‹ Manuel de chimie médicaleChapitre 21 sur 56 · MÉTAUX DE LA SIXIEME CLASSE · texte numérisé non relu

MÉTAUX DE LA SIXIEME CLASSE

Caractères. Ne décomposant l'eau et n'absorbant le gaz oxigène à aucune température; leurs oxides réductibles par le calorique. Cette classe comprend

l'argent,

le platine,

le palladium,

For,

le rhodium,

l'iridium.

De l'argent.

Histoire. Ce métal est désigné dans les vieux v livres d'alchimie sous le nom de lune ou de Diane. Il est connu de temps immémorial , mais sa valeur I a considérablement diminué depuis qu'on a découvert le Nouveau-Monde, où se trouvent un grand i nombre de mines d'argent. Si l'on voulait entreprendre de tracer l'histoire de l'or et de l'argent, il faudrait, pour ainsi dire, tracer celle du monde.

Propriétés physiques. Le plus blanc des métaux, plus dur que l'or, mais cependant moins ductile et moins malléable que lui; insipide et inodore; par l'action du marteau, il se réduit en feuilles de

( i83) 0,0 1 56 de millimètre d'épaisseur, que le moindre souffle peut enlever, et qui cependant ne laissent pas passer la lumière. Sa ténacité est telle, qu'un fil de deux millimètres de diamètre peut supporter un poids de 85 kilogrammes sans se rompre. On Je tire à la filière en fils si fins, qu'il suffit de o gr. o65 de ce métal, pour produire un fil de 122 mètres de longueur. Poids spécifique, fondu 10, 474? frappé sous le marteau, environ io,5io.

Propriétés chimiques. Rougit avant de se fondre. Son degré de fusion est égal au 22 du pyromètre de Wedgwood; par un refroidissement lent, il donne des pyramides quadrangulaires. La plus forte chaleur de nos fourneaux est insuffisante pour le convertir en oxide; au foyer de la lentille de Tschirnansen, il se volatilise, et à celui du chalumeau à gaz hydrogène, il brûle. Lavoisier l'avait pareillement oxidé au moyen du chalumeau à gaz oxigène. On l'a aussi réduit à l'état d'oxide, en le soumettant pendant vingt fois de suite à la chaleur des fourneaux de la manufacture de porcelaine de Sèvres. Enfin, à l'aide d'une forte pile voltaïque, on parvient à oxider un fil de ce métal, et à brûler une feuille d'argent très-mince. Cette combustion s'opère avec dégagement d'une vive lumière ayant une teinte verdâtre.

L'air et l'oxigène secs et humides, à froid, sans action.

L'eau, ou protoxide d'hydrogène, n'exerce aucune action sur l'argent; mais l'eau oxigénée ou peroxide d'hydrogène est décomposée par ce métal. Si l'on prend en effet de l'argent, récemment précipité de

( i84 ) son nitrate par le cuivre, et qu'on l'introduise dans ce liquide, tout l'oxigène se dégage avec beaucoup de chaleur, et Ton obtient de l'argent pur et .du protoxide d'hydrogène. Pour que cette action soit marquée, il faut que l'argent soit bien divisé.

L'argent n'est attaqué que par les plus forts acides et ceux qui sont les plus propres à céder de l'oxigène. Quand l'acide sulfurique est concentré et bouillant, il le dissout avec dégagement de gaz acide sulfureux ; le chlore le dissout à chaud ; l'acide nitrique s'en empare même à froid; l'alcool y forme un précipité, connu sous le nom d'argent détonnant.

L'argent s'unit enfin avec un grand nombre de métaux, ainsi qu'avec le soufre, le phosphore, le sélénium, l'iode et le chlore.

Etat naturel. L'argent se trouve dans la narure à l'état natif et voisin du degré de pureté; à l'état d'oxide, en combinaison avec l'antimoine sulfuré, et combiné avec le soufre, le chlore, l'antimoine, l'arsenic, le mercure et le plomb.

