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dans les mines de Schmnitz en Hongrie. La machine hydraulique pour l’épuisement de ces mines cousiste essentiellement dans deux forts cylindres de cuivre vidés d’air, distans verticalement d’environ 29 mètres l’un de l’autre, et réunis par un tuyau ou conduit. Le cylindre le plus élevé, qui est à l'ouverture de la mine, peut être chargé d’eau par la pression d’un réservoir élevé de 46 mètres au-dessus de lui. L’air, soudainement délogé par cette énorme pression hydrostatique, est condensé à travers le conduit, sur la surface de Peau, dans le cylindre inférieur; ce qui la force à s'élever, dans le conduit, à sa surface; et alors elle prend sa place. Lorsque les robinets sont tournés pour recharger d’eau le cylindre inférieur, Pair, emprisonné, se dilatant jusqu’à son volume naturel, absorbe assez puissamment la chaleur pour convertir les gouttes d’eau qui sortent avec lui en grêle et en neige. M. Gay-Lussac a dernièrement proposé une imitation en très petit de cette machine pour produire un refroidissement artificiel. Il expose le petit corps à refroidir à un filet d’air s’échappant par un petit orifice d’une caisse dans laquelle cet air à été fortement condensé. Je fis, dans l'automne de 1816, chez M. Breguet, à Paris, une expérience analogue. Cet artiste célèbre m’ayant offert un de ses élégans thermomètres métalliques, je lui proposai aussitôt de nous en servir pour déterminer la chaleur soustraite d’abord, et ensuite dégagée dans l’épuisement d’air, et sa réadmission dans le récipient d’une machine pneumatique. Ayant renfermé dans mn récipient ce thermomètre, et un autre par Crighton , que je me trouvai avoir avec mot, nous reconnûümes, par un épuisement rapide du réci- Pient, que le thermomètre de M. Breguet indi- . Quait un refroidissement de 27°,77 Centigrades , tandis que celui de Crighton ne s’était abaissé que
de 30,88. Lorsque les deux thermomètres furent revenus à la même température, on fit promptement Ja rentrée de l’air dans le récipient. Le thermomètre de M. Breguet s’éleva alors de 27°,77 centigrades, tandis que celui de Crighton ne monta que de 3°,88, comme ci-dessus.
M. Darwin a donné une explication ingénieuse de la production de la neige sur les sommets des plus hautes montagnes, par la précipitation de la vapeur provenant de l'air raréfié qui s’élève des plaines et des vallons. «Les Andes, dit sir H. Davy, placées presque sous la ligne, s'élèvent au milieu de sables brülans. Vers la moitié environ de la hauteur est un climat agréable et doux. Les sommets sont couverts de neiges qui n’éprouvent aucun changement , et ces rangs de température sont toujours distincts; les vents chauds du dessous, s'ils s'élèvent, se refroidissent en conséquence de la dilatation et de l’air froid ; si par une force quelconque de la bouffée , il est chassé en bas, il est condensé et rendu plus haut à mesure qu’il descend, »
L’évaporation et la raréfaction, les grands moyens que la nature emploie pour tempérer les chaleurs, excessives de la zone torride, agissent très puis samment sur les montagnes et les mers; mais les sables de niveau sont dévorés par la chaleur qui m'est point mitigée. Dans les climats plus doux, les a du soleil des solstices sont tempérées par les vapeurs qui s'élèvent en abondance de chaque rivière et de chaque champ, tandis que le froid d’hiver est modéré par la condensation des vapeurs de l'atmosphère, sous la forme de neige,
Dans les animaux, l’équilibre de température est maintenu par la vapeur qui se dégage en abondance des poumons et de la peau. La suppression de cette émanation est la cause ordinaire d’un grand nombre de maladies dangereuses ; et parmi
