‹ Manuel de chimie, ou precis elementaire de cette science dans l'etat actuel de nos connaissances (volume 2)Chapitre 36 sur 38 · Les métaux se fondent à Talde de la chaleârf · texte numérisé non relu

Les métaux se fondent à Talde de la chaleârf

et ils conservent même encore, lorsqu'ils sontfomltts^ leur opacilÂ. Oja peut « lovsqu'ila sont dans oet éut ^ ks jeter eo iMiiles ^ etiewp cbumer teUe ferme qo'oa déaire^C'esi ainsi qu'on fait un grand nombre d'ustensiles en fer de fornie élégante. Ils diffèrent con<iidérablement entre eux dans leur degré de fusibilité. Le mercure jouit de cette propr iilé è ua tel point ^ quHI est coastanuBcnt fiuide • à la température ordinaire de ratiBosplière; tandisque d'autres métaux, comme le platine , par exemple , ne peuvent être jforidus que par la4ilua violente chaleur qu'il soit possible de prodnire.

4« hà pesameor spécifique des métaux est excès» sivement variable, est cependant beaucoup plus considérable que celle de toute autre classe de corps à présent connus. La plupait des métaux sont plus pesans qu'aucune antre des snbstaacea --déjà examinées» Cette propriété^ en effet , av»it été considérée , jusqu'à ces derniers temps , comme un caractère di^itinciif pour tous ; mais plusieurs des métaux très sinpuwersq^i ont été découveats» pàr 0avy sont nsoins nesans qne l'eau, et par conséquent beaucoup plus légers que la plupart des corps pierreux. Le platine, le plus pesant des métaux , l'est ai, 5 fois plus que l'eau ; taudis que la pesanteur spécifique do potassium n'excède paa de beaneonp celle de 0,6 9 la pesanteur spécifique de l'eau étant i.

• ,5. Ce sont , de tous les corps essayés jusqu'à pré« sent , les meilleura conducteurs l'électricité.

6« Parmi les métaux ^ il n'jr en a aucun de très dur; mais la dureté. de que^pies uns d'entve enx peut être augmentée par l'art, au point d'excéder celle de presque tous les autres corps. C'est ainsi que les modernes sont parvenus à se proci;|rer> avec i'acier un ^xand nombve d'instrumens tranchans qne les anciens faisaient avec UJ^eombiaanan du cuixie et d^étain.

•j. L'ék$tieUéd€ftBiétaiix4éMiid4eJ«Drdareté/ et peut) être augmentée de même par l'art, àijui

Tacier , donf sont faits les ressorts demcMitref , eêt presque parfaitement élastique, quoique le fer, dans son état naturel, ne le soit que très peu.

8* Mais l'uné des propriétés les plus iwportMtèt des métaux est leur wndUtAUM. En les somieltent à l'action d'un marteau , nous pouvons les aplatir, les étendre. Cette propriété, particulière aux métaux, nous fournit les moyens de leur donner telle forme qs'tl nous pktt et d'en fcire aisémen» les- divers insimmens propres A nos besoins. Tous les métaux cependant ne jouissent pas de cette propriété ; mais il est à remarquer que presque tous ceux qui furent connus des aneiens l'avetent*' sue est considéraUenent augmentée par la diav leur. Les métaux . deviennent plus durs et pli» denses par l'effet du marteau.

9. Une autre propriété d'un grand nombre de métaux est la duciUUé, au moyen de kqneUo on pont les allonger en ils', en *fces forçant à passer par des trous de différens diamètres.

10. Cette propriété de ductilité dans les métaux dépend en quelque sorte de celle ^de ténacité dont ils jouissent aussi ^ «et an m^wn de laqoeHo an fil métallique d'une grosseur dfonnée peut i^ster^ sans se rompre, à l'effort d'un poids suspendu à l'une de ses extrémités. Les métaux diffèrent beaucoup entre eux en ténacité. Un fil de fer, par exemple de nnllim^ enriron de diamètre , pourra supportsr'sans se rompre un poids d'en** viron 226 kilogrammes, tandis qu'un poids de kilogrammes fera rompre un fil de frfomb de mémo diamètre.

