‹ Manuel de chimie, ou précis élémentaire de cette science dans l'état actuel de nos connaissances (volume 3)Chapitre 55 sur 59 · DE LA COMBUSTION · texte numérisé non relu

DE LA COMBUSTION

Iz n’y a peut-être pas, dit le docteur Thomson, de phénomène plus étonnant en lui-même, plus 8 intéressant sous le rapport de son utilité, et qui | ait attiré plus particulièrement l’attention des chi- : mistes , que la combustion. Lorsqu'on chauffe une pierre ou une brique, ces corps n'éprouvent d’autree changement qu’une élévation dans leur tempéra-+ ture; lorsqu'ils sont abandonnés à eux-mêmes, , ils se refroidissent aussitôt, et reviennent à leurs premier état ; mais il n’en est pas ainsi des corpss combustibles. Lorsqu'ils ont été chauffés à un cer-tain point, à l'air, ils deviennent très promptes+ ment beaucoup plus chauds qu’ils n'étaient ; ilss continuent à l’être ainsi pendant un temps consi-dérable , en envoyant aux corps environnans un courant abondant de calorique et de lumière. Cette émission ; açrès une certaine période, commencer à diminuer, et à la fin elle cesse totalement. Les combustible a éprouvé alors le changement le plusis complet : il est converti en une substance qui aa des propriétés très différentes, et qui p'est pluss susceptible de combustion. Ainsi , lorsqu'on tient! pendant quelque temps du charbon de bois à lai

température de 427° centigrades , il s’allume , devient d’une chaleur intènse, et donne pendant lonz-temps du calorique et de la lumière. Lorsque cette émission cesse, le charbon a totalement disparu , à l'exception d’un résidu peu considérable de cendres. Il a été presque entièrement converti en gaz acide carbonique, qui s’est dégagé , si l’expérience ne se fait pas dans des vaisseaux propres à le recevoir. Si on a recueilli ce gaz, on trouve

ue son poids excède de beaucoup celui de la totalité du. charbon consumé.

On essaya dès lors de donner l’explication de la combustion , et il fut établi diverses théories sur * les phénomènes qu’elle présente. Le docteur Hooke en proposa une en 1665 , qui fut adoptée dix ans après. par Mayow. Il en parut bientôt une autre, d’un genre très différent. Proposée d’abord par Beccher , elle fut depuis présentée par son disciple Sthal, avec tant d’habileté, et appuyée de preuves si convaincantes , qu’elle fut aussitôt pres-

ue généralement adoptée. Cependant cette théorie de Sthal avait été successivement modifiée par Macquer, par Priestley, par Crawford, lorsque Kirwan entreprit de lever l'incertitude que cette théorie laissait encore sur la nature du phlogistique, et de prouver que le phlogistique était. la même chose que l’hydrogène. Cette opinion, que Kirwan annonça lui avoir été suggérée par les découvertes du docteur Priestley, fut accueillie avec une grande faveur, et entièrement adoptée, ou admise ayec certaines modifications, par Bergman, Guyton-Moryeau et un assez grand nombre d’autres chimistes.

Mais, pendant qu’on modifiait ainsi, de diverses manières , la théorie de Sthal sur la combustion, l’illustre Lavoisier s’occupait avec assiduité d’en étudier les phénomènes. [l semble s’être particulièrement attaché à ce sujet, et avoir bien reconnu

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