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Méconique. 38. Zumique

Les bornes de cet ouvrage ne nous permeltant

pas de décrire les 75 acides énoncés dans cette classification ; nous allons nous occuper seulement des. ‘acides principaux de chaque groupe.

$. I. —— ACIDES DE NATURE INORGANIQUE , ET NON MÉTALLIQUE , FORMÉS PAR L'OXIGÈNE.

1. Acide borique (oxigène et bore). — La ma- ‘nière la plus facile de préparer cet acide, consiste: à faire dissoudre du sous-borate de soude dans de l’eau chaude, et à verser peu à peu dans cette dissolution filtrée, de l’acide sulfurique jusqu’à excès, c’est-à-dire jusqu’à ce qu’elle soit devenue d’une saveur sensiblement acide. En la laissant alors re- froidir, il s’y trouve un grand nombre de cristaux en paillettes brillantes. Ces cristaux sont l'acide borique; on les lave avec de l’eau froide, et on les. fait sécher sur un papier à filtrer.

L’acide borique ainsi obtenu est sous la forme: d’écailles minces hexaedres, onctueuses au toucher et d’un blanc argentin; sa saveur, aigrelette d’abord, produit ensuite une impression d’amertume et de fraîcheur, et finit par être d’une douceur agréable; pressé sous la dent , il n’est pas cassant, mais ductile. Cet acide n’a point d’odeur; mais en versant dessus de l’acide sulfurique, il s’exhale, pendant quelques instans seulement, une odeur de musc. Il n’est point altéré par la lumière; au feu , il se boursoufle d’abord en perdant son eau de cristallisation ; à une chaleur rouge , il se fond et se convertit en un verre transparent et dur qui devient tant soit peu opaque à l'air, mais il n’en attire pas d'humidité.

L’acide borique est très peu soluble dans l’eau ; ce liquide bouillant dissout à peine la cinquantième partie de son poids d’acide borique, et l’eau froide en prend beaucoup moins.

2. Acide carbonique (oxigène et carbone). — On prépare le plus ben cet acide, en versant de l’acide sulfurique étendu de cinq à six fois

son poids d’eau , sur de la craie ordinaire qui ést un composé d’acide carbonique et de chaux ; il s’ensuit une effervescence et un dégagement de gaz acide carbonique que l’on peut recueillir à l’aide de la cuve hydro-pneumatique.

L’acide carbonique , à l’état de gaz, est élastique et invisible comme l'air. Il ne peut servir ni à la combustion, ni à la respiration; il rougit la teinture de tournesol, mais il n’altère pas les autres couleurs végétales.

Le gaz acide carbonique est beaucoup plus dense que l'air ordinaire. C’est à raison de ce grand excès de sa pesanteur sur celle de l'air, qu’on peut verser le gaz acide carbonique d’un vase dans un autre. Les effets produits lorsqu'on transvase ce fluide invisible d’un vaisseau dans un autre, paraissent très singuliers. Si l’on place une chandelle allumée, ou un petit animal dans un vaisseau creux, la chandelle s'éteint et l'animal expire peu de secondes après que le gaz acide carbonique a été introduit par-dessus dans le vaisseau, quoiqu’on ne puisse rien apercevoir à la vue qui y ait été mis; si cependant on introduit du gaz acide carbonique dans un vaisseau rempli d’air, à la clarté du soleil, sa densité étant beaucoup plus grande que celle de l’air, elle le rend légèrement visible par les ondulations et les stries formées par lui sur ce fluide, à mesure qu’il descend en le pénétrant.

C’est à raison de sa densité que le gaz acide carbonique occupe les parties les plus basses des mines » CaVErnes et grottes où se trouvent les matériaux qui le. fournissent par décomposition. La grotte du Chien, dans le royaume de Naples, a été fameuse depuis deux siècles, par le récit des effets que produit Ja couche de gaz acide carbonique qui en recouvre le fond.

Le gaz acide Carbanique résiste à la plus forte chaleur que nous Puissions produire. Exposé à un

DE CHIMIE. 25x froid tiès intense, il ne change pas d'état; mais si en même temps qu'il est refroidi, on le soumet à une forte pression, il se liquéfie.

Lorsqu'on laisse pendant long-temps le gaz acide carbonique en contact avec l’eau, elle l’absorbe par degré et peut même en prendre dans la proportion d’un volume égal au sien, à la température de 50° centigrades. M. Lane a reconnu le premier, que par l’agitation , la combinaison de ce gaz avec l’eau s’effectue beaucoup plus promptement.

