DE L’OXIDE DE CARBONE
Si l’on chauffe au rouge, dans une cornue de fer, un mélange à parties égales de limaille de fer et de craie, ces substances ayant été desséchées Vune et l’autre, autant que possible , il se dégage en grande abondance un gaz, consistant en partie en gaz acide carbonique , et, pour le surplus , en une espèce d’air infiammable pesant ; lorsqu'on sépare l’acide carbonique par l’eau dé chaux ;, on obtient le gaz inflammable à l’état de pureté. Ce fut le docteur Priestley qui se procura le premier £e gaz ; mais les expériences de Cyuikshanks sur ce
gaz nous firent connaître sa composition et ses pro- priétés. MM. Clément et Desormes, Guyton-Mor- . veau et Berthollet, l’examinèrent aussi bientôt! après; ces chimistes lui donnèrent le nom de gaz: oxide de carbone, et Cruiskshanks a fait voir ques c’est un composé d’oxigène et de carbone. Le gazz oxide de carbone a les propriétés mécaniques der l’air. Sa pesanteur spécifique est de 0,96783. Il ner rougit point la teinture de tournesol ; il éteint Jess corps en combustion , et fait périr promptementi les animaux qui le respirent.
Le gaz oxide de carbone n’éprouve aucune altération au plus haut degré de chaleur ; il n’ests point non plus altéré par l'électricité. Le gaz oxide de carbone brüle avec une flamme d’un bleu fon. cé, ne donnant que peu de lumière. Lorsqu’après: lavoir mélé avec le gaz oxigène, on fait passer! l’'étincelle électrique à travers le mélange , il dé-. tone. Cent mesures de ce gaz exigent , pour leurÿ combustion complète , cinquante mesures de gaz oxigène , et le produit est cent mesures de ga acide carbonique. Il s’ensuit que le gaz oxide dei carbone contient exactement la moitié du gaz ox1% gène qui existe dans un même volume de gaz acidik carbonique.
L'action du gaz oxide de carbone sur Pair est I même que sur le gaz oxigène, si ce n’est qu’elle est moins vive; 1l s'ensuit qu’en plongeant unm bougie ailumée, pleine de gaz oxide de carbone ce gaz doit s’enflammer, et donner lieu à du gan acide carbonique.
î | DE L'OXIDE DE CHLORE.
C’est à sir Humphry Davy qu’on doit la découn verte du gaz oxide de chlore.
Lorsqu’après avoir introduit du chlorate de poo tasse dans une petite cornue de verre, on verf
.. par-dessus de l'acide muriatique (hydro-chlori-
que } , 1l ÿ a effervescence et dégagement abondant d’un gaz de couleur jaune verdâtre ; si l’acide hydro-chlorique qu’on emploie est affaibli en l’étendant d’eau , si le sel est en grand excès relativement à Vacide , et enfin si l’on chauffe doucement ,ilse
dégage très lentement un gaz, qu’on peut recueillir
dans de petites cloches sur le mercure. Lorsque le gaz à été ainsi préparé, il convient de le laisser perdant vingt-quatre heures en contact avec le mercure; car, lors de sa formation, il contient tou- Jours une assez grande quantité de gaz chlore mêlé avec lui, qui en déguise et en altère sensiblement les propriétés. Le mercure peut absorber et s’unir avec le chlore, tandis qu’il n’a aucune action sur le nouveau gaz. Le mercure en sépare donc par degré tout le chlore , et laisse le gaz nouvellement formé à l’état de pureté, C’est à ce gaz, ainsi préparé par sir Davy , qui le découvrit en 181 » que ce savant donna le nom d’enchlorine. A La couleur de l’enchlorine est beaucouy plus intense et plus jaune que celle du chlôre. Ce gaz, contenu dans un petit tube de verre > CObserve encore une teinte très vive de jaune, lorsque, dans le même cas, celle du chlore est à peine sensible. L’oxide de chlore, ou l’enchlorine » est toujours à l’état de gaz; son odeur ressemble beaticoup à celle du sucre brûlé, mélée cependant avec l’odéur du chlore ; ce qui paraît être dû à la présence d’une
‘petite portion de chlore, tant il est difficile d’en-
lever complétement ce gaz à l’enchlorine.
Lorsqu'on chauffe doucement ui vaisseau rempli d’enchlorine , il se fait une explosion, et le gaz est décomposé dans un mélange de ses élémens , le chlore et le gaz oxigène. Il suffit d’une très légère chaleur pour produire cette explosion ; quelquefois même elle à lieu par la chaleur de la main , mais alors elle est faible. D’après les expé-
290 ‘MANUEL riences de sir Davy, cinq volumes de cet oxide de chlore en deviennent six par la décomposition de cinquante parties de gaz ainsi décomposé ; l’on retire quarante parties de chlore et vingt parties de gaz oxigène. L'expérience doit être faite sur le mercure, pour pouvoir recueillir les produits. L’oxide de chlore rougit d’abord les couleurs. bleues , et les détruit ensuite. Sa pesanteur spéci-. fique, calculée d’après sa décomposition, est de