique par un bromure ou par un iodure, parce que l'acide formé est décomposé par l'acide sulfurique,

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