‹ Manuel de chimie, ou précis élémentaire de cette science dans l'état actuel de nos connaissances (volume 3)Chapitre 49 sur 59 · Les métaux se fondent à l’aide de la chaleur · texte numérisé non relu

Les métaux se fondent à l’aide de la chaleur

et ils conservent même encore, lorsqu'ils sont fondus, leur opacité. On peut, lorsqu'ils sont dans cet état, les jeter en moules, et leur donner telle forme qu’on désire. C’est ainsi qu’on fait un grand nombre d’ustensiles en fer de forme élégante. Ils diffèrent considérablement entre eux dans leur de-, gré de fusibilité. Le mercure jouit de cétte propriété à un tel point, qu’il est constamment fluide : à la température ordinaire de l'atmosphère; tandis : que d’autres métaux, comme le platine, par exem-ple, ne peuvent être fondus que par la plus violente ? chaleur qu’il soit possible de produire. |

4. La pesanteur spécifique des métaux est excessivement variablé, est cependant beaucoup plus # considérable que celle de toute autre classe de corps à présent connus. La plupart des métaux: sont plus pesans qu'aucune autre des substances* déjà examinées. Cette propriété, en effet, avait! été considérée , jusqu’à ces derniers temps , comme! un caractère distinctif pour tous; mais plusieurs! des métaux très singuliers qui ont été découverts par Davy sont moins pesans que Veau, et pan conséquent beaucoup plus légers que la plupart des corps pierreux. Le platine, le plus pesant dee métaux, l’est 21,5 fois plus que l’eau ; tandis qua la pesanteur spécifique du potassium n’excède pat de beaucoup celle de 0,6, la pesanteur spécifique de l’eau étant t.

3. Ce sont, de tous les corps essayés jusqu’à prét sent, les meilleurs conducteurs de l'électricité.

6. Parmi les métaux, il n’y en a aucun de trè dur ; mais la dureté de quelques uns d’entre euu peut être augmentée par l'art, au point d’excédei celle de presque tous les autres corps. C’est ainn: que les modernes sont parvenus à se procurer ave Vacier un grand nombre d’instrumens trancham que les anciens faisaient avec une combinaison «4 tuivre et d’étain. |

+. L’élasticité des métaux dépend de leur dureté, et peut être augmentée de même par l’art. Ainsi Pacier , dont sont faits les ressorts de montres, est presque parfaitement élastique, quoique le fer, dans son état naturel, ne le soit que très peu.

8. Mais l’une des propriétés les plus importantes des métaux est leur malléabilité. En les soumettant à l’action d’un marteau, nous pouvons les aplatir, les étendre. Cette propriété, particulière aux métaux , nous fournit les moyens de leur donner telle forme qu’il nous plaît et d’en faire aisément les divers instrumens propres à nos besoins. Tous les métaux cependant ne jouissent pas de cette propriété ; mais il est à remarquer que presque tous ceux qui furent connus des anciens l’avaient. Elle est considérablement augmentée par la chaleur. Les métaux deviennent plus durs et plus denses par l'effet du marteau.

9. Une autre propriété d’un grand nombre de : métaux est la ductilité, au moyen de laquelie on peut les allonger en fils, en les forçant à passer par des trous de différens diamètres.

10. Cette propriété de ductilité dans les métaux dépend en quelque. sorte de celle de ténacité dont ils jouissent aussi, et au moyen de laquelle un fil métallique d’une grosseur donnée peut résister, sans se rompre, à l'effort d’un poids suspendu à i’une de ses extrémités. Les métaux différént beaucoup entre eux en ténacité. Un fil de fer, par exemple, de 2,5 millim. environ de diamètre, pourra supporter sans se rompre un poids d’environ 226 kilogrammes, tandis qu’un poids de 13

, kilogrammes fera rompre un fil de plomb de même

diamètre.

