‹ Manuel de chimie, ou précis élémentaire de cette science dans l'état actuel de nos connaissances (volume 3)Chapitre 26 sur 59 · DE L'ÉLECTRICITÉ · texte numérisé non relu

DE L'ÉLECTRICITÉ

Les phénomènes que manifeste un morceau d’ambre jaune ou succin, après avoir été frotté, constituent le premier fait physique consigné dans l’histoire de la science. Thalès de Milet , fondateur de l’école ionienne , attribua le mystérieux pouvoir de cette substance, pour attirer et repousser des corps légers, à un étre on esprit inhérent qui, tiré par le frottement, de son état d’engourdissement,

Oussait en avant et ramenait vers lui les particules 4 dans son voisinage. L'honorable Robert Boyle chercha aussi à rendre raison de ce phénomène, à l’aide de la même hypothèse. C’est du mot electron, nom grec de l’ambre ou succin 4 qu'est dérivé celui d'électricité, science qui a pour objet la recherche des attractions et répulsions , de Pémission de lumière et des explosions, qui sont produites , non seulement par frottement de surfaces vitreuses, résineuses et métalliques, mais eucore par échauffement, refroidissement , évaporation et contact mutuel d’un grand nombre de corps.

1. Exposé général des phénomènes électriques. Si, après avoir frotté avec la main ou un mouchoir de Soie , bien sec, un tube de verre , on l’approche de Quelques parcelles de papier, de duvet , de plumes > Où mieux encore, de filamens de feuilles d’or, ces COps seront attirés d’abord , et ensuite repoussés. Si le tube est tenu parallèlement à une table sur laquelle ces petits corps ont été placés, il s’y for- Mera par eux une danse électrique. Si on suspend aü-delà de l'extrémité du tube frotté, au moyen d’un fii de lin , de chanvre, ou d’un fil métallique ;

une balle de cuivre, cette balle participera du pouvoir mystérieux d’action du tube; mais, si la balle est suspendue par un cordon de soie, un cheveu, ou par une baguette de verre, de cire ou de résine, la vertu attractive et répulsive ne Jui sera pas transmise.

Si, l'atmosphère étant sèche, l’on prend dans. une main une baguette de verre et dans l’autre um bâton de cire à cacheter, et qu'après les avoir frottés avec de la soie ou une étoffe de laine, on approche la baguette ou le bâton d’un morceau de feuille d’or flottant dans l'air, il sera attiré, et ensuite repoussé. Si, pendant qu’on voit la pellicule d’or fuir le contact de la baguette qu’elle a touchée, on présente l’autre baguette ou le bâton de cire dans son voisinage, 1l s’ensuivra aussitôt ‘une attraction de la pellicule vers cette baguette; et cet effet alternatif d’attraction et de répulsion se : manifestera d’une manière frappante, en plaçant : la baguette de verre et le bâton de cire frottés à 1 une petite distance l’une de l’autre, ayant la pelt-cule d’or entre eux.

Si, après avoir suspendu, au moyen de fils de: soie, deux cylindres de moelle de jonc ou de: sureau, serrés l’un contre l’autre, on touche leurss

extrémités inférieures avec la baguette de verrék

ou le bâton de cire, frottés, ces extrémités des: cylindres s’écarteront à l’instant l’une de lautret sous un angle considérable. Si alors on approche: seulement des extrémités des cylindres divergens: la baguette avec laquelle ils avaient été touchés ;. leur divergence augmentera ; mais, si l’on en ap proche l’autre baguette, alors les cylindres tombes: ront aussitôt l’un sur l’autre , se joignant sur toutés leur étendue. Lorsque les baguettes sont frottéee dans l’obseurité, on aperçoit une flamme légère sc

romener sur elles, et il passera avec bruit dd péullement une étincelle à travers une jointure out

articulation placée près de ces baguettes. Si la per

sonne qui fait ces expériences est placée sur un gâteau de cire, ou sur un tabouret soutenu sur des pieds de verre, alors, en frottant le tube de verre, elle acquerra les facultés ci-dessus d’attraction et de répulsion; mais les corps légers, repoussés par le tube, seront attirés par son corps, es vice versà. On voit ainsi que le corps frottant acquiert des propriétés électriques dissemblables de celles acquises par les substances frottées.

Telle est une esquisse d’énonciation des phénomènes élémentaires d'électricité, La science, dans son accroissement moderne, semble comprendre Se tous les changemens du monde corpuscuaire , tel minutieux et caché qu’il soit , et aussi Les météores depuis long-temps reconnus et si magni- #iques de l'atmosphère. Nous allons actuellement traiter des phénomènes de l'électricité sous un point de vue méthodique, autant que les bornes de cet ouvrage pourront nous le permettre, en considérant ces phénomènes sous quatre titres :

Lex. De r’Exctrarion d'électricité, ou des moyens divers par lesquels “équilibre électrique est troublé.

Ile. Des deux krécrrrcrrés.

Ille. De la DisrriBuTIoN du fluide électrique.

IVe. De la batterie voltaique et de ses xrFurs, calorifiques ou incandescens et décomposans, ou les actions chimiques d'électricité.

Quant à la nature de l’essence électrique, nous sommes à cet égard dans l’obscurité , de même que relativement à la nature du calorique. Les phénomènes peuvent être rapportés, et pour l’électricité, et pour le calorique, à un fluide particulier dont les molécules sont douées de pouvoirs innés idio-répulsifs, ou à une affection particulière des molécules de la matière commune.

| Lex, De l'excitation électrique. — 1. Le frottement Mutuel de tous solides, soit semblables, soit dis-

semblables, et celui d’un grand nombre de liquides contre des solides, exciteront invariablement les phénomènes électriques , pourvu que l’undes corps soit de nature à présenter un obstacle à la prompte diffusion de la vertu électrique. Il nous faut done commencer par établir une liste des conducteurs et non-conducteurs de l'électricité.

1°. Les substances qui suivent conduisent l'électricité, ou en favorisent la distribution rapide. Celles placées à la tête de la listé, possèdent un pouvoir conducteur plus grand que celui de Veau, dans la proportion de trois millions à un,

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