‹ Manuel de chimie, ou précis élémentaire de cette science dans l'état actuel de nos connaissancesChapitre 59 sur 69 · SES · texte numérisé non relu

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effervescence ait cessé, et que l’odeur, ainsi que la saveur du liquide, indiquent un excès considérable de sel alcalin. Le précipité qui s’est dé-

osé est du carbonate de chaux; après lavoir recueilli par filtration , on le fera sécher à une chaleur au-dessous du rouge. On fait ensuite bouillir la liqueur filtrée pendant un quart d’heure. S’il y existe de la magnésie, cette terre se précipitera à l’état de combinaison avec l’acide carbonique, et l’on pourra en reconnaître la quantité de la même manière que pour le carbonate de chaux. Si, par quelques circonstances particulières, une très petite portion d’alumine avait été dissoute par l’acide, elle se trouvera dans le précipité avec le carbonate de chaux , dont on pourra la séparer en la faisant bouillir pendant quelques minutes avec une quantité de potasse caustique , suffisante pour recouvrir la matière solide. La potasse caustique dissout l’alumine sans attaquer le carbonate de chaux. Lorsque le sol très divisé est d’une natnre assez calcaire pour douner lieu, avec les acides, à une très vive effervescence, on peut, dans tous les cas ordinaires, reconnaître la quantité de carbonate de chaux qu’il contient par un procédé très simple et suffisamment exact. Le carbonate de chaux, dans ses divers états, contient une proportion déterminée d’acide carbonique, c’est-à-dire environ quarante-cinq pour cent. Ainsi, lorsque la quantité de ce fluide élastique, dégagé du sol pendant la dissolution de sa matière calcaire dans un acide, est connue, soit en poids, soit en mesure, la quantité de carbonate de chaux s’en infère aisément. Lorsqu'on veut procéder par réduction de poids, on pèse deux portions de l'acide dans une fiole, et une portion de la matière du sol dans une autre, et on mêle ensuite ces deux portions très lentement, jusqu’à cessation d’effervescence ; la différence de poids, avant et après l’expérience, indique la

quantité d’acide carbonique qui s’est dégagée ; car, quatre parties et demie de cet acide doivent représenter dix parties de carbonate de chaux. On peut éncore recueillir l’acide carbonique dans la cuve hydro-pneumatique. L'évaluation est, pour chaque trente et un centimètres cubes d’acide carbonique, treize centigrammes de carbonate de chaux.

7. On parvient, avec une précision suffisante, à déterminer la quantité de matière animale et végétale insoluble, en portant la masse à l’état de forte ignition dans un creuset, sur un feu ordinaire, jusqu’à ce qu’on n’y apercvive plus rien de noir, et en remuant fréquemment avec une spatule de métal. La perte de poids qu’elle éprouve indique la quantité de matière animale et végétale qui ÿ était contenue , maïs non pas le rapport de chacune de ces substances. Lorsque V’odeur qui s’exhale pendant l’ignition ressemble à celle des plumes brülées, c’est nne indication certaine de quelque matière animale; et la production, dans le même temps, d’une flamme bleue abondante, dénote presque toujours une portion considérable de matière végétale. Dans les cas qui nécessitent que l'expérience soit promptement achevée, la destruction des matières décomposables peut étre aidée par l’action du nitrate d’ammoniaque jeté peu à peu , pendant l’ignition , sur la masse chauffée, en quantité de vingt parties par cent parties du sol résidu ; ce sel n’affectera point Les résultats, car il est lui-même décomposé ets’évapore.

. 8. Les substances qui restent après la destrucüon de la matière animale et végétale, sont généralement des particules de matière terreuse , con- Sistant ordinairement ‘en alumine, entsilice et en oxide de:fer, Pour séparer ces substances les unes des autres, il faut faire bouillir la masse pendant deux OU trois henres avec de l’acide sulfurique, étendu de quatre fois son poids d’eau ; la quantité |

de l'acide se règle par la quantité du résidu solide sur lequel on doit le faire agir, en comptant,

our cent parties de ce résidu , cent vingt parties. de Pacide. La substance qui reste après l’action de l’acide, peut être considérée comme siliceuse; il.faut la séparer, et s’assurer de son poids après l’avoir lavée et fait sécher comme à l’ordinaire.

- L’alumine et l’oxide de fer, s’il en existe, sont 9 9

dissous l’un et l’autre par l’acide sulfurique; on peut les séparer par une addition de carbonate d’ammoniaque en excès ; l’alumine est précipitée, et l’oxide de fer, qui reste en dissolution, peut être séparé de la liqueur en la faisant bouillir. Si quelques portions de chaux et de magnésie ont échappé à la dissolution dans l’acide hydrochlorique, on les retrouvera dans l’acide sulfurique. C’est cependant ce qui n’arrive presque jamais; mais le moyen d’en découvrir la présence et d’en reconnaître les quantités , est le même dans l’un et dans l’autre cas. La méthode d’analyse par l'acide sulfurique est suffisamment exacte pour tous les cas ordinaires; cependant si Pon voulait une très grande précision, il faudrait, après avoir incinéré le résidu, le traiter par la potasse , et agir comme dans l’analyse des pierres, ainsi que nous lavons décrit au commencement de cet article.