On peut dire que la branche de la chimie qui traite des métaux doit un assez grand nombre de découvertes aux alchimistes. Cependant ces découvertes sont loin d’égaler celles qui ont été faites

depuis trente et quelques années ; c’est, en effet, depuis cette époque, que la plupart des métaux ont été trouvés; et tandis qu'avant le quinzièmesiècle, il n’y en avait que sept.de connus, l’or, l'argent, : la fer , le cuivre, le plomb, l’étain et le mercure, nous en connaissons aujourd’hui trente-neuf.

Les métaux, dit M. Thénard, ne doivent point être étudiés dans un ordre arbitraire; autrement leur étude offrirait de grandes difficultés. Ce savant en établit la division en six sections, fondées sur l’affinité que ces corps ont pour l’oxigène.

Dans la première section , il place ceux qui n’ont point encore pu être réduits et qui ne sont admis au rang des métaux que par analogie, ou, parce que les métaux dont on les extrait ont les plus grands rapports avec les oxides métalliques; ces métaux sont au nombre de sept, savoir : le magnésium, le glucinium, l’yttrium, l'aluminium, le thérinium, le zirconium, le silicium.

Il met dans la deuxième section ceux qui ont la propriété d’absorber le gaz oxigène à la température la plus élevée, et de;décomposer subitement l’eau à la température ordinaire, en s’emparant de son oxigène, et en dégageant son hydrogène avec une vive effervescence; cinq sont dans ce cas : le calcium, le strontium, le barium, le rhodium et le potassium.

La troisième section, il la compose des métaux qui ont la propriété d’absorber le gaz oxigène à la température la plus élevée, comme ceux des deux premières sections, mais de ne décomposer l’eau qu’à l’aide de la chalaur rouge. Cette section comprend quatre métaux : le manganèse, le zinc, le fer et l’étain.

M. Thénard forme la quatrième section des métaux qui, comme les précédens encore, peuvent absorber le gaz oxigène à la température la plus élevée, mais qui ne décomposent l’eau ni à froid

DE CHIMIE. 280 m1 à chaud; cette section, la plus nombreuse, renferme quinze métaux , savoir : l’arsenic, le molybdène , le chrome, le tungstène , Le columbium , l’antimoine, l’urane, le cérium, le cobalt, le titane, le bismutb , le cuivre, le tellure , le nickel et le plomb. M. Thénard établit, dans cette section, deux subdivisions : dans la première, il place les cinq premiers métaux, qui sont acidifiables; et dans la seconde les huit autres, qui ne sont qu’oxidables. We

Dans la cinquième section seront compris les métaux qui ne peuvent absorber le gaz oxigène qu’à un certain degré de chaleur, et qui ne peuvent point opérer la décomposition de l’eau; leurs oxi-, des se réduisent nécessairement à une température élevée : le mercure, l’osmium, composent cette section. Enfin la sixième section sera formée des métaux qui ne peuvent absorber le gaz oxigène ‘et décomposer l’eau à aucune température, et dont les oxides se réduisent au-dessous de la chaleur rouge. Ces métaux sont au nembre de six, savoir : argent, le palladium, le rhodium , le platine, l’or et l’iridium.

Dans l’impossibilité où nous nous trouvons, d’après la nature de cet ouvrage, de présenter ici séparément une description détaillée de chacun des trente-neuf métaux qui composent cette classe de corps, nous avons pensé que leur division en sections telle que l’a adoptée M. Thénard pourrait jusqu’à un certain point y suppléer d’une manière satisfaisante, puisque l’objet de cesavantaété, ainsi qu’il l'annonce, de les ranger, autant que possible, suivant l’ordre de leur plus grande affnité pour l’oxigène, non seulement dans les sections les unes par rapport aux autres, mais encore dans chaque section en particulier. Nous devons, cependant, ajouter à cet égard, que M. Thénard a fait observer , en note, que sa classification sera

sans doute modifiée par la suite relativement au rang qu'occupent entre eux les métaux de cha- Fin section, Car nous ne connaissons pas bien le degré d'attraction de cés corps pour l’oxigène. Il est probable même que l’on fera passer quelques. métaux d’une section dans une autre.

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