Extraction. On broie la mine d'argent natif avec le mercure, qui s'amalgame avec l'argent, et on chauffe dans un appareil convenable ; le mercure passe à la distillation, et l'argent reste. Si on exploite un sulfure, on le grille et on le coupelle avec le plomb, pour opérer l'oxidation des métaux étrangers. C'est aux tropiques que les mines d'or et d'argent sont les plus abondantes; elles existent ordinairement dans les montagnes primitives. Les principales se trouvent dans l'Amérique méridionale, ( M. de Humboldt porte à 175 millions celui qu'on en extrait annuellement. ) On en rencontre

( i85 ) aussi en Allemagne, en Espagne, en Norwége, en France et en Sibérie.

Usages. Il sert de signe représentatif des productions diverses; on en fajbrique des vases / des bijoux et des ornemens de la dernière magnificence ; en médecine, il n'est employé qu'à l'état de combinaison saline avec l'acide nitrique.

Du palladium.

Histoire. C'est en continuant ses recherches sur la mine de platine, que Wollaston y découvrit le palladium en i8o3.

Propriétés physiques. Très-brillant, d'un blanc argentin, sonore, dur et très-malléable. Son poids spécifique varie entre 1 1,3 et 1 1,8.

Propriétés chimiques. Infusible dans nos meilleurs fourneaux, et fusible au chalumeau par le gaz oxigène. M. Vauquelin a observé que, lorsqu'il est à l'état de fusion, il bout et brûle en lançant des aigrettes tres-brillantes.

Air et oxigène, sans action, même au plus haut degré de feu de forge; à cette température, et même au-dessous, il abandonne son oxigène 7 s'il est à l'état d'oxide.

Ce métal s'unit avec le soufre, le sélénium et plusieurs métaux.

Très-rare et sans usages.

Du rhodium.

Découvert également par Wollaston, en 1804, dans la mine de platine.

Propriétés. Blanc-gris, solide, cassant, infusible

et inaltérable par l'air, l'oxigène, l'eau et les acides;

calciné avec la potasse ou la soude, il s'oxide et se

combine avec eux. Son poids spécifique est de 1 1 ,000.

Très-rare et sans usages.

Du platine.

Histoire. Est-ce à M. Vood ou à M. Ulloa qu'on doit attribuer la découverte du platine? Le premier assure l'avoir découvert en 1741 ; mais il n'a publié son travail qu'en 1749 et 5o \ tandis que le dernier a donné en 1748 la relation du voyage qu'il fit au Pérou en 1735, où il a consigné la découverte de ce métal. 11 paraîtrait, d'après cela, que don Antonio Ulloa devrait avoir la priorité; aussi le plus grand nombre des chimistes la lui a-t-il accordée. Ce mot de platine vient du mot espagnol plata, qui signifie argent. Ce métal est un de ceux que les chimistes modernes ont le plus étudiés; mais ceux qui ont fait les recherches les plus intéressantes sur sa mine sont Wollaston, qui y découvrit les deux métaux précédais, et Descotils, qui y reconnut Y iridium, et Tennant, Y osmium.

Propriétés physiques. Couleur et éclat de l'argent, très-ductile et très-malléable. Il est assez mou pour se laisser couper par les ciseaux et entamer 1 par l'ongle; mais il acquiert beaucoup de dureté par son alliage avec quelques métaux, surtout avec» le rhodium et l'osmium. Il est inodore par le frottement. Il donne des fils très-déliés. Il jouit aussi d'une grande ténacité. Son poids spécifique est de 20,98 avant d'être forgé, et de 21, 53 quand il l'a été.

Propriétés chimiques. Si réfractaire, qu'il ne peut être fondu qu'au chalumeau par le gaz oxigène ou l'hydrogène. On fait cette opération en plaçant le métal dans une cavité pratiquée dans un charbon qu'on allume , et sur lequel on dirige un jet de gaz oxigène, alimenté par une vessie.

