‹ Manuel de chimie médicaleChapitre 2 sur 56 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Un chimiste, dont j'estime beaucoup les talens et l'opinion, a dit (0 : « Un traité élémentaire de chimie que sa brièveté mît à portée des étudians est un des ouvrages les plus difficiles à faire. La chimie est maintenant composée d'un si grand nombre de faits, qu'à moins d'en vouloir faire un simple catalogue, on ne pourrait les comprendre tous dans un traité; et ici se présente un grand écueil : Que fautil conserver, que doit-on omettre? Question difficile à résoudre, et contre laquelle viendront échouer beaucoup de ceux qui entreprendront de donner un traité élémentaire de chimie. Cependant , et en raison même des difficultés , on doit tenir compte à celui qui se charge de cette tâche des efforts qu'il a faits pour parvenir à son but. » De même que M. Gauthier de Claubry, j'avais reconnu la difficulté de faire un pareil ouvrage; e.t ce n'est que les avantages qu'il peut offrir dans les premières études médicales qui m'ont fait entreprendre cette pénible tâche. On risque beaucoup plus à ne rien tenter qu'à ne pas réussir, a dit le chancelier Bacon (2). Quant à la question que présente ce chimiste : Que faut-il conserver, que doit-on omettre? j'ai tâché de la résoudre, en passant sous silence ce

(0 Gauthier de Claubry, Journal général de médecine. (2) Analyse de la philosophie, tome I.

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qui n'offrait aucun intérêt, et en conservant tout ce qui se rattachait essentiellement aux arts, principalement à celui de guérir. J'ai fait tous mes efforts pour renfermer dans ce volume ce qu'il importe à MM. les e'tudians en médecine et à ceux des écoles vétérinaires de connaître , sinon pour en faire des chimistes parfaits, du moins pour pouvoir appliquer avec fruit cette science à la médecine. Sous ce point de vue, j'ai cherché, en ne présentant que l'ensemble des principaux faits, et en j joignant plusieurs tableaux propres à leur servir de répertoire, à rendre mon travail nécessaire à ceux qui se préparent à subir leurs examens. Afin de mettre cet ouvrage au niveau des découvertes Jes plus modernes , j'ai puisé tous les documens nécessaires dans ceux de MM. Lavoisier, Berthollet, Fourcroy, Thomson, Chaptal , Berzélius, Ure? Davy, Chevreul, et surtout de M, Thénard. J'aurais pu me dispenser de nommer ce dernier : il est si riche de travaux et de découvertes, que, depuis qu'il a publié son excellent Traite de chimie, il n'est pas d'auteur qui ait écrit sur cette science sans le mettre à contribution : tant de larcins ne sauraient l'appauvrir. J'ai également recueilli plusieurs faits nouveaux dans les Annales de chimie et de physique, le Journal de pharmacie, les Archives générales de médecine , la Revue médicale , le Bulletin universel des sciences de M. de Férussac,et dans la plupart des journaux français et anglais. Je dois aussi beaucoup de remercîmens à quelques amis qui ont eu la bonté de me communiquer plusieurs mémoires inédits qu'ils ont lus à l'Institut; je me bornerai à

nommer MM. Lassaigne, Payen, Béquerel, Rousseau , etc. J'y ai consigné enfin le résultat de ceux que j'ai lus moi-même à l'Académie royale des Sciences, etc.

Pour ne pas trop grossir ce volume, j'ai cru devoir passer rapidement sur les corps qui n'offraient qu'un faible intérêt , afin de m'étendre sur ceux qui se rattachent aux principes de cette science ou à la médecine. C'est sous deux points de vue que j'ai donné plus de développement aux articles air, calorique, électricité, eau, eaux minérales, chlore, iode, soufre, arsenic, etc. J'ai cru rendre mon ouvrage plus utile en consacrant un livre entier à l'étude des réactifs : par ce moyen on évitera des recherches aussi longues que pénibles. Les terminaisons en eux et en ique indiquant dans les acides, d'après la nomenclature chimique de MM. Guyton de Morveaux, Lavoisier, Berlhollet et Fouicroy, la présence de l'oxigène, quoiqu'on connaisse des acides qui doivent cette propriété à l'hydrogène , et d'autres qui sont le produit de la combinaison de deux bases acidifiables sans le concours de l'oxigène ni de l'hydrogène, j'ai cru devoir attaquer cette erreur en modifiant la nouvelle nomenclature chimique. Je suis bien loin de regarder la théorie que je propose comme à l'abri de toute objection* je ne la considère que comme une pierre propre à servir à la reconstruction de l'édifice. Quant au plan que j'ai suivi, il diffère peu de celui qui a été adopté par l'illustre président de l'Académie royale des Sciences; lorsque je m'en suis écarté, je n'ai point eu la vaine prétention de mieux faire que M. Thénard, je n'ai

cherché qu'à mettre sous les yeux de MM. les étudians en médecine et de ceux des écoles vétérinaires l'ensemble des faits qui se rattachent plus intimement à leurs études.

Mon Manuel de chimie est divisé en quatre parties :

La première comprend les notions préliminaires de la chimie et les corps impondérables : elle se compose des deux premiers livres.

La seconde est sous-divisée en neuf livres, qui commencent au troisième.

Le troisième livre traite de l'oxigène, de la combustion, de l'hydrogène, du carbone, du bore, du phosphore, du soufre, du sélénium, du chlore, de l'azote et de l'iode.

Le quatrième est consacré à l'air atmosphérique. Le cinquième, aux substances métalliques. Le sixième, aux oxides divers.

Le septième, aux acides.

Le huitième, aux combinaisons formées par l'hydrogène.

Le neuvième, aux combinaisons des corps combustibles simples.

Le dixième, aux substances salines et aux réactifs. Le onzième, aux eaux minérales.

La troisième partie offre l'ensemble des substances végétales : elle est divisée en sept sections : la première comprend les acides; la deuxième, les alcalis végétaux ; la troisième, les substances neutres • la quatrième, celles qui contiennent plus d'oxigène qu'il ne faut pour former de l'eau avec leur hydrogène, etc.; la cinquième, les matières colorantes;

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la sixième, les substances peu étudiées; et la septième, celles qui contiennent de l'azote.

La quatrième partie renferme les substances animale», divisées en huit sections. Dans

La première sont les substances grasses;

La deuxième, les acides;

La troisième, ni grasses ni acides ;

La quatrième, les salines et terreuses;

La cinquième, celles qui sont le produit de la digestion ;

La sixième, le sang;

La septième, les liqueurs sécrétées;

La huitième, les substances molles et solides.

Quels que soient les efforts que j'ai faits pour atteindre le but que je m'étais proposé, je suis bien loin de croire mon ouvrage parfait. On se tromperait étrangementsi Ton me prêtait l'intention de le croire propre à rivaliser avec ceux que nous avons ex pro- Jesso sur cette science. Je n'ai fait que glaner dans le vaste champ qu'ont moissonné les plus habiles chimistes; heureux si des faits que j'ai recueillis j'ai pu en former un ensemble propre à faciliter l'étude de la chimie à MM. les étudians. Ceux qui cultivent déjà cette science seront peut-être bien aises de trouver en un seul volume le tableau de son état actuel; car je ne crains pas d'avancer que mon travail renferme une foule de substances nouvelles, qui n'ont jamais encore été décrites dans aucun ouvrage élémentaire de chimie. Quant aux erreurs que je puis avoir commises, j'attends de la critique des conseils salutaires pour les faire disparaître. La plupart des auteurs semblent la redouter;

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