9. Si l’on suppose la présence, dans le sol, de quelque matière saline, ou de matière végétale ou animale soluble, on les trouvera dans l’eau de lavage qui a servi à séparer le sable. Cette eau doit étre évaporée jusqu’à siccité, à une chaleur inférieure à celle de ébullition. Si la matière so lide obtenue est de couleur brune et inflammable, on peut la considérer comme étant en partie un extrait végétal. Si, lorsqu'elle est chauffée, elle répand une odeur forte et fétide , elle contient une substance animale mucilagineuse ou gélatineuse ; si cette matière est blanche et transparente, elle peut être considérée comme étant principalement

saline, La présence du nitrate de potasse ou du nitrate de chaux, dans cette matière saline, se reconnait à sa scintillation sur des charbons ardens. Le sulfate de magnésie peut être indiqué par sa saveur amère ; et le sulfate de potasse, en ce qu’il ne produit aucun changement dans la dissolution de carbonate d’ammoniaque, mais qu’il précipite la dissolution d’hydrochlorate de barite.

10. S'il y a lieu de soupçonner qu'il existe dans le sol du sulfate ou du phosphate de chaux, il faut avoir recours à un procédé particulier pour s’en assurer. On chauffera au rouge pendant une demiheure, dans un creuset, une quantité connue, 100 parties, par exemple, de la matière du sol, mêlée avec 33 parties de poussier de charbon; on fera bouillir ensuite le mélange, pendant un quart d’heure, dans un quart de litre d’eau; et après avoir filtré la liqueur, on la laissera pendant quelques jours exposée à l’air libre dans un vaisseau ouvert. S'il existait dans le sol une quantité soluble quelconque de sulfate de chaux, il se formerait peu à peu, dans la liqueur, un précipité blanc, dont le poids, après dessiccation, indiquerait la quantité.

Après cette séparation du sulfate de chaux, on procédera, ainsi qu’il suit, à celle du phosphate de chaux, s’il en existe dans le sol. On mettra l’échantillon du sol, sur lequel on opère, en digestion dans une quantité d’acide hydrochlorique plus que suffisante pour saturer les terres solubles. Après avoir évaporé la liqueur, on versera sur la matière solide de l’eau qui dissoudra les composés terreux formés avec l’acide hydrochlorique, et laissera le phosphate de chaux intact.

11. Lorsque l’examen d’un sol est complétement achevé, il faut classer les produits , et ajouter ensemble leurs quantités: si la somme est à peu près égale à la quantité du sol mis en expérience, l'analyse peut étre considérée comme exacte. Il

faut cependant remarquer que si le phosphate ou le sulfate de chaux a été trouvé par le procédé n°. 10, il convient de faire une correction, en en déduisant le poids de la quantité de carbonate de chaux obtenu, par précipitation, de l’action de l'acide hydrochlorique. En arrangeant les produits, il faut les établir dans l’ordre des expériences d’où ils sont résultés. Ainsi, 400 parties d’un bon sol sablonneux siliceux , peuvent être supposées contenir:

Eau d’absorption. . . . - : . - . .: . 18 parties Pierre et gravier principalement sili-

Ce, Lili NP. Ni pt M ee 42 Fibres végétales non décomposées.. 10 Sable fin sihiceux. . ; . . +1... : . 203

Matière très divisée , séparée par filtration, et consistant en :

Carbonate de chaux. . . . . . 2d

Carbonate de magnésie . . . . 4 Matière destructible par la cha-

leur, principalement végé-

(OR IN CE IORNEE UT L'ANICRO SiNCe FANS DATE) MAT go |° Alumine murs soir A OO à SE Oxide déifér: 4141: aa 5% 4 Matière soluble, principale-

ment sulfate de potasse et ex-

iraéitrvégétal. 4 ra fu c 2208 Sulfate de chaux. . . . . . .. 3 Phosphate”dexchaux.v. 7,2)

Total des produits. - . 399 TS NAN I

Dans cet exemple, la perte est supposée très petite; mais, en général, en effectuant les expériences, elle sera trouvée beaucoup plus grande

à raison de la difficulté de recueillir les quantités totales des différens précipités; et tant que la perte n'excède pas une trentaine de parties sur uatre cents, il n’y a pas lieu de soupçconner qu’elle puisse être provenue du défaut de précision convenable dans les opérations.

12. Lorsque celui qui fait les analyses se sera mis en état d’être familiarisé avec l’usage des divers instrumens, les propriétés des réactifs, et avec les rapports qui existent entre les qualités : extérieures et les qualités chimiques des sols, il trouvera très rarement nécessaire de faire toutes les opérations qui viennent d’être décrites. Lorsque, par exemple, le sol ne contient pas une quantité notable de matière calcaire, on peut se dispenser de l’emploi d’acide hydrochlorique, art. 6; dans l’analyse des sols tourbeux, il devra principalement porter son attention sur l'opération par le feu et l’air, art. 7; et en opérant sur des sols de craie et de glaise, l’analyste se trouvera souvent dans le cas de négliger l’expériénce par l'acide sulfurique, art. 8.

Ceux qui ne sont pas encore exercés aux manipulations chimiques, ne doivent pas s'attendre à une grande précision dans les résultats de leurs premiers essais. Ils rencontreront un grand nombre de difficultés; mais c’est en travaillant à se mettre en état de les vaincre, qu’ils acquerront . la plus utile des connaissances pratiques; et rien n’est plus instructif, dans les sciences expérimentales, que la découverte d’erreurs. On ne peut opérer avec exactitude, dans l’art de l’anal se » Sans aVoir une connaissance parfaite de la chimie générale ; mais il n’est peut-être pas de moyen plus convenable pour acquérir cette connaissance, que celui de se livrer à des recherches originales. En s’occupant de faire les expériences qu'elles rendent nécessaires, on est continuellement obligé de récourir aux ouvrages pour y apprendre l’his-

toire des substances qu’on doit y employer, ou sur lesquelles il faut agir ; et les idées théoriques sont d'autant plus avantageusement établies, qu’elles se lient aux opérations pratiques, et qu’elles s’acquièrent dans la vue et la poursuite d’une découverte.

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