L'air , l'oxigène et l'eau n'exercent aucune action sur ce mêlai , ce qui le rend précieux pour les laboratoires chimiques. Il ne peut être oxidé dans l'air qu'au moyen d'une décharge d'une forte pile voltaique; il se convertit alors en un oxide brun , qu'on peut réduire par la chaleur.

Si l'on prend un fil de platine de £- de pouce de diamètre, et qu'après l'avoir chauffé au rouge on le plonge dans un petit vase contenant un peu d'éther, si ce fil est en contact avec l'air, au-dessus de la surface du liquide, il devient incandescent et reste long-temps en cet état. On fait cette expérience avec une petite lampe, dans laquelle on plonge le fil de platine tourné en spirale.

Le platine s'unit avec la plus grande partie des métaux, ainsi qu'avec le soufre, le phosphore, le sélénium, le bore, l'iode et le chlore.

Avec le gaz hydrogène, le platine exerce sur ce gaz une action bien remarquable. M. Dobereiner , professeur à Iéna , a fait connaître que le platine en éponge détermine, à la température ordinaire, la combustion du gaz hydrogène. Cette expérience a été répétée, avec le plus grand succès, à l'académie royale des sciences par M. Dulong. Ce dernier et M. Thénard se sont livrés à une foule de nouvelles recherches, d'après lesquelles ils ont reconnu que,

( 188 ) dans un mélange de deux parties d'hydrogène et une d'oxigène, cette éponge de platine opérait une détonation, et qu'il y avait formation d'eau. Avec l'air et l'hydrogène, cette combinaison est plus lente. Suivant ces deux savans chimistes , l'éponge fortement calcinée ne devient pas incandescente , et opère lentement la combinaison des deux gaz , sans qu'il y ait élévation sensible de température. Le platine en poudre très-fine, les fils très-déliés, ou les lames de ce métal sont sans effet j tandis que les feuilles de ce métal exercent une action d'autant plus prompte, qu'elles sont plus minces. Roulées sur un cylindre de verre, ou suspendues dans un mélange de gaz oxigène et d'hydrogène, elles sont sans action, même après plusieurs jours, au lieu que, chiffonnées entre les mains, et réduites en une espèce de boule , elles agissent de suite. A froid , l'éponge de platine opère aussi la combinaison de l'oxide de carbone avec l'oxigène, et la décomposition du gaz nitreux par l'hydrogène.

Etat naturel. En petits grains et alliés en même temps avec le fer, le plomb, le cuivre, le rhodium, le palladium , le soufre , etc. Ses principales mines sont dans l'Amérique méridionale. M. Vauquelin l'a cependant trouvé dans celles d'argent de GuJ dalcanal , en Espagne, pour ^~.

Extraction. On prend le platine brut qu'on i' nous apporte d'Amérique, et qui se trouve combiné avec le fer, le cuivre, le plomb, le mercure, le palladium, le rhodium, etc., on le fait dissoudre dans l'acide hydrochloronitrique, fait avec une partie d'acide nitrique et trois d'acide hydrochlo-

( iBç) ) rique; on y verse ensuite de l'hydrochlorate d'ammoniaque, qui se pre'cipite en sel triple avec l'oxide de platine. On lave ce précipité, on le fait sécher, et on le fait chauffer peu à peu dans un creuset jusqu'au rouge. On purifie le platine ainsi obtenu, en le soumettant de nouveau à une opération semblable; Ton chauffe fortement la poudre métallique, dans une feuille du même métal, et on le forge en lingots. Autrefois ce procédé était beaucoup plus compliqué, aussi le platine valait-il jusqu'à 3o francs l'once, tandis qu'on l'obtient à présent à 20 francs; prix près de trois fois plus fort que celui de l'argent.