La glace n’absorbe point de gaz acide carboni-

‘que; et lorsque de l’eau liquide qui en contient passe à cet état, le gaz s’en sépare en totalité dans l'acte de congélation. On en dépouille également l’eau en la faisant bouillir.

On parvient, à l’aide d’une pression artificielle, à augmenter considérablement la quantité de ce gaz absorbé et condensé dans l’eau, qui peut en prendre ainsi jusqu'à deux ou trois fois son volume.

Lorsque l’eau ainsi chargée , et devenue acide carbonique liquide, est exposée à l’air dans un vaisseau ouvert, l’acide s’en dégage promptement sous forme de gaz, et l’eau reste pure.

3. Acide chlorique (oxigène et chlore). — Cet acide n'existe ni libre, ni combiné dans la nature. M. Gay-Lussac se le procura, en 1814, de la manière suivante. Îl préparait d’abord une certaine quantité de chlorate de barite. X\ versait ensuite dans une dissolution étendue de ce sel dans l’eau , de VPacide sulfurique faible , en ajoutant cet acide avec précaution jusqu’à ce que la barite eût été préci- ‘pitée en totalité. Le sulfate étant alors séparé de la liqueur par le filtre, elle ne consistait plus que dans l’acide chlorique pur, en dissolution dans l’eau.

Cette dissolution dans l’eau de l’acide chlorique ainsi obtenue, est incolore. Sa saveur est astringente et très acide. Elle rougit fortement le tournesol sans

détruire sa couleur; mais si on laisse pendani quel-: que temps du papier de tournesol, en contact avec: elle, sa couleur est détruite. L’odeur de l’acide: chlorique est un peu piquante lorsqu'il est très: concentré; et, par une douce chaleur, il se concentre et acquiert alors une consistance oléagi-

neuse. Îl n’altère pas la dissolution d’indigo dans

l'acide sulfurique. L’acide chlorique diffère du chlore en ce qu’il ne précipite pas la gélatine et qu’il ne trouble pas

Ja dissolution d’argent. La lumière ne le décompose

pas. Mêlé avec de l’acide hydrochlorique, il ya formation d’eau et les acides sont convertis l’un et l’autre en chlore. Les acides sulfureux et hydrosulfurique décomposent l’acide chlorique | mais

lacide nitrique ne lui fait éprouver aucune al-

tération.

9. Acide iodique (oxigène et iode). — Cet acide n'existe ni libre ni combiné dans la nature ; c'est à M. Gay-Lussac que l’on en doit la découverte, mais c’est sir H. Davy qui est parvenu le premier à l’obtenir de la manière suivante : Après avoir mis dans un long tube de verre, recourbé de manière à lui donner la figure de la lettre L renversée (7), et fermé à une de ses extrémités, un mélange de 100 parties de chlorate de potasse et 400 parties d’acide hydrochlorique de la pesanteur spécifique de 1,105, on fait ccmmuniquer ce tube avec un mince récipient de verre à long col, dans lequel on a préalablement introduit 40 parties d’iode. Dans l'extrémité du tube recourbé on met du chlorure de calcium desséché, on réunit le tube au récipient et on chauffe doucement. Il se dégage du protoxide de chlore, qui, à mesure qu’il arrive en contact avec l’iode, donne lieu à combustion, et il en résuite deux nouveaux composés, un composé d’iode et d’oxigène, et un composé d’iode et de chlore; ce dernier est aisément séparé par la chaleur, tan-

DE CHIMIE. 253 dis que le premier. reste à l’état de pureté; c’est acide iodique. “EEE

Cet acide pur est un solide blanc demi trans parent. 1la une saveur fortement acide et astringente, mais sans odeur. Sa densité est de beaucoup supérieure à celle de l’acide sulfurique; à une température de 3370 centigrades, il se fond et se décompose entièrement en donnant de l’oxigène et de Piode.

L’acide iodique est déliquescent à l'air, et par Conséquent très soluble dans l’eau. I1 agit sur les infusions végétales, en rougissant d’abord les couleurs bleues qu’il finit par détruire, et en changeant les autres en blanc.

Lorsqu'on chauffe un mélange de l’acide iodique avec le charbon, le sucre, ou d’autres corps inflammables, il se produit des détonations.