On peut dire que la hf9tnéM de k diimie qui trait»* des métaux doit un assez grand nombre dé

découvertes aux alchimistes. Cependant ces découy ertes sont loin d'égaler eelles qui ont été faites

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384 • MÀiraEI.

depuis trenjte ,et quelques animes } c'^^ en effet 9 depuis cette époque , que la plupart des métaux ont* été trouvés; et tandis qu'avant le quinzième siècle ^

il n'y eji avait que sept de connus, l'or, l'argent, la fer 9 le cuivre, le plomb , Tétain et le mercure, nous eu connaissons aujourd'hui trente-neuf.

Les métaux 9 dit M. Thénard-, ne doivent point être étudiés dans un ordre arbitraire; autrement leur étude offrirait de grandes difficultés. Ce savant en établit la division en six sections 9 fondées sur l'affinité que ces corps on^ pour Toxigène.

Dans la première section , il place ceux qui. n'ont point encore pu <5ire réduits et qui ne sont admis an rang des métaux que par analogie, ou, parce que les métaux dont on les extrait ont les plus grands. rapports avec les oxides métalliques; ces métaux sont au nombre dè sept , savoir s le magnésium, le glucinium, l'yttrium, l'aluminium, le tbérinium, le zirconium, le silicium.

Il met dans la deuxième section ceux qui ont la propriété d'absorber le' gaz oxigèjie à la tenmérature la plus élevée, et de décomposer subite^ ment l'eau à la température ordinaire , en s'empara'nt de son oxigène, et en dégageant son hydrogène avec une vive effervescence ; cinq sont dans çe.cas : le calcium, le strontium ^ le barium, le rhodium et le potassium. • ^

La troisième section , il la compose des métaux qui ont la propriété d'absorber le gaz oxigène à la tempjératnre la plcjs élevée , comme ceux des deux premières, sections, mais de ne décomposeï: l'eau qu'à l'aide de la chalaur rouge« Cette section comprend quati^ ipétaux : le manganèse, le zinc, le fer et l'étaln.

^ M» Thénaixl&rme la quatrième section des métaux qui^ c6mme*les précédeas encore 9 peuvent absprber le gaz oxigèn&.à la température la plus ée , n\^ls qui ne décomposent l'eau ni à froid

Digiii^ca by

ni à'diaud^ œlfe sècf ion , k "plus nbmlireiise 9 renferme quinze méiSB^ ^ MToir : l'arsenic , le inol^^)*

âtne y le chrome, le tungstène, le coliimbium , Tantimoine, Turane, le cérium, le cobalt, le titane, le bismutli , le caivre , le tellure 9 le nickel et le plomb. M. Thénard établit ^ dana cette section, ^ denx snbdtTÎsiona : dans la première, il place les cinq premiers métaux , qui sont acididables ; et dans la seconde les huit autres ^ qui ne sont qu'oxidables.

Dans la cinquième section seront compris les mé^ ^ taux qui ne peuvent Absorber le gaz oxigène qn^i

un certain degré de chaleur, et qui ne peuvent . j)oint opérer lu décomposition de l'eau; leurs oxides se réduisent nécessairement à une température élevée : le mercure, Tosminm, composent cette section. Enfin la sixième section sera formée des métaux qui ne peuvent absorber le gaz oxigène^ <:t décomposer l'ean à aucune température, et dont les oxides se réduisent an*dessou$ de la chaleur rouge.' Ces méranx sont au nombre de six , iaroir : Pargent, le palladium , le rhodium , le platine, Tor et l'iridium.

Dans l'impossibilité ou nous nous trouvons, ci'd* près la nature de cet ouvrage^ de présenter ici sépa« rément une description détaillée de chacun des trente-neuf métaux qui composent cette classe de . corps, nous avons pensé que leur division en sections telle que l'a adoptée M. Thénard pourrait jusqu'à un certain point y suppléer d'une ma-

' nière satisfaisante, puisque l'objet de cesavant a été, ainsi qu'il l'annonce, de les ranger, autant que -possible, suivant l'ordre de leur plus grande affinité pour l'oxigène , non seulement dans les sec-

* tions les unes par rapport anx antrw, mais encore • dans chaque sebtion en fiarticoKer^ Noos devons', cependant, ajouter h cet égard, que M. Théiiard a fait observer^ en note, que sa classification sera

, sans d^ute modifiée par la stiito wiali^enietet ati

rang qu'occupent entre eux les métaux de cha**' que section, car nous ne connaissons pas bien le ^jegré d'attraction die ces corps pour l'oxigène. Ik est probtUe même que Ton ferâ pasoer ^dqaM

méu^ d'ai|€Metttejiau1ruie antre.