Usages. Ce métal, en raison de son inaltérabilité par l'eau, Fair, les acides, etc., et par son infusibilité, est devenu précieux pour la fabrication des creusets, capsules, cornues, tubes, cuillères, etc. , propres aux opérations de chimie les plus délicates. Il serait également d'une grande utilité pour les bassines > alambics , chaudières , etc., si le haut prix où il est n'y mettait obstacle. On en fabrique des bijoux qui sont fort estimés.

De l'or.

Histowe. Si j'avais à tracer l'histoire de ce métal, je le définirais le mobile général des actions des hommes et la source des plus grandes injustices et des plus grands crimes. Il n'est presque rien qu'avec ce métal on n'obtienne ; c'est de là que vient cet adage si vrai et si connu : La clef d'or ouvre partout, adage que les Grecs, qui embellissaient tout, connaissaient sous le nom de pluie d'or de Jupiter.

Dans les emblèmes alchimiques, l'or est représenté par l'image du soleil, comme l'argent l'est par celui de la lune. Il est décrit sous le nom de roi des métaux.

Propriétés physiques. Jaune , très -brillant, sonore, inodore et insipide. C'est ce métal qui tient le premier rang parmi les métaux ductiles et malléables , et le cinquième pour la ténacité. On le réduit en feuilles si minces, que le souffle suffit pour les enlever; on évalue leur épaisseur à 0,000,09.

Propriétés chimiques. Fusible à 52° de Wegdwood. Non volatil à un feu de forge.

L'air, l'oxigène et l'eau sont sans action sur lui. . Par une forte décharge électrique on le convertit 1 en une poudre pourpre, que certains chimistes regardent comme un oxide, et [d'autres comme de l'on très-divisé. On tire parti de cette propriété pour faire des portraits sur les étoffes de soie. On prend I: pour cela un portrait, dont tous les traits sont percés > à jour avec une épingle, on l'applique sur un carréde satin blanc; on recouvre le portrait d'une feuille d'or sur laquelle on place une étoffe. On presse! fortement, et on y fait passer une forte décharge électrique qui oxide l'or, lequel passe à travers ces petites ouvertures et se fixe sur la soie. Dans Je< | cours de physique on tire ainsi le portrait de Franc- | klin, ce qui ajoute encore à l'intérêt de l'expérience.

L'or s'unit avec le plus grand nombre de sub stances métalliques, ainsi qu'au soufre, au phos phore , à l'iode et au chlore. Il n'est attaqué qui

par l'acide hydrochloronitrique; mais ses oxides peuvent se dissoudre dans la plupart des autres.

Si l'on plonge, dans une dissolution d'hydrochlorate d'or, du charbon , l'or se précipitera à l'état métallique sur ce combustible. On peut également retirer l'or de cette dissolution d'une manière trèscurieuse. Si l'on y plonge une petite plaque de zinc, il ne se produira aucun effet; ajoutez -en une de platine sans qu'elle soit en contact avec celle de zinc, tout restera dans le même état; mais si vous faites toucher ces deux plaques , le platine ne [tardera pas à être couvert d'une couche d'or. Il paraît que cette révivification , qu'on n'a pas encore bien étudiée, est due à l'électricité.

Etat naturel. On ne le trouve qu'à l'état natif, quelquefois allié avec l'argent, le cuivre et le fer. Il est sous forme de dendrites, de paillettes, de grains ou de divers cristaux. Ses mines sont presque : toujours dans les montagnes primitives; plusieurs j rivières en charient des paillettes qu'elles extraisent isans doute des liions que les sources traversent. Les mines de l'ancien continent n'en donnent annuellement que 4?ooo kilogrammes , tandis que M. de Humboldt assure que celles d'Amérique en produisent 1 4,ooo.

Extraction. On triture la mine avec le mercure et on distille.

