‹ Manuel de chimie, ou précis élémentaire de cette science dans l'état actuel de nos connaissances (volume 3)Chapitre 56 sur 59 · ARS · texte numérisé non relu

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toutes les imperfections de la théorie qui prévalait alors, en 1770; mais il déduisit ses premières no- tions précises sur la nature de la combustion , d’un h Mémoire de Bayen, sur les oxides de mercure, , dont il entendit la lecture à l’Académie, en 1774... 1] travailla sur ces premières notions, ou plutôtt sur ces conjectures, avec un zèle infatigable, aidéé des nombreuses découvertes qui se faisaient alorss de tous côtés sur ce sujet, et par une longue suitet d'expériences et de recherches les plus exactes et les plus intéressantes qui eussent jamais été faitess en chimie, il parvint à établir pleinement l’exis-tence de cette loi générale : « Dans tout cas de combustion, l’oxigène se combine avec le corps qui: brûle. » Cette insigne découverte, fruit du génie ;: de la sagacité ét de la pénétration , a répandu un nouveau jour sur chaque branche de la chimie. Elle a rassemblé et expliqué un grand nombre del faits auparavant isolés, ou dont on n’avait pu ren-| dre raison , et a refondu le tout dans la forme d’une; science. ;

Quoique Lavoisier se füt‘convaincu par luimême de l’existence de cette loi générale, et qu'enn la publiant il en eût fourni la preuve au monde, il ne put cependant parvenir, pendant quelque temps , à la faire reconnaître par aucun savant,, malgré tout le poids de ses grands talens , de sonh infatigable application , et l’influence que devaienti naturellement lui donner sa réputation, sa fortuner et sa position. Enfin Berthollet, dans une assemablée de l’Académie des Sciences, en 1785 , renonçan formellement à ses anciennes opinions, et se dés clara converti. Fourcroy, professeur de chimie ë + Paris, suivit son exémple; et dans un voyage qua Morvrau fit dans cette capitale, en 1787, il se dée. termina également à abandonner ses premièress opinions pour celles de Lavoisier. L’exemple dde ces hommes célèbres fut promptement suivi pa tous les jeunes chimistes de France.

L’explication que donna Lavoisier des phénomènes de la combustion, était fondée sur ces deux lois trouvées par lui et par le docteur Black. Lorsqu’un corps combustible est élevé à une certaine température, il commence à se combiner avec loxigène de l’atmosphère ; et cet oxigène , pendant que la combinaison a lieu , abandonne le calorique et la lumière avec lesquels il était uni dans son état gazeux. C’est cette séparation du calorique et de la lumière d’avec l’oxigène qui produit leur manifestation dans tous les cas de combustion, comme c’est aussi de cette combinaison du corps combustible avec l’oxigène que résulte le changement qu’il éprouve alors.

Ainsi Lavoisier rendait raison de la cause et des effets de la combustion sans avoir recours au phlogistique , dont on n’avait supposé Pexistence que pour parvenir à l'expliquer : cr aucun chimiste n'avait pu en fournir la preuve, ni présenter séparément ce principe. Et il prouvait qu'il n’y avait aucune raison pour supposer qu’un tel principe pût exister.

Mais Kirwan avait avancé que le phlogistique était la même chose que l'hydrogène ; et, comme on ne pouvait douter que ce dernier principe n’existät réellement, il fallait encore , pour renverser son hypothèse , prouver qu’il n’est pas une des parties composantes de tout corps combustible, et qu’il n’en est pas séparé dans tous les cas de combustion ; c’est à quoi Lavoisier , et ceux qui partageaient déjà son opinion, crurent devoir particulièrement s’attacher. L'Essai de Kirwan fut en conséquence traduit en français , et chacune des sections dans lesquelles cet ouvrage était divisé fut examinée et critiquée séparément , savoir : quatre par Lavoisier , trois par Berthollet , trois par Fourcroy, deux par Morveau et une par Monge; et, pour rendre justice aux chimistes francais , il faut convenir que jamais réfutation ne fut plus come

plète. Kirwan lui-même, avec cette candeur qui distingue les esprits supérieurs , n’hésita pas à res connaitre que son opinion n’était plus soutenable ; et à déclarer qu’il se rangeait à celle de Lavoisier,

Ainsi Lavoisier détruisit entièrement l'existence. du phlogistique, et établit une théorie de la come bustion , qui se rayprochait de très près de celle qui avait été proposée long-temps auparayant par le docteur Hooke. La théorie du docteur Hooke n’est exprimée qu’en termes généraux; celle de Lavoisier est plus particulièrement exposée, et avec beaucoup plus de précision. La théorie du docteur était une hypothèse de conjecture heu: reuse, que l’eufance de la science ne lui permit pas de vérilier ; tandis que Lavoisier fut amené à ses conclusions par des expériences exactes, d’où il tira, en maître, une suite d’ingénieuses déductions. » | :

Suivant cette théorie de Lavoisier, générales ment admise actuellement , et considérée par les chimistes comme la véritable explication des phénomènes de la combustion , elle consiste en deux choses : d’abord dans une décomposition et ensuite dans une combinaison. L’oxigène de l’atmosphère; dans son état de gaz , est combiné avec le calorique et la lumière. Pendant la combustion, ce gaz est décomposé; le calorique et la lumière s’en dégagent, tandis que sa base se combine avec le combustible, et forme le produit. Ce produit est incombustible, parce que sa, base étant déjà saturée d’oxigène, elle ne peut plus en prendre davantage. Tel est, en raccourci, le détail historique des perfection: nemens successivement introduits dans cette partie intéressante de la chimie. Qu'il nous soit actuellement permis de nous étendre plus particulièrement sur ce sujet. :

On entend par combustion, le changement to tal qui s'opère dans la nature des corps. combustibles, ayec émission abondante de calorique et de

Jumière. Dans toute théorie de la combustion , on doit exposer la manifestation de ces deux phénomènes , et en rendre raison.

Lavoisier expliqua de la manière la plus sasis-

faisante le premier de ces phénomènes. Il démontra que, dans tous les cas de combustion , l’oxigène se combine avec le corps brûlant, et que la substance qui reste , après qu’elle à cessé d’avoir lieu, est le composé formé par cette combinaison du corps combustible avec l’oxigène ; mais il ne réussit pas aussi bien à expliquer le second phénomène , le dégagement du calorique et de la lumière pendant la combustion. I] ne parut pas même y avoir fait beaucoup d’attention , parce qu’il regardait la combinaison de l’oxigène avec le corps brüant comme la partie importante et essentielle de Pacte de la combustion. Aussi a-t-on considéré, depuis , les expressions d’oxigénation et de combustion comme synonymes : cependant il s’en faut de beaucoup qu’elles le soient; car l’'oxigène s’unit souvent aux corps , comme à l’azote , au chlore et au mércuré , sans qu’il y ait dégagement de calorique ou de lumière ; et ce dégagement est considéré comme étant essentiel à la combustion dan$ le langage ordinaire. L'union de Poxigène sans dégagement diffère beaucoup, et dans les phénomènes et dans le produit, de lunion de ce principe ; accompagnée de dégagement ;. il convient donc de les distinguer. J’emploie dans cet ouvrage le terme combustion dans son acception ordinaire.

Di eut técants à la théorie du docteur Crawford , pour rendre raison de l'émission de calorique et de lumière qui constitue en partie les phénomènes de la combustion.

Le calorique et la lumière unis à l’oxigène à l'état de gaz, s’en séparent lorsqu'il perd cet état pour se combiner avec le corps combustible; mais si cette explication est en général assez satisfaisante pour les cas ordinaires, il en est d’autres

auxquels elle ne peut convenir. Le calorique et la « lumière sont supposés se combiner avec l’oxigène # de l’atmosphère , parce qu’il est à l’état gazeux, , et s’en séparer, parce qu'il perd cet état de gaz... Mais les combinaisons de l’oxigène , lorsqu'il estt solide ou liquide, produisent des combustions aussi violentes que lorsqu'il est à l’état gazeux. Si, pare exemple , on verse de l’acide nitrique sur de Phuiles de lin ou de térébenthine, il y a combustion trèss rapide , et dégagement très considérable de calo-rique et de lumière. Ici, l’oxigène fait partie de: l'acide nitrique liquide, et il était déjà combiné avec l’azote; c’est-à-dire que l’azote, suivant less chimistes français, avait éprouvé la combustion : : or, dans ce cas, non seulement l’oxigène était à: l’état liquide, mais encore il a éprouvé le chan-: gement produit par la combustion ; 11 en résulterait ! donc que l’oxigène peut donner du calorique et dela à lumière, non seulement lorsqu'il est liquide, mais même après la combustion; ce qui est directement | contraire à la théorie. |

Tous les corps de la nature peuvent être divisés, . relativement à ce qui concerne la combustion , en trois classes ; savoir , les corps qui l’entretiennent, ; ou qui en sont les soutiens, les combustibles et less incombustibles.

Par soutiens de la combustion, le docteur Thom-son entend désigner les substances qui, stricte-ment parlant , ne sont pas susceptibles de l’éprou-» ver, mais dont la présence est indispensablement nécessaire pour qu’elle ait lieu.

Les corps combustibles et incombustibles n’ont ! pas besoin d’être définis.

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