MÉTAUX DE LA CINQUIEME CLASSE
Caractères^e décomposant point l'eau, s'unissant à l'oxigène à une certaine température, et donnant des oxides qui sont susceptibles d'être réduits par le cal orique. Ces métaux sont au nombre de deux :
le mercure et l'osmium.
( ^9 ) Du mercure.
Histoire. Voici encore un métal dont l'origine est couverte d'un voile épais , et dont l'étude offre le plus grand intérêt. C'est aussi celui qui a été le plus l'objet des laborieuses recherches des alchimistes, qui le regardaient tous comme l'essence du grand œuvre. Ils étaient imbus de cette idée, qu'on n'avait qu'à lui faire acquérir de la solidité pour le convertir en argent; aussi tentèrent-ils de le combiner a\ec une foule d'autres corps, et de le soumettre à l'ébullition pendant plusieurs années , s'imaginant l'épaissir et le fixer. Si leurs travaux furent perdus pour l'alchimie, ils ne le furent point pour la médecine, qui s'enrichit de plusieurs médicamens précieux.
Propriétés physiques. Liquide, blanc bleuâtre et très-brillant; réfléchissant bien la lumière, et ne mouillant pas les corps. Son poids spécifique est de 1 3,558. Suivant MM. Petit et Dulong, la dilatation de son volume à o, entre le terme de la glace fondante et celui de l'eau bouillante, est de-li-°-
Propriétés chimiques. Le mercure bout et se distille à 35o deg. Exposé à un froid artificiel de 3g,5o il devient solide et donne des cristaux en octaèdres. Le hasard conduisit M. Braun à la connaissance de cette propriété. En 1759, voulant s'assurer du degré de froid d'un mélange frigorifique fait avec le sel marin et la neige, il s'aperçut que le mercure cessait de descendre. 11 cassa la boule et le trouva concret. M. Thénard a répété, en 1823, dans ses leçons, plusieurs lois cette curieuse expérience
( i8o ) avec un succès constant. Le mélange frigorifique dont il se servait était de deux parties d'hydrochlorate de chaux et une de neige.
Le mercure ainsi solidifié est assez ductile. Lorsqu'on le touche , il produit le même effet qu'un corps en ignition -} si le contact était prolongé, la partie serait désorganisée et prendrait une couleur blanche.
Uair et Yoocigene froids, secs ou humides, n'ont aucune action sur ce métal; à un degré voisin de celui de sonébullition, il passe à l'état de deutoxide. C'est à cette expérience qu'est due la première idée de la décomposition de l'air.
Avec le phosphore, il s'unit difficilement, tandis que cette union devient très-facile avec le soufre, le sélénium, l'iode, le chlore et la plus grande partie des métaux. Ces alliages ont reçu le nom d'amalgames.
Etat naturel. Quatre états : natif, avec le soufre, le chlore, et l'argent. Plusieurs chimistes, parmi lesquels nous nous bornerons à citer Rouelle et Proust, avaient annoncé que le mercure existait dans les eaux de la mer. Le docteur Marcet, dans la série d'expériences qu'il a entreprises sur les eaux de l'Océan, n'a jamais pu y en découvrir la moindre trace. De toutes les mines de mercure , celle qu'on trouve le plus souvent, c'est le sulfure de ce métal. On l'extrait en le calcinant avec du carbonate calcaire. L'acide carbonique se dégage, la chaux s'unit au soufre du sulfure , et le mercure passe à la distillation.
Usages. C'est un des métaux dont les usages sont
( '8. ) les plus multipliés : il est d'un secours admirable pour le physicien et le chimiste. C'est avec ce métal qu'on construit les cuves hydrargiro-pneumatiques, où Ton reçoit les gaz solubles dans l'eau; nous lui devons le baromètre et les meilleurs thermomètres. Uni à rétain, il forme î'étamage des glaces. C'est en raison de sa propriété de s'amalgamer avec l'or et l'argent qu'on extrait ces métaux de leur gangue, avec la plus grande facilité. Avec le soufre, il produit un composé, connu sous le nom de cinabre, lequel, réduit en poudre, donne un très-beau rouge , qui porte celui de vermillon.
En médecine , le mercure est un des médicamens héroïques, tant en substance qu'à l'état salin. On l'incorpore à la graisse, en les triturant long-temps ensemble pour former l'onguent gris et l'onguent napolitain, dit double ou au tiers, suivant qu'il contient parties égales de mercure et de saindoux, ou deux parties de ce dernier sur une de métal. Les expériences les plus exactes ont démontré que le mercure n'était point , dans ces compositions, à l'état d'oxide, mais bien dans une grande division. En ébullition dans l'eau , il communique à ce liquide une vertu vermifuge, quoiqu'il ne perde pas un atome de son poids ; fait bien difficile à expliquer. On en prépare des ceintures qu'on porte autour du corps pour le traitement de la gale , et souvent avec succès. Il paraît , comme le fait observer M. Thénard , que le mercure est constamment absorbé quand il est appliqué sur la peau, à l'état métallique, comme dans l'onguent gris. Tout le monde sait que le mercure, et ses composés salins, etc., sont d'excellens
antisyphilitiques, et qu'il en est, en outre, qui sont bons vermifuges et purgatifs. Nous reviendrons sur cet objet lorsque nous traiterons des sels.
Osmium.
Découvert en i8o3 , par Tennant , dans le platine brut, uni à l'iridium.
Propriétés. Noir bleuâtre, en poudre, et infusible; ses autres propriétés par conséquent peu connues.
Très-rare et sans usages.