Usages, Tout le monde connaît l'usage qu'on en

fait pour les bijoux et les ornemens les plus élé-

gans. C'est en le précipitant de ses dissolutions dans

l'eau régale, par V hydrochlorate de protoxide d'é-

Uain, qu'on prépare le pourpre de Cassais ? et en

le précipitant par le sulfate de fer, qu'on obtient t cet or si divisé avec lequel on dore les vases de j porcelaine. La médecine s'est aussi emparée de ) l'or. De nos jours , le docteur Chrétien, de Montpel- lier, l'a préconisé en substance et à l'état d'hydro-chlorate contre les maladies vénériennes. Il l'emploie à la dose de ~ de grain étendu dans une poudre inerte et en friction sur la langue et les> gencives. Le professeur Lallemand en a également t obtenu des succès aussi prompts que durables.

De l'iridium.

Dans le même temps que M. Tennant annonça J la présence de l'osmium dans la mine de platine, J Descotils y découvrit l'iridium.

Propriétés physiques et chimiques. Couleur et éclat semblables au platine; infusible au feu le plus si violent de nos forges; inattaquable par l'eau, l'air , l'oxigène et les acides. Exposé à l'action du calorique, avec la potasse ou la soude, il passe à l'état d'oxide, et s'unit avec les alcalis.

Très-rare, très-difficile à obtenir, et sans usages.

Alliages,

On donne ce nom à l'union des métaux entre eux., Cette union est en raison inverse de la différence qui existe entre leurs poids spécifiques. Le peu de» force d'affinité des métaux les uns pour les autres set démontre par la séparation qu'on peut en faire, paru leur différence de fusibilité ou de volatilité, et par les propriétés de ces composés, qui diffèrent peu de celles des métaux constituais. Il est cependant quel-

( 103 ) ques propriétés qui changent, comme la dureté, li malléabilité. Nous ne pouvons mieux les faire connaître qu'en lei extrayant de l'excellent ouvrage de M. Tbénard, io Tous les alliages formel de métaux cassant le

sonl eUX mémos.

a* Les alliages formel d'un métal < 1 ne: t i I < • et d'un

métal < assaut, son! rassans si les doux inolaux sont

unis en quantité égale, ou bien ils partagent lespro l>i i<:h:s de ( olui (jui prédomine,

Dans les alliages dos métaux ductile* entre eux, à proportions égales, il y en a presque autant de ductiles que de cassa ns. L'alliage est ductile quand l'un (Toux prédomine, excepté l'or, qui devient cassant avec — de plomb ou d'antimoine.

4° Ji<- poids spécifique augmente ou diminue. ^Lcs métaux s'unissent de doux en deux, de trois en troil, etc., mais ils ne sonl pas tous susceptibles de s'unir ensemble. S'il en était ainsi, nous aurions 840 alliages, tandis qu'il n'y en a que i/| >. de connus.

Le calorique tait éprouver aux alliages les mêmes changemens qu'aux métaux; ils sont toujours plus faciles à se foudre que le moins fusible dos métaux constituais; fou observe môme que, lorsque les métaux sont très-fusibles, les alliages le sont, presque toujours, davantage. 11 en est un, outre; autres, qui en est un exemple frappant, c'est celui qui résulte de l'union de

8 parties de bismuth, 5 de plomb, 3 dVuin,

Il fond à un degré de température inférieur à

( i94 ) celui de l'eau bouillante; si on y ajoute un peu de mercure , il devient si fusible qu'il peut être employé pour les injections anatomiques.

Avec Voxigène , ils subissent les mêmes altérations que les métaux, avec cette différence qu'ils sont le plus souvent moins oxidables, et qu'il en est qui le sont davantage, comme le plomb et l'étain.

De tous les alliages connus, il n'y en a que sept dont on fasse usage ; ce sont ceux de

argent et cuivre , étain et fer,

or et cuivre, plomb et antimoine,

étain et plomb, zinc et cuivre, étain et cuivre,

i° Alliages de Vor et V argent avec le cuivre. Neuf parties des deux premiers , avec une du dernier, constituent l'or des monnaies à ,^0 de fin ; pour les bijoux divers on le porte de ^J^ à ^°0. Ifc monnaie d'argent contient neuf parties de ce métal et une de cuivre; l'argenterie pour vases, moitié moins de cuivre, et les bijoux 1.

