Acide arsénieux (oxigène et arsenic). — La pré
paration la plus simple de cet acide consiste à chauffer l’arsenic avec le contact de l'air; il se sublime alors sous la forme d’une poudre blanche. On l’obtient souvent en abondance dans le travail d'extraction de plusieurs mines, et notamment dans le grillage des mines de cobalt.
L’acide arsénieux rougit les couleurs bleues les plus délicates, quoiqu'il fasse tourner au vert le sirop de violettes. C’est un poison excessivement violent. Par son exposition à l’air, il devient opaque et se recouvre d’une légère efflorescence. Mis sur des charbons ardens, il se réduit en fumée blanche avec une forte odeur d'ail; chauffé en vaisseaux clos, il se volatilise; et si la chaleur est assez forte, il se vitrifie.
L’acide arsénieux exige, pour se dissoudre dans l’eau, quatre-vingts fois son poids de ce liquide à froid , et trente fois seulement lorsqu'il est bouillant. La dissolution cristallise beaucoup mieux par évaporation lente que par simple refroidissement.
L’alcool se charge d’acide arsénieux, dans la proportion de 1 à 2 pour 100.
4. Acide arsénique (oxigène et arsenic). — La pré- Paration la plus simple de l’acide arsénique consiste à dissoudre l’arsenic dans l’acide nitrique, en évaporant la dissolution à siccité, en redissolvant le résidu dans l’eau , et en évaporant de nouveau à siccité la dissolution après l'avoir filtrée.
L'acide arsénique ainsi préparé est une masse solide blanche » n'ayant qu’une. très faible saveur. C’est un poison excessivement violent. Chauffé au rouge dans une cornue de verre , il se fond et devient transparent; mais il attaque fortement la
cornue si on élève davantage la température: il prend en refroidissant une nuance laiteuse. Par une très forte chaleur l’acide abandonne un peu de son oxigène, et il est alors en partie converti en acide arsénieux.
L’acide arsénique est déliquescent , et cependant sa dissolution dans 6 parties d’eau à froid s’opère lentement; mais dans deux parties d’eau bouillante, elle a presque instantanément lieu, et elle retient l’acide, lors même qu’une portion considérable de cette eau a été évaporée.
5. Acide chromique (oxigène et chrome). — On extrait cet acide de la mine de chrome, en France, en mettant à l’état d’ignition dans un creuset, pendant plusieurs heures , deux parties de la mine réduite en poudre et une partie de nitrate de potasse, On laisse la masse torréfiée en digestion dans l’eau, jusqu’à ce que ce liquide se soit chargé de toute la portion de cette masse qu’il peut dissoudre. Ce qui reste est un mélange d’oxide de fer et de chromate de fer non décomposé, On en sépare l’oxide de fer par l’acide hydrochlorique ; et, après avoir ajouté une dose de nitrate de potasse au chromate non décomposé, on torréfie de nouveau le mélange ; par ce moyen la décomposition devient complète. On sature alors par l’acide acétique la liqueur qui tient en dissolution la potasse et l’acide chromique, ensuite on l’évapore jusqu’à ce que le chromate de potasse cristallise. Après avoir dissous ce sel dans l’eau, on précipite l’acide chromique par l’hydrochlorate de barite. Le chromate de barite bien lavé est dissous dans lacide nitrique. On précipite ensuite la barite par l'acide sulfurique avec beaucoup de précautions, pour éviter tout excès de cet acide ; après avoir filtré la liqueur, on l’évapore à siccité à une douce chaleur. On ajoute de l’eau, et on évapore ainsi deux ou trois fois pour chasser Vacide nitrique ; la masse qui reste alors étant desséchée est l’acide chromique à l’état de pureté.
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Cet acide ainsi obtenu est une substance d’un rouge foncé. Sa saveur est acide, austère et fortement métallique. Îl est soluble dans l’eau et peut s’obtenir de ce liquide en prismes allongés d’une couleur de rubis.
Par l’exposition de cet acide à l’action de la chaleur et de la lumière, il se convertit en un oxide vert de chrome, en dégageant du gaz oxigène
ur. Cet oxide vert de chrome ne peut plus être rétabli à l’état d’acide, à moins que son oxigène ne lui soit rendu en le traitant avec queique autre acide.