elles, les fièvres tiennent le premier rang. La chaleur du corps, dans le cas de transpiration supprimée, excède quelquefois de 3 ou 4 degrés centigrades le terme moyen ordinaire de la chaleur dans l’état de santé. Les moyens directs et naturels d’atténuer les effets de cette température morbix 8 4 I C2 » e faue, furent our la première fois, systématique, ; : 5 SY \ quement recommandés par le docteur Currie, dé Liverpool. Il fit voir que par aspersion ou affusion 57 E a 3 LA d’eau froide sur ia peau d’un malade tourmenté de la fièvre, on produit les plus salutaires effets, lorsque la. température se maintient au-dessus de 360,66 centigrades, qu’il n’y a point de sensation , ss LU de frisson ; ni moiteur à la surface du corps. Un ; P
moyen élégant de réfrigération topique , consiste
à appliquer sur une partie quelconque de la peau un morceau de mousseline ou de papier tissu, et
de l’humecter avec de l’éther, du carbure de soufre
ou de lalcool. En versant successivement des
gouttes d'éther sur la surface d’un tube de verre iHince contenant de l’eau, on peut former, dans le cœur de l’été, un cylindre de glace. Le moyen le plus convenable que le chimiste puisse mettre en usage pour dépouiller un gaz de vapeur, consiste à le faire passer lentement à travers un grand tube courbé en différens sens, et enveloppé dans du papier poreux humecté avec de l’éther..
D'un autre côté, si le chimiste désire exposer ses vaisseaux à une chaleur réglée, it fait condenser de la vapeur chaude sur leur surface froide. La chaleur, ainsi dégagée de la vapeur, passe dans le Vaisseau , et l’éiève promptement avec la plus Srande précision à la température qu il veut obtenir. Tout laboratoire doit donc être pourvu d’un bain de vapeur. Celui que je fis établir il y a peu années pourlelaboratoirede l'institution où je professe Ja chimie, dit le Dr Ure, est tellement simple et d’un emploi si efficace, qu'il me semble convenable.
d’en présenter ici la description. Ce bain de vapeur consiste dans une boîte carrée d’étain d'environ 46 centimètres de long, 30 de large et 15 de haut, creusée un peu à son fond par le marteau, vers son centre, dans lequel on perce un trou rond de
12 ou 15 centimètres de diamètre. Dans ce trou est.
soudé un tube d’étain de 8 à 10 centimètrés de long : ce tube entre, en s’y adaptant très exactement , dans l’orifice d’une bouilloire ou cafetière à thé ordinaire , dont le manche est brisé et pliant. A la partie supérieure de la boîte sont pratiqués en certain nombre des trous circulaires de différens diamètres, dans lesquels on peut placer des capsules évaporatoires de platine, de verre ou de porcelaine. Lorsque la bouilloire, remplie d’eau, est mise, son bec étant fermé, sur une étuve, la vapeur, en se jouant sur les fonds des capsules, les échauffe à la température requise; et cette vapeur elle-même étant continuellement condensée, descend et retourne dans la bouilloire pour s’en élever de nouveau, en cohobation non interrompue. Les ouvertures sur le dessus de la boîte, dont on ne fait pas usage, sont fermées avec des couvercles d’étain. Pour sécher des précipités, je ferme le haut du tube de l’entonnoir de verre, et le place droit avec son filtre dans une ouverture de dimension convenable. Pour sécher le choux rouge, les
péiales de violette, etc., on se munit d’une auge.
d’étain qui s'adapte solidement à la surface supérieure de la boîte ên dedans du bord qui l'entoure. Les orifices circulaires sont laissés ouverts pendant que lauge est appliquée sur la boite. On peut se servir avec avantage d’un appareil ainsi disposé pour l’épaississement des masses pâteuses, à former en losanges et coquilles.
Mais le plus éclatant trophée élevé à la science
du calorique, est la machine à vapeur de Watt.