On désigne en général pair ie terme d'oxide toitt^ $ub^taiice combinée avec une ^quantité d'oxîgène, qui lie $uf^t pas pQur la faire, passer à l'état d^adde^

L*oxigène forme avec les corps combustibles des combinaisons binaires , ternaires, quaternaires, et rajreinejit pl^s CQi^ipliquées, Nous ne npus opcup^^ rons ici que de ces premières combinaisons ^ que constituent les qxides et la plap9rt des acides minéraux.

' BBS OXIDES |iIJfAIE£S ^ON uiTALhlQV:^^. .

Çes bxides sont au nombre de six : Teau , ou Poride d'hydrogène 9 Toxidede phosphore, l'oxide de carbône, Toiride^e chlore, le protoxide et le deutoxide d'azote.

DS jl'oxxdb d'uxoeogbm.

Nons avons déjà précédemment parlé de cet y oxsde en traitant de l^eaa , le senl 0xide d^h^dre-

gèue jusqu'à présent connu» ' '

]>|l, I.'0XXDB DE PHOSPBOJIB.

,Cet oxîde eat solide 9 blms ». innpidi»} scm ^nisiiit « ressemblé à ci^e4H phoapboi^, t sa pesMianasapé^ cifique n'a point été déterminée.

Il entre moins facilement en fusion que le phos-

pMi>rQ¥ bleuie ra|>id^«pt jdans ie gaz o»gène et

dam l'aiv, fmir peu tfa^m le éhatiffe : i) ne'ae •disnout point dans Feati.

Cet oxide n'existr point dans la nature; on le prépare en mettant le phosphore à la température ardinam aoui forme de cyiiodvé d'un petit diamètre, daM wi iapon ]iresqae plrin* d'eau , en renouvelant Tair de temps en temps; le phosphorè perd peu à peu sa transparence , et se recouvre d'tine eroùre l>lanche qui nVst autre chose que Toudd qse Ton cherche à obteniJ^; il se forme en même temps une certtfhve quatifilé d^aetde phoa^ pboi ique, qui reste en dissolution.

Lorsqu'on s'est servi de phosphore à plusieurs reprises pour faire des analyses d'air, que ce corps parait impor et qtf'on le aistâle dana tine petite eormie de Irerre, l'on olrtient pour i'éaidti une

matière rouge qui ne paraît être que de l'oxide de phosphore. En hrûlaiit rapidement dans Fair^le phosphore donne également lieu à un semblable résidu. Lea proprimfê de cet oxide sont atoaible* ^ ment lea mêmes que eell^ de l^dxide blanc. M. Thénard paraît être d'opinion que les deux oxides ne diffèrent l'un de l'autre qu'en ce que le blanc Contiendrait de l'eau et aérait un hydrate.

Si Ton chauffe aa rouge, dans une cotnue dé fer , o«» mélange à partiea ^lea de limaille de téi et de craie 9 cea anbatacnoea â^tii été destéthéèi

rune et Tautre , autant que possible , il se dégage en grande abondance un gaz, consistant en partie en gaz acide carboniaue , et , pour le surplus , en une espèce d'air innammable pesant ; lorsqu'on aipare TaéMe earbuniqite par 4^saa de chanx , on obtient le gaz inflammable à l'état de pureté. Ce fut le docteur Priestley qui se procura le premier

ce ga»^niaia leael^périences de ÇruikshaïAs sur «

288 UKVVEh

gaz nous firent connaitre sa coiiiposUion et ses pra^ priétés» MM* Clément et Desormes , Guyton-Mor-

veau et BerlhoUet , l'examinèrent aussi bientôt après; ces chimistes lui donnèrent le nom de gaz oxide de carbone, et Cruiskshaaks a fait voir que c'est un composé d'oxigène et de carbone. Le gaz oxide de carbone a les propriétés mécaniques d« l'aîr. Sa pesanteur spécifique est de 0,96783. Il ne rougit point la teinture de tournesol ; il éteint les

* corps en combustion , et fait périr promptement . les animaux qui le respirent.