Etain et plomb. Quoique, pour la fabrication de divers ustensiles de ménage, ioo parties d'étain ne dussent en contenir que 7 à 8 de plomb, on y en trouve cependant de i5 à -^-. Cet alliage est plus dur et plus aisé à mettre en œuvre que l'étain fin. Une partie d'étain et deux de plomb constituent la 1 soudure forte ou soudure des plombiers.

Cuivre et étain. Cent de cuivre et onze d'étain 1 forment le bronze propre à faire les canons, lesstatues, etc.; il est d'une couleur jaune, d'une plus * grande fusibilité et ténacité, et moins ductile que* le cuivre. M. Dussaussoy conseille de rendre cet

( i95 ) alliage meilleur pour la fabrication des canons, en y ajoutant de i à A de fer-blanc, ou un peu de zinc. Dans les proportions de 78 de cuivre et 22 d'étain, il produit le métal des cloches. En Angleterre, elles contiennent du zinc et du plomb.

Etain et fer. Huit parties du premier et une du second composent un alliage d'un blanc grisâtre, très-dur , fusible au-dessous de la chaleur rouge , et cassant; il est , pour i'étamage du cuivre, trois ou quatre fois plus solide que rétamage ordinaire. On applique aussi l'étain sur des feuilles de fer, en les décapant, les trempant dans la graisse fondue, et successivement dans de l'étain fondu très-chaud, auquel on a soin d'ajouter un peu de graisse. C'est ainsi qu'on fabrique le fer-blanc. Si on lave ces feuilles avec un composé de 3 parties d'acide hydrochlorique > fi d'acide nitrique et 8 d'eau, elles se tapissent de suite de dessins variés, qu'on attribue à la cristallisation de l'étain, et auxquels on a donné le nom de moiré métallique. On les enduit de vernis diversement colorés , pour les conserver et varier leurs couleurs.

Plomb et antimoine. Quatre parties du premier et une du second servent à former les caractères d'imprimerie; cet alliage est très-dur, malléable et peu oxidable à l'air; on y fait entrer quelquefois un peu de cuivre.

Cuivre et zirw ou bien cuivre jaune, laiton, alliage

iu prince Robert, similor, or de Manhein, etc. Cet

' Alliage est formé de diverses proportions de ces deux

métaux; elles varient ordinairement de 20 à 4o pour

e zinc, et de 60 à 80 pour le cuivre; c'est-à-dire

( ig6 )

que les proportions du zinc sont du quart au tiers. M. Chaudet a fait connaître que les cuivres jaunes, qui étaient moins ductiles que les autres, et qu'on tournait plus facilement, contenaient 2 ou — de plomb qu'on commençait par allier avec le zinc. Cet alliage est un des plus employés dans les arts.

Amalgames.

C'est le nom qu'on donne aux alliages divers des métaux avec le mercure. Les amalgames sont sous forme solide, quand le mercure s'y trouve en petites proportions; ils sont au contraire liquides, s'il prédomine. Il est une exception bien étonnante, c'est la combinaison de 80 parties de mercure avec 1 de sodium, qui est solide, tandis que i5 du premier avec 1 d'étain en donnent aussi une de solide.

Tous les amalgames liquides ont l'aspect du mercure, mais coulent plus difficilement; s'ils sont solides, ils sontcassans. Ils ont en général une couleur blanche; la chaleur rouge les décompose. Si la chaleur n'est pas assez forte pour volatiliser le mercure, on observe, après le refroidissement, que l'amalgame prend une forme cristalline et que le mercure liquide qu'on obtient est moins chargé de métal. L'air oxide les amalgames. Des divers amalgames connus, il n'y a guère d'employé que ceux faits avec Yétain et le mercure pour Fétamage des glaces ; 1 partie de bismuth et 4 de mercure, pour rétamage , des globes; et d'or et de mercure, pour dorer le cuivre jaune, etc.

Page 1