Par une erreur de son ami le docteur Robison, ce
DE CHIMIE. 153 physicien célèbre a été jusqu'ici privé en partie de .$es droits à l’admiration et à la reconnaissance des hommes. Quoique les recherches fondamentales sur la constitution de la vapeur d’eau, qui formaient la base solide de sa gigantesque construction, se trouvent coïncider parfaitement avec les résultats du docteur Black, elles n’en dérivent pas. Dans quelques conversations que j’eus l’honneur d’avoir avec ce bienfaiteur de son pays, peu de temps avant sa mort, il décrivait avec une naïveté charmante les expériences simples, mais décisives, à l’aide desquelles il parvint à découvrir la chaleur Jatente de la vapeur d’eau Ses moyens et son loisir ne [ui permettant pas de se procurer des appareils dispendieux et compliqués , il se servit de fioles à “médecine. Avec ces fioles, il reconnut et constata les deux faits principaux : 1°, qu’un pouce cube d’eau devait former environ un pied cube, ou 1728 pouces cubes de vapeur d’eau ordinaire ; 20. que la condensation de cette quantité de vapeur chaufferait six pouces cubes d’eau, de la température de l’atmosphère à celle de l’ébullition. Il vit donc ainsi que six fois cette différence de température, ou (en Supposant la température atmosphérique à 12 degrés centigrades ) 528 degrés centigrades de chaleur avaient été pleinement employés pour donner à la vapeur d’eau son état d’élasticité ; ce qu'il fallait soustraire entièrement avant qu’il püt être produit un vide complet sous le piston de la machine à vapeur, Ces déterminations-pratiques se Hiouvèrent depuis s’accorder assez avec les ob- Servations du docteur Black. Quoique M. Wait fût alors connu du docteur, il n’était pas avec lui dans ces termes de l’intimité qui les ont unis depuis, et il n’était pas membre de sa classe.
1 Les trois principaux perfectionnemens de Watt, quisemblent avoir épuisé les ressources de la science et de l’art , sont les suivans : 1°. un vase séparé,
qu’il appelle condenseur, plongé dans un corps d'eau froide, et communiquant simplement avec le grand cylindre, dans lequel se meut le piston d’impulsion, par un tuyau mince placé à côté de Jui. En ouvrant une soupape, ou robinet de communieation, la vapeur d’eau élastique qui avait souievé le lourd piston, s’élance avec tüne vitesse magique dans le tuyau, laissant un vide presque parfait dans le cylindre, dans lequel le piston est forcé de descendre par la pression de l'atmosphère. Ce qui avait paru impossible aux précédens constructeurs de machines à vapeur, s’accomplissait ‘ainsi. Le vide était formé sans refroidir le cylindre lui-même. I restait ainsi à la chaleur bouillante pour recevoir le moment d’après ia vapeur élastique et la maintenir à cet état. 2°. Son second grand perfectionmement consistait à supprimer tout-à-fait l’usage de la pression atmosphérique , et à faire mouvoir le piston par la force de la vapeur seule, en la faisaut agir alternativement en dessus et en dessous de ce piston, qui par conséquent n’avaii pas besoin d'être très lourd pour redescendre; et ce qui désormais ne devait pas nécessiter une aussi grande dépense de chaleur, 3°. Le dernier perfectionnement enfin était l'impulsion double, au moyen de laquelle la puissance de sa machine, déjà si grande, était dans un instant plus que doublée. Il n'avait
as besoin alors du contrepoids jusque là nécessaire dans la machine à impulsion simple, et Watt. Vallégeait ainsi du poids de plusieurs centaines de kilogrammes dont , depuis l’époque de son inven- : tion, environ soixante - dix ans auparavant, on! l'avait chargée.