Le gaz oxiae de carbone n*épfeaye aucune alté* ration au plus haut degré de chaleur ; il n'est •

. point non plus altéré par l'électricité. Le gaz oxide cle carbone brûle avec une flamme d'un Bleu fon-

' cé 9 né donnant que peu de lumière. Lorsqu 'après Pavoit mêlé avec le gaz oxigène, on fait passer rétincelle électrique à travers le mélange , il détone., Cent mesures de ce gaz exigent , pour leur combustion complèjte , cinqusftitc mesures de gaz oxiffène^ et le produit ^t. cent mesures, de gaz ^ acide: carbonique. II s*ensuit que le gaz oxîde de carbone contient exactement la moitié du gaz oxigène qui existe dans un même volume^de gaz acide carbonique.

L^action du, gaz oxide de carbone sur l'air est la même que sur le gaz oxigène , si ce n'est qu^elle est moins vive; il s'ensuit qu'erg plongeant une bougie allumée, pli^ine de gaz oxide de carbone, ce gaz doit s'enflainmer^ et donner lieu à du gaz * acide carbonique* ' ' * '

]>£ JU OXIDS I>£ GliX«OB&.

C'est àfiir Humphry Davy ^u'on doit la découverte 'du ga^ oxide/de cblore*

Lorsqu'après avoir inlrofluit du cblorate de potasse dans ujEie petite cornue verre , on verse *

X>£ CHIMiS. tàid

piar-dessus de l'acide muiiaiique ( hydro-chlori-

3ue ) 9 U y a effervescence et dégagement abomlant *un gaz de couleur jaune verdâtre ; si l'acide dro-chlorique cpi'on emploie est affaibli en Tétenr dant d'eau , si le sel est en grand excès relativement à l'acide , er enfin si Ton chauffe doucement , il se dégage très lentement un gaz, qu'on peut recueillir dans de petites cloches sur le mercure. Lorsque le gaz a été ainsi préparé, il convient de le laisser pendant vingt-quatre heures en contact avec le mercure; car, lors de sa formation , il contient toujours une assez grande quantité de gaz chlore mêlé avec lui, qui en déguise et en altère sensiblement les propriétés. Le mercure peut absôrber et s'unir avec le chlore, tandis qu'il n'a aucune action sur •le nouveau gaz. Le mercure en sépare donc par degré fout le chlore, et lais^ le gaz nouvellement fcimé à l'état de pureté C'est à ce gaz j ainsi préparé par sir Davy , qui le découvrit en i8xi 9 qi^e ce savant donna le nom d'^/t^A/ariW.

La couleur de l'enchlorine est ])eaucoup plus intense et plus jaune que celle du chlore. Ce gaz^ contenu da;DS un petit tube de verre ^ conserve encore une teinte très vive de jaune, lorsque, dans le métife cas , celle du chlore est è peine sensible.

L'oxide de chlore, ou l'enchlorine, rst toujours à l'état de gaz ; son oHeur ressemble beaucoup à celle du sucre brûlé, mêlée cependant avec l'odeur^ du chlore ; ce qui parait être dû à la présence d'une

}>etite portion de chlore, tant il est difficile d'enever, complètement ce gaz à l'enchlorine.

Lorsqu'on chauffe doucement u»' vaisseau rempli d'enchlorine , il se fait une explosion , et le gaz est décomposé ^ dans un mélange de ses élé« mens , le cl^Iore et*te gaz ozigène. H suffit d'une très légère chaleur pour produire cette explosion ; quelquefois même elle fi lieu par la chaleur de la main , mais alors, elle est faible. D'après les expé«

riences de sir Davy , cinq volumes de cet oxide de chlore on deviennént six par la décompositioii de cinquante parties de gaz ainsi décodipôsé ; Von retire quarante partreU de chlora fl vingt parties de gaz oxîgène. L'expérience doit être faite sur le. mercure , pour pouvoir recueillir Jes produits.

