ACIDES OXYGÉNÉS DU CHLORE
L*eau oxygénée blanchit parfaitement et n'attaque pas sensiblement la fibre.
La solution d*acide hypochloreux se comporte d'une façon intermédiaire entre les deux corps précédents. Cet acide est d'une préparation et d'une conservation trop difficiles pour que l'on puisse songer à l'utiliser dans la décoloration et la désinfection^ mais il n'en est pas de même pour ses sels. Lorsqu'au lieu de diriger du chlore sur une base faible^ comme l'oxyde de mercure, on fait arrirer ce gaz sur de la chaux éteinte ou dans une solution étendue de carbonate de soude^ on obtient des composés, mal définis dans leur constitution, que l'on envisage ordinairement comme des mélanges de chlorure et d'hypochlorite. C'est dans le cas de la chaux, le chlorure de chaux,
CaCI + CaOClO ;
dans le cas de la soude, l'eau de Javel ou de Labarraque,
NaCl + NaOClO.
Le premier de ces corps est solide, le second est toujours en dissolution; voici la réaction qui les fournirait :
201 + 2CaO = CaCl + CaOClO.
Ces substances ont le' précieux avantage de ne se décomposer que lorsqu'elles sont en présence des acides, de sorte qu'en réglant la dose d'acide on règle la réaction : ainsi , au contact de l'air, qui contient de l'acide carbonique en très petite quantité, il se produit une action extrêmement lente :
CaCl + CaOClO + 00^ = CaCl + CaOCO^ + CIO ;
Tacide intervient pour mettre en liberté l'acide hypochloreux, puis l'eau décomposée fournit de l'oxygène naissant :
CIO + HO = HCl + 02.
Avec le concours d'un acide fort il se dégage du chlore qui attaque la fibre.
Sans l'emploi d*un acide, il ne se dégage pas de chlore qui se change tout en chlorure de calcium, et tout l'oxygène devenu libre peut se porter sur la fibre; mais dans ces conditions l'action est d'une lenteur telle que l'application en est impossible.
Acide chloreux GIO'. — Cet acide, découvert par Millon s'obtient en traitant l'acide chlorique CIO* par un agent désoxydant, l'acide arsénieux, l'acide tartrique, le bioxyde d'azote.
ACIDE HYPOGHLORIQUË ET GHL0R1QUE. 189
Ce gaz est jaune; Teau n'en dissout que 6 à 7 volumes, et elle prend une teinte d'un jaune d'or magnifique. Sa densité est 2,64.
Ce gaz détone vers 60^ et en présence du soufre^ du phosphore et de beaucoup de corps.
C'est un acide très faible^ car il ne s'unit aux bases fortes, telles que la potasse et la soude^ qu'après un contact de quelques heures. C'est un agent de décoloration.
Acide hjrpoclilorique ClO^. — Découvert par Davy.
On chauffe légèrement au bain-marie le fond d'un petit tube contenant 5 à 1 0 grammes de chlorate de potasse fondu avec 25 à 30 grammes d'acide sulfurique concentré. Ce gaz peut être recueilli sur le mercure ^ ce qui n'est pas Jiossible pour les deux précédents^ qui attaquent aussitôt ce métal. Lorsqu'on veut préparer simplement une dissolution* de ce corps, on remplace l'acide sulfurique par l'acide oxalique.
Cest un gaz jaune foncée dont la densité est 2^32. Il est condensable au-dessous de 0^ en un liquide rouge, dont l'eau dissout 20 fois son volume. Il est extrêmement instable. Si l'on place dans un verre plein d'eau un fragment de phosphore et des cristaux de chlorate de potasse, puis que l'on fasse tomber, par le moyen d'un tube à entonnoir, de l'acide sulfurique dans le fond de ce vase, on voit le phosphore brûler dans l'eau sous l'influence du chlore et de l'oxygène de l'acide hypochlorique.
Semblable en ce point, comme en certains autres, à l'acide hypoazotique, il ne s'unit pas aux bases , et se trouve détruit en acide chlorique et en acide chloreux,