‹ Manuel de chimie, ou précis élémentaire de cette science dans l'état actuel de nos connaissances (volume 3)Chapitre 40 sur 59 · DES COMBUSTIBLES SIMPLES · texte numérisé non relu

DES COMBUSTIBLES SIMPLES

Les corps combustibles simples non métalliques sont au nombre de huit, savoir : l’hydrogène, Le bore , le carbone, lé phosphore, le soufre, liode,. le chlore et l’azote. Parmi ces corps il en est trois ; l'hydrogène , le chlére et l’azote , qui sont toujours à l’état de gaz à toutes les températures connues;

… les cinq autres sont constamment solides à la température ordinaire de l’atmosphère; de ces cinq” corps , le phosphore, le soufre et le carbone sont fusibles et volatils, tandis que le bore et le carbone sont infusibles et fixes : aucun de ces corps n’a d’action sur le gaz oxigène à la température ordinaire de l’atmosphère. Le chlore, l’iode et l’azote n’éprouvent même aucune action du gaz oxigène à une température élevée; mais l’hydrogène, le bore, le carbone, le phosphore, sont susceptibles d’absorber l'oxigène , et de brüler, en l’absorbant, avec chaleur et lumière.

s DE L'HYDROGÈNE.

L’hydrogène, ce premier des combustibles simples, n’a encore été trouvé jusqu'ici qu’en combinaison avec d’autres corps, et particulière-

- ment avec l’oxigène, le carbone et l’azote. Combiné avec l’oxigène, il forme l’eau; dans sa combinaison avec l’oxigène et le carbone , il constitue la plupart des matières végétales ; combiné avec l’oxigène, le carbone et l’azote , il forme la plupart des matières animales.

L’hydrogène avait déjà accidentellement attiré l'attention et la curiosité de plusieurs savans ; mais c’est bien réellement à Cavendish, qui l’examina le premier, qui s’assura du plus grand nombre de ses propriétés, qu’on doit attribuer la découverte de ce gaz. Il fut appelé d’abord air inflammable ; mais à l’époque de la création de la nouvelle nomenclature, il recut le nom qu’il porte aujourd’hui, et qui est dérivé de deux mots grecs, qui signifient générateur de l’eau ; il en forme en effet une partie constituante essentielle. On peut obtenir le gaz hydrogène en opérant ainsi qu’il suit: après avoir mis dans une fiole à laquelle est adapté un tube recourbé et muni d’un bouchon de lhiége , ou

dans une cornue, du zinc en grenaille, on verse dessus de l’acide sulfurique étendu de cinq fois son volume d’eau; il se manifestera une vive effervescence, produite par la décomposition de l’eau et le dégagement d'hydrogène, qui pent être recueilli dans l'appareil pneumatique. Lorsque ce gaz doit servir à des recherches qui exigent une très ‘grande exactitude , il doit être recu dans des cloches sur le mercure, et soumis à l’action du muriate de chaux sec et à une basse température; il est ainsi dépouillé d’eau hygrométrique. On peut aussi se procurer le gaz hydrogène en grande quantité et très pur , en faisant passer de l’eau en vapeur à travers un tube de fer rougi au feu.

Le gaz hydrogène est incolore et jouissant de toutes les propriétés physiques de l'air. Il a ordinairement , lorsqu'il est obtenu au moyen du zinc, une légère odeur d’ail, due probablement à des particules arsenicales de ce métal ; il est dépourvu d’odeur lorsqu'il est produit :par de l’eau transmise sur du fer pur à l’état d'ignition. ”

Le gaz hydrogène étant un corps simple ne peut être dilaté que par le calorique. C’est de tous les gaz celui qui réfracte le plus la lumière. Il ne se combine point avec le gaz oxigène à la température ordinaire; il paraît même qu’à cette température ces deux gaz peuvent rester mêlés pendant un temps indéfni sans agir l’un sur l'autre; ce n’est qu'à une chaleur ronge ou presque rouge qu'ils s'unissent. Leur combinaison a toujours lieu dans le rapport de deux d’hydrogène et de un d’oxigène, en volume, ou, ce qui est la même chose , d’après leur pesanteur spécifique , dans le rapport de 11,71 d'hydrogène à 88,29 d’oxigène, en poids. |

Le gaz hydrogène est éminemment combustible; il brûle, s’il est pur, avec une flamme d’un blanc jaunâtre ; mais s’il est accidentellement avec quel-

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que mélange, sa flamme a souvent une teinte rougeâtre. Si, en tenant dans une position perpendiculaire le fond en haut, une cloche étroite remplie d'hydrogène, on y introduit subitement une bougie allumée, cette bougie s’éteindra; mais le gaz brèlera à la surface de la cloche en contact avec l’air. Ce gaz fait aussi promptement mourir les animaux qui le respirent; et cette mort de l'animal n’est occasionnée que parce qu’il est privé d’oxigène.

L’hydrogène est le plus léger des corps gazeux connus jusqu’à présent ; un décimètre cube de ce gaz à zéro, et sous la pression barométrique de 76 centimètres de mercure , pèse 0,07,321, ainsi que Vont établi MM. Biot et Arago. |

Le gaz hydrogène n’est pas sensiblement absorbé par l’eau, lors même qu’on le laisse pendant quelque temps en contact avec ce liquide. Lorsque l’eau a été dépouillée par l’ébullition de tout Pair qu’elle contenait, un décimètre cube de cette eau , à la température de 16 degrés centigrades , absorbe 16 centimètres cubes de gaz hydrogène. |

Si l’on mêle ensemble dans leur état de pureté du gaz oxigène et du gaz hydrogène, les gaz ne sont point altérés par leur mélange ; mais si on les met en contact avec une bougie allumée, ou qu’on les fasse traverser par létincelle électrique, ils brûülent avec une étonnante rapidité, et il se produit une explosion violente. Cavendish s’assura qu'après la combustion, il se déposait toujours , dans les vaisseaux où elle avait eu lieu , une quantité d’eau égale en poids aux deux gaz qui avaient disparu; les expériences de Cavendish furent répétées depuis et amplement confirmées par Lavoisier et ses collaborateurs, et il fut alors ainsi reconnu que l’eau est un composé d’oxigène et d'hydrogène réunis dans la proportion d’un volume d’oxigène et de deux volumes d'hydrogène.

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