L'oxide de chlore rougit d'abord les couleurs bleùes t et les* détruit ensuite» Sa pesanteur spécU ilque, calculée diaprés sa décomposition, est^

'» I>U PaOXOXIUB D AZOTB*

L« protoxide d'azote , découvert par Priestley en 177a , et examiné Successivement par différens

chimistes , surtout par Berlhollet en 1785, par sir Humphry Davy eu 1799, et par MM. Gay-Lussac * et Tkénard 9 peu( s'oqfenir de la manière suivante : Ott expose à la flamme d'une lampe d'Argandf dans une cornue de verre, le sel appdé nitrate d'ammoniaque ; quand la température s'approche de aoo degrés centigrades , uu nuage blanchâtre com- . steuce è s^^tendre dans le col de la cornue, accompagné d'un dégagement abondant de gaz, quë, pour des recherches exactes , on doît TecikrfUîr sur le mercure ; mais qui , pour les expériences ordiuaixAS , peut être reçu sur Teau. Ce gaz a toutes les propriétés physiques de Tair atmosphérique. Sa .szvmt est douce , son odeur faible* et agréable ; «t l'eau , préalaèlement déponiltée â*^\r atmosphéxique,peut en co!iden<er à peu près son propre volume ; propriété qui fournil le moyen d'en* déterminer la pureté. Quand on plonge danè ce gaz une bougie allumée , elle y^ brûle av^ec un grand éclat , et la flamme est entourée d*nne auréole bleuâtre. On peut respirer le gaz protoxide d%azote ; ' mais il n'est pas propre à entretenir la vie. Sir Humphry Dàvy a fai( connaître le premier «pie lorsqp?pû en ifesj^ire v pendit d^nx OU trob minutes'.

JÊ

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^ue^ues litres qu'oïl a reafcrmés dans une yessie ^ on éprouve des effets analogues i ceux que pjroduit la boisson de liqueurs fermentées ; les effets sont

cependant différens, comme on devait ô*y attendre, suivant la diversité des tempéramens.

Ce gaz , désigné d'abord par le Uiqu^ de gaz ni'treux dmhlogUtiqué, et ^ quelque tempi après , par ceun a^oxîde nHreux , < Saxùie d'acte ^ d^oxiaule d'azote , ne doit plus Pétre^our éviter toute confusion , que par Ja dénomination de g^az proto^idc d'azote. Sa pesanteur spécifique est de x^âao4'*

DU DETTTÔXtnE n'ikZOTB.

Lâ découverte du deutoxide d^azote est due à

Haies ; mais ce fut Priestley qui fit connaître le premier 9 eu 17^29 la plupart de ses propriétés; il a été examiné depuis par ^ir Uumphry t>avy et , par M. Gay-Lussac.

On peut l'obtenir en versant dans une comne de verre , contenant des tournures de cuivre , de l'acide nitrique, étendu de six ou huit fois son

j^oids d'eau. £ià ebauffant légèremfnt , ilsç déve^ oppera*nn gaz, qu'on peut * recevoir sur PeaUi^ mats que , pour des expériences exactes , on devra jecueillir sur le mercure.

Le deutoxide d'azote , que plusieurs chimistes appellent encore gaz nUreax, osidenitreux, oa^yh nitrique , oxide d'azote^ est toujours à l'état de gaz ^ Sans* couleur , probablement sans odeur, sans ao» tion sur la teinture de tournesol. Ce gaz éteint les icorps ^n conibustion , et .asphyxie les animaux quMe re9pirent. Sa pesanteur spéoifiqoe est de i,o388.

Ce gaz est décomposé par la chaleur et l'électri* cité , de même que le proloxide.

Lor,^u'on ouvre dans l'air atmosphérique un flacon^ contenant du gaz^deutoxide d'azote , il se ^ formf» à rinstairt des vapSlirs rouges , dues à rah^

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sorption de lloxigène et à la formation d'acide ai« treux. Qu^4 on force un animal à respirer ce gae^ ' il périt instantanément, à cause de. la lormation de cet acide et de la condensati<m de Toxigène dans ses poumons.

iSe deutoxide d'azote est décomposé par plu* i^ieiirs méiaux , lorsqu'on les chauffe daiia le.ga^ Le charbon , chauffé au rouge dans le gaz par le moyen d*un ^erre an(|ent produit un demi-Tolume d'azote et un demi -volume d'acide carbonique.- Toutes ces expériences analytiques se réunissent jpour faire voir quç le deutoxide d'azote consiste en qxigène et azote à T<dumes égaux. «

DE JLâ GOMBUSTIOir.