11. Acide nitrique (oxigène et azote). — Cet acide : que l’on devrait peut être appeler acide azotique Pour se conformer strictement à la nomenclature chimique , peut s’obtenir par la combinaison des gaz qui le composent. Si, après avoir introduit dans un tube de verre d’environ deux millimètres de diamètre un mélange de 1 volume de gaz azote avec environ 2 volumes et demi de gaz oxigène, sur le mercure ; on fait traverser ce mélange pendant quelques heures par une suite d’étincelles électriques , il se produira de l'acide nitrique ; ou si le mélange est accompagné d’une dissolution de potasse, on obtiendra du nitrate de potasse. Mais on prépare ordinairement cet acide par Ja distillation, dans une cornue de verre d’un mélange de deux parties de nitrate de potasse, et d’une partie d’acide sulfurique. Le bec de la cornue entre dans un récipient qui y est luté et d’où sort un tube de verre qui va plonger dans un flacon à deux ouvertures, contenant un peu d’eau et garni d’un tube de sûreté. A l’autre ouverture de ce flacon est adapté un tube qui aboutit à un appareil pneu-

matique, au moyen duquel on recueille le gaz qui se dégage pendant l'opération. On chauffe la cornue par degrés, presque jusqu’au rouge. L’acide nitrique passe dans le récipient où il est condensé, tandis que l’air des vaisseaux et le gaz oxigène mis en liberté, spécialement sur la fin de l’opération, passent dans l'appareil pneumatique, et l’eau dans les flacons s’imprégne du peu d’acide qui a pu échapper du récipient sans s’y être condensé.

I’acide ainsi obtenu est d’une couleur jaune, et presque toujours accompagné des acides sulfurique et hydrochlorique, dont on ne parvient que difficilement à le séparer par des distillations lentes et répétées.

L’acide nitrique pur est liquide, limpide et incolore comme l’eau. Il a une saveur particulière âcre et excessivement acide. Il est très corrosif et produit sur la peau des taches jaunes qui ne disparaissent qu'avec lépiderme. C’est un poison mortel lorsqu'il est introduit à l’état de concentration dans l’estomac; mais, lorsqu'il est étendu à grande eau , il peut être pris à l’intérieur sans inconvénient. Îl exhale continuellement des vapeurs : blanches d’une odeur âcre et désagréable.

L’acide nitrique a une grande affinité pour l’eau, et 1l n’a jamais encore été obtenu qu’à l’état de mélange avec ce liquide.

La température à laquelle cet acide entre en ébullition varie suivant sa densité, depuis 38° centigrades jusqu’à 105° centigrades. Refroidi à 54° centigrades au-dessous de zéro , il commence à se con- Seler; et, en agitant le vase qui le contient , 1l se convertit en une masse épaisse comme du beurre.

Lorsqu'on fait passer de l'acide nitrique à travers un tube rouge de feu, il se résout en oxigène et: en azote , et l’action de la lumière solaire le décom- ! pose en parte,

Mélé avec l’acide hydrochlorique, l'acide ni-1 trique forme l’acide hydrochloronitrique qui dis-

sout l’or et le platine , et dont les propriétés particulières semblent dues à une décomposition mutuelle des acides composans.

14. Acide phosphorique (oxigène et phosphore). — Cet acide n’existe pas libre dans la nature, mais il abonde à l’état de combinaison, dans les minéraux et même dans les substances animales et végétales. On peut le produire directement en faisant traverser par du gaz oxigène de l’eau dans laquelle du phosphore a été liquéfié ou fondu. Mais le moyen le plus simple et le plus économique de se procurer acide phosphorique, est celui qui consiste à laisser le phosphore se résoudre lentement en une liqueur acide par sa combustion spontanée dans l’atmosphère. Après avoir mêlé avec de l'acide nitrique la liqueur produite, et l'avoir ainsi laissée en digestion pendant quelque temps, il faut l’évaporer à siccité pour en chasser l’excès d’acide nitrique

u’elle contient. Le résidu sec de cette opération est l’acide phosphorique combiné avec une portion d’eau et à l’état d’hydrate.

L’acide phosphorique ainsi obtenu a l’aspect du verre. Îl est quelquefois transparent, mais ila le plus souvent une apparence laiteuse. Il rougit les couleurs bleues végétales; il n’a point d’odeur; sa saveur est très acide ; mais il ne détruit pas le tissu des corps organisés.