L'application de la vapeur d’eau à l’échauffement: des appartemens est un autre fruit précieux de l’é-. tude de la nature et de la manière d’agir de cette: vapeur. Ainsi, par une combinaison de moyens de sûreté , de propreté et d'agrément, on parvient ài
produire une chaleur dont on peut adapter lemploi à tout chjet de convenance et de commodité particulières, ou en faire un usage utile dans les manufactures et établissemens publies. Il à été reconnu qu’une chaudière en ébullition échauffera, par pied cube (environ 28 décimètres cubes), un espace de deux mille pieds (environ 610 mètres) dans une filature de coton dont la chaleur moyenne est de 20 à 25 degrés centigrades. Et si l’on évalue à 2 pieds cubes (environ 700 décimètres cubes) de chaudière en ébullition la force d’un cheval dans une machiné à vapeur, dont le travail se fait par manége, alors une semblable chaudière suffifait pour échauffer cinquante: mille pieds cubes (environ 14,150 mètres cubes) d’espace. Il a été aussi reconnu qu’un pied carré (929 centimètres carrés) de surface de conduit de vapeur d’eau suffit pour l’échauffement d’un espace de deux cents pieds éubes (environ 6 mètres cubes). Cette quantité de Surface s’adapte à un bâtiment ordinaire bien con- Struit en briques ou pierres. La soupape de sûreté de la chaudière devrait être chargée d’un poids d'environ un kilogramme par chaque aire ou surface d’environ six centimètres carrés, ainsi que cela est réglé pour les machines à vapeur de M. Watt. Des conduits ou tuyaux de fonte de fer sont préférables à tous autres pour la diffusion de chaleur. Il faut tenir compte de ia dilatation, qui, dans ia fonte de fer, peut être évaluée à environ deux millimètres et démi pour chaque longueur d'environ trois mètres. Les conduits devraient étre distribués à quelques centimètres en dedans du Plancher.
… On fait actuellement un très grand usage de la -Yapeur d’eau pour sécher la mousseline el les Ca- Kéots. On en remplit de gros cylindres, qui, en Tépandant dans la pièce où ces étoffes sont sns-
pendues, une chaleur de 40 où 50 degrés centigrades , les sèchent rapidement. Parfois on fait glisser l’étoffe en serpentant , et en y pressant fortement, autour d’une suite de cylindres à vapeur, rangés parallèlement. Elle est ainsi entièrement séchée, et sans danger, dans une minute de temps. L'expérience a appris que dans des laines teintes en couleur vive, comme l’écarlate, séchées à une chaleur ordinaire de magasin d’environ 53 degrés,centigrades, la couleur est de-. venue foncée, et qu’elles sont rudes au toucher, tandis que des écheveaux semblables, laissés sur le conduit à vapeur, chauffés jusqu’à environ 74 degrés centigrades, conservent la nuance et l'éclat qu'ils avaient étant mouillés. Ceux qui travaillent dans les appartemens où l’on sèche à la vapeur d’eau sont sains et bien portans; les ouvriers qui étaient autrefois employés dans les magasins chauffés à Pétuve devenaient promptement maladifs et émaciés. I faut attribuer ces effets nuisibles à l’action sur l’atmosphère de la fonte de fer, à une température élevée.
L'échauffement au moyen de la vapeur d’eau, de grandes quantités d’eau, ou autres liquides , soit pour bains ou pour manufactures, peut avoir lieu de deux manières; c’est-à-dire, que le conduit à vapeur peut être plongé ayant une extrémité ouverte dans un réservoir d’eau; ou, que la vapeur d’eau peut être répandue autour du liquide, . en le faisant passer dans l'intervalle laissé vide entre le vaisseau qui contient le liquide et une enveloppe de bois dont on le garnit. Ce second. moyen est d'une application universelle. Un gallon: (environ 4 litres) d’eau à l’état de vapeur pouvant chautfer 6 gallans (24 litres ) à 10° centigrades: jusqu’au terme de l’ébullition ou de 90° centi-. grades ; 1 gallon (4 litres ) de vapeur d’eau suffira:
pour élever la température de 18 gallons (72 litres) d’eau à 10° centigrades jusqu’à 4o degrés, ou de 30° centigrades.