Jl n'y a peut-être pas , dit le docteur Tliomson , de phénomène plus étonnant en lui-même , plus intéressant sous le rapport de son utilité, et qui dit attiré plus particuhèrement l'attention des chimistes , que la combustion. Lorsqu'on. cîiauffe une pierre ou une brique , ces corps n'éprouvent d'autre changement quHme , élévation dans leur température; lorsf^ù'ils sont abandonnés à eux-mêmes, ils se refroidissent aussitôt , et reYiennent à leur premier étal ; maïs il n'en est pa* ainsi des corps combustibles. Lorsqu'ils ont été chauffés à un certain point , à l'air , ils deviennent très promptement beaucoup plus chauds qu'ils n'étaient ; ils continuent à l'être ainsi pendant un temps considérable , en envoyant aux corps environnans un courant abondant de calorique et de lumière. Cette .émission , après une certaine {période , commence à diminuer, et à la fin elle cesse totalement. Le combustible a éprouvé alora le Rangement le pins complet : il est converti en une substance qui a des propriétés trè^ différentes, et qui n'est plus susceptible de combustion. Ainsi , lorsqu'on tiefet pendant quelque , temps du charbon de bois à la

JP

DB cnmn. 293

tmipératnre de 4170 centigracie», il s*«Utime , de* y^nt d'une chaleor Intense ^ et donne pendant

long^'tenips dn calorique et deja inmière. Lorsque cette émission cesse, le charbon a totalement disparu , à l'exception d'un résidu peu cousidérabie de cendres. Il a été presque entièrement converti en gaz acide carbonique, qui sVst dégagé , si l'expérience ne se fait pas dans des vaisseaux propres à le recevoir. Si on a recueilli ce gaz, on trouve ^e son poids excède de beaucoup celui de la tol$* ' ^lilé dn cbarbon consumé.

On essaya dès lors de donner l'explication dotta combnstion , etitfnt établi diverses théories sur les phénomènes qu'elle présente. Le docteur Hooke ^en proposa une en i665 , qui fut adoptée dix ans ^rprès par Mayow. Il en parut bientôt une autre, .d^un genre très différent. Proposée d'abord par Beecber , elle fut depuis présentée par son disciple Sthal , avec tant d'habileté, et appuyée de i ■preuves si convaincantes, qu'elle fut aussitôt près- | que généraRhnent adoptée. Cependant cette théo- | rie de S thaï avait été successivement modifiée par Macquér, par Priestley, par Crawford , lorsque Kirwan entreprit de lever rincertitude que cette j théorie laissait encore sur la nature du phlogis* I tique 9 -et de prmver que le phlogisti<|tte était la même chose que l'hydrogène. Cette opinion , que Kirwan annonça lui avoir été suggérée par les dé- ^ couvertes du docteur Priestley, fut accueillie avec une grande faveur, et entièrement adoptée » ou . atomise avec certaines ^modifications, par .Bergman, Gnyton-Môryean et un assez grand nombre d'autres chimistes.

Mais, pendant qu'on modifiait ainsi, de diverses manières, la théorie de Sthal sur la combustion, l'illustre Lavoisier s'occupaik avec assiduité d'en étudier les phénoinènes. il fv^Me s*étre particnlièrement attaché à ce sujet , et avoir bien reconna '^W^

294 ItAHCKL,

toutefi las^mp^fections de la théo^ ^ai prévalatt alcM) en 1770; mais il déduiaiu aes pFemtères no»

tious préci<;es sur la^ nature de la combustion , d'un Mémoire de Bayen,sur les oxides de mercure, dont il entendit la le€|ure à TAcadémie, en 1774* Il travailla 3ar ces pr^mièi^es notions , ou plutôt sur des conj^etwes, avecansèleiiifatigable, aidé des nombreuses découvertes qui se faisaient alors de tous côtés sur ce sujet , et par une longue suite d'exBériences et de JcedierchÂs les plus exactes et les plus intéressantes qui eussent jamais été faites ep chimie, il pirvint à établir pteinement l'eads^ tence de cède loi générale : «< Dans tout cas de combustion , l'oxigène se combine avec le corps qui brûle, m Cette insigne découverte 9 iruit du génie dei k sagacUé et de krpéaétratûm 9 e réfMmdci uflU nou^airjoiir sur chaque branche de la chimie. Elle a rassemblé et expliqué un grand nombre de f^its auparavant isolés 9 ou dont on n'avait pu rendre raison f et a refonda le tout dans la fosmed'une sçienee. « « , 4k