Exposé à l’air, il attire promptement l'humidité et se résout en un liquide épais de consistance oléaginense; en le chauffant dans un creuset de platine, son eau s’évapore peu à peu, et le laisse à l’état d’une gelée transparente. Si lon continue la chaleur, il entre en ébullition et se boursouffle ; à une chaleur rouge, 1l passe à l’état de fonte tranquille et de liquide transparent; il prend, en se refroidissant , la forme vitreuse, et devient semblable au cristal le plus pur; à un degré de chaleur beaucoup plus élevé, il se vaporise.

L’acide phosphorique est très soluble dans l’eau;

et lorsqu'il est à l’état de flocons blancs, sa dissolution dans ce liquide a lieu avec un sifflement semblable à celui d’un fer rouge qu'on y plonge ; elle est beaucoup plus lente lorsqu'il est à l’état de verre.

16. Acide sulfurique (oxigène et soufre). — Cet acide n’existe pas libre dans la nature, mais on le trouve à l’état de combinaison avec un grand nombre d’oxides métalliques. L’acide sulfurique du commerce s’obtient en brûlant dans de grandes chambres de plomb un mélange de 7 parties de soufre et de 1 partie de nitrate de potasse. Cette combustion donne lieu à la formation d’acide sulfureux et de deutoxide d'azote. Ce dernier gaz, en absorbant l’oxigène de atmosphère, est converti en acide nitreux. L’un et l’autre de ces acides sont absorbés par l’eau. L’acide nitreux cède une portion de son oxigène à l’acide sulfureux et le convertit ainsi en acide sulfurique. Revenu à l’état de deutoxide d’azote, il se dégage, s’unit à l’oxigène, redevient acide nitreux et est absorbé par l’eau ; cet acide change de nouveau l’acide sulfureux en acide sulfurique , et ces changemens successifs continuent d’avoir lieu ainsi jusqu’à ce que l'acide sulfureux ait été en totalité converti en acide sulfurique. On évapore l’eau ainsi acidulée dans des vaisseaux de plomb, jusqu’à un certain degré de Concentration , et l’évaporation est alors continuée dans des cornues de verre, jusqu’à ce que l’acide ait acquis le degré de force convenable. Par cette opération, on sépare de l'acide une portion très considérable de son eau; mais il ne peut pas en être

épouillé entièrement par ce moven.

L’acide sulfurique pur est incolore comme l’eau, mais beaucoup plus dense; il est sans odeur, de CoPsislance oléagineuse et onctueux au toucher, ce Qui provient de ce qu’il corrode et détruit la peau avec laquelle il forme un composé savonneux. Son action sur la teinture de tournesol est si forte,

qu’une seule goutte de l’acide suffit pour colorer en rouge une très grande quantité de cette teinture. C’est un des plus violens caustiques que l’on connaisse , et la personne qui aurait le malheur d’en avaler périrait promptement au milieu d’horribles convulsions.

Si l’on fait passer de l’acide sulfurique à travers un tube de porcelaine d’environ 5 millimètres de diamètre, rouge de feu, cet acide se résout en acide sulfureux, oxigène et eau.

L’acide sulfurique a une forte attraction pour l’eau , qu’il enlève très rapidement à l'atmosphère, et en plus grande quantité s’il y reste exposé dans un vaisseau ouvert, en absorbant ainsi le tiers de son poids de ce liquide dans vingt-quatre heures, et plus de six fois son poids dans un an.

L’acide sulfurique peut se congeler en l’entourant de neige fondante, et il peut entrer en ébullition à la température de 326° centigrades ; maïs ces termes de congélation et d’ébullition varient suivant que l’acide est plus ou moins concentré.

L’acide sulfurique pur n’émet pas de fumée.

Lorsqu'on distille l’acide sulfurique fumant dans une cornue de verre, à une chaleur ménagée, et en ayant soin d’entourer de glace le récipient, la portion fumante passe d’abord, et peut être obtenue à l’état solide, en arrêtant la distillation à temps. Dans cet état, il est en filamens soyeux, rudes au toucher, difficiles à couper, ayant de la ressemblance avec l’asbeste. Jusqu’à la température de 19° centigrades , il continue d’être solide; mais au-dessus de ce terme, il devient une vapeur incolore qui blanchit avec le contact de l'air. Versé dans l’eau en petites quantités, il produit un sifflement semblable à celui auquel donnerait lieu l’immersion d’un fer rouge de feu; projeté dans l’eau en quantités plus grandes, il en résulte une espèce d’explosion.

Cet acide solide , que l’on à supposé être l'acide

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sulfurique entièrement dépouillé d’eau, paraît être un mélange d'acide sulfureux et d’acide sulfurique.

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