Quoique Lavoisier se fut conTaincu par lai* même de l'existence de cette loi générale , et qu*en la publiant il en eut fourni la preuve au monde ^ il ne pfUt cependant parvenir ^ pendant quelqae temps 5 à la faire reconnaki^ par aucan savant., malgré tout le poids de ses gratids talens, de son infatigable application , et l'influence. que devaient naturellement lui donner sa réputation^ s%£ortune et sa position. Enfin BerthoUetf dans one^assent- Uée ne TAcadéinie des Scionces 9 en lySS , renonça formellement à ses anciennes opinions, et se déclara converti. Fourcroy, professeur de chimie à Paris ^ suivit son e&tpftple; et dans nn voyage que Moi*vean fit danaceite ca^^tale ^ en. 1787 , il se dét«cimiia égaiémèn^à abmdonner ses premières opinions pour celEâPde Lavoisier. L'exemple de ces liommes célèbres fut promptement suivi par

tous les jeunes chimistes de France.

L'wplication que donna Lavoîsirr Ûes phénombnes de ki combastim, était fondée Mt ces deux . hAê trMvées par lai^^iar ledoctear Black. Lors« qu'un corps combustible est élevé à une certaine température, il commence à se combiner avec l'axigène de l'atmosphère; et cet oxîgène, pendant que la coi^JbÎBaison a lieu ^ abandcHina le car loriqiie et la Inmière avec lesquels il était uni dans son état gazeux. C'est cette séparation du calorique et de la lumière d'avec l'oxigène qui produit leur manifestation dans tona les cas de combustion^ eomrae'^'est aussi dé cette ccmbinaison di| corps combustible aT«c l'oxi^ètie qmb réMie te œange- , ment qu'il éprouve alors.

* Ainsi Lavoisier rendait raison de la cause et des effets àjf la combustion sans avoir recours au pl^Io* Ipbtique » dont on if avait supposé Texistenee ^pie fk>ar parvenir à l'expliquer : car aucun chimiste n'avait pu en fournir la preuve, ni.présenter séparément ce principe* £t il prouvait qu'il n'y avak aucune raison pour supposet* qu'on tel principe pût oister.

Mais Bfarwan avait avancé que le phlogistique était la même chose que l'hydrogène ; et , comme on ne pouvait dou ter que ce dernier principe n'existât réellement^ il feHa^t encote , pour renverser son . hypothèse , prouva 'qu'il jl'est pas une des parties composantes de tout corps combustible, et qu'il n'en est pas séparé dans tous les cas de combustion; c'est à quoi Lavoisier ^ et ceux ^ui parta^ geaient déjà son opinion 9 crurent devonr .particu* lièrement s'attacbCT. L'Essai de Kirwan fut en oon* séquence traduit en français , et chacune des sections dans lesquelles cet ouvrage était divisé fut examinée et critiquée séparément , savoir : quatre par. Lavoisier , trois par 0ertKollet , trois par Foweroy , deux par Moineau et une par Monge ; et , pour rendre justice aux chimistes français, il faut convenir que jamais réfutation ne fut plus com-

plète. KiMan luUméme , «avec cette candeur qui distingue les esprits 6upérrears , B'faésifft pas à reconnaître que son opinion n'était plus soutenable , et à déclarer qu'il se rangeait à celle de Lavoisier.

Ainsi Lavoisier détruisit entièrement Texisteuce du phlogistique^ et établit une théorie de la eom* bustion*, qui se ^rapprochait de très pris de cellé qni'aTaît été proposée long-temps auparavant par le dortenr Hooke. La théorie du docteur Hooke n'est ejtpriaiée qu'eu ternies généraux; celle de Lavoisier est plus particulièrement exposée, et si^ee beaucoup plus de prédimou. La thCorie du docteur était tfhfe hypothèse de conjecture heureuse • que l'enfance de la science ne lui permit pas de vérifier tandis que Lavoisier fut amené à* ^sés' conclusions par des expériences exactep , d'où a tira , en maître , une suite d'ingéaieases dé- -ductions. , • * •

Suivant cette théorie de Lavoisier, généralement admise actuellement , et considérée paroles chimistes coinlne la véritable explication des phé» nomènes de la combustion , elle consiste en deux choses : d*abord dans une décomposition et ensuite dans une combinaison. L'oxigène de l'atmosphère, dans son état de gaz , est combiné avec le calorique «et la- lumière. Pendant la combustion, ce gaz est décomposé; le calorique et la lui&ière s'en dégagent, tandis que sa base' je càmbine avecle combustible, et forme le produit. Ce produit est incombustible, parce que sa base étant déjà saturée d'oxigène, «lie ne peut plus en prendre davantage. Tel est, en raccourci ^ le détail historique des perfectxonnemens successivement introduits dans cet^e partie intéressante de la chimie. Qu'il nous Soit actuellement permis de nous étendre plus parûculièremeut ^ur ce sujet* .

On entend par.cprmbustipn^ le changoment total qui s'opère dans* la nature des corps corabusti- -bles , avec émission abondante de caloriqiie et de

' pE- cwnm. * 297

lumière. Dans toute théorie de la combostion , oa doit exposer la manifestatiMi de ^ deux j^no» mènes ^ et en rendre raison.

, Lavolsier expliqua de la manière la pJus sasis- ' faisante le premier de ces phénomènes. Il démontra que , dans tous les* cas de combustion 9 l'oxiglUe se combine avec le corps brûlant ^ et que la

, substance qni' reste , après qu'elle a cessé d'avoir lieu , est le composé formé par cette-corabinalson du corps combustible avec Toxigène ; mais il ne réussit pas aussi bien à expliquer le second phénomène , ie dégagement du calorique et de la mmière pen^nt la coiiaibastîon. Il ne parat pas même j avoir fait beaucoup d'attention , parce qu'il regardait la combinaison de Toxigène avec le corps brûlant comme la partie importante et essentielle de Pacte de la combustion. Aussi a«t->on considéré ^ depuis , les expressions A*oâeigéiUttiùn et de c&méus* tion comme synonymes : cependant il s'en faut de

' beaucoup qu'elles le soient ; car l'oxigène s'unit souvent aux corps , comme à l'azote ^ au chlore et au mercurè, sans qu'il y ait dégagement de calo-*

* rî^ne on de lumière ; et ce dégagement est consi- . déré fomme étant essentiel à la combustion dans le langage ordinaire. L'union de l'oxigène sans dégagement diffère beaucoup, et dans les phénomènes et dans le produit ^ de l'union de ce principe 9 accompagnée de dégagement ; il convient donc de les distinguer. J'emploie dans cet ouvrage le terme combustion dans son acception ordinaire.

Lavoisier eut recours à la théorie du docteur Grawford , pour rendre raison de l'émission de * calorique de lumière qni constitue en partie 1^

• phénomènes de la combustion. . ,

Le calorique et Ja lumière unis à l'oxigène à . l'état de gaz, s'en séparent lorsqu'il perd cet état ^fom se combiner avec le corpa combustible; mais si cette explication esb»en général assez satisfiaiisante pour les cas ordinaires , il en est d'autres

auxquels elle ne peut convenir. Le calorique et la lumière sont si^posé%se combiner avec l'oxigèae de ratmosphère , parce qu'il- est à Tétat gazeux^ et s'en séparer , parce qiril perd cet état de gaz. Mais les combinaisons de l'oxigène , lorsqu'il est' solide ou liquide, produisent des combustions aussi violentes que lorsqu'il est à l'état^azenx. Si,. par exemple , on verse de l'acide nitrique sur de Thuile de Hn ou de térébenthine , il y a combustion très ^ rapide , et dégagement très considérable de calorique e( de lumière. Ici ^ l'oxigène fait partie de Tacide nitrique liquide , et il était déjà combiné avec J'azote ; c'est-^^dire que l'azote , suivant les chimistes français, avait éprouvé la combustion: or, dans ce cas, non seulement l'oxigène était à l'état liquide , mais encore il a éprouvé le changement produit par la cofnbustion; il en résulterait donc que Toxigèn e peut donner du calorique et de la lumière, non seulement lorsqu'il est liquide, mais même après la combustion; ce qui est directement contraire à la théorie.

Tous les corps de la nature jpeuvent être divisés, relativementà ce qui concerne la combustion , en trois classes ; savoir , les corps qui l'entre tiennent , ou qui en sont lès scmtiens, ^les combustibles \t les incombustibles, , ^

1^9iT'souiiens de la combustion , le docteur. Thpm* son entend désigner les substances qui strictement parlant , ne Sont pas susceptibles de l'éprouver, mais dont la présence est indispensabltement nécessaire^ pour qu'elle ait lieu.

Les corps côranustibles et incombustibles n'ont ' pas besoin d'